Où vont les âmes
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Où vont les âmes" et de son tournage !

Du documentaire à la fiction

Bien qu’elle travaille dans le milieu artistique depuis plus de trente ans, Brigitte Poupart signe avec Où vont les âmes son tout premier long-métrage de fiction. Habituée du documentaire, qu'elle qualifie de domaine où l'on doit constamment improviser avec l'imprévu, la réalisatrice a particulièrement apprécié l'encadrement offert par la fiction, malgré une contrainte majeure : un tournage très serré bouclé en seulement 28 jours.

Un casting idéal et pensé dès l'écriture

Pour composer son trio de demi-sœurs et leur entourage, la cinéaste n'a pas eu besoin de longues sessions d'auditions : elle a réuni ce qu'elle qualifie de « casting de rêve », ayant déjà les voix des comédiennes en tête lors de la rédaction du scénario. Pour le rôle de la mère, Stéphanie, le choix de la comédienne française Sylvie Testud s'est imposé naturellement : le père de famille ayant beaucoup travaillé à l'étranger pour refaire sa vie, il était cohérent que sa conjointe vienne d'ailleurs.

Un père omniprésent mais invisible

Bien que l'intrigue tourne autour des répercussions des agressions sexuelles commises par le père de famille, ce dernier n'apparaît jamais physiquement à l'écran. Un choix assumé par Brigitte Poupart pour éviter que le public ne s'attache à un acteur, tout en personnifiant la menace du patriarcat par son absence physique. Elle explique :

« D'entendre sa voix au téléphone, c'était plus intéressant pour moi au niveau de l'imaginaire. L'absence physique du père est aussi pour moi une façon de représenter le patriarcat par son omniprésence sur l'incidence qu'il opère. »

Un décor naturel métaphorique

Le film a été tourné au bord du lac Saint-Louis, à Léry, dans une demeure cossue qui crée un contraste saisissant avec la lourdeur du drame. La réalisatrice a volontairement exploité le mauvais temps et les éléments naturels – notamment l'eau, les nuages et le brouillard – pour matérialiser l'inconscient, la perte de repères et l'effritement de la cellule familiale. Une météo maussade qui vient sublimer la poésie visuelle et le sentiment d'isolement recherchés à l'image.

Une harmonie musicale inspirée de Rachmaninov

Issue d'une famille de musiciens et bercée par les grands compositeurs classiques dès son plus jeune âge, Brigitte Poupart a écrit le scénario en écoutant Rachmaninov et Chostakovitch. Pour concevoir la bande originale, le compositeur Mathieu David Gagnon s'est directement inspiré du romantisme de Rachmaninov pour composer le thème d'Anna, en choisissant une particularité technique forte : l'intégralité de la musique originale du film est composée dans la tonalité de ré mineur.

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