L'Odyssée
Note moyenne
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traversay1

4 512 abonnés 5 425 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juillet 2026
La comparaison s'impose avec The Return, le retour dUlysse, d'Uberto Pasolini, sorti il y a à peine plus d'un an, mais elle tourne court tant l'épure de l'un s'oppose au sens du grandiose de L'Odyssée de Christopher Nolan. Ce sont deux visions qui se rejoignent cependant en leur conclusion humaniste et porteuse d'émotion. L'Homère d'alors est respecté dans la version du cinéaste britannique qui intègre toutes les fantasmagories et les personnages fantastiques du récit, quitte à faire parfois très court (les sirènes, Charybde et Scylla) et anecdotique. Tout ce qui est attendu y est ou presque, mais le côté épique frappe finalement moins que l'approfondissement des états d'âme d'Ulysse, de Pénélope, voire de Télémaque (pas très bien incarné, hélas). Nous sommes bien dans un blockbuster, mais aussi dans un film d'auteur, comme en témoignent certaines scènes marquantes (Circé). En dépit d'une interprétation inégale, la construction narrative donne à l'ensemble, outre sa fidélité à l'œuvre écrite originelle, le sentiment d'assister à un spectacle, certes, mais non dénué d'âme et de profondeur. Pas de quoi grimper aux rideaux pour les admirateurs d'Homère, mais le sentiment, tout de même, que les futures adaptations de L'odyssée seront nécessairement confrontées à celle de Nolan et qu'il y aura beaucoup de travail et peut-être un brin d'inconscience pour se hisser à la même hauteur.
RedArrow

1 892 abonnés 1 692 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2026
"Par où commencer ?" s'est sans doute dit Christopher Nolan en s'asseyant à son bureau pour poser des premiers mots sur une adaptation cinématographique de "L'Odyssée" de Homère. Quelques années plus tard, la même interrogation habite l'auteur de ces lignes mis dans la bien plus modeste position de donner son avis sur l'immense film qui en a résulté et auquel il vient d'assister.

Peut-être devrait-on tout simplement commencer par Christopher Nolan lui-même, cinéaste parfois clivant mais s'étant tout de même imposé de façon assez sidérante en quelques décennies dans l'esprit et le cœur d'une majorité du public, chacun de ses longs-métrages est devenu en effet un réel événement toujours capable de rameuter les foules dans les salles de cinéma avec un pouvoir d'attraction sur elles comparable à celui d'un James Cameron (ils ne sont d'ailleurs peut-être plus que deux à jouer sur ce terrain aujourd'hui, l'incroyable succès de "l'Odyssée" au box-office le prouve encore). Marionnettiste de l'extrême des temporalités de ses récits et explorateur de concepts SF rationalisés pour rendre leurs protagonistes captifs d'enjeux humains dignes de tragédies grecques modernes, Nolan s'est finalement forgé une identité de réalisateur/auteur qui le prédestinait à bien des titres à embrasser la route titanesque d'une adaptation de "l'Odyssée" de Homère.

Cela sonne d'ailleurs assez vite comme une évidence à la découverte de ce qui restera clairement son film somme de toutes ses œuvres passées: la maîtrise du récit et sa façon de nous immiscer à l'intérieur de ses méandres via plusieurs axes temporels n'a jamais paru aussi fluide, presque logique, pour installer l'errance d'Ulysse et de ses hommes après la Guerre de Troie, la situation de sa femme Pénélope et de son fils Télémaque pris au piège des prétendants du trône d'Ithaque ou encore un fil rouge de souvenirs ravivés reliant les deux à ce qui deviendra le vecteur de la "guérison" de son héros.
En plus de déchaîner cette foudre narrative à pleine puissance (et qui ne faiblira jamais sur la durée) pour relier le texte originel à plusieurs appendices postérieurs et, ainsi, développer les contours de certaines de ses figures les plus illustres, Nolan ne s'en cache pas: il livre sa propre version de "l'Odyssée", aux préoccupations existentielles résolument contemporaines où tout, de ce qui sera présenté comme le point de rupture psychologique d'Ulysse devant la folie des hommes (dont il a été l'instigateur par son intelligence et son sens inné de la ruse) au climat crépusculaire d'une civilisation se sentant menacée par un peuple venu des mers en passant par une Pénélope ne pouvant être la reine qu'elle devrait sans l'assentiment des hommes, nous ramène à l'ère actuelle de nos sociétés elles-mêmes vacillantes, incapables de juguler leurs propres effondrements collectifs devant les maux qui les dévorent ou préférant sombrer dans les facilité d'une irrationalité primaire plutôt que d'y faire face.

Les souffrances et les possibles expiations de l'Odyssée deviennent ici avant tout celles de l'Homme, suivant Ulysse à la hauteur de son esprit tourmenté au sein d'un monde où, comme le dira le personnage de Zendaya, les dieux sont partout, dans le moindre grain de poussière qui en régit les miracles quotidiens, mais ici laissés suspendus à l'état de forces immatérielles de la Nature faisant en permanence entendre leurs grondements directifs à l'arrière-plan de la quête d'Ulysse.
De même, la façon de revisiter les épreuves traversées renvoie perpétuellement à l'image déformée, tronquée de ce que l'être humain pourrait devenir en se laissant submerger par ses pires facettes. Ainsi, entre la séquence du cyclope tenant du vrai film du monstre qui pourrait faire passer le "The Descent" de Neil Marshall pour un épisode de "Dora L'Exploratrice" (on exagère un chouia mais on ne se remet toujours pas du son de ses hurlements), celle de la sorcière Circé approchée en mode body horror pour renforcer encore un peu plus la vision de la bestialité de l'Homme qui en émane (et Samantha Morton est un choix absolument parfait dans ce rôle en passant), celle des sirènes aux chants devenus le remède illusoire au calvaire des âmes meurtries ou encore celle, sublime, aux portes de l'Enfer tournant à la confrontation directe aux fantômes dont on ne parvient à faire taire la voix des reproches et de nos propres regrets à leur égard, Nolan entraîne son Ulysse et ses comparses sur un chemin de croix multipliant les miroirs déformants à leurs propres natures laissées à la dérive de leurs démons intérieurs susceptibles de les emporter au sein de leurs plus profonds ténèbres.

