Le premier long métrage de Meryem Benm’Barek, Sofia, sorti il y a déjà près de huit ans, avait marqué par ses prises de risque et son acuité sociale, dans le portrait d'une jeune mère célibataire au Maroc. Derrière les palmiers n'a pas moins d'ambition pour évoquer le désir amoureux et l'espérance d'ascension pour un garçon marocain, tenaillé entre sa fiancée de Tanger et sa maîtresse française. La famille de cette dernière, bourgeoise et vaguement condescendante vis-à-vis de la population de son pays d'adoption permet à la réalisatrice d'évoquer le néocolonialisme économique avec une acidité que l'on saluerait volontiers s'il n'était pas escorté par des aspects par trop caricaturaux. Le portrait psychologique de son jeune héros, très fluctuant, manque aussi un peu de nuances, dans un récit trop prévisiblespoiler: qui s'éloigne progressivement du réalisme pour la chronique d'une tragédie annoncée. Pas sans qualités, loin de là, et captivant dans sa captation d'un Tanger immédiat et fascinant, Derrière les palmiers finit par décevoir à cause d'un scénario qui se complait à suivre une trame attendue. On saluera cependant l'excellente interprétation de Driss Ramdi et surtout de Nadia Kounda dont le rôle, soit dit en passant, aurait mérité d'être développé, bien davantage que celui, un brin convenu, de Sara Giraudeau.
Ce qui demeure le plus intéressant, c’est la portée politique du désir que la réalisatrice assume pleinement, en interrogeant le néocolonialisme à l’œuvre dans les relations amoureuses. Les personnages ne sont jamais figés ; au contraire, ils se transforment au fil du récit. spoiler: Ainsi, Mehdi, jeune homme vraisemblablement attaché à sa famille et à sa culture, finit par céder à sa soif d’émancipation à la suite de sa rencontre avec Marie. Cette dernière, quant à elle, en vient paradoxalement à se conformer aux attentes parentales, malgré les sentiments qu’elle affiche. Enfin, Selma, prise entre les deux, incarne une figure ambivalente : bien que victime dans sa relation avec Mehdi, elle n’hésite pas à recourir au chantage si l’occasion de s’extraire de sa condition se présente.
Dans cette mosaïque, ce ne sont pas seulement les personnages qui évoluent, mais aussi notre regard sur le monde, progressivement déplacé et mis à l’épreuve. Meryem Benm'Barek nous oblige, avec une grande acuité, à affronter nos propres contradictions, sans jamais tomber dans le jugement moral, dans une œuvre aussi saisissante que lucide.
Ce film au scénario très fluide qui raconte le destin amoureux, compliqué et dramatique d’un jeune marocaine est pathétique et intéressant à suivre. Dans ce film, la réalisatrice marocaine dont c’est le deuxième long métrage a mis bien en valeur la ville de TANGER qui sert de cadre au film. Dans cette tragique histoire d’amour, on découvre le poids des traditions et de la religion et également les différences de situations entre les riches étrangers et les marocains qui vivent au pays. Le film a très bien restitué tout cela avec un bon casting.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse le 24/02/2026 au Club Marbeuf à PARIS)
J’ai vu Derrière les palmiers dans le cadre du Festival de Marrakech. J’adore l’idée politique qui sous-tend le film, mais le résultat reste très prévisible : le récit déroule exactement ce qu’annonce le synopsis, sans véritable surprise. Les dialogues comme la mise en scène tombent souvent dans le cliché. C’est simple… mais trop simple. Dommage, car cette histoire avait clairement le potentiel d’offrir quelque chose de plus fort et de plus ambitieux.