Plus social qu’artistique
Pour son 1er film, Mélisa Godet a choisi le genre du docu-fiction qui ne dit pas son nom, mais qui est servi par une distribution prestigieuse. À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable. 110 minutes de cinéma vérité, d’utilité publique, qui fait le pari que la présence à l’affiche de comédiens célèbres aidera à toucher un nombre de spectateurs plus important. Et pourquoi pas, quand la cause à défendre est si belle. En l’occurrence on oubliera le peu de « cinéma » dans ce film.
En préambule, il faut savoir que « La Maison des Femmes » existe bel et bien. Il s'agit d'un lieu d'accueil, d'écoute, d'informations et de soins dédié aux femmes victimes de violences, situé à Saint Denis (93). Si c'est la première fois, à ma connaissance, qu'une œuvre de fiction est consacrée à cette structure, elle s'inscrit néanmoins dans une très longue lignée de films, du même acabit, sortis ces dernières années et ayant pour sujet l'École, l’Hôpital, ou encore la Police. Le canevas de tous ces films est bien souvent identique : montrer des gens en tous points formidables, faisant un métier dur, chronophage, mais tellement essentiel au vivre ensemble. Le tout, bien sûr, dans des conditions difficiles, le problème étant le manque de considération et surtout le manque de moyens, financiers, humains, politiques..., que la société daigne leur accorder. Alors bien sûr, ce 1er long-métrage n’évite pas m’écueil du genre, le manichéisme - la structure qui fait le bien vs le monde extérieur au mieux égoïste, au pire malveillant -. Mais bon, on se laisser prendre parce que le casting est convaincu, - comment ne pas l’être -, et convaincant.
C’est sûr, Mélisa Godet a jouer sur le velours avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Aïdara, Juliette Armanet, Oulaya Amamra, Pierre Deladonchamps, Jean-Charles Clichet, Laurent Stocker et tous les autres presque une cinquantaine de rôles distribués dans ce film -. Il fallait tous ses talents réunis pour nous faire oublier les défauts de ce film et au contraire valoriser un projet formidable où les médecins, gynécos, avocats, psys, gestionnaires, animateurs de retrouvent chaque jour bien décidés à continuer d’être là pour vider la mer avec une petite cuillère. Lumineux et bouleversant.