Outre une géniale relecture du passage aux côtés de Calypso où Ulysse se frotte littéralement peu à peu à la flamme rallumée de ses souffrances passées et un rebondissement très "Nolanien" autour d'un protagoniste capital, équivalent d'une clé de voûte décisive pour acter la dimension terriblement terre-à-terre de son approche (et laissant un incontournable doute sur son origine), le réalisateur nous atteint de plein fouet sur un terrain là où il a quelques fois échoué : l'émotion.
En effet, même si on en adore la finalité, les flèches les plus efficaces décochées par "Interstellar" à ce niveau n'avaient par exemple pas totalement réussi à nous atteindre mais celles d'Ulysse de retour à Ithaque afin d'y renverser les tables occupées par la multitude de ses prétendus successeurs, d'après qui plus est un texte remontant à des temps immémoriaux, nous frappent et nous terrassent d'une force incomparable à tout ce que Nolan avait déjà tenté auparavant, achevant une "Odyssée" où la quête de son héros brisé vers son retour auprès des siens éclate de toute de son ampleur rédemptrice comme une récompense incommensurable et dévastatrice à sa traversée des limbes. Et, de surcroît, en totale corrélation avec qui on aura compris ou adhéré à sa manière d'appréhender ce mythe, sa perspective et son indéniable talent à le développer, à le transmettre à de nouvelles générations par un prisme inédit au cinéma jusqu'alors.

"Par où finir ?" est la question qui nous habite désormais. Probablement par faire fi des polémiques stériles autour de son casting (tous sont formidables, TOUS, mentions spéciales à John Leguizamo qui obtient un des plus beaux rôles de sa carrière, une Anne Hathaway au sommet de son art ou un Robert Pattinson superbement haïssable) ou celles sur les pseudo-fidélités historiques (on s'abstiendra poliment de rappeler pourquoi) et de conseiller de simplement courir voir ce qui est "l'Odyssée"-événement d'un cinéaste ayant atteint le paroxysme de ses qualités pour ce qui restera sans doute l'œuvre phare de sa filmographie.
Oui, cette Odyssée est définitivement la nôtre et elle est grandiose.
Yves G.

1 861 abonnés 4 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2026
Grâce à sa ruse, Ulysse (Matt Damon) a vaincu les Troyens. Il est temps pour lui de rentrer à Ithaque où l’attendent sa femme Pénélope (Anne Hathaway) et son fils Télémaque (Tom Holland). Mais, on le sait, le chemin du retour sera plus long que prévu. Dix ans s’écouleront pendant lesquels Ulysse devra affronter bien des périls.

"L’Odyssée" de Christopher Nolan est sorti depuis huit jours à présent et a suscité un immense enthousiasme. Il aurait déjà enregistré près de 250 millions de dollars de recettes à travers le monde, équilibrant son budget faramineux. En France, avec près de deux millions de spectateurs, c’est le meilleur démarrage de 2026 en dépit de sa durée – qui réduit le nombre de projections journalières – et de son interdiction aux moins de douze ans – qui restreint son public potentiel.

J’ai lu dans la presse spécialisée et sur Internet des critiques passionnantes, certaines d’une érudition folle. Pour simplifier, je classerai leurs auteurs en deux catégories. Les premiers sont de brillants hellénistes qui reprochent à Nolan les libertés qu’il a prises avec les chants d’Homère. Ils reprochent à Matt Damon une interprétation trop mutique, loin de la facétieuse intelligence de « l’homme aux mille ruses ». Ils pointent quelques épisodes oubliés, telle la rencontre avec Nausicaa qui, il est vrai, mettant en scène une jeune femme à peine pubère et un vieil homme nu comme un ver dans la force de l’âge, s’accommoderait mal des règles de la censure contemporaine. Ils regrettent aussi que cette odyssée, filmée dans des paysages à couper le souffle, en Islande (la descente aux enfers), en Ecosse (Circé), au Sahara occidental (Calypso) soit bien peu méditerranéenne. Autre sujet polémique au relent nauséabond : la couleur de peau d’Hélène interprétée par l’actrice noire Lupita Nyong’o.

Certains, parmi ces hellénistes, ont néanmoins salué la fidélité de Nolan à son inspirateur. Ils ont noté que la construction du récit, diffractée, faite d’allers et retours dans le temps et l’espace, était la même que dans l’œuvre d’Homère. Ils ont aussi souligné que le récit était habité par la hantise du déclin, de la fin d’une ère (l’époque mycénienne) et du début d’une autre sous la menace des « peuples de la mer » et que cette hantise produisait un écho très fort avec les temps troublés dans lesquels nous pensons vivre.

