Abel
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 décembre 2025
Les cinémas d'Asie centrale peuvent sembler un peu moins présents sur nos écrans depuis quelques années, mais Après le somptueux Dimanches (Ouzbékistan), en avril dernier, la sortie d'Abel (Kazakhstan) montre que la veine n'est pas tarie, sachant que Adilkhan Yerzhanov reste le plus prolifique des réalisateurs de la région. Elzat Eskendir en est lui à son premier long métrage et Abel prend place à une époque spécifique, 1993, peu après la chute de l'Union Soviétique. Dans un récit très minutieux dans son aspect documentaire, le film montre à quel point, dans le domaine précis de l'élevage ovin, la fin des fermes collectives ne préjuge en rien d'une égalité de répartition du cheptel, dès lors que la corruption s'invite à la fête et que la loi du plus fort rend caduques les prétentions des simples bergers. Abel, en l'occurrence, a beau compter les moutons chaque nuit, il y a de grandes chances qu'il se retrouve assez vite Gros-Jean comme devant. Assez bavard, le film vaut aussi pour ses discussions du passé du pays nouvellement indépendant, les protagonistes y évaluant les mérites comparés de Staline, Brejnev ou Gorbatchev, ce dernier étant le plus méprisé. Avec un arc dramatique un peu plus soutenu, Abel aurait pu être considéré comme une pépite immanquable, mais tel quel, cela reste tout de même un bon film d'un metteur en scène qui parait avoir beaucoup de choses à dire sur l'évolution politique et sociale de son pays.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2026
Premier long métrage du réalisateur kazakh Elzat Eskendir, "Abel" fait partie de ces films dont l’intrigue peut être résumée en quelques mots (Que peut faire un vieil éleveur d’ovins travailleur et honnête face à la corruption généralisée qui règne dans son entourage ?) mais qui révèlent une grande richesse lorsqu’on entre dans les détails. L’action du film se déroule en 1993 dans la région d’Almaty, au sud-est du Kazakhstan. Comme il nous est précisé dès le début du film, à la chute de l’URSS, le pays est passé à l’économie de marché et la corruption a aussitôt ravagé le secteur agricole. La privatisation a fait passer en quelques années le nombre d’ovins présents dans le pays de 36 millions à 10 millions et face au chaos et à l’impunité les gens ont commencé à oublier le sens de la vie. Parler de western kazakh à propos de Abel n’a rien d’une vue de l’esprit : on a tous en tête ces westerns où il est question de vol de bétail et d’une bourgade sous la coupe d’un homme « sans foi ni loi » entouré d’hommes de main à la gâchette facile auxquels un homme solitaire ou quelques « justiciers » vont chercher à s’opposer. Eh bien, dans Abel, c’est à la fois sur le dépeçage d’une ferme collective, la Bayanqazaq, avec le partage du troupeau d’ovins qu’elle abritait, et sur une famille de fermiers réunie autour d’Abel, un éleveur âgé, obstiné et honnête, et de Shynar, sa femme, que se focalise le film. L’homme « sans foi ni loi », c’est Bolat, celui qui était le responsable de cette ferme collective sous l’ancien régime et qui est chargé (voire qui s’est chargé lui-même !) d’organiser son démantèlement et le partage de son troupeau d’ovins, une tâche dont Abel va s’apercevoir qu’il la mène au bénéfice de certains fermiers, ceux qui sont passés maitres dans l’art de la flatterie. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2025
Ce premier long métrage de ce réalisateur Kasak est une fiction s’apparentant à un documentaire. Le réalisateur nous livre la vie difficile de cet éleveur qui se trouve confronté à la redistribution des fermes collectives en 1993 qui est très arbitraire et parfois violente face à la corruption locale. On suit ainsi la vie rude et éprouvante d’Abel et sa famille dans les vastes plaines Kazak. La réalisation est soignée avec de belles prises de vues dans de beaux paysages sauvages.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse au Club Marbeuf à PARIS)
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2026
Film qui se situe en 1993 au Kazakhstan et traite de la manière dont
cette oligarchie s'est enrichie aux dépend des bureaucrates qu'ils ont exproprié en s'accaparant les richesses de ce pays. Réalisé avec à propos, une réalisation efficace. Il n'est pas toujours facile de suivre l'action tant nous ne sommes pas familiers de la culture de ce pays.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2026
Rare film kazakh visible par chez nous, Abel est touchant de sincérité. Avec des moyens limités, le film illustre les ravages de la chute de l’URSS dans une ferme proche d’Almaty. Le communisme était plus facile à vivre que la perestroïka. Les acteurs sont justes, le scénario ficelé. Pour cette famille héroïne d’Elzat Eskendir, le désastre qui touche leur existence n’est pas un vain mot.
Jean-Lou Reynier
Jean-Lou Reynier

