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Lorsqu’un film vous est présenté comme étant une comédie, sans doute vous demandez vous si, oui ou non, des occasions de rire vous seront fournies. S’il vous est présenté comme étant un drame, vous vous demandez sans doute s’il s’agit d’un drame capable de vous mettre la larme à l’œil ou bien d’un drame dont certaines scènes vont vous exaspérer ou vous indigner. Si, enfin, s’agissant d’un film, on vous parle de romance, vous vous demandez s’il va s’agir d’une romance de type nunuche ou d’une romance flamboyante. "Maoussi" est présenté comme étant à la fois une comédie, un drame et une romance. Pas totalement faux, mais pas tout à fait exact non plus. Dans ce film reprenant un certain nombre de situations réellement vécues par la réalisatrice, le personnage principal est Babette, une danoise vivant à Paris dans le quartier de Belleville, et qui, à la demande de Nora, sa professeure de danse danse africaine, a accepté d’héberger pour quelques jours Edo, un percussionniste congolais venu donner quelques concerts, on a quelques occasions de rire franchement, mais on a surtout le sourire aux lèvres la plupart du temps, et il n’y a aucune lourdeur dans tout ce qui peut être présenté comme un drame. En fait, il serait plus juste de parler de comédie romantique dans laquelle le burlesque croise le quiproquo et qui se transforme parfois en fable, la facette drame se nichant, sans que cela soit lourdement appuyé, dans les galères rencontrées par les migrants en danger dans leur propre pays pour obtenir des papiers et, peut-être aussi, sans qu’on puisse en être certain, dans la confirmation de ce que dit « Les histoires d’amour finissent mal, en général », la chanson des Rita Mitsouko. Critique complète sur le site où on trouve le tiret du 6 entre critique et film.
Babette (Charlotte Schioler) est une danseuse professionnelle d'origine danoise qui vit et travaille à Paris. Sa spécialité est la danse primitive avec les percussions comme instruments de musique pour l'accompagner. Quand sa professeur de danse, une congolaise, lui demande d'héberger quelques jours un compatriote percussionniste venu à Paris pour des concerts, elle finit par accepter afin de dépanner son amie. Cet homme, Edo, sensible, intelligent mais sans instruction, va être à l'origine d'un certain bouleversement dans son existence. Vous ne trouverez pas le nom de Maoussi dans le générique et pourtant, c'est un petit personnage qui compte dans l'histoire ! La raison est simple, puisqu'il s'agit d'une petite souris albinos qui fait irruption dans l'appartement de Babette et donne lieu à plusieurs séquences très amusantes. Beaucoup de fraîcheur mais aussi de gravité autour de la situation d'Edo. Celui-ci fait des remarques sur tout ce qui le surprend et pose des questions pertinentes. A noter que Charlotte Schioler ne fait pas que danser et jouer le rôle de Babette puisqu'elle réalise aussi cette romance qui nous amuse beaucoup avec ses dialogues savoureux.
Maoussi commence avec une danseuse, un réfugié congolais, un appartement parisien et — parce que deux êtres humains et leurs bagages émotionnels ne suffisaient manifestement pas — une petite souris blanche en fuite.
Que pourrait-il bien arriver ?
Eh bien, beaucoup de choses. Et c’est précisément ce qui fait tout le sel du film.
Babette accueille Edo dans son appartement pour quelques jours et, soudain, ce duo improbable se retrouve à partager son quotidien avec Maoussi, un minuscule rongeur qui se comporte moins comme un nuisible que comme un enfant adopté, un petit Cupidon à moustaches venu joyeusement contrarier les plans de tout le monde.
Très vite, amour, migration, musique, bureaucratie et parentalité se mettent à danser autour de la même table.
Le sujet aurait pu facilement devenir vulgaire, compliqué ou terriblement “à message”. Charlotte Schiøler évite heureusement tous ces pièges. Maoussi garde du bon sens, de la simplicité et un style merveilleusement direct — et c’est extrêmement appréciable. Le film ne cherche pas à transformer chaque scène en monument philosophique. Il laisse ses personnages respirer, plaisanter, danser, se comprendre de travers et, parfois, tomber sans prévenir dans quelque chose de profondément touchant.