Je me sens plus proche de la seconde catégorie d’auteurs, celle des analphabètes. Je n’ai pas eu la chance d’étudier le grec ancien ou "L’Odyssée" à l’école. J’en connais tout au plus, comme tout le monde, quelques épisodes parmi les plus célèbres : le cheval de Troie, le Cyclope, Circé, Calypso et le retour à Ithaque… Cette ignorance joue, je crois, à mon avantage. Elle m’évite de comparer l’adaptation à l’original. Une comparaison qui, structurellement, tourne souvent sinon toujours au désavantage de l’adaptateur.

Aussi je n’instruirai pas un procès en infidélité à Nolan. J’ai apprécié "L’Odyssée" pour ce qu’il était : un grand film, réalisé par un grand cinéaste, peut-être le plus grand qui soit depuis Kubrick : "Oppenheimer", "Tenet", "Dunkerque", "Interstellar", "Inception"… Chacun de ses films est un chef d’œuvre. Chacun fait l’événement. Et le dernier ne dépare pas dans cette impressionnante cinématographie. Tout y est : l’inspiration d’un récit qui fait partie du patrimoine commun de l’humanité, une panoplie impressionnante d’acteurs célèbres (outre ceux déjà cités, Robert Pattinson, Zendaya, Charlize Theron, Samantha Morton, Elliot Page, Mia Groth….) jusque dans les seconds rôles, des paysages, je l’ai dit, à couper le souffle… Que dire de la musique ? Qu’elle est, c’est vrai, un peu trop envahissante, mais qu’elle n’en est pas moins sacrément envoûtante.

Je pointe néanmoins un défaut très subjectif qui me retient d’attribuer à ce grand film une cinquième étoile qu’il mériterait pourtant. J’ai été impressionné. Je n’ai pas regardé ma montre – alors que nombreux sont ceux qui lui reprochent sa durée obèse. J’ai été happé de bout en bout. Mais je n’ai pas été ému. "L’Odyssée" a touché mon cerveau, mon œil, mon oreille, mais pas mon cœur.
Redzing

1 458 abonnés 4 967 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juillet 2026
En 2003, Christopher Nolan, jeune réalisateur talentueux et ambitieux, sort de son remake de « Insomnia ». Il cherche maintenant les commandes d’un blockbuster, et Warner lui propose de réaliser « Troy », l’adaptation de l’Iliade. Malheureusement pour lui, Wolfgang Petersen voit son projet « Batman vs Superman » capoter, et récupère « Troy ». Nolan doit alors se contenter de réaliser « Batman Begins », avec le succès que l’on connait.
Ironiquement, il faudra plus de 20 ans, soit davantage que la durée de la Guerre de Troie et l’Odyssée d’Ulysse, pour que Nolan puisse se réattaquer à Homère. Les coudées franches après le succès colossal de « Oppenheimer », le réalisateur livre une adaptation à sa sauce, avec un budget imposant (250 millions de dollars)… et une classification R-rated !
Nolan était tout de même devant un sacré défi. Devoir encapsuler toute l'Odyssée d’Homère dans un seul film... tout en faisant sentir le poids de ce voyage d’Ulysse. Et arriver à raconter quelque chose de profond... avec un récit que presque tout le monde connait (du moins par chez nous, le public US va davantage ramer avec tous ces noms antiques).
Le pari est tenu !
Je commencerai cependant par les quelques défauts très nolaniens du film. D'abord l’ensemble est trop bavard, Nolan aurait gagné à livrer des séquences avec peu (voire pas) de dialogues pour gagner en intensité et en narration visuelle. On n'est pas au niveau de blablaterie d'un « Tenet » ou d'un « Interstellar », néanmoins cela reste trop, c'est dommage. Ensuite les affrontements au corps à corps, encore trop brouillons, pas assez fluides. Dommage là encore, d'autant que le combat contre les prétendants est largement attendu pendant tout le film.
Toutefois le reste est un vrai plaisir, qui n’ennuie aucunement sur 2h52. C'est beau et très bien joué, le récit est monté et mené de main de maître, éclaté temporellement juste ce qu'il faut. A ce niveau on est davantage proche d'un « Batman Begins » que d'un « Dunkirk », avec des flashbacks et une légère déstructuration qui est tout à fait pertinente vu le scénario... et surtout vus les thèmes.
Christopher Nolan évoque le mythe dans le mythe, l'Histoire d'Ulysse racontée en chansons, les souvenirs qui se transmettent de bouche à oreille en les embellissant parfois ("n'hésite pas à en rajouter" dira Sinon). Et puis c'est aussi une fable sur la fin de l'Âge de Bronze, la fin de la civilisation civilisée.
Sur la forme, les séquences horrifiques (le Cyclope, Circé, les Enfers…) sont les plus surprenantes. Elles fonctionnent à merveille et montrent que Nolan peut encore emprunter des chemins qu’il n’a pas exploré. En tout cas ces scènes marquent davantage que d’autres plus expédiées (Charybde et Scylla, je parle de vous !).
Côté acteurs, je relève en particulier Matt Damon qui donne du poids au personnage. Robert Pattinson en beau salopard qui ne se salit jamais les mains. Charlize Theron en Calypso trouble, pierre angulaire du récit (mais paradoxalement peu présente). Ou John Leguizamo, étonnant, que je n'avais même pas reconnu au départ ! Je suis plus réservé sur Tom Holland, assez effacé... mais c'est aussi le personnage qui veut ça.
Tandis que les nombreuses critiques à l’égard de la production, formulées AVANT sa sortie, peuvent être aisément balayées. Les choix anachroniques, dont ces armures qui n’ont rien à faire à l’Âge de Bronze, sont secondaires, et s’inscrivent dans la notion de mythe intemporel et fantastique. La diversité de la distribution reflète l’universalité du propos du film, et aussi le fait qu’Agamemnon fait de la Guerre de Troie un conflit d’ampleur civilisationnel.
A l’arrivée, « The Odyssey » est un très beau projet, une adaptation ambitieuse et réussie… et ça fait très plaisir de voir des péplums de cette trempe au cinéma !
Roub E.

