Cette première œuvre propose un bien joli programme et se positionne comme un film à la fois d’utilité publique et nécessaire. Forcément féministe et pouvant être vu comme un hommage au genre féminin, « La Maison des femmes » entend pointer du doigts les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes tout en dépeignant la création de la première mission du genre leur venant en aide il y a quelques années en Ile-de-France. À travers le portrait d’une femme médecin incarnée par Karin Viard et des autres personnes de son équipe, investissant une aile d’un grand hôpital parisien, on va se fondre durant quelques mois dans le quotidien de ces personnes de la santé. Du personnel soignant qui veille, conseille, protège, soigne et écoute ces femmes de tous horizons, brisées par les hommes. Ce n’est jamais caricatural, au contraire, c’est très réaliste et documenté en plus d’être bienveillant. Et cette chronique ne se réclame pas non plus comme une charge sur le patriarcat ou un film contre le genre masculin, au contraire, il n’y a aucun amalgame.
On s’immerge donc avec plaisir dans ce microcosme bien dépeint par une mise en scène illustrative mais efficace. « La Maison des femmes » alterne les rires (parce qu’il y a de jolis moments où patientes comme soignantes soufflent) et les larmes (parce que certaines situations sont déchirantes et révoltantes quand d’autres sont belles et fendent le cœur) avec un bel équilibre. Les actrices sont particulièrement investies dans des rôles et un sujet qui – on le sent – leur tient beaucoup à cœur. Chacune est à sa place et ne se tire pas la couverture pour une belle œuvre chorale, presque de sororité. Mais les hommes ne sont pas mis de côté grâce au charme de Pierre Deladonchamps et la maladresse de Jean-Francois Clichet. Bref, voilà un beau casting homogène et très à propos. Le quatuor féminin principal composé de Karin Viard, Laetita Dosch, Eye Haidara et Oulaya Amamra est royal. Seule Juliette Armanet semble faire de la figuration...
Le long-métrage est souvent à la limite du docu-fiction tant sa nature même l’envoie sur le terrain du documentaire. Un format qui aurait parfaitement convenu à ce sujet grave et important, trop peu traité au cinéma. Mais la bascule entre les deux se fait bien et cette forme hybride ne dérange pas outre mesure. En revanche, cela aboutit à une œuvre qui ne peut éviter le catalogue de cas, un peu comme « Je verrai toujours vos visages » mais en moins bien négocié. Notons aussi que les séquences mettant en scène la vie privée des soignants sont moins intéressantes, exception faite de la confrontation entre Oulaya Amamra et sa mère jouée par Aure Atika. Enfin, le film aurait dû se clore vingt minutes plus tôt, la partie Covid jouant les prolongations pour rien et étirant « La Maison des femmes » inutilement. Un encart supplémentaire à la fin aurait amplement suffi. Un film à voir pour prendre conscience de ce sujet grave même si cinématographiquement, il y a mieux dans le genre.
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