Il y a quelque chose de délicieusement classique dans cette approche : une comédie romantique avec conscience sociale, quelque part entre la chaleur d’un huis clos intime et l’énergie anarchique d’une comédie française — sauf qu’ici, le troisième larron a des moustaches.
Et la musique est partout.
Le parcours de Charlotte Schiøler dans la chorégraphie donne au film un langage physique singulier, tandis que les rythmes africains et les percussions lui insufflent une énergie contagieuse. Les scènes de danse basculent parfois dans quelque chose de presque tragique, créant un contrepoint fascinant avec le ton plus léger et malicieux du récit.
Ici, l’art et la musique ne sont pas de simples ornements : ils font partie du sang du film.
Et puis — Moustapha Mbengue.
Silence dans la salle.
On hausse le rideau.
On convoque les trompettes.
Et l’on déclenche un milliard d’applaudissements pour Moustapha Mbengue.
Car, rappelons-le, Maoussi était son deuxieme rôle au cinéma.
Et pourtant, il surgit à l’écran avec une intensité absolument stupéfiante. Aucune timidité : il possède cette présence physique d’un acteur qui semble avoir attendu avec impatience que le cinéma lui ouvre enfin la porte.
Son Edo est drôle, sensuel, vulnérable, puissant — parfois tout cela dans un seul regard.
Et ce n’est évidemment pas un miracle isolé. Moustapha Mbengue nous avait déjà offert de formidables morceaux de cinéma dans Amin, Les Cinq Diables ou dans Souleymane. Maoussi confirme sa capacité rare à rendre un personnage immédiatement vivant, profondément humain, avec une présence qui déborde joyeusement du cadre.
Encore ! Un autre milliard d’applaudissements !
Charlotte Schiøler choisit délibérément de danser vers la comédie, la romance, la musique et l’absurde.
Et ce choix est rafraîchissant.
Car derrière les plaisanteries se cache une vraie question : comment deux êtres venus de mondes différents peuvent-ils apprendre à vivre ensemble, à s’aimer et à se comprendre lorsqu’ils ne partagent pas nécessairement les mêmes attentes, la même culture ou le même avenir ?
La réponse passe apparemment par la chorégraphie, les percussions, les papiers administratifs…
Et une souris.
Pourquoi pas ?
Maoussi est modeste sans être petit, politique sans devenir moralisateur, romantique sans sombrer dans le sirop, et drôle sans jamais oublier les êtres humains qui se cachent derrière la comédie.
Le film sait que les sujets les plus compliqués sont parfois mieux abordés avec une certaine légèreté.
Et c’est peut-être là son plus grand charme : il aurait pu devenir un joyeux bazar, mais il choisit la simplicité.
Une danseuse.
Un réfugié.
Une souris.
Un peu de musique.
Beaucoup d’amour.
Que pourrait-il bien arriver ?
Eh bien, beaucoup de choses. Et c’est précisément ce qui fait tout le sel du film.
Babette accueille Edo dans son appartement pour quelques jours et, soudain, ce duo improbable se retrouve à partager son quotidien avec Maoussi, un minuscule rongeur qui se comporte moins comme un nuisible que comme un enfant adopté, un petit Cupidon à moustaches venu joyeusement contrarier les plans de tout le monde.
Très vite, amour, migration, musique, bureaucratie et parentalité se mettent à danser autour de la même table.
Le sujet aurait pu facilement devenir vulgaire, compliqué ou terriblement “à message”. Charlotte Schiøler évite heureusement tous ces pièges. Maoussi garde du bon sens, de la simplicité et un style merveilleusement direct — et c’est extrêmement appréciable. Le film ne cherche pas à transformer chaque scène en monument philosophique. Il laisse ses personnages respirer, plaisanter, danser, se comprendre de travers et, parfois, tomber sans prévenir dans quelque chose de profondément touchant.