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2026
Film remarquable, dans un pays qu'on connait peu. Cela nous ouvre l'esprit de voir de l'intérieur quelle peut être la vie de ces gens très humbles, tous les personnages sont intéressants, de nombreux problèmes sont abordés comme les rapports familiaux, les rapports entre voisins, les rapports avec l'administration corrompue qui veut réorganiser toute la société à l'occasion de la chute de l'URSS, les problèmes politiques avec à la fois une crainte des Russes mais une haine sous-jacente des américains sûrement instillée par le pouvoir. Ce film est un vrai bijou. A voir absolument pour se remettre en question comme occidental bien-pensant.
André Raphaël IVANOV
André Raphaël IVANOV

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 janvier 2026
Une parabole intime sur la filiation, la perte et la transmission

Avec Abel, Elzat Eskendir signe un film d’une grande délicatesse, où l’intime devient le prisme de questionnements universels : la filiation, l’héritage moral, la mémoire et le poids du silence. Œuvre épurée et profondément habitée, le film s’inscrit dans un cinéma de la retenue, préférant la suggestion au démonstratif, le non-dit à l’explication.

Présenté en ouverture du 7e Festival du Film Kazakh, Abel s’est rapidement imposé comme une œuvre majeure du cinéma kazakh contemporain. Son parcours international remarquable, couronné par une pléthore de prix à travers le monde, témoigne de la force et de l’universalité de son propos. Le film a notamment reçu le Grand Prix du Festival international des cinémas d’Asie de Vesoul en 2025, reconnaissance prestigieuse qui confirme la maturité artistique de son auteur.

Le récit suit Abel, personnage en apparence simple mais traversé de fractures intérieures profondes. Eskendir refuse toute psychologie explicative : son protagoniste se construit par gestes, regards et silences. C’est précisément dans cette économie de moyens que le film trouve sa puissance. Chaque plan semble chargé d’un passé invisible, chaque silence devient une matière narrative à part entière.

La mise en scène, rigoureuse et contemplative, privilégie les cadres fixes et une temporalité étirée, laissant au spectateur l’espace nécessaire pour ressentir plutôt que comprendre immédiatement. Le réalisateur fait le pari de l’intelligence émotionnelle du public, l’invitant à habiter les ellipses, à combler les vides, à entrer dans une expérience sensorielle autant que narrative. Ce choix formel évoque un certain cinéma d’auteur international, sans jamais céder à l’exercice de style.

Visuellement, Abel impressionne par la sobriété de sa photographie. Les décors dépouillés deviennent des paysages mentaux, tandis que la lumière, tantôt douce, tantôt austère, accompagne l’état intérieur du personnage principal. La bande-son, discrète et précise, laisse une large place aux sons du réel, renforçant l’impression d’introspection et de solitude habitée.

Le travail avec les comédiens est remarquable de justesse. L’interprétation d’Abel évite tout pathos, trouvant un équilibre subtil entre douleur contenue et possible apaisement. Eskendir dirige ses acteurs avec une précision presque chorégraphique, où chaque mouvement, chaque hésitation, semble porteur de sens.

Mais Abel n’est pas seulement un film sur la solitude ou la perte. Il interroge la transmission : ce que l’on hérite, ce que l’on rejette, ce que l’on transforme. Le titre, aux résonances bibliques évidentes, ouvre une lecture symbolique sans jamais enfermer le film dans une interprétation unique. La spiritualité qui affleure reste discrète, souterraine, profondément humaine.

C’est grâce au Festival du Film Kazakh et à Damned Production que j’ai eu la chance de découvrir ce véritable bijou de cinéma, œuvre rare et précieuse, qui continue de résonner bien au-delà de son dernier plan.

En définitive, Abel est un film exigeant mais généreux, qui demande disponibilité et patience, et récompense pleinement le spectateur attentif. Elzat Eskendir y affirme une voix singulière, déjà pleinement aboutie, et signe un film profondément humaniste, à la fois intime et universel.
j ki
j ki

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2026
C’est un film très fort, très humain, qui reste longtemps en tête après la projection. On ressent la solitude du personnage, sa dignité, sa lutte silencieuse face à quelque chose de plus grand que lui.
Je suis sortie du cinéma avec le cœur serré, mais aussi avec le sentiment d’avoir vu quelque chose de rare et de sincère.
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