1 321 abonnés 5 405 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 août 2026
La première chose qui m a frappé avec cette version de l Odyssée c est le parti pris de prendre une histoire de près de 3000 ans, de la raconter avec des acteurs d aujourd hui tout en la filmant avec une esthétique de science fiction qui m a fait beaucoup penser au Dune version Denis Villeneuve. Une manière de montrer que ce récit fondateur a traversé les époques et continuera à la faire et qu il fait parti intégrante de l humanité. Après cette première impression j ai été très refroidi par le passage du cyclope que j ai trouvé totalement raté, les Cgi sont douteux, le comportement d Ulysse ne passe pas comme un défi à Poseidon mais comme une sorte de cruauté inconsciente, les enjeux et les conséquences pas assez clairs. Et ce passage raté m a fait craindre le pire pour la suite jusqu au l épisode avec Circée qui lance réellement le film. Avec dans cette section une scène de Body Horror rare dans ce genre de blockbuster qui semble sortie du Society de Brian Yuzna. Plus généralement j ai vraiment apprécié ce qu il racontait en sous texte et de ne pas faire de cette Odyssée une succession d aventures mais de narrer l histoire d un homme pris par le remord de ses actes, qui subit le poids des responsabilités et ne veut pas rentrer chez lui car il est devenu quelqu un de différent qui a quelque part détruit son propre foyer. Une question de la culpabilité et des conséquences déjà fortement développée dans le précédent film de Nolan avec Oppenheimer. D un point de vue artistique c est une réussite, c est du grand spectacle avec des décors colossaux et une amplitude même dans les espaces les plus vides ou étroits qui est un plaisir des yeux. Dernier reproche j ai trouvé que le film s il était une nouvelle fois très réfléchi manquait d émotion brute un peu comme dans le Dune de Villeneuve que j évoquais plus tôt. Mais malgré ces quelques défauts cette Odyssée reste un film d une ampleur et d une richesse thématique rare un film dont on prend plaisir à rediscuter ce qui est une réussite pour une œuvre qui parle aussi de transmission orale.
tony-76

1 156 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juillet 2026
Immense film. Nolan revisite la mythologie avec audace et intelligence. Une mention particulière à la bande sonore mémorable de Ludwig Gõransson. Oscars 2027 nous voilà !
Christoblog

925 abonnés 1 807 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 juillet 2026
Alors que j'ai été déçu par le dernier film de Christopher Nolan, je vais commencer par ce qui m'a plutôt plu.

Au rayon des satisfactions, il faut d'abord parler des décors naturels, de toute beauté. Les lieux de tournage (Sicile, Grèce, Maroc, Islande, Ecosse) sont bien choisis, et toujours en adéquation avec l'esprit de l'épisode qui s'y déroule.

L'absence de numérique à dose massive fait également du bien, et les effets spéciaux qui donnent vie aux monstres, géants et cyclopes, sont parfaits. Le rythme du film est également une de ses qualités : on ne s'ennuie (quasiment) pas durant les 2h53 du film.

L'impression générale que me laisse pourtant L'Odyssée est globalement négative. La raison principale en est certainement la façon dont Nolan transforme la puissance tellurique du texte homérique en clichés hollywoodiens, mal servi par un casting parfois peu convaincant.

Quelques exemples pour illustrer ce point de vue : Charlize Theron en Calypso ressemble a une James Bond girl qui émerge de la mer, Robert Pattinson semble jouer une dark romance à deux sous avec force roulements d'yeux pervers, Zendaya parait échappée de Dune en costume de fremen, elle est bien loin d'incarner la toute puissance intimidante d'Athéna.

Matt Damon lui même n'incarne pas, avec son physique body-buildé et sa moue permanente, toute l'ingéniosité vivace du toujours en mouvement Ulysse.

Tout cette conformité finit par rendre le film du Britannique assez insipide, d'autant plus que Nolan, pour une fois, se contente d'une mise en scène extrêmement conventionnelle.

Le résultat est un beau livre d'image qu'on a plaisir à feuilleter, mais dont la joliesse n'approche jamais en intensité la puissance du mythe et de ses réflexions quant à la guerre, l'amour, le temps.

Mieux vaut relire Homère.
Cinemadourg

916 abonnés 1 804 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juillet 2026
Entre l'Iliade et l'Odyssée, Christopher Nolan a jeté son dévolu sur l'Odyssée, l'épopée grecque antique d'Homère dans laquelle Ulysse tente de rejoindre son foyer, à Ithaque, après des années de guerre et d'errance entre la prise de Troie (c'est son dada !) et des épreuves terribles sur le chemin du retour.
L'ensemble est impressionnant, épique et spectaculaire, malgré le pêché mignon du réalisateur : une structure temporelle morcelée.
Le casting est également au niveau, Matt Damon en tête.
Deux bémols cependant : avant une dernière heure enfin passionnante (le film dure 2h53) , le récit traîne en longueur et en bavardages ennuyeux, c'est dommage car j'ai décroché plusieurs fois.
Ensuite, comme dans le film "Tenet" (2020) , le son est souvent assourdissant lors des scènes d'action, à s'en boucher les oreilles !!
J'avais découvert le personnage d'Ulysse dans ma jeunesse dans le dessin animé "Ulysse 31", ce péplum mythologique puissant plutôt réussi m'a permis de me remettre vraiment à niveau concernant l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale !
Site CINEMADOURG . free . fr
Shawn777