Il y a quelque chose de délicieusement classique dans cette approche : une comédie romantique avec conscience sociale, quelque part entre la chaleur d’un huis clos intime et l’énergie anarchique d’une comédie française — sauf qu’ici, le troisième larron a des moustaches.
Et la musique est partout.
Le parcours de Charlotte Schiøler dans la chorégraphie donne au film un langage physique singulier, tandis que les rythmes africains et les percussions lui insufflent une énergie contagieuse. Les scènes de danse basculent parfois dans quelque chose de presque tragique, créant un contrepoint fascinant avec le ton plus léger et malicieux du récit.
Ici, l’art et la musique ne sont pas de simples ornements : ils font partie du sang du film.
Et puis — Moustapha Mbengue.
Silence dans la salle.
On hausse le rideau.
On convoque les trompettes.
Et l’on déclenche un milliard d’applaudissements pour Moustapha Mbengue.
Car, rappelons-le, Maoussi était son deuxieme rôle au cinéma.
Et pourtant, il surgit à l’écran avec une intensité absolument stupéfiante. Aucune timidité : il possède cette présence physique d’un acteur qui semble avoir attendu avec impatience que le cinéma lui ouvre enfin la porte.
Son Edo est drôle, sensuel, vulnérable, puissant — parfois tout cela dans un seul regard.
Et ce n’est évidemment pas un miracle isolé. Moustapha Mbengue nous avait déjà offert de formidables morceaux de cinéma dans Amin, Les Cinq Diables ou dans Souleymane. Maoussi confirme sa capacité rare à rendre un personnage immédiatement vivant, profondément humain, avec une présence qui déborde joyeusement du cadre.
Encore ! Un autre milliard d’applaudissements !
Charlotte Schiøler choisit délibérément de danser vers la comédie, la romance, la musique et l’absurde.
Et ce choix est rafraîchissant.
Car derrière les plaisanteries se cache une vraie question : comment deux êtres venus de mondes différents peuvent-ils apprendre à vivre ensemble, à s’aimer et à se comprendre lorsqu’ils ne partagent pas nécessairement les mêmes attentes, la même culture ou le même avenir ?
La réponse passe apparemment par la chorégraphie, les percussions, les papiers administratifs…
Et une souris.
Pourquoi pas ?
Maoussi est modeste sans être petit, politique sans devenir moralisateur, romantique sans sombrer dans le sirop, et drôle sans jamais oublier les êtres humains qui se cachent derrière la comédie.
Le film sait que les sujets les plus compliqués sont parfois mieux abordés avec une certaine légèreté.
Et c’est peut-être là son plus grand charme : il aurait pu devenir un joyeux bazar, mais il choisit la simplicité.
Une danseuse.
Un réfugié.
Une souris.
Un peu de musique.
Beaucoup d’amour.
J’adore ce film Magnifique, très original, un film contemporain, les parabole humaines se croisent une manière tellement original
A la croisée des genres.
Un film au demeurant tout simple, qui aborde pourtant des sujets complexes, mais avec une certaine légèreté.
Ce film mérite que l'on s'y attarde pour les réflexions qu'il doit susciter.
Un film necessaire, pour ouvrir notre regard sur l'autre, comprendre certains enjeux et retrouver un peu de tolérance et d'humanité.
Porté par Moustapha Mbengue, acteur engagé et sensible.
Bravo
Un film au demeurant tout simple, qui aborde pourtant des sujets complexes, mais avec une certaine légèreté.
Ce film mérite que l'on s'y attarde pour les réflexions qu'il doit susciter.
Un film necessaire, pour ouvrir notre regard sur l'autre, comprendre certains enjeux et retrouver un peu de tolérance et d'humanité.
Porté par Moustapha Mbengue, acteur engagé et sensible.
