Quand des youtubeurs se convainquent qu’écrire et tourner un film ne doit pas être très différent d’écrire et tourner une capsule ou un stream, ça se termine souvent très mal, comme en témoignent les abominables ‘Pas très normales activités’ et ‘Le manoir’. Mister V cachetonnait d’ailleurs déjà dans le second, et il a eu de la chance que j’ai complètement oublié sa présence sinon j’aurais sans doute instinctivement rejeté ‘McWalter’... ce qui aurait été dommage car même si le produit fini n’a vraiment rien d’un chef d’oeuvre, il témoigne au moins d’un amour sincère pour le cinéma d’action hollywoodien des années 80-90, ses clichés et ses archétypes, dans lequel il va piocher allégrement pour alimenter son projet parodique. Ce n’est pas le seul atout de ce pastiche, qui s’inspire autant de la ‘Cité de la peur’ que des ZAZ. Déjà, à peine cadré par Simon Astier à la réalisation, Mister V n’a peur de rien : il sait qu’il a écrit une comédie complètement mongolo mais il l’assume, il n’a pas peur, l s’enfonce toujours plus loin dans le délire et la débilité, avec une obstination qui forcerait l’admiration des Eric et Ramzy de la grande époque de la ‘Tour Montparnasse-infernale’. Il sait que certaines de ses vannes sont pourries jusqu’à la génance mais il s’en fout, l’objectif est d’en caler une toutes les dix secondes pour ne laisser personne intérioriser ce à quoi il assiste. À vrai dire, je crois que certains gags parmi les plus puérils et auto-dévalorisants pourraient même susciter le malaise et la sensation d’être insultés chez les spectateurs un peu plus resserrés que moi du fondement. Enfin, et c’est tout à son honneur, il est parvenu à faire cohabiter différents types d’humour dans le plus parfait foutoir incohérent : effets visuels de cartoon, jeux de mots vaseux, situations et quiproquos absurdes, comique de répétition, tout ça à destination des boomers, des GenX, des milléniaux ou des GenZ. Bon, je l’avoue les vannes destinées à ces derniers, je ne les ai pas comprises, et ce n’est pas faute d’avoir essayé (Skibidi toilet, tout ça, bon…il y a des périodes plus sombres que d’autres, pour l’humour comme pour le reste).