188 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
33 critiques spectateurs
5
4 critiques
4
8 critiques
3
15 critiques
2
6 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Simone Gentile
11 abonnés
104 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 31 mars 2026
Ce qui demeure le plus intéressant, c’est la portée politique du désir que la réalisatrice assume pleinement, en interrogeant le néocolonialisme à l’œuvre dans les relations amoureuses. Les personnages ne sont jamais figés ; au contraire, ils se transforment au fil du récit. spoiler: Ainsi, Mehdi, jeune homme vraisemblablement attaché à sa famille et à sa culture, finit par céder à sa soif d’émancipation à la suite de sa rencontre avec Marie. Cette dernière, quant à elle, en vient paradoxalement à se conformer aux attentes parentales, malgré les sentiments qu’elle affiche. Enfin, Selma, prise entre les deux, incarne une figure ambivalente : bien que victime dans sa relation avec Mehdi, elle n’hésite pas à recourir au chantage si l’occasion de s’extraire de sa condition se présente.
Dans cette mosaïque, ce ne sont pas seulement les personnages qui évoluent, mais aussi notre regard sur le monde, progressivement déplacé et mis à l’épreuve. Meryem Benm'Barek nous oblige, avec une grande acuité, à affronter nos propres contradictions, sans jamais tomber dans le jugement moral, dans une œuvre aussi saisissante que lucide.
En allant voir "Derrière les palmiers", j'espérais que, dans son deuxième long métrage, la réalisatrice marocaine Meryem Benm’Barek avait gommé tous les défauts qui, pour moi, avaient gâché son premier, "Sofia", sorti il y a 7 ans 1/2 : façon maladroite de mener le récit, film qui, trop souvent, sonne faux. Malheureusement, il n'en est rien. Comme pour "Sofia", le sujet est très intéressant : ici, les rapports de type néo-colonial, à Tanger, entre la population locale et les riches européens et américains qui acquièrent au Maroc des résidences, principales ou secondaires. Au point qu'on peut voir dans "Derrière les palmiers" un film sur ... un grand remplacement qui ne serait pas le même que celui de Zemmour. C'est un film, aussi, qui illustre l'adage "Qui trop embrasse, mal étreint". Cela aurait pu donner naissance à un film puissant et passionnant. Ce n'est malheureusement pas le cas : trop de scènes auxquelles on ne croit pas, trop de dialogues qui sonnent faux, un trio de riches français trop caricaturaux. Carole Bouquet n'a jamais été aussi mauvaise. Par contre, on ne peut qu'être conquis par le jeu très sincère et émouvant de Nadia Kounda.
Voilà un bon film et j'ai du mal à comprendre les critiques négatives. L'histoire de ce jeune marocain, issu de la petite bourgeoisie de Tanger qui s'éprend de la fille de grands bourgeois occidentaux alors qu'il s'apprête à demander en mariage une fille marocaine est habilement troussée. Certes certaines séquences sont un peu caricaturales notamment les réceptions chez les européens où la réalisatrice n'y va avec le dos de l'objectif, mais dans l'ensemble l'affaire se tient. Carole Bouquet est épatante dans le rôle de la mère sur ses gardes quand Marie, sa fille, légère et écervelée lui présente Mehdi. Et Sara Giraudeau parfaite aussi dans le rôle de Marie. La distribution est excellente qu'il s'agisse de l'acteur jouant Mehdi ou de l'actrice jouant la malheureuse marocaine abandonnée. On voit bien les tiraillements du héros entre le désir d'élévation sociale et de progression professionnelle et l'attachement à la famille et aux traditions. Certains décrivent le film comme une charge contre la colonisation . Je n'ai pas du tout vu cela, juste une étude de moeurs plutôt bien fichue en dépit de quelques ficelles un peu épaisses.
