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Guido
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3,0
Publiée le 5 avril 2026
Derrière les palmiers est un film tendu et maîtrisé, qui explore avec précision les zones troubles du désir et de la perte de contrôle. Le moteur principal du film est la fracture et le décalage des réalités sociales que la société marocaine entretient entre ses autochtones et les expatriés .
La trajectoire du film, pensée comme une spirale qui fait glisse le personnage principal vers une noirceur inéluctable, impose sa vraie puissance dramatique. Le bémol tient à un scénario trop construit, presque programmatique (timing des rencontres, grossesse, rencontre fortuite des maitresses, mariage(s), etc) qui rend la progression dramatique un peu binaire, arrangée, et enlève de la crédibilité au film. Gros bémol : le personnage principal peine à susciter un attachement immédiat, ce qui atténue la force émotionnelle de sa chute.
Malgré cela, Derrière les palmiers reste une œuvre solide et audacieuse, portée par une vraie vision de mise en scène.
Sara Giraudeau s’y distingue particulièrement : elle prend encore le risque de jouer la fausse candeur qui la caractérise tout en s’exposant dans des scènes de sexualité crues, jamais gratuites. Son personnage gagne en complexité au fil du récit, glissant d’une apparente innocence vers quelque chose de plus ambigu et dérangeant.
On regrette que Carole bouquet soit un peu à côté de la plaque, son personnage est à la limite de la caricature.
Une belle analyse du darwinisme social toujours très présent en 2025. Est-il possible de sortir de l’emprise familiale, sociale, historique ? Mais assez classique dans le traitement.
J’ai vu Derrière les palmiers dans le cadre du Festival de Marrakech. J’adore l’idée politique qui sous-tend le film, mais le résultat reste très prévisible : le récit déroule exactement ce qu’annonce le synopsis, sans véritable surprise. Les dialogues comme la mise en scène tombent souvent dans le cliché. C’est simple… mais trop simple. Dommage, car cette histoire avait clairement le potentiel d’offrir quelque chose de plus fort et de plus ambitieux.
Meryem Benm’Barek capte avec justesse les tensions de classe, les héritages coloniaux et les contradictions du désir. Le film fonctionne par moments comme un thriller moral, où chaque choix intime révèle une contrainte invisible. Mais cette démonstration finit parfois par alourdir le récit.
À voir absolument. On n’en sort pas indemne. Après « rue Malaga », c’est un témoignage sur des vies qui se côtoient et qui ont comme point commun une ville et la misère.
J'ai eu la chance d'assister à une séance en avant-première avec la réalisatrice. Elle a écrit cette histoire personnelle où elle fut dans son passé les trois personnages principaux tour à tour. Le film est très bien réalisé et des acteurs superbes. un triangle amoureux éminemment politique sous fond de néo-colonialisme.
un thriller impeccable qui s'appuie sur les rapports de domination economique, culturelle et de genre. Grande réussite sans concession d'aucun côté pour une cineaste brillante dotée d'une double nationalité .
Très bon film plein de subtilités sur les relations humaines, la spirale du mensonge, la volonté de changer de vie, la force des relations familiales. Analyses humaines très fines. Un très bon film, bien filmé. Bravo!
Un portrait de la jeunesse marocaine entre tradition et en proie de réussite sociale . Ce film me fait penser étrangement à Marock de Laila Marracki sorti en 2006
Mehdi (Driss Ramdi), son diplôme d'architecture en poche, travaille à Tanger avec son père en attendant un emploi à la hauteur de ses ambitions. Il l'aide à creuser une piscine dans la résidence secondaire d'une riche famille de Français et y fait la connaissance de leur fille, Marie (Sara Giraudeau). Il fréquente Selma (Nadia Kounda), une jeune fille d'origine modeste, très pieuse, employée dans une boulangerie, qui acceptera de se donner à lui à condition qu'il s'engage à l'épouser.
J'avais beaucoup aimé Sofia, le premier long métrage de la réalisatrice marocaine Meryem Benm'Barek. Il a fallu attendre plus de sept ans pour voir sortir le deuxième qui possède les mêmes qualités. Il décrit avec une précision clinique les rapports inégaux entre les riches Européens qui résident à mi-temps au Maroc et les Marocains qui travaillent à leur service. Il porte sur la condition des femmes un regard acéré. Il possède aussi de grandes qualités formelles : son scénario est particulièrement riche, qui contient de nombreux rebondissements et ne laisse rien deviner de son issue.