Bravo
MAOUSSI, c’est un film sur l’amour, mais pas l’amour comme on nous le raconte d’habitude. C’est plutôt sur pourquoi on a tellement besoin de l’autre, alors que l’autre nous complique tellement la vie.
Babette et Edo ne viennent pas du même monde. Ils se comprennent mal, parfois même pas du tout. Mais peut-être que aimer, c’est justement ça : essayer de comprendre quelqu’un qu’on ne pourra jamais comprendre complètement.
Et puis il y a cette souris. Toute petite, mais elle dérange tout. J’ai pensé qu’elle était un peu comme le désir : on veut l’attraper, le contrôler, et il nous échappe toujours.
J’ai beaucoup ri, mais après j’ai pensé longtemps.
MAOUSSI est un film drôle qui pose des questions sérieuses sans faire semblant d’avoir les réponses
Babette et Edo ne viennent pas du même monde. Ils se comprennent mal, parfois même pas du tout. Mais peut-être que aimer, c’est justement ça : essayer de comprendre quelqu’un qu’on ne pourra jamais comprendre complètement.
Et puis il y a cette souris. Toute petite, mais elle dérange tout. J’ai pensé qu’elle était un peu comme le désir : on veut l’attraper, le contrôler, et il nous échappe toujours.
J’ai beaucoup ri, mais après j’ai pensé longtemps.
MAOUSSI est un film drôle qui pose des questions sérieuses sans faire semblant d’avoir les réponses
Nous sortons de la séance, nous y sommes allés au hasard, conduit par l’envie d’une histoire simple. Et quelle belle surprise, le film est moderne, contemporain, subtil, intelligent tendre, drôle… un poème en image.
Un premier film maîtrisé, intime, authentique et sincère. Nous n’en demandions pas plus.
Un premier film maîtrisé, intime, authentique et sincère. Nous n’en demandions pas plus.
Un film sincère qui nous parle de nos différences avec respect, des choix à faire ou pas, de la danse et la musique qui nous libère, et beaucoup d'humour.
Bravo je recommande vivement, ce chouette film.
Bravo je recommande vivement, ce chouette film.
Maoussi est un très beau film qui aborde avec sensibilité le thème de l'exil, de la différence et de la solidarité. Une histoire simple et humaine, touchante par sa sincérité !
spoiler:
excellent!
C'est le meilleur film que j'ai vu cette année. plein d'humour et de poésie et en meme temps un sujet d'actualité.
C'est le meilleur film que j'ai vu cette année. plein d'humour et de poésie et en meme temps un sujet d'actualité.
MAOUSSI m’a sincèrement surpris. Le film commence comme une comédie de cohabitation, puis glisse vers quelque chose de beaucoup plus profond sur le désir, la solitude et la difficulté de comprendre l’autre. J’ai adoré la façon dont Charlotte Schiøler mélange le burlesque et l’intime, sans qu’on sache toujours si on doit rire ou être ému. Et la souris est extraordinaire : elle devient presque un personnage, un élément de mise en scène qui fait exploser les tensions entre Babette et Edo. C’est imparfait, libre, parfois étrange, mais justement très vivant. Un film singulier, qui prend des risques.
Un film à l’humour subtil : des questionnements sur la relation amoureuse, le contexte societal, tout en humanité et en vivacité.
Excellent film, à la fois drôle, touchant, romantique, sur un sujet pourtant grave et bouleversant. Je recommande vraiment ce film très intelligent et subtil
Maoussi est un film touchant et profondément humain, porté par une belle sensibilité. L’histoire est captivante, les personnages sont attachants et la mise en scène transmet avec justesse les émotions. Un film à la fois poignant et inspirant, qui laisse une belle impression après le générique.
MAOUSSI — L’amour, l’exil et une souris
Il y a des films qui abordent les grandes questions de notre époque avec fracas. MAOUSSI, lui, choisit de les faire entrer par la petite porte. Une rencontre improbable, un appartement parisien, deux êtres que presque tout sépare — et une souris. De ce dispositif minuscule, Charlotte Schiøler tire une comédie romantique singulière, tour à tour burlesque, tendre, cruelle et profondément humaine.
