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CREOTIVEMEDIA
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3,5
Publiée le 13 septembre 2026
Mārama investit les codes du cinéma gothique pour mieux les détourner. Manoir isolé, landes noyées dans la brume, couloirs obscurs, visions inquiétantes : tous les attributs du genre sont présents. En plaçant une femme māorie au cœur de l’Angleterre victorienne de 1859, Taratoa Stappard transforme progressivement le récit de maison hantée en confrontation avec une histoire coloniale qui refuse de rester enterrée.
Mary Stevens arrive dans le Yorkshire du Nord pour retrouver la vérité sur ses origines. Sa quête la conduit jusqu’au manoir Hawkser, imposante demeure dont l’atmosphère laisse rapidement deviner que certaines histoires ont été soigneusement dissimulées.
À mesure que Mary explore les lieux, des visions ancestrales commencent à apparaître. Ce qui pourrait d’abord relever du phénomène surnaturel devient progressivement une autre forme de mémoire. Les apparitions ne sont pas simplement destinées à effrayer : elles semblent vouloir transmettre ce que les vivants ont choisi d’oublier.
C’est dans cette articulation entre horreur gothique et mémoire coloniale que Mārama trouve sa véritable singularité. Taratoa Stappard reprend un imaginaire profondément associé à la culture britannique pour le regarder depuis le point de vue d’une héroïne issue d’un peuple colonisé. La grande demeure victorienne, traditionnellement hantée par les secrets d’une famille, devient ici le symbole d’une société construite sur des histoires qu’elle préfère taire.
Ariāna Osborne porte le film par une présence remarquable. Mary n’est jamais réduite à une victime découvrant les horreurs qui l’entourent. Comprendre ses origines revient aussi à reprendre possession d’une histoire dont d’autres ont contrôlé le récit. L’actrice fait cohabiter vulnérabilité, détermination et colère dans une interprétation particulièrement maîtrisée.
Toby Stephens apporte une autorité parfaitement adaptée à cet univers victorien gouverné par les apparences et les rapports de pouvoir. Umi Myers participe quant à elle à la dimension plus intime et mémorielle du récit.
Visuellement, Taratoa Stappard exploite pleinement son décor. Les landes du Yorkshire, les intérieurs faiblement éclairés et les longs couloirs du manoir composent un environnement où l’isolement devient presque physique. La caméra laisse régulièrement une partie du cadre dans l’ombre, donnant constamment l’impression qu’une présence demeure hors champ.
Le film privilégie ainsi une peur lente. Les visions, les sons et les traces du passé installent davantage le malaise qu’une accumulation de jump scares. Cette retenue permet au surnaturel de conserver une intéressante ambiguïté : les fantômes constituent-ils réellement une menace ou sont-ils les derniers témoins capables de raconter la vérité ?
La quête généalogique devient progressivement une entreprise de dévoilement. Retrouver ses origines signifie pour Mary faire remonter à la surface une mémoire enfouie et affronter les conséquences d’un passé dont les traces continuent d’exister dans le présent.
Le rythme volontairement contemplatif pourra néanmoins frustrer les amateurs d’horreur plus frontale. Certaines révélations sont longuement préparées et la dimension symbolique prend régulièrement le dessus sur l’épouvante pure. Mais cette lenteur participe aussi à l’atmosphère étouffante recherchée par Stappard.
Élégant, inquiétant et politiquement chargé, Mārama renouvelle intelligemment le gothique victorien en adoptant une perspective māorie. Taratoa Stappard utilise les fantômes comme les gardiens d’une mémoire que l’Histoire a tenté d’effacer. Ariāna Osborne s’impose dans un rôle intense, au cœur d’une œuvre singulière où l’épouvante, l’identité et l’héritage colonial se répondent constamment.
Mary accepte de traverser la moitié de la planète pour se rendre à l’invitation d’un Lord dans l’Angleterre Victorienne. Elle se retrouve projetée dans l’horreur et la banalisation des dégâts du colonialisme. Taratoa Stappard est maori et anglais et avec ce film il creuse les plaies ancestrales et projete les douleurs de ces ancêtres dans le gothique de Mary Shelley. Et fait un film que personne n’a jamais fait : le folk-horror décolonial maori. Étonnant.
J'ai aimé cette atmosphère sombre et gothique, ainsi que ce récit traitant d'une femme maorie en quête de ses origines à l'époque victorienne. Le rythme est très lent et la mise en scène manque peut-être de piquant, de profondeur, mais c'est agréable à visionner.
