La musique et l'amour : deux intrigues parallèles semblent irriguer Deux pianos, à l'image du Rhône et de la Saône à Lyon, où se déroule l'action du film, avant de confluer. La fluidité narrative et l'élégance de la mise en scène confèrent à ce drame romanesque d'Arnaud Desplechin un charme indéniable, autour de cœurs désaccordés, sur les thèmes éternels de l'amour impossible et du triangle sentimental. S'y ajoutent tes états d'âme d'un musicien pour qui l'art de la fugue n'a pas de secret et les fantômes d'un passé qui reviennent sous les traits d'une nouvelle obsession. Deux pianos, qui prend pour modèles les splendides Elle et lui et Le temps de l'innocence, creuse son sillon romantique et largement mélancolique à l'aide de dialogues finement ciselés et d'un montage qui alterne scènes longues et brèves, moments faussement languides et instants d'éclat. François Civil et Nadia Tereszkiewicz jouent leur partition avec une grande subtilité, mais le bonheur vient aussi de deux seconds rôles somptueux : dans la flamboyance avec Hippolyte Girardot et dans la grandeur crépusculaire avec Charlotte Rampling. Mêlant adroitement cérébralité et dérèglement des sens, Deux pianos rejoint haut la main les plus belles réussites de son réalisateur.
Conte moderne émouvant Interprétation de François Civil et Charlotte Rampling remarquables Doux amer , avec du rythme et une très belle musique. A voir !
La première partie de ce mélodrame revêt un caractère fantastique non désagréable avant de basculer vers l’excès d’une tragédie grecque. Pour autant, la vie n’est pas ainsi faite?
Vu en avant-première. Tout dans le film sonne faux, du scénario improbable aux dialogues trop écrits et surjoués. Plusieurs scènes sont vraiment à la limite du nanar, sans jamais y plonger vraiment, métier oblige. C'est une maigre consolation.
Film déroutant dont, même si l'on a lu le synopsis, on ne sait pas où il va nous mener, tant il aborde des thèmes et des approches différentes : il oppose l'engament amoureux et affectif à celui, quasi sacerdotal, des grands musiciens internationaux ; il nous confronte à des "hasards" mystérieux, fantastiques1 (un petit peu de Gogol ?) ; il nous plonge enfin dans les doutes de la fidélité en amour et en amitiés et de la responsabilité parentale. Deux trajectoires artistiques se croisent, celle d'Elena qui doit accepter la baisse de ses capacités et quitter sans doute la "grande scène", celle de Mathias qui a quitté son refuge japonais pour, peut-être, recourir les scènes du monde... Les interventions de Max, l'agent de Mathias (Hippolyte Girardot, parfait), sont de parfaits contre-points des récits -on penserait presque à la petite coccinelle des bas de palanche de Gotlib, ou plus "sérieusement" à un ange gardien, voire à un ange un peu tentateur... Arnaud Desplechin choisit que la famille de Pierre soit israélite. Ceci n'a pas d'effet significatif sur le scénario, mais m'apparaît, en ces temps où la judaïté est peut-être plus difficile à porter, comme une jolie occasion d'affirmer qu'elle fait bien partie, sans ambiguïté, de notre paysage. NB. La première affiche choisie par le distributeur représentait C. Rampling, qui incarne -superbement- l'exigence de travail et de concentration, l'engagement demandés à un "grand musicien". La seconde, choisie semble-t-il en définitive en remplacement de la première an, montrant un baiser de Claude et de Mathias divulgache bizarrement le film...
Vu en avant premiere aux cinémas Studios en présence du réalisateur. Un film avec des scènes assez sympa dans l'ensemble mais qui est vraiment affaibli par un scénario alambiqué au possible, des dialogues vraiment ridicules et une réalisation ponctuée de scènes filmées en caméra a l'epaule très désagréables.