Babette est danoise, installée à Paris. Edo est congolais, réfugié, et cherche sa place dans une société qui ne lui en fait guère. Le hasard les conduit à partager le même toit. Ils n’ont ni la même histoire, ni les mêmes codes, ni tout à fait la même conception de l’amour. Et surtout, chacun arrive chargé de ses blessures, de ses désirs et de ses contradictions.
Charlotte Schiøler aurait pu faire de cette rencontre le prétexte à une démonstration sur l’exil, le racisme ou le choc des cultures. MAOUSSI emprunte une voie autrement plus intéressante : celle de l’intime. Les grandes questions politiques et sociales restent là, en arrière-plan, mais elles traversent des corps, des regards, des maladresses, des silences. Le film ne transforme jamais ses personnages en symboles. Edo n’est pas « le réfugié » et Babette n’est pas « l’Européenne ». Ce sont d’abord deux êtres qui tentent de comprendre ce qu’ils peuvent attendre l’un de l’autre.
Et puis il y a Maoussi.
Cette petite souris qui donne son nom au film est bien davantage qu’un ressort comique. Intruse minuscule et incontrôlable, elle dérègle l’espace domestique, bouleverse les rapports de force et fait surgir ce que chacun aurait préféré dissimuler. Plus Babette et Edo cherchent à maîtriser la situation, plus celle-ci leur échappe. La souris devient ainsi le délicieux grain de sable d'une mécanique sentimentale déjà fragile.
C’est là que le film trouve son ton le plus personnel. MAOUSSI passe sans prévenir de la comédie physique à une véritable mélancolie, de l’absurde à la sensualité, du rire à une forme de solitude presque douloureuse. Cette liberté de ton donne au film son charme étrange : on ne sait jamais exactement où la scène suivante va nous conduire.
Dans le rôle de Babette, Charlotte Schiøler accepte de se montrer sans protection. Son personnage peut être drôle, exaspérant, vulnérable, généreux, maladroit, désirant. Face à elle, Edo oppose une présence qui déjoue elle aussi les catégories trop simples. Leur relation n’est jamais idéalisée : elle est traversée par le désir, les malentendus, les rapports de pouvoir, le besoin d’être aimé et la difficulté presque universelle de savoir aimer l’autre autrement qu’à partir de soi-même.
Autour d’eux, Paris n’a rien de la carte postale habituelle. C’est un Paris populaire, métissé, parfois chaotique, où les existences se croisent sans nécessairement se comprendre. La présence d’Elsa Wolliaston, immense figure de la danse contemporaine, apporte au film une profondeur supplémentaire. Son corps, sa voix et son regard semblent appartenir à un autre temps du film : celui de la transmission, de la mémoire et de ce que les corps savent avant même que les mots puissent l’exprimer.
Mais la plus belle réussite de MAOUSSI est peut-être de refuser de résoudre proprement ce qu’il met en jeu. La différence culturelle n’est ni niée ni transformée en slogan. L’amour ne vient pas miraculeusement abolir les différences sociales, les blessures ou les contradictions. Il oblige plutôt les personnages à s’y confronter.
Sous ses dehors de petite comédie sentimentale, le film pose alors une question beaucoup plus vaste : que signifie aimer quelqu’un dont on ne comprend pas entièrement le monde ?
Charlotte Schiøler répond sans discours et sans mode d’emploi. Par le rire, le désir, les corps, les disputes, les silences — et cette souris qui court obstinément entre deux êtres cherchant, tant bien que mal, à se rejoindre.
Une comédie romantique atypique, libre et profondément personnelle, qui transforme une minuscule histoire de cohabitation en fable contemporaine sur l’amour, l’altérité et notre besoin désespéré de trouver une place auprès de l’autre.
