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3,0
Publiée le 9 mai 2026
DERRIÈRE LES PALMIERS - Meryem Benm’Barek
Avec Derrière les palmiers, Meryem Benm’Barek signe un thriller sentimental de facture assez classique, mais suffisamment bien écrit et interprété pour que l’on se prenne au jeu.
Un jeune architecte marocain promis à une femme de son milieu voit sa trajectoire bouleversée lorsqu’il rencontre une riche Française installée à Tanger. Triangle amoureux, mensonges, désir d’ascension sociale… sur le papier, rien de très neuf. Et pourtant, quelque chose fonctionne.
Ce qui rend le film intéressant, c’est la manière dont il déplace progressivement son regard vers une dimension beaucoup plus politique. Derrière les sentiments, les rapports de domination se révèlent. Le désir devient profondément lié aux rapports de classe, d’argent et d’héritage colonial. Meryem Benm’Barek filme avec beaucoup d’acuité cette bourgeoisie occidentale vivant au Maroc dans une forme de confort néocolonial plus ou moins inconscient.
Le plus réussi reste que le film ne fige jamais ses personnages dans des rôles simplistes. Mehdi n’est ni une victime ni un pur opportuniste. Marie n’est pas seulement la riche étrangère un peu vide. Selma dépasse largement le statut de fiancée sacrifiée. Chacun évolue et révèle peu à peu ses zones d’ombre. Et à mesure que le récit avance, notre regard sur eux change.
Le scénario reste parfois un peu programmatique dans sa construction, avec quelques rebondissements assez prévisibles et certains personnages secondaires un peu caricaturaux, notamment du côté des expatriés français. Mais l’ensemble tient grâce à une vraie fluidité de narration et surtout à un excellent casting. Driss Ramdi apporte beaucoup de fragilité à ce personnage incapable de choisir sa place. Nadia Kounda est bouleversante de retenue. Quant à Sara Giraudeau, actrice que je ne porte pas particulièrement dans mon coeur, elle joue très bien cette ambiguïté entre liberté sincère et domination sociale inconsciente.
Plus qu'un thriller amoureux classique, et malgré une bande-annonce peu engageante, Derrière les palmiers finit par devenir une réflexion intéressante sur le désir et le pouvoir.
Il est bien difficile de noter ce triangle amoureux au coeur de Tanger. Mehdi, diplômé d'architecture, doit se contenter de travailler sur les chantiers de son père qui voit en lui un successeur à la tête de son entreprise. Lors de la construction d'une superbe villa destinée à des français, il tombe sous le charme de l'incandescante Marie/Sara Giraudeau qui va éveiller ses sens et son ambition. Le problème, c'est qu'il projette de se marier avec une jeune marocaine... . Le film se révéle inégal avec des personnages caricaturaux (les parents bourgeois), mais il réussit à semer le trouble chez le spectateurspoiler: . Le monde occidental s'avére attrayant pour le jeune homme au point de le pousser au pire et de montrer sa lâcheté . Dommage encore une fois que certaines scènes soient maladroites. spoiler: Le final de l'arroseur arrosé est lui bien trouvé .
Mehdi vit à Tanger avec ses parents. Alors qu’il fréquente Selma, sa rencontre avec Marie, une riche française va troubler sa vie sans histoire. Mehdi va être piégé à la fois par les conventions, les traditions, et à la fois par le mépris social, le racisme colonial. Un drame intéressant mais sans grande nuances, avec une direction d’acteurs assez moyenne.
Il s'agit d'un portrait d'homme faible …tourné par une femme, cependant le sujet n'est pas si simple puisque la réalisatrice dit qu'il y a un peu d'elle-même dans chacun des trois personnages: le fils d'un artisan marocain, diplômé d'architecture, la jeune femme du quartier qu'il pensait épouser, et la quadra française délurée, fils de bobos friqués. La mise en scène manque peut-être d'un peu de liant entre des scènes qui s'enchainent au fur et à mesure de la dérive de Medhi, tiraillé entre deux choix, ou plus exactement deux non-choix. Chacun cherche à se libérer du cadre imposé par les parents ou la classe sociale à laquelle il appartient. Ramdi n'a pas un role sympa, on pourrait trouver Medhi plutôt lâche, et peine à faire passer de son déchirement intérieur. Sara Giraudeau est égale à elle-même, quant à sa mère, Carole Bouquet dans un second rôle est odieuse à souhait comme elle l'a déjà prouvé dans le passé. Nadia Koulma assure sans surprise le role plus facile de la jeune boulangère spoiler: au destin tragique.
