Family’s road movie
Encore une fois, la bande annonce du film de Nabil AitakkaouaIi et Olivier Dacourt est un attrape-couillons pour les familles qui pensent aller voir une pure comédie estivale. Ces 91 minutes sont bel et bien une comédie dramatique où les non-dits pèsent sur cette volonté d’échange et de partage d’une histoire de famille et de reconnexion à ses racines. Prêt à partir en vacances, Kamel se retrouve obligé de changer ses plans à la dernière minute pour prendre la route du Bled avec sa mère. À bord de la vieille Renault 21, un long périple commence pour Kamel et sa famille. Sur la route de son passé, les souvenirs et les rancœurs refont surface, révélant toute la beauté des liens qui les unissent. Tout est ici bien écrit, sensible et débordant de tendresse. Une belle surprise malgré quelques défauts… J’y reviens.
L’idée du film est née de l’amitié entre Nabil Aitakkaouali et Olivier Dacourt, qui se connaissent depuis plus de vingt ans. L’idée était de raconter ce voyage que font chaque année vers leur pays d’origine, les Maghrébins, les Italiens, les Espagnols, les Portugais, venus travailler et s’installer en France, mais aussi en Belgique ou en Hollande, un voyage qui, au cinéma, n’a jamais été montré de l’intérieur. Ce road trip - parfois un peu mou du genou quant au montage -, permet de comprendre les difficultés, les émotions, et surtout la symbolique de cette transhumance estivale et restituer une vérité humaine et géographique à l’écran. Le point fort de ce film c’est qu’il est réalisé avec sincérité et engagement et qu’il parvient à rendre un bel hommage à toutes ces femmes piliers de la mémoire familiale. Ce film va donc beaucoup plus loin que ce que nous laisse croire cette bande-annonce racoleuse à la limite du honteux. L’émotion est profonde et le rire de bon s’en priver ?
L’humoriste Redouane Bougheraba, complètement à contre-emploi s’en sort avec les honneurs tout comme Caroline Anglade, plutôt convaincante dans un rôle plus grave qu’à l’accoutumée. Mais que dire de la formidable Farida Ouchani, d’une justesse et d’une sobriété à nulle autre pareille. Magnifique comédienne. Autour d’eux les Jean-Stan du Parc, Mourade Zeguendi, Lisa Montiège, s’en sortent pas mal malgré quelques faiblesses dans certaines scènes. Et franchement, la panouille de Robert Pirès pour son copain Olivier Dacourt – tous deux ex-footeux professionnels de haut niveau – était bien inutile. Quant à la bande-son, elle a l’âge de la Renault 21, elle date des 80’s… Souvenirs, souvenirs ! Allez en route pour le bled avec toute la smala !