Mārama
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Direct-actu.fr

390 abonnés 520 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 avril 2026
Dans l’Angleterre victorienne de 1859, Mārama de Taratoa Stappard s’impose comme une œuvre hybride, à la croisée du film d’horreur gothique, du récit historique et de la quête identitaire. Le film suit Mary Stevens (Ariāna Osborne), une femme māorie en recherche de ses origines, qui rejoint un manoir isolé dans le Yorkshire du Nord. Ce lieu devient rapidement un espace de confrontation entre passé et présent, où visions, apparitions et mémoire collective s’entrelacent jusqu’à brouiller les frontières du réel.
Face à Jack Fenton (Erroll Shand), figure trouble liée à ce passé enfoui, et Sir Nathaniel Cole (Toby Stephens), incarnation rigide du pouvoir colonial, Mary se retrouve enfermée dans un système qui dépasse sa propre histoire. Le récit met en lumière une violence plus insidieuse que spectaculaire, celle de la colonisation culturelle, qui ne s’est pas contentée de conquérir des territoires, mais a imposé des noms, des langues et des identités. Le nom de Mary Stevens devient ainsi un symbole, celui d’une transformation forcée et d’un héritage partiellement effacé.
Le film aborde frontalement la question de l’appropriation culturelle. Les pratiques māories, qu’il s’agisse des tatouages ou des expressions symboliques, sont détournées de leur sens originel et réinterprétées dans un regard colonial. Cette tension constante transforme le manoir en un espace figé, presque théâtral, où l’identité autochtone est observée, contrôlée et réduite à une représentation.
La réponse du récit ne passe pas par une simple opposition, mais par une reconquête progressive. Celle-ci s’ancre dans la mémoire des tūpuna, les ancêtres, dont la présence traverse le film. La voix devient un élément central, non comme simple moyen d’expression, mais comme transmission vivante. Lors du haka, moment clé du film, cette voix prend une dimension collective. Elle dépasse le personnage pour incarner une lignée, une histoire, une force héritée qui refuse de disparaître.
Cette puissance, profondément ancrée dans l’héritage, vient contredire la logique coloniale qui réduit l’individu à une fonction ou à une place imposée. Le parcours de Mary consiste à lever les silences, à accepter une identité longtemps contenue. Ce cheminement est à la fois intime et politique, puisqu’il engage une réappropriation du corps, du langage et de l’histoire.
Sur le plan esthétique, Mārama s’inscrit dans une tradition gothique assumée. L’atmosphère rappelle les premières œuvres comme Nosferatu ou Dracula, notamment dans son introduction, où le refus d’un cocher d’aller plus loin installe une tension immédiate. La photographie, proche d’un rendu lut flat, renforce cette sensation d’étrangeté et d’enfermement. Le film adopte une approche presque animiste, où les fantômes ne se contentent pas de hanter les lieux, mais s’inscrivent dans les corps et les esprits.
Au-delà de ses références, le film affirme une identité propre. Il propose une expérience sensorielle et symbolique, où la possession devient catharsis et où la mémoire se transforme en force active. La performance d’Ariāna Osborne s’impose comme un pilier du récit, portant à la fois la dimension émotionnelle et physique du personnage.
Mārama ne se limite pas à une histoire de vengeance. Il interroge la manière dont une culture peut survivre à l’effacement, se reconstruire et reprendre la parole. La voix des ancêtres n’y est pas une simple image, mais une continuité vivante, qui traverse le temps et finit par s’imposer.
Julien Loeki
Julien Loeki

157 abonnés 54 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 avril 2026
Pas franchement convaincu par ce film plus historique qu'horrifique (nous étions pourtant à une séance « Horror Cinema Club » qui quitte Alésia pour Beaugrenelle), basé sur des jump scares. Les personnages sont assez caricaturaux et ne servent pas le propos.
Luc Renders
Luc Renders

5 abonnés 24 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2026
Colonialisme anglais vs Maoris
Ambiance incomparable .... glauque ....
Difficile à cerner sans tout comprendre
Mais il fait le taf
Syned Ivel
Syned Ivel

4 abonnés 10 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 avril 2026
Le film aborde le thème des violences subies par le peuple maori pendant la colonisation britanique, en prenant la forme d'une fable fantastique et macabre. Même si l'intention est louable, la démarche reste laborieuse, engoncée dans des flashbacks se voulant fantasmagoriques, mais restant des dévoilements d'événements passés. Alors que certaines scènes sont réussies, notamment la transe maori ou la violence de certains meurtres, l'épouvante ne prend pas reposant sur des gimmicks classiques de jumpscares ou de jeu de miroirs. L'ensemble ne séduit pas par manque de rythme, de rebondissements ou de switchs salvateurs. Car le déroulement nous emmène à pas lents vers un dénouement attendu.