822 abonnés 3 985 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juillet 2026
Ce n'est pas parce-qu'il y a un immense casting, un réalisateur de renom et un gros budget qu'un film est nécessairement réussi. L'un des films les plus attendus de l'année est sorti et c'est un peu la douche froide.
Christopher Nolan est un réalisateur que j'apprécie beaucoup mais surtout en première partie de carrière, jusqu'à "Interstellar" (une grosse partie donc). Après, je trouve que le bonhomme répète ses gimmicks, notamment ses narrations volontairement confuses, et se perd peut-être dans un trop plein de démonstratif. On a presque les making-off avant de voir les films et tout ce tapage publicitaire sur l'IMAX commence à lasser, surtout lorsqu'il s'obstine à ne proposer que du au niveau du son, ce qui rend le mixage - enfin surtout ici - particulièrement pénible. Un son en écrase un autre et les scènes de combats ou d'action deviennent ainsi très vite cacophoniques.
Bref, au-delà de ça, je dois bien avouer que j'ai lu "L'Odyssée" d'Homère il y a bien longtemps et que je n'en n'ai gardé aucun souvenir. J'étais ainsi assez perdu dans la première partie du film avec l'introduction de tous ces personnages, ça grouille de partout et même si, pour une fois, Nolan adopte une narration relativement classique (et heureusement car c'est déjà assez dense comme ça), je me suis retrouvé assez vite perdu.
Puis, plus le film avance et plus le puzzle prend forme et j'avoue que c'est en partie un défaut qui devient une force. Car le film gagne alors en intensité émotionnelle, on comprend pourquoi untel agi de la sorte, pourquoi untel pense de cette manière et pourquoi untel en veut à un autre. Seulement, je trouve que le film manque cruellement de "cinéma". Un comble chez Nolan !
Oui, la photographie est magnifique et oui, il y a des plans sublimes. Mais ce que je retiens après coup, ce sont surtout de très longues scènes de dialogues filmées en plan-poitrine et des scènes d'action assez brouillonnes. En partie car le tout est volontairement théâtral, c'est-à-dire qu'il y a une volonté de Nolan de faire du grand spectacle au sens propre avec des acteurs qui tirent leur tirade comme s'ils étaient sur scène et avec des mouvements assez brusques.
Et c'est un choix artistique que j'apprécie mais du coup, dans un film qui se veut également spectaculaire dans ses scènes d'action ; d'un coup, ça marche plus. Déjà car on a l'impression qu'elles remplissent un peu un cahier des charges et chapitrent en quelques sortes le voyage d'Ulysse mais également, encore une fois, car je les trouve particulièrement brouillonnes à la mise en scène. Si on ajoute le son cacophonique, on se retrouve ainsi devant un espèce de gloubi-boulga d'images qui ne ressemble plus à grand-chose.
Et puis, en plus, inutile de rappeler que ça dure trois heures et qu'on je les ai bien senti passer. Inutile également de mentionner que les acteurs sont tous excellents.
Bref, je ressors de "L'Odyssée" avec cette impression "mid", je n'ai pas passé un mauvais moment mais il n'est clairement pas marquant dans la filmographie de son réalisateur alors que, sur le papier, c'est paradoxalement le plus ambitieux.
ferdinand75

734 abonnés 4 520 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 juillet 2026
Une œuvre somptueuse, foisonnante, riche , digne héritière des grands péplums historiques, comme « Ben Hur », « les Dix commandements », « Spartacus » ou plus récemment « Gladiator ». Le scénario tiré de l’œuvre d’Homère est ciselé comme de la dentelle, au cordeau , aucun temps mort , les événements s’enchaînent parfaitement avec quelques flash back intelligents bien construit .
La reprise de l’épisode du « Cheval de Troie » , est d’une puissance qui dépasse celle du film éponyme de Wolfgang Petersen . On y croit, on est à côté des combattants , enfermés dans cette cage en bois , on tremble avec eux , on sue , on baigne dans leurs effluves et la moiteur fétide.
Bien sûr le passage du Cyclope est aussi une grande réussite, excellente reconstitution, émouvant aussi . Les sirènes et leurs chants dont on ne connait pas le message, ellipse de la vie, de la douleur, ébauche de l’introspection.
La rivalité des prétendants à la cour d’Ithaque, la descente aux enfers, chaque scénette est un bijou, une pépite, Nolan possède une créativité folle, mais aussi beaucoup de pragmatisme dans sa réalisation. Le passage au bord de la mer en compagnie de Calypso (sublime décor du sud marocain) est très fort, thème sur l’immortalité.
Nolan revisite et ravive tous ces mythes, il actualise, très légèrement, avec un grand respect, les replaçant parfois un contexte plus contemporain, mais avec beaucoup de finesse.
Les acteurs sont tous excellents, on voit que Nolan est aussi un grand directeur d’acteur.
Ufuk K

624 abonnés 1 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2026
"L'Odyssée" bien noté par la critique est un Péplum mythologique flamboyant. Christopher Nolan, oscarisé pour Oppenheimer en 2024, propose un péplum spectaculaire de 2h52, mêlant effets visuels grandioses et récit captivant. Le film revisite le mythe homérique avec des scènes épiques et sanglantes, porté par un casting de rêve incluant Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway, Robert Pattinson, Charlize Theron et Zendaya. Des nominations et récompenses aux prochains Oscars sont attendues. .
Cinememories