Un film d’épouvante venu de Nouvelle-Zélande ! Ça ne se refuse pas ! A priori… Car pour son 1er film, Taratoa Stappard a visé haut, très haut et sans doute trop haut. Dans les landes désolées du Yorkshire du Nord en 1859 à l’époque de l’Angleterre Victorienne, Mary Stevens, une femme māorie en quête de vérité sur ses origines, rejoint le manoir Hawkser. Entre les couloirs lugubres, apparaissent alors d’ancestrales visions qui révèlent peu à peu un mystère terrifiant. 90 minutes d’une beauté sublime – la forme -, qui s’appuient sur un scénario prétentieux et nébuleux à souhait – le fond -. Je suis peut – être moins intelligent que j’ai la faiblesse de le penser, mais je dois avouer être loin d’avoir tout compris aux tenants et aux aboutissants du drame qui frappe la jeune et belle héroïne… au point qu’elle aussi me semble bien perdue dans les couloirs et les secrets de ce manoir perdu du Yorkshire au XIXème siècle. Pourtant, tout commence très bien, plongés que nous sommes dans l'univers gothique et de ce manoir aussi sublime qu'effrayant. Bon, mais si on a droit d’emblée à quelques gimmicks du cinéma horrifique, comme le miroir, quelques jump-scares banals à souhait, on comprend assez vite que c'est en réalité une horreur bien plus viscérale qui habite ce manoir. Une horreur qui est liée au passé de l'héroïne qui cherche à tout prix à le comprendre. Seulement voilà, elle peine pendant tout le film à trouver des explications à son trouble et nous avec elle. Beaucoup de pistes sont ouvertes, mais pas toujours refermées, les solutions possibles affluent sans qu’on sache ce qu’il faut réellement en déduire. C’est très agaçant. En fait, j'ai eu l'impression que le film cherche constamment à embrouiller inutilement son spectateur avec une intrigue relativement décousue composée de flashbacks sensationnalistes. Et force est de constater que ça sert un peu de cache-misère à une histoire qui se veut plus maline qu'elle ne l'est. Restent la beauté confondante de la photographie et de la musique. mais, comme souvent je j’écris ici, ça ne suffit pas. Pour ce nouveau genre cinématographique, l’horreur gothique māorie, le cinéaste, maori lui-même par sa mère – et anglais par son père -, confie avoir trouvé la confiance nécessaire pour écrire et réaliser ce film au moment où il a commencé à comprendre et à embrasser mon propre whakapapa (???). Il a donc été nourri dès sa plus tendre enfance par nombreuses histoires puissantes sur ses tūpuna. Mais ce sont toujours les wāhine qui l’ont le plus fasciné… Quand je vous dis que tout n’est forcément très clair… Il ajoute, pour faire bon poids que chaque jour commençait et se terminait par une karakia pour honorer le tikanga māori. Ariāna Osborne, qui parle couramment le reo māori est parfaite dans le rôle titre. Elle est fort bien entourée par Toby Stephens, Umi Myers, Evelyn Towersey, Errol Shand, Jordan Mooney qui tentent tant bien que mal dans cette histoire fuligineuse dont la morale affichée est : pour avancer dans l’avenir, nous devons comprendre le passé. Comprendre ou ne pas comprendre, telle est la question.
Thriller gothique classique mais original par son contexte. Mêlant histoire coloniale et ésotérisme, celui-ci nous transporte dans une facette du colonialisme méconnue du grand public, celle de la Nouvelle-Zélande et la culture Maori. De cette culture, je ne connais pratiquement rien tout au long du récit, nous apprenons 'en surface) comment elle fonctionne d'un point de vue religieux et spirituel. Une mise en scène posée, lente avec de très belles compositions (paysages, décors intérieurs), une lumière très travaillée voire trop (très sombre, éclairage naturel à la bougie ?). Le film va droit au but et ne s'embarrasse pas d'une multitude détails environnementaux, historiques ou même pour ses personnages. Une musique traditionnelle très présente qui peu déplaire à certains (ou pas). C'est un film mémoire qui a pour but d'éduquer les générations à ce dont a été capable l'Homme à certains moments de son Histoire.
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2,5
Publiée le 14 juin 2026
« Pour avancer dans l'avenir, nous devons comprendre le passé. » Ce message d'introduction s'adresse au public, mais il s'applique également à Mary, cette jeune femme qui se rend dans un village reculé d'Angleterre dans l'espoir d'en savoir plus sur son passé. Elle arrive dans une demeure où elle va faire de sombres découvertes. Avec son premier long-métrage, Taratoa Stappard évoque les atrocités commises par les colons anglais à leur arrivée en Nouvelle-Zélande ainsi que les conséquences sur les futures générations. Cette quête d'identité de celle qui s'appelle Marama se transforme en une vengeance trop courte pour être réellement appréciée. Pourtant, le réalisateur essaie de faire grimper la tension avec des scènes révoltantes à voir pour la principale intéressée quand les locaux font preuve d'une insolence absolument crasse envers sa culture. Cette réappropriation culturelle et identitaire manque de force et de rage alors même que Taratoa Stappard a misé là-dessus. En somme, "Marama" est un drame horrifique gothique élégant, mais jamais palpitant à suivre.
