Maoussi
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Marielbruneau
Marielbruneau

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5,0
Publiée le 23 septembre 2026
MAOUSSI — L’étrange nécessité de l’autre
À soixante-dix ans, on ne regarde plus tout à fait les histoires d’amour de la même manière.
On sait que l’amour ne triomphe pas de tout. On sait que deux êtres peuvent s’aimer et néanmoins se blesser, se méprendre, se manquer. On sait surtout que ce que nous appelons « aimer » contient souvent autre chose : la peur de la solitude, le désir d’être reconnu, le besoin d’être nécessaire à quelqu’un.
C’est peut-être pour cela que MAOUSSI, sous l’apparence légère d’une comédie romantique, m’a touché plus profondément que je ne m’y attendais.
L’histoire paraît d’abord presque anodine. Babette est danoise et vit à Paris. Edo est congolais, réfugié. Les circonstances vont les faire cohabiter. Une souris s’installe bientôt dans l’appartement et vient troubler un équilibre qui, à vrai dire, n’avait jamais vraiment existé.
Voilà pour l’histoire.
Mais les films intéressants commencent précisément là où leur résumé s’arrête.
Car ce que raconte MAOUSSI, ce n’est pas tant la rencontre de deux cultures que la difficulté de rencontrer véritablement un autre être humain.
Nous croyons connaître les autres parce que nous leur parlons. Nous croyons les comprendre parce que nous connaissons leur histoire. Mais chacun demeure, au fond, un territoire étranger. Et plus l’autre nous devient proche, plus cette étrangeté peut devenir vertigineuse.
Babette et Edo sont étrangers l’un à l’autre de toutes les manières possibles : par leur origine, leur parcours, leur rapport au monde, leur manière d’aimer. Pourtant, à mesure que le film avance, une autre frontière apparaît, plus troublante encore. Celle qui sépare tout homme de toute femme, peut-être, mais surtout tout être humain d’un autre.
MAOUSSI pose alors une question aussi vieille que l’amour : aimons-nous l’autre pour ce qu’il est, ou pour ce qu’il vient combler en nous ?
Charlotte Schiøler a l’intelligence de ne pas répondre.
Elle préfère observer.
Elle observe les corps qui se rapprochent puis s’éloignent, les paroles qui disent autre chose que ce que l’on voulait dire, les gestes généreux derrière lesquels se cache parfois une attente. Elle regarde ses personnages avec tendresse mais sans les absoudre de leurs contradictions.
Et c’est ici que la souris prend une importance inattendue.
Cette petite créature qui court sous les meubles pourrait n’être qu’un ressort comique. Elle devient peu à peu une sorte de présence philosophique, presque une ironie du destin. Tandis que les humains tentent de mettre de l’ordre dans leurs sentiments, de définir leurs relations et de contrôler leurs vies, Maoussi traverse tranquillement leurs frontières.
Elle ne connaît ni nationalité, ni classe sociale, ni convenances.
Elle cherche simplement sa place.
Comme eux.
Comme nous.
Il y a beaucoup d’humour dans MAOUSSI, mais c’est un humour traversé de mélancolie. On rit souvent de Babette et d’Edo avant de comprendre que nous rions peut-être aussi de nous-mêmes. De nos petites stratégies pour être aimés. De notre orgueil. De notre peur d’être abandonnés. De cette incroyable difficulté que nous avons à dire simplement : « J’ai besoin de toi. »
Le Paris du film participe à cette sensation. Il n’est pas décoratif. C’est une ville où des vies venues de partout se côtoient, où l’on peut habiter à quelques centimètres les uns des autres et demeurer infiniment éloignés.
Et puis il y a les corps.
La présence d’Elsa Wolliaston donne à cette dimension du film une force particulière. Là où les mots échouent, le mouvement demeure. Le corps ne disserte pas. Il hésite, résiste, désire, vieillit, souffre, se souvient.
Peut-être est-ce cela, finalement, qui m’a plu dans MAOUSSI : derrière sa fantaisie, le film possède une confiance presque ancienne dans l’imperfection humaine.
Il ne nous explique pas comment les hommes et les femmes devraient s’aimer. Il montre combien cela est difficile.
Et combien, malgré tout, nous recommençons.
Nous recommençons à ouvrir notre porte.
À croire quelqu’un.
À désirer.
À espérer.
À aimer.
MAOUSSI est de ces films qui commencent comme une comédie et vous accompagnent ensuite silencieusement sur le chemin du retour.
On croyait avoir regardé l’histoire d’une femme, d’un homme et d’une souris.
On découvre qu’on a peut-être regardé quelque chose de beaucoup plus simple et beaucoup plus mystérieux :
notre immense difficulté à vivre seuls, et notre immense difficulté à vivre ensemble.
MargarethSwartz
MargarethSwartz

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2026
Moi, les films qui se donnent des grands airs, c’est pas trop mon truc. Mais MAOUSSI, alors là, j’ai marché ! Cette histoire de Babette, d’Edo et de leur petite souris, ça m’a fait rire, et puis, sans prévenir, ça m’a serré le cœur. Parce que des gens qui viennent de partout, qui essaient de s’aimer sans toujours se comprendre, j’en vois tous les jours dans mon immeuble. C’est drôle, tendre, parfois complètement fou, mais surtout, ça sonne vrai. Et quand je suis sortie, je pensais encore à eux.
Genevievedelanne
Genevievedelanne

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 septembre 2026
Excellent film, à la fois drôle, touchant, romantique, sur un sujet pourtant grave et bouleversant. Je recommande vraiment ce film très intelligent et subtil
Ciné flèchois
Ciné flèchois

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2026
Ce n'est pas un film de plus sur la précarité des sans papiers et la légitimité du mariage blanc mais un récit personnel et esthétique où les personnages sonnent justes. Les difficultés relationnelles, les différences culturelles n'excluent pas les moments de joie.
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