603 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juillet 2026
Seize ans après avoir fait s'effondrer des rêves gigognes dans "Inception", et deux ans après avoir raconté la bombe qui a changé le siècle dernier, Christopher Nolan referme une boucle qu'il dit porter depuis l'enfance : adapter le texte fondateur de toute narration occidentale. Attendu comme l'événement cinématographique de l'été, intégralement tourné en caméras 70mm IMAX à travers six pays pour un budget avoisinant les 250 millions de dollars, "L'Odyssée" est une proposition rare dans le paysage actuel. Un péplum qui fait presque entièrement l'impasse sur le numérique, à l'heure où Hollywood ne jure plus que par lui. Reste à savoir si le geste suffit à faire vibrer le mythe autant qu'il le donne à voir.

Nolan n'a jamais caché son admiration pour Homère comme architecte plutôt que comme conteur. Il reprend presque à l'identique la structure en récit enchâssé du poème, ce démarrage in medias res à Ithaque, prétendants déjà installés, Télémaque déjà parti en mer, avant qu'Ulysse ne prenne en charge sa propre histoire. Une fidélité de squelette, donc, mais une liberté totale sur la chair, avec la langue anglaise choisie pour son impact émotionnel plutôt qu'historique, des pans entiers du siège de Troie empruntés à Virgile et à Eschyle pour combler ce que le poème ne fait qu'effleurer en flashback, un rôle étoffé pour Télémaque et une Pénélope à qui l'on prête enfin un peu de la fureur qu'elle contient depuis vingt siècles.

Le résultat ne ressemble ni à une illustration sagement révérencieuse comme le Ulysse (1954) de Kirk Douglas ou le téléfilm d'Andreï Kontchalovski (1997), ni à une transposition totale façon dessin animé spatial des années 80 dans Ulysse 31. Nolan se place plutôt dans la lignée des premiers aèdes eux-mêmes. Il souhaite garder et réorganiser l'ossature épique et lyrique pour un public qui n'a plus les mêmes réflexes de lecture. Une méthode qui, sur le papier, tient toutes ses promesses d'accessibilité. Encore faut-il que le reste du film suive.

Contre vents et pixels

Car cette fidélité de structure s'accompagne d'un pari bien plus concret : celui du tangible. Premier long-métrage de fiction tourné intégralement avec des caméras 70mm IMAX, L'Odyssée préfère un navire grandeur nature voguant en haute mer à un bassin de studio, et minimise au maximum les fonds verts. Il y a l’authentique château italien de Santa Caterina, qui incarne les remparts d'Ithaque, tandis que de vraies personnes s'empilent dans la carcasse en bois du cheval de Troie plutôt qu'une modélisation 3D. Un choix presque politique dans le Hollywood actuel, sachant que la semaine précédant sa sortie, le remake live-action de Vaiana — avec le même budget, presque entièrement porté par les effets numériques — s'est effondré en salles et sous les critiques. Difficile de ne pas y lire un contraste voulu, ou du moins salutaire.

Ce refus du numérique n'a rien d'un caprice esthétique, c'est aussi une manière de prouver, contre les kitscheries numériques d'un Gladiator II, qu'un péplum d'auteur peut encore se financer et se tourner à l'ancienne, avec des marins qui rament vraiment et des acteurs qui apprennent à hisser une vergue. Le film gagne, dans ses scènes de mer, une texture presque documentaire. On sent le sel, le bois qui craque et l'épuisement des corps.

Un revers de taille vient toutefois nuancer cette ambition : le format 70mm IMAX intégral, aussi spectaculaire soit-il, ne peut être projeté tel quel que dans trois salles en Europe, dont une seule en France, au Pathé Odysseum de Montpellier. Pour compenser, de nombreuses cabines de projection se sont équipées en 70mm pour l'occasion, un effort qui n'a rien d'anodin, tant ce format reste celui qui restitue le plus de détails à l'image, en cohérence avec la volonté de Nolan de capturer quelque chose de concret, aussi bien dans les décors que dans des personnages eux-mêmes abîmés. La photographie de Hoyte van Hoytema va également dans ce sens avec des teintes boisées et métalliques, une texture rugueuse qui charge chaque plan d'une matière presque palpable.

Ce même geste de dépouillement s'applique, plus discutablement, au merveilleux lui-même. Poséidon devient une tempête, Zeus se réduit à l'orage ; quant aux Sirènes, aux Lestrygons, Charybde et Scylla ne sont qu'effleurés, comme si Nolan craignait de trop s'aventurer sur le terrain du fantastique pur. Seul le Cyclope Polyphème échappe à cette réserve. Il est incarné en animatronique, avec une présence physique inquiétante empruntée à la philosophie du monstre-personnage chère à Guillermo del Toro, il est la seule créature du film qui existe vraiment face caméra.

C'est pourtant ailleurs que le film trouve son sommet, chez Circé. Samantha Morton en fait une enchanteresse à l'ambiguïté viscérale, dont le pouvoir de transformer les hommes en pourceaux se lit moins comme une cruauté gratuite que comme une arme défensive née de sa propre vulnérabilité, face aux hommes qui débarquent en conquérants sur son île. Sa magie, filmée en gros plan comme un geste de potière, est le moment où le film lâche enfin la fresque mythologique pour l'intime, et où, contre toute attente, il se met à s’élever.