Il est assez net et limpide que la cinéaste marocaine signe avec ce film un remake du chef d'oeuvre "Une Place au Soleil" (1951) de George Stevens, soit une transposition maline du Texas à la Kasbah marocaine. Notons tout de même que Mehdi reste un privilégié dans sa communauté, il a fait des études plus qu'honorables, et est fils d'un chef d'entreprise prospère et d'une mère professeure, il n'est pas dans le besoin et tout va bien pour lui au départ. L'histoire reste un triangle amoureux apparemment classique, mais avec des paramètres communautaires et sociaux loin d'être anodins. Ce qui rend d'abord singulier cette histoire repose avant tout sur la personnalité des trois protagonistes : Mehdi, fils aimant, homme bon, respectueux et travailleur et sincèrement amoureux de Selma/Kounda, orpheline amoureuse passionnément et fidèle autant à Mehdi qu'à sa foi et donc aux traditions, puis Marie/Giraudeau fille pourrie gâtée de déjà 40 ans, une Tanguy qui peut dire merci à ses parents riches mais omniprésents pour elle. Ca c'est au départ, avant que Mehdi et Marie ne se rencontre, lui parce qu'il est un homme et que la chair est faible, elle parce que pourquoi pas, puis Selma qui n'a que ses yeux pour pleurer. Un drame intime, social, conjugal, familial, psychologique aussi très bien écrit, magnifiquement interprété, dur mais à conseiller. Site : Selenie
Film de Meryem Benm'Barek intéressant même si sa conclusion reste un peu trop ambigüe à mon goût . Sur fond de fractures sociales cette fiction est implacable et grinçante !
Ce film au scénario très fluide qui raconte le destin amoureux, compliqué et dramatique d’un jeune marocaine est pathétique et intéressant à suivre. Dans ce film, la réalisatrice marocaine dont c’est le deuxième long métrage a mis bien en valeur la ville de TANGER qui sert de cadre au film. Dans cette tragique histoire d’amour, on découvre le poids des traditions et de la religion et également les différences de situations entre les riches étrangers et les marocains qui vivent au pays. Le film a très bien restitué tout cela avec un bon casting.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse le 24/02/2026 au Club Marbeuf à PARIS)
C'est l'histoire d'un triangle amoureux tragique qui révèle nombre de sentiments inavouables et inconfortables. L'image des Occidentaux au Maroc n'en sort pas grandie et l'on comprend qu'aujourd'hui la colonisation "en douceur" est une forme d'appropriation des corps et des biens grâce au pouvoir de l'argent, d'où une rivalité sourde et pleine de non-dits entre autochtones et étrangers. Mais le film est tout autant psychologique... et presque moral puisque la faute conduit au malheur. L'actrice et l'acteur marocains sont très émouvants. La dernière scène est très forte. Une oeuvre du niveau des grands cinéastes iraniens.
Il y a du Match point de Woody Allen avec ce jeune marocain ébloui par l'envie de réussir par tous les moyens, certes avec moins de panache, et de roueries, mais c'est tout de même bien mené et très bien interprété. Léger et distrayant, sans oublier de d'égratigner la petite bourgeoisie néocoloniale...
Un scénario totalement prévisible avec des acteurs caricaturaux. Seule l'actrice qui interprète la jeune marocaine est crédible. De belles vacances au soleil pour l'équipe du film.
Entre deux options, une fille du pays et une étrangère, un jeune marocain n’en choisit aucune et se retrouve acculé. Un film qui se regarde et qui s’oublie aussi vite sur la lâcheté masculine qui est universelle. Avec un regard acerbe sur des expatriés français et le regard condescendant qu’ils portent sur le pays qui les accueille.
