Redux Redux suit Irene, interprétée par Michaela McManus, une mère qui traverse des réalités parallèles grâce à une machine (??) pour traquer (et tuer, encore et encore) l’homme responsable de la mort de sa fille. Là où Everything Everywhere All at Once ou Doctor Strange in the Multiverse of Madness célèbrent l’exubérance du multivers, Redux Redux réduit l’infini à quelques diners au néon, des routes désertes et une cabine métallique.
D'ailleurs, celle-ci apparaît, fonctionne, puis disparaît du champ des préoccupations. Cette économie d’explications évite au film de sombrer dans le jargon technologique et recentre immédiatement l’attention sur ce qui importe vraiment : le comportement d’Irene face à ce pouvoir absurde. Arriver. Observer. Attendre. Tuer. Chaque monde ressemble au précédent, à peine décalé, comme une photocopie qui se dégrade à chaque reproduction.
Au cœur de cette mécanique répétitive, la performance de McManus (sèche, épuisée, obstinée) évoque les héroïnes combatives de la science-fiction, Linda Hamilton en tête. Mais ici, Irene ne tente pas d’empêcher une catastrophe : elle entretient une tragédie déjà advenue. La vengeance devient une routine, une dépendance qui empêche le deuil de se déposer.
C’est là que Redux Redux révèle sa véritable idée. Le multivers n’est pas toujours un espace de possibles. Parfois, il ne fait que multiplier les preuves d’une impossibilité. Aucune variation cosmique ne ramène les morts. Reste alors une seule issue, grâce à Mia : briser la répétition et apprendre, enfin, à vivre avec ce qui ne pourra jamais être réparé.
Impossible de ne pas faire le parallèle avec ces pertes qui nous poussent à imaginer mille scénarios alternatifs : et si…, si seulement…, dans un autre monde…. Redux Redux transforme ce réflexe en dispositif narratif, puis montre que ces mondes parallèles, aussi nombreux soient-ils, ne modifient jamais l’événement initial. Et qu'au bout du compte, il ne reste finalement que la même seule issue.