Une culpabilité à la dérive

Le problème, c'est que cette respiration ne dure pas. La structure en flashback, fidèle à un poème où Ulysse raconte lui-même ses exploits, installe une distance narrée qui dilue l'épreuve physique de son équipage. On devrait suffoquer avec ces hommes, mais on ne fait que les regarder suffoquer, comme on écouterait une fable qu'on nous réciterait en images. L'étape chez Calypso en paie le prix fort. Privé de tout vrai dilemme puisque son destin est déjà scellé par la prophétie, Ulysse n'y affronte qu'un choix théorique, et Charlize Theron se retrouve à défendre un arc que l'écriture a vidée de son enjeu le plus intime, sans qu’on la caractérise.

Pénélope n'échappe d'ailleurs pas tout à fait au même sort. La première partie du film semble vouloir lui donner de l'épaisseur, avant de la laisser filer en retrait, sa personnalité à peine esquissée derrière la fureur contenue qu'Anne Hathaway parvient malgré tout à faire sentir. En dehors de Circé, seule à exister vraiment par elle-même, les figures féminines du film restent ainsi tenues à distance.

C'est cette texture tragique-là que la distance vient assourdir, celle d'un Ulysse construit sur la culpabilité. Roi altruiste, il cherche sincèrement à ramener vivants les hommes qu'il a entraînés dans son sillage, et regarde, impuissant, leur loyauté se fissurer un peu plus à chaque vague qui frappe leur bateau, à chaque vent qui les repousse loin d'Ithaque. Ce sont des hommes qui ont fait la guerre pour l'orgueil d'un seul, et qui se retrouvent, au retour, à livrer un bras de fer perdu d'avance contre des dieux dont ils ne sont plus que le jouet. La vraie blessure d'Ulysse ne date d'ailleurs pas du voyage, elle remonte à la chute de Troie, lorsque sa propre ruse l'a recouverte de braise, et dont il porte le remords. Car le cheval de bois n'est pas qu'un stratagème militaire : c'est une offrande travestie en piège, une violation pure et simple de la xenia, cette loi de Zeus qui fait de l'accueil de l'étranger un devoir à la fois moral et religieux, puisque n'importe quel voyageur reçu sous son toit pourrait être un dieu déguisé. Un accord tacite qu'Ulysse a lui-même rompu le premier, et dont l'écho reviendra le hanter jusque dans le climax du film. Il en paie le prix au terme d'un long voyage intérieur, fragmenté, raconté un peu à la manière de Memento ou d'Inception, où une temporalité enchâssée vient épouser et souligner le trouble d'un homme qui ne cesse de remettre sa propre confiance en question. Un examen de conscience, avant tout : celui d'un mortel qui doit réapprendre ce qu'il lui reste encore à honorer.

Reste que cette architecture intérieure, aussi cohérente soit-elle sur le papier, avance peu à l'écran. Le montage alterné entre les différentes temporalités du voyage suggère l'évolution du personnage bien plus qu'il ne la dramatise, et l'on comprend le trouble d'Ulysse presque toujours par ellipse, jamais vraiment par une confrontation directe avec lui-même.

Le climax final, lui, se veut comme une délivrance. Les prétendants, en s'imposant depuis des années dans le palais d'Ithaque, ont eux aussi bafoué cette même xenia qu'Ulysse avait un jour trahie sous les remparts de Troie, et c'est bien cette faute en miroir que le sang vient laver. Le plaisir de mise en scène est réel, mais la séquence s'étire, la géographie de l'affrontement avec les prétendants devient par instants difficile à suivre, et le personnage de Mélantho (Mia Goth), dont le texte d'Homère lui-même ne tranche jamais vraiment le statut de victime ou de traîtresse, se perd dans la mêlée. On retrouve là, presque à l'identique, le dessin narratif d'Oppenheimer, avec une première partie électrique, puis un ralentissement vers l'introspection que Nolan peine à tenir avec la même tension.

Ce flottement de rythme est largement compensé par un engagement d'acteurs rarement pris en défaut. Matt Damon, pour son premier grand rôle chez Nolan après deux emplois secondaires dans Interstellar et Oppenheimer, s'est imposé un an de préparation physique et un régime draconien pour incarner un roi épuisé plus que triomphant. Un tournage qu'il a lui-même qualifié du plus éprouvant de sa carrière, vécu avec une forme de nostalgie anticipée, comme s'il savait qu'on ne referait plus beaucoup de films de cette ampleur. Nolan lui-même juge le film inconcevable sans lui et c'est tout à l'honneur de Damon, très convaincant, même si la mise en scène n'arrive pas toujours à révéler une émotion pure que Ludwig Göransson tente d'amplifier.

Autour de lui, le reste de la distribution tient sa partition sans fausse note. Anne Hathaway joue avec finesse l'écart entre la maîtrise de façade qu'impose son rang et les éclats qui, par instants, la trahissent, Tom Holland fait de Télémaque un passage à l'âge adulte crédible autant dans le corps que dans la voix, Robert Pattinson compose un Antinoos aussi vaniteux que lâche, et Zendaya laisse son Athéna volontairement spectrale, plus hantise que déesse guerrière.