En 1859, à l'époque victorienne, dans les landes désolées du Yorkshire, au nord de l'Angleterre. Mary Stevens (Ariāna Osborne), jeune femme māorie en quête de vérité sur sa famille et ses origines, rejoint le manoir Hawkser après avoir reçu une mystérieuse missive. Le maître des lieux, Nathaniel Cole (Toby Stephens), lui propose de devenir la préceptrice de sa fille Anne. Mais d'étranges visions ancestrales commencent bientôt à hanter la jeune femme... Il y a beaucoup de raisons d'aimer « Mārama ». D'abord parce que cela commence très bien, comme dans un bon vieux film de la Hammer, avec l'arrivée dans un étrange château perdu au milieu des landes du Yorkshire. On retrouve même le thème classique du cocher qui refuse d'aller plus loin et invite son passager à terminer la route à pied. Ensuite, par son sujet même, puisque le film relate le combat d'une femme māorie – Mary, Mārama de son nom d'origine – pour reconquérir son identité et sa culture. Lui-même d'origine māorie, Taratoa Stappard signe à la fois un récit d'émancipation féminine, un film d'horreur gothique et une critique de la colonisation des peuples māoris par les Britanniques. L'idée de faire surgir les fantômes du passé colonial au cœur même d'un décor typiquement victorien est d'ailleurs particulièrement pertinente : derrière les apparences raffinées du manoir anglais se cache toute une histoire de domination, d'effacement culturel et de dépossession. « Mārama » revendique ainsi pleinement son appartenance à la tradition gothique britannique, tradition dont il détourne les codes pour faire surgir non plus les fantômes d'une famille, mais ceux de l'histoire coloniale. Malheureusement, tout cela fonctionne assez mal et le film se révèle rapidement ennuyeux, faute de rythme et de tension dramatique. Le mélange entre film d'auteur et cinéma de genre, pourtant souvent très fécond, ne prend jamais vraiment. Le réalisateur semble vouloir créer artificiellement du mystère à travers une intrigue inutilement opaque alors que le fond du propos demeure, au contraire, assez simple et lisible. Sur la forme, on peut également regretter qu'il cède trop souvent à la facilité des jump scares, aux traditionnels jeux de miroirs et à l'accumulation de flashbacks fantasmagoriques qui finissent par diluer plutôt que renforcer l'atmosphère. Là où les grands films gothiques suggèrent et inquiètent, « Mārama » tend trop souvent à souligner lourdement ses effets. Bref, un film dont on a toutes les raisons d'apprécier les intentions et le propos, mais qui demeure franchement décevant dans son exécution.
Les effets de surprise et la bande son créent une ambiance angoissante (à défaut de faire peur) tandis qu'on s'éloigne petit à petit du surnaturel pour se rendre compte que l'horreur est réelle Un très bon film, qui provoque des réactions viscérales et dont le scénario rappelle un peu Django Unchained.
Intéressant film qui sous couvert d'un Conte Horrifique raconte une histoire de vengeance et de recherche d'identité sur fond de (dé)colonialisme et de Culture Maorie dans l'Angleterre Victorienne de 1859 . La réalisation de Taratoa Stappard sort avec aisance des sentiers battus du Genre et c’est tout son intérêt !
Un scénario qui tient à un fil, une mise en scène qui embrouille avec des flash-backs et des images qui sortent de nulle part. Bref, pénible. De sublimes paysages cependant
Exellent moment en salle obscure. , tres bien realisé esthétisme , belle performance des acteurs. Notamment l'actrice principale. , on ne s énnuie pas une seconde. Horreur non, pas vraiment, gore oui in peu. Original, évasion garantie, n est-ce pas aussi le but d 'aller voir un film.... Pour amateurs du style, et curieux .
Très beau film avec une esthétique superbe, J ai vraiment beaucoup apprécié tant la narration que le jeu d'acteur. A voir sans modération même pour ceux réticents aux films classifiés horreur... Histoire inspirée de faits réels magnifiquement contée. Original. Je recommande.
Film profond sur la colonisation de la Nouvelle-Zélande et l'appropriation culturelle, esthétique magnifique, acteurs parfaits. Pour ceux qui seraient réticents car il est classé horreur, vous pouvez le voir sans crainte. Je recommande pour les amateurs de films de genre.