Le film a été présenté à Hallucinations Collectives édition 2026, festival de l'Autre Cinéma de Lyon, en compétition Longs Métrages.
traversay1

4 502 abonnés 5 399 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mars 2026
C'est un filon qui n'en est qu'à son début d'exploitation et qui n'a sans doute pas fini de prospérer au sein du cinéma de genre : la mise à mal du récit colonial qui recèle bien des horreurs et auquel s'ajoute opportunément la dénonciation des abus éhontés du patriarcat. Memento maori : Mārama s'engouffre dans la brèche, tout en respectant les codes de l'épouvante, graduellement exposés, un peu de manière brouillonne, au départ, alors que l'énigme principale n'a rien de complexe, une fois explicitée. Gothique, grotesque, grandiose, le premier long métrage de Taratoa Stappard a des arguments de poids à faire valoir et les réserve en grande partie pour son dénouement décomplexé qui décapite littéralement toute velléité de lui opposer un peu de mesure, eu égard à une certaine euphorie qui ne peut manquer de nous harponner, y compris pour le goût douteux qui y est étalé. Pour être honnête, Mārama met du temps à révéler sa vraie personnalité, mais ce n'en est que meilleur par la suite, tout en ayant dès les premières images une identité visuelle marquante, quoique relativement conforme à ce que l'on attend d'une intrigue se déroulant dans un manoir sinistre du Yorkshire, aux alentours de 1850. Ajoutons que les interprétations, en particulier féminines sont d'un très haut niveau. Et le passé douloureux de la Nouvelle-Zélande, dans tout cela ? Il est bien présent quoique dissimulé, derrière les miroirs et sous les tapis, et ne demande qu'à resurgir, en une sanglante évidence.
Artos
Artos

9 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mars 2026
Présenté comme un film d'horreur, Mārama mobilise des effets du film de genre pour présenter une crtique politique de l'enrichissement (économique et culturel) du Royaume Uni. C'est l'histoire d'une guerrière, européanisée, qui retrouve son histoire. Assez beau visuellement, j'ai beaucoup aimé ce film plongé dans le noir qui, sous couvert d'un divertissement, propose une réflexion sur le pillage et ce qu'on appelle l'appropriation culturelle. Porté par une actrice impressionnante. Une belle surprise découverte en avant première
Shawn777

814 abonnés 3 965 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 février 2026
Le voici, le voilà, le film d'elevated horror dans toute sa splendeur, c'est-à-dire un "film d'auteur" qui rencontre divers codes horrifiques. Alors attention, tout est à prend avec des pincettes, premièrement, je n'apprécie pas vraiment l’appellation "elevated horror", un terme pédant qui décrédibilise un cinéma d'horreur qui serait plus populaire et film d'auteur n'est pas synonyme de film ennuyant. Par exemple, tous les films de Steven Soderbergh sont des films d'auteurs et dedans, il y a les "Ocean's" ou les "Magic Mike" donc bon. Mais dans le cas précis de ce film réalisé par Taratoa Stappard, je dois bien avouer que je me suis bien ennuyé !
Pourtant, tout commence très bien, nous sommes plongés dans l'univers gothique des landes du Yorkshire avec ce manoir aussi sublime qu'effrayant. Même si l'épouvante repose sur des gimmicks assez connus du cinéma horrifique, comme le miroir, quelques jump-scares etc., on comprend assez vite que c'est en réalité une horreur bien plus viscérale qui habite ce manoir. Horreur qui est liée au passé de l'héroïne qui cherche à tout prix à le comprendre.
Car pour poser un peu le contexte, Mary est une femme maorie en quête d’identité et cherchant à comprendre son passé et les Maori sont un peuple autochtone faisant partie de la Nouvelle-Zélande, alors colonisée par les britanniques. Donc assez vite, l'horreur se déplace des décors un peu effrayants aux habitants du manoir qui portent de lourds secrets concernant Mary.
Et que c'est bordélique ! Et paradoxalement, c'est dans le fond assez simpliste. En fait, j'ai eu l'impression que le film cherche constamment à embrouiller inutilement son spectateur avec une intrigue relativement décousue composée de flashbacks sensationnalistes. Et force est de constater que ça sert un peu de cache-misère à une histoire qui se veut plus maline qu'elle ne l'est.
Bref, comme vous l'aurez compris, je n'ai été que très peu réceptif à "Mārama" mais qui a en revanche tout pour plaire à Télérama et ses lecteurs.
LaVieLaVraie
LaVieLaVraie

8 abonnés 37 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 octobre 2025
film tourné en Nouvelle-Zélande. il y a bien dans le film quelques plans tournés en extérieur qui sont splendides. le reste est en intérieur et d une grande pauvreté visuelle. j'ai un peu souffert au visionnage de ce film au FEFFS 2025. Notamment parce que le personnage principal féminin fait la tête tout le long du film sauf dans deux plans. La progression dramatique est pénible et longue. le rythme est soporifique. Ça termine soudain dans un déluge de gore. Le sujet des maoris a déjà été brillamment exploité par le passé dans THE NIGHTINGALE ou UTU, des films largement plus inspirés que celui-ci.
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