Au fond, L'Odyssée ressemble à ces récits qu'on se fait raconter au coin du feu, où la voix du conteur importe parfois plus que l'histoire elle-même. On est saisi par la texture du décor qui craque, la lumière qui vacille, le sel qu'on devine sur les visages d'un marin épuisé et l'on oublie, par instants, de trembler pour lui. Car le vrai risque du film, en somme, n'est jamais tout à fait celui qu'il affiche. Nolan bouscule assez peu le mythe lui-même, dépouillant à la fois son héritage fantastique et la manière même de le raconter plutôt que de les réinventer, et c'est avant tout sur l'image que se joue son audace, quitte à ce qu'elle paraisse par instants un peu vaine, faute d'un fond à sa mesure. Nolan a filmé une mer bien réelle et un homme qui s'y noie à moitié. Cependant, il n'a pas toujours su nous y immerger avec lui. Reste que ce voyage-là rappelle qu'un blockbuster d'été peut encore viser aussi haut que large, et qu'il existe, envers et contre la prudence des studios, des cinéastes assez obstinés pour parier une fortune sur la conviction qu'un public saura encore se laisser porter par une histoire vieille de vingt-sept siècles. Cette traversée-là, déjà, vaut le voyage.
pierrre s.

564 abonnés 3 444 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 août 2026
Une fois encore Christopher Nolan créé l'événement. Son nouveau film fait la Une et déplace les foules. Cet fois le cinéaste se plonge dans la Mythologie et nous fait revivre l'épopée d'Ulysse.
Tout n'est pas parfait, mais un souffle se dégage de cette aventure, et la magie Nolan opére une fois encore.
elbandito

394 abonnés 994 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juillet 2026
Cinéaste à la réputation hors normes, Christopher Nolan revisite l’Odyssée d’Homère avec son style très personnel, mettant en avant l’immersion et la perception par le spectateur. Le ressenti visuel et sonore est parfois déconcertant. Coté scénario, il reste globalement fidèle à l’œuvre originale, à l’exception qu’il fait de son personnage d’Ulysse un homme “bon” et qui ne désire que rentrer chez lui. Le retour du héros à la maison est l’un des thèmes récurrents dans sa filmographie. Impeccable Matt Damon, qui campe ici un héros grec très humain, hanté par la bataille de la prise de Troie, et confronté à moult péripéties. Le héros est bien accompagné par une pléiade d’acteurs de haut vol. Coté technique, rien à reprocher, Nolan nous offre un spectacle total à voir sur écran géant.
Alexarod

364 abonnés 1 879 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2026
Quand un des plus grands réalisateurs du moment réunis un des plus gros casting du moment pour adapter une des meilleures histoires de tous les temps, forcément ça attire ou au minimum ça intrigue. Étant fan des « sagas » d’Homère j’étais obligé d’y aller, tout en craignant, comme avec Lord of the rings, d’être déçu.
Alors forcément tout ne m’a pas plu. J’étais circonspect quand même sur le casting, notamment sur Matt Damon qui ne me semblait pas avoir les épaules pour tenir ce rôle, et finalement il s’en sort très bien, jouant plus sur la sensibilité du perso, pareil pour Anne Hataway. Pattinson j’ai toujours du mal mais là aussi il est bien dans son registre, et Lupita convient même si elle interprète « Hélène aux bras blancs » un peu trop inclusif du coup, pour le reste : bon casting notamment Bernthal.
La réalisation est nickel, mais je comprends que le traitement de l’histoire puisse gêner. Le film étant déjà assez long Nolan a choisi de passer les dieux sous silence spoiler: (Zendaya pouvant n’être qu’une réminiscence du trauma d’Ulysse)
et d’écourter les scènes d’action pour se concentrer sur les conséquences de la guerre. Ainsi il creuse la psychologie du personnage principal, d’où le fait que ce soit lui qui raconte son histoire (au passage il le fait quand il arrive chez les Phéaciens), et cela explique qu’on ait tant de passages avec le cheval de Troie. Après chacun appréciera plus ou moins les libertés dans la représentation de l’œuvre (ainsi que quelques oublis d’aventures), perso je trouve que ça apporte un éclairage nouveau et bienvenu, ainsi qu’un poil de philosophie donc bingo. Une critique cependant, à mes yeux : Nolan louche un peu trop sur Gladiator parfois, quand on voit l’armure d’Agamemnon, les combats notamment celui d’Ulysse chez lui, le filtre gris et des plans sur les maisons.
Après le rythme est lent mais se tient, sûrement pour faire ressentir le long voyage (10 ans) pesant qu’Ulysse a du affronter, sauf que certaines longueurs auraient pu être évitées afin de privilégier le récit du mythe (la prophétie sur le retour des 3 rois, voir Achille en Enfer, Circé, expliciter qui est Calypso). La trame demeure classique mais pour un livre si ancien on va dire qu’elle est innovante alors. La musique est pas géniale, agaçante par moments, manquant d’épique et accompagnant mal certains passages Toutefois, le fait d’avoir essayé de réutiliser des instruments d’époque ajoute du crédit au réalisme. Les FX sont bons, j’aurai préféré un meilleur visuel pour le Cyclope mais chacun ses goûts. Niveau dialogues ça va, même en VF ; le fait de ne pas coller à l’ancien permet de ne pas larguer les jeunes, en plus on évite l’humour en vogue ces derniers temps car ça aurait cassé le côté mélancoliques des scènes. Enfin les décors me paraissent coller à l’Histoire, un peu trop propres certes mais on est au cinéma.
Au final ça m’a plu, le parti pris du réalisateur est un choix osé et qui se défend, il apporte ainsi sa pierre à un édifice colossal, ce qui es déjà énorme vu le nombre d’adaptation de ce récit. C’est bien joué et bien fait, les presque 3h passent bien quand on se met dedans (pas difficile si on est un tant soit peu empathique du héros) et on ressort en se questionnant sur la pertinence de nos choix de vie, pratiquement un exploit pour un film de nos jours, donc bravo.
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