Le film n'évite pas quelques clichés sur la présence d'une classe française aisée au Maroc, mais ce regard de l'intérieur n'est pas courant. Cinéma - festival Caravane d'Afrique - avril 2026
Film émouvant, touchant, perturbant. Les 3 personnages principaux: Medhi, Selma, Marie sont très convaincants, Selma est attachante, on comprend vite que Medhi va faire le mauvais choix attiré par tout ce qui brille, ce film est une belle surprise et un vrai coup de coeur.
un thriller impeccable qui s'appuie sur les rapports de domination economique, culturelle et de genre. Grande réussite sans concession d'aucun côté pour une cineaste brillante dotée d'une double nationalité .
un film choc ,bien écrit ,très bien joué en particulier par les 2 jeunes marocains, le sujet est excellent et très réaliste sur les relations franco marocaines : fascination pour la France par les jeunes marocains( surtout les hommes) ,qui rêvent de liberté, etouffés par leur religion ,et un état policier . la famille française riche et snob ,se paye un petit délire bon marché: pour eux le temps d'en mettre plein la vue dans les diners mondains parisiens ,ils s'en lasseront vite car vivre dans une casbah ce n'est pas leur monde ni de fréquenter des marocains .ils revendront vite à perte à d'autres snobs . Le jeune marocain se laisse éblouir par ce luxe qu' il ne connait pas ,il tombe dans le piège de cette famille et de leur fille pourrie gâtée et déséquilibré s'en rend compte trop tard après la mort de sa fiancée marocaine suite à une ivg ratée. la dernière scène est un" coup de poing" ,on en sort bouleversé.
Un scénario assez convenu et sans surprise. Le personnage principal manque de profondeur mais l'interprétation de la jeune marocaine est excellent, tandis que "les riches" sont très cliché. De beaux paysages
le sujet semble traiter du mal engendré par le coloniliasme pourtant il est très clair que le seul mal ici est le mensonge. Je suis perplexe, je ne comprends pas ce qu on a réellement voulu me raconter. Par ailleurs, le personnage principal manque d un réel déterminisme dans sa volonté d elevation sociale à tel point qu on ne comprend pas très bien comment on en est arrivé là. Le personnage de Selma en revanche est très bien portée. La plastique de Sara Giraudeau très mise à profit. La lumière, les décors envoûtants. Mais je bute sur ce scénario et la motivation du personnage principal. C'est dommage.
Mehdi (Driss Ramdi), son diplôme d'architecture en poche, travaille à Tanger avec son père en attendant un emploi à la hauteur de ses ambitions. Il l'aide à creuser une piscine dans la résidence secondaire d'une riche famille de Français et y fait la connaissance de leur fille, Marie (Sara Giraudeau). Il fréquente Selma (Nadia Kounda), une jeune fille d'origine modeste, très pieuse, employée dans une boulangerie, qui acceptera de se donner à lui à condition qu'il s'engage à l'épouser.
J'avais beaucoup aimé Sofia, le premier long métrage de la réalisatrice marocaine Meryem Benm'Barek. Il a fallu attendre plus de sept ans pour voir sortir le deuxième qui possède les mêmes qualités. Il décrit avec une précision clinique les rapports inégaux entre les riches Européens qui résident à mi-temps au Maroc et les Marocains qui travaillent à leur service. Il porte sur la condition des femmes un regard acéré. Il possède aussi de grandes qualités formelles : son scénario est particulièrement riche, qui contient de nombreux rebondissements et ne laisse rien deviner de son issue.
Dans sa première moitié, "Derrière les palmiers" semble avoir pour sujet principal les incertitudes du cœur de son héros, tiraillé entre l'amour pur que lui voue une jeune Marocaine et la liberté sensuelle que lui fait miroiter une riche Française. Les hésitations du cœur se doublent de celles du corps : Nadia se refuse à Mehdi alors que Marie se donne à lui avec une facilité qui le déconcerte et le séduit. Troisième degré de complexité : Marie lui ouvre des opportunités qui lui étaient jusqu'à présent hors d'atteinte, celles de quitter Tanger où il étouffe et d'être recruté en France dans un cabinet d'architectes.
Dans sa seconde moitié, spoiler: "Derrière les palmiers" prend, comme Sofia l'avait déjà fait, un tour différent, plus dramatique, tangentant avec le polar, enfermant son héros dans une série de mauvaises décisions à l'issue nécessairement dramatiques.
On pourrait dire de "Derrière les palmiers" qu'il sonde les rapports de classe dans un monde post-colonial. Moins prétentieusement, on peut saluer un film sans morale qui peint un héros coincé entre de mauvais choix. Un complément utile à "Rue Malaga" qui, sur un mode beaucoup plus gentillet, décrivait une autre facette de Tanger et des rapports entre Marocains et Européens.
Ce film m' a absolument captivé . Que ce soit au niveau du jeu d'acteurs que j'ai trouvé excellent, je suis étonnée qu'il ne soit pas mieux noté . D'autre part , le scénario est haletant, je n'ai pas vu le film passer , j'ai été complètement captivée par le scénario et j'ai trouvé le rythme très bon, je ne me suis absolulement pas ennuyée du début à la fin . L'histoire est rude, il y a surement des maladresses et d'autres choses à redire , toutefois ce film mérite d'être salué pour sa qualité à beaucoup de niveaux. Les acteurs peu connus jouent vraiment trés bien !
À voir absolument. On n’en sort pas indemne. Après « rue Malaga », c’est un témoignage sur des vies qui se côtoient et qui ont comme point commun une ville et la misère.
Il y a du Match point de Woody Allen avec ce jeune marocain ébloui par l'envie de réussir par tous les moyens, certes avec moins de panache, et de roueries, mais c'est tout de même bien mené et très bien interprété. Léger et distrayant, sans oublier de d'égratigner la petite bourgeoisie néocoloniale...
Très bon film plein de subtilités sur les relations humaines, la spirale du mensonge, la volonté de changer de vie, la force des relations familiales. Analyses humaines très fines. Un très bon film, bien filmé. Bravo!