Le premier long métrage de Meryem Benm’Barek, Sofia, sorti il y a déjà près de huit ans, avait marqué par ses prises de risque et son acuité sociale, dans le portrait d'une jeune mère célibataire au Maroc. Derrière les palmiers n'a pas moins d'ambition pour évoquer le désir amoureux et l'espérance d'ascension pour un garçon marocain, tenaillé entre sa fiancée de Tanger et sa maîtresse française. La famille de cette dernière, bourgeoise et vaguement condescendante vis-à-vis de la population de son pays d'adoption permet à la réalisatrice d'évoquer le néocolonialisme économique avec une acidité que l'on saluerait volontiers s'il n'était pas escorté par des aspects par trop caricaturaux. Le portrait psychologique de son jeune héros, très fluctuant, manque aussi un peu de nuances, dans un récit trop prévisiblespoiler: qui s'éloigne progressivement du réalisme pour la chronique d'une tragédie annoncée. Pas sans qualités, loin de là, et captivant dans sa captation d'un Tanger immédiat et fascinant, Derrière les palmiers finit par décevoir à cause d'un scénario qui se complait à suivre une trame attendue. On saluera cependant l'excellente interprétation de Driss Ramdi et surtout de Nadia Kounda dont le rôle, soit dit en passant, aurait mérité d'être développé, bien davantage que celui, un brin convenu, de Sara Giraudeau.
Très bon film, scénario très intéressant qui montre que le changement de vie n'est pas forcément facile surtout lorsqu'il repose sur quelqu'un d'autre et non sur sa propre expérience, très bien interprété
Avec Derrière les palmiers, Meryem Benm’Barek signe un thriller sentimental de facture assez classique, mais suffisamment bien écrit et interprété pour que l’on se prenne au jeu.
Un jeune architecte marocain promis à une femme de son milieu voit sa trajectoire bouleversée lorsqu’il rencontre une riche Française installée à Tanger. Triangle amoureux, mensonges, désir d’ascension sociale… sur le papier, rien de très neuf. Et pourtant, quelque chose fonctionne.
Ce qui rend le film intéressant, c’est la manière dont il déplace progressivement son regard vers une dimension beaucoup plus politique. Derrière les sentiments, les rapports de domination se révèlent. Le désir devient profondément lié aux rapports de classe, d’argent et d’héritage colonial. Meryem Benm’Barek filme avec beaucoup d’acuité cette bourgeoisie occidentale vivant au Maroc dans une forme de confort néocolonial plus ou moins inconscient.
Le plus réussi reste que le film ne fige jamais ses personnages dans des rôles simplistes. Mehdi n’est ni une victime ni un pur opportuniste. Marie n’est pas seulement la riche étrangère un peu vide. Selma dépasse largement le statut de fiancée sacrifiée. Chacun évolue et révèle peu à peu ses zones d’ombre. Et à mesure que le récit avance, notre regard sur eux change.
Le scénario reste parfois un peu programmatique dans sa construction, avec quelques rebondissements assez prévisibles et certains personnages secondaires un peu caricaturaux, notamment du côté des expatriés français. Mais l’ensemble tient grâce à une vraie fluidité de narration et surtout à un excellent casting. Driss Ramdi apporte beaucoup de fragilité à ce personnage incapable de choisir sa place. Nadia Kounda est bouleversante de retenue. Quant à Sara Giraudeau, actrice que je ne porte pas particulièrement dans mon coeur, elle joue très bien cette ambiguïté entre liberté sincère et domination sociale inconsciente.
Plus qu'un thriller amoureux classique, et malgré une bande-annonce peu engageante, Derrière les palmiers finit par devenir une réflexion intéressante sur le désir et le pouvoir.
D’office on pense au film de George Stevens, Une place au soleil, dans lequel un homme d’origine modeste est tiraillé entre sa fiancée et une riche héritière… et son destin devient tragique. Ici, l’intrigue se déroule au Maroc où les riches étrangers font travailler les locaux. Ça traîne un peu jusqu’à la dernière demi-heure, c’est un peu clichetonneux mais pas inintéressant. Dommage que le film se termine de façon attendue alors que c’est tout l’opposé du dénouement qui aurait été surprenant, un ailleurs… Bilan mitigé, donc
Mehdi vit à Tanger avec ses parents. Alors qu’il fréquente Selma, sa rencontre avec Marie, une riche française va troubler sa vie sans histoire. Mehdi va être piégé à la fois par les conventions, les traditions, et à la fois par le mépris social, le racisme colonial. Un drame intéressant mais sans grande nuances, avec une direction d’acteurs assez moyenne.