Dans sa première moitié, "Derrière les palmiers" semble avoir pour sujet principal les incertitudes du cœur de son héros, tiraillé entre l'amour pur que lui voue une jeune Marocaine et la liberté sensuelle que lui fait miroiter une riche Française. Les hésitations du cœur se doublent de celles du corps : Nadia se refuse à Mehdi alors que Marie se donne à lui avec une facilité qui le déconcerte et le séduit. Troisième degré de complexité : Marie lui ouvre des opportunités qui lui étaient jusqu'à présent hors d'atteinte, celles de quitter Tanger où il étouffe et d'être recruté en France dans un cabinet d'architectes.
Dans sa seconde moitié, spoiler: "Derrière les palmiers" prend, comme Sofia l'avait déjà fait, un tour différent, plus dramatique, tangentant avec le polar, enfermant son héros dans une série de mauvaises décisions à l'issue nécessairement dramatiques.
On pourrait dire de "Derrière les palmiers" qu'il sonde les rapports de classe dans un monde post-colonial. Moins prétentieusement, on peut saluer un film sans morale qui peint un héros coincé entre de mauvais choix. Un complément utile à "Rue Malaga" qui, sur un mode beaucoup plus gentillet, décrivait une autre facette de Tanger et des rapports entre Marocains et Européens.
Il est bien difficile de noter ce triangle amoureux au coeur de Tanger. Mehdi, diplômé d'architecture, doit se contenter de travailler sur les chantiers de son père qui voit en lui un successeur à la tête de son entreprise. Lors de la construction d'une superbe villa destinée à des français, il tombe sous le charme de l'incandescante Marie/Sara Giraudeau qui va éveiller ses sens et son ambition. Le problème, c'est qu'il projette de se marier avec une jeune marocaine... . Le film se révéle inégal avec des personnages caricaturaux (les parents bourgeois), mais il réussit à semer le trouble chez le spectateurspoiler: . Le monde occidental s'avére attrayant pour le jeune homme au point de le pousser au pire et de montrer sa lâcheté . Dommage encore une fois que certaines scènes soient maladroites. spoiler: Le final de l'arroseur arrosé est lui bien trouvé .
Il s'agit d'un portrait d'homme faible …tourné par une femme, cependant le sujet n'est pas si simple puisque la réalisatrice dit qu'il y a un peu d'elle-même dans chacun des trois personnages: le fils d'un artisan marocain, diplômé d'architecture, la jeune femme du quartier qu'il pensait épouser, et la quadra française délurée, fils de bobos friqués. La mise en scène manque peut-être d'un peu de liant entre des scènes qui s'enchainent au fur et à mesure de la dérive de Medhi, tiraillé entre deux choix, ou plus exactement deux non-choix. Chacun cherche à se libérer du cadre imposé par les parents ou la classe sociale à laquelle il appartient. Ramdi n'a pas un role sympa, on pourrait trouver Medhi plutôt lâche, et peine à faire passer de son déchirement intérieur. Sara Giraudeau est égale à elle-même, quant à sa mère, Carole Bouquet dans un second rôle est odieuse à souhait comme elle l'a déjà prouvé dans le passé. Nadia Koulma assure sans surprise le role plus facile de la jeune boulangère spoiler: au destin tragique.
Le film n'évite pas quelques clichés sur la présence d'une classe française aisée au Maroc, mais ce regard de l'intérieur n'est pas courant. Cinéma - festival Caravane d'Afrique - avril 2026
Un scénario assez convenu et sans surprise. Le personnage principal manque de profondeur mais l'interprétation de la jeune marocaine est excellent, tandis que "les riches" sont très cliché. De beaux paysages
le sujet semble traiter du mal engendré par le coloniliasme pourtant il est très clair que le seul mal ici est le mensonge. Je suis perplexe, je ne comprends pas ce qu on a réellement voulu me raconter. Par ailleurs, le personnage principal manque d un réel déterminisme dans sa volonté d elevation sociale à tel point qu on ne comprend pas très bien comment on en est arrivé là. Le personnage de Selma en revanche est très bien portée. La plastique de Sara Giraudeau très mise à profit. La lumière, les décors envoûtants. Mais je bute sur ce scénario et la motivation du personnage principal. C'est dommage.