Premier film pour cette jeune réalisatrice, Mélisa Godet, que l’on connaissait déjà comme scénariste du sympathique Comment je suis devenu super-héros. Et pour un premier long-métrage, elle frappe fort.
Elle signe ici un film éminemment juste, puissant et nécessaire — le genre de film que, sincèrement, tous les hommes devraient voir. La mise en scène reste discrète mais très efficace, avec forcément quelques petits défauts de premier film, mais rien de vraiment gênant. Parce qu’au final, le sujet emporte tout.
Le scénario est solide, bien écrit, et surtout inspiré du réel : la véritable Maison des femmes de Saint-Denis. On a souvent l’impression d’être devant un documentaire tant tout sonne juste. La tragédie, la souffrance mais aussi la résilience de ces femmes forcent l’admiration. Que ce soit du côté des soignants ou des patientes, on ressent une humanité incroyable.
L’interprétation est tout simplement impeccable. Entre actrices confirmées et visages plus inattendus, tout le monde est formidable : Karin Viard, Eye Haïdara, Pierre Deladonchamps, Juliette Armanet ou encore Laurent Stocker. Mais s’il fallait en ressortir deux, je dirais Laetitia Dosch et Oulaya Amamra, qui pour moi sont un peu au dessus. Mention aussi à la belle participation de Aure Atika.
Le film est profondément émouvant, mais aussi souvent très drôle — un équilibre pas si évident à trouver. Par moments, j’ai pensé, dans un style différent, au film Polisse de Maïwenn.
Tout cela vibre d’une grande simplicité. C’est un film profondément humain, autant que politique, et c’est précisément ce qui le rend si fort.
Une réussite totale donc pour ce premier film, vraiment magnifique. Personnellement, j’ai beaucoup pleuré, mais on en ressort paradoxalement plein d’espoir. Et c’est typiquement le genre de film auquel on repense longtemps après l’avoir vu. Un film d’une force et d’une vitalité incroyables, qui laisse une vraie trace. Magnifique.