Il y a des films qui abordent les grandes questions de notre époque avec fracas. MAOUSSI, lui, choisit de les faire entrer par la petite porte. Une rencontre improbable, un appartement parisien, deux êtres que presque tout sépare — et une souris. De ce dispositif minuscule, Charlotte Schiøler tire une comédie romantique singulière, tour à tour burlesque, tendre, cruelle et profondément humaine.
Babette est danoise, installée à Paris. Edo est congolais, réfugié, et cherche sa place dans une société qui ne lui en fait guère. Le hasard les conduit à partager le même toit. Ils n’ont ni la même histoire, ni les mêmes codes, ni tout à fait la même conception de l’amour. Et surtout, chacun arrive chargé de ses blessures, de ses désirs et de ses contradictions.
Charlotte Schiøler aurait pu faire de cette rencontre le prétexte à une démonstration sur l’exil, le racisme ou le choc des cultures. MAOUSSI emprunte une voie autrement plus intéressante : celle de l’intime. Les grandes questions politiques et sociales restent là, en arrière-plan, mais elles traversent des corps, des regards, des maladresses, des silences. Le film ne transforme jamais ses personnages en symboles. Edo n’est pas « le réfugié » et Babette n’est pas « l’Européenne ». Ce sont d’abord deux êtres qui tentent de comprendre ce qu’ils peuvent attendre l’un de l’autre.
Et puis il y a Maoussi.
Cette petite souris qui donne son nom au film est bien davantage qu’un ressort comique. Intruse minuscule et incontrôlable, elle dérègle l’espace domestique, bouleverse les rapports de force et fait surgir ce que chacun aurait préféré dissimuler. Plus Babette et Edo cherchent à maîtriser la situation, plus celle-ci leur échappe. La souris devient ainsi le délicieux grain de sable d'une mécanique sentimentale déjà fragile.
C’est là que le film trouve son ton le plus personnel. MAOUSSI passe sans prévenir de la comédie physique à une véritable mélancolie, de l’absurde à la sensualité, du rire à une forme de solitude presque douloureuse. Cette liberté de ton donne au film son charme étrange : on ne sait jamais exactement où la scène suivante va nous conduire.
Dans le rôle de Babette, Charlotte Schiøler accepte de se montrer sans protection. Son personnage peut être drôle, exaspérant, vulnérable, généreux, maladroit, désirant. Face à elle, Edo oppose une présence qui déjoue elle aussi les catégories trop simples. Leur relation n’est jamais idéalisée : elle est traversée par le désir, les malentendus, les rapports de pouvoir, le besoin d’être aimé et la difficulté presque universelle de savoir aimer l’autre autrement qu’à partir de soi-même.
Autour d’eux, Paris n’a rien de la carte postale habituelle. C’est un Paris populaire, métissé, parfois chaotique, où les existences se croisent sans nécessairement se comprendre. La présence d’Elsa Wolliaston, immense figure de la danse contemporaine, apporte au film une profondeur supplémentaire. Son corps, sa voix et son regard semblent appartenir à un autre temps du film : celui de la transmission, de la mémoire et de ce que les corps savent avant même que les mots puissent l’exprimer.
Mais la plus belle réussite de MAOUSSI est peut-être de refuser de résoudre proprement ce qu’il met en jeu. La différence culturelle n’est ni niée ni transformée en slogan. L’amour ne vient pas miraculeusement abolir les différences sociales, les blessures ou les contradictions. Il oblige plutôt les personnages à s’y confronter.
Sous ses dehors de petite comédie sentimentale, le film pose alors une question beaucoup plus vaste : que signifie aimer quelqu’un dont on ne comprend pas entièrement le monde ?
Charlotte Schiøler répond sans discours et sans mode d’emploi. Par le rire, le désir, les corps, les disputes, les silences — et cette souris qui court obstinément entre deux êtres cherchant, tant bien que mal, à se rejoindre.
Une comédie romantique atypique, libre et profondément personnelle, qui transforme une minuscule histoire de cohabitation en fable contemporaine sur l’amour, l’altérité et notre besoin désespéré de trouver une place auprès de l’autre.
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