J’ai eu la chance de pouvoir voir Yoroï en avant-première, à Caen, jeudi 2 octobre, en présence de l’équipe du film, venue présenter le projet.
David Tomaszewski et Orelsan nous livrent une histoire qu’il m’est impossible de résumer sans trahir sa force.
Ce film est avant tout une expérience à vivre, que l’on traverse et qui bouleverse nos émotions grâce à sa créativité, la qualité de son esthétique cinématographique, sa bande-son qui contribue grandement aux ambiances de chaque scène, son humour, sa richesse culturelle et surtout par sa profondeur narrative.
Le rythme du film est très bien dosé, avec une première partie plus axée sur la mise en place de l’histoire et des personnages, qui permet une bonne compréhension de ce qui va arriver par la suite.
La seconde partie du film est aussi soutenue que certaines chansons d’Orelsan (les plus avisés sauront de quels sons je parle).
D’ailleurs, le film est truffé de références à sa carrière, comme des clins d’œil à sa fan-base.
Mais les personnes qui n’écoutent pas Orelsan peuvent tout à fait voir le film et le comprendre dans son intégralité.
Ce film est accessible à tous (attention à préserver les plus jeunes, quand même).
Le fait que l'action se passe au Japon est aussi hyper intéressant.
Dans un premier temps, pour une raison purement scénaristique liée à la construction des personnages, mais aussi pour la découverte de certains aspects de la culture japonaise qui ne sont pas très connus ou peu mis en avant en France (selon moi).
Je trouve que, comme les mangas, ce film est une très belle porte d’entrée vers la culture japonaise et permet une ouverture d’esprit sur des coutumes et des rituels qui nous sont peu familiers.
Concernant la construction des personnages, ils ont chacun une évolution très intéressante et très actuelle.
Et merci ! Merci d’avoir créé ce personnage féminin ultra badass, qui n’est pas seulement le faire-valoir du rôle masculin !
Et ce personnage masculin qui assume et revendique que sa femme est bien plus forte que lui.
Toutes ces subtilités sur la « force » d’une personne qui peut être perçue de tellement de façons différentes, sont également très intéressantes à voir.
Et on ne va pas se mentir : voir une femme enceinte se battre, c’est tellement rare et tellement important que cette représentation de la grossesse évolue pour se moderniser, donc merci pour ça.
Mais attention, Yoroï n’est pas seulement un film de divertissement avec de la baston et beaucoup d’humour.
C’est un film bien plus complexe que ça, avec je ne sais combien de niveaux de lecture imbriqués les uns dans les autres.
Je ne détaillerai pas plus pour ne laisser échapper aucun spoiler, mais c’est un film qui raconte l’histoire de ces personnages, de leurs vécus, de leurs succès, de leurs failles qui leur sont propres, et pourtant, tous les thèmes abordés sont universels et parlent à tout le monde.
Chaque spectateur pourra interpréter ces thèmes selon son vécu personnel, s’y reconnaître et en tirer sa propre interprétation.
C’est un film vraiment unique et ultra créatif.
Personnellement, j’ai été surprise par beaucoup de choses :
- la qualité scénaristique et le rendu esthétique
- j’ai énormément rigolé
- j’ai même eu peur à certains moments
- j’ai été très surprise par la direction qu'a pris le scénario
- j’ai même pleuré
Et ce film permet une remise en question de ses propres choix, de ses façons de penser et d’agir.
Je ne m’attendais pas à vivre toutes ces émotions.
La profondeur de ce film dépasse de loin les images de la bande-annonce.
Le seul conseil que je peux donner, c’est : allez voir ce film, que vous soyez fan d’Orelsan ou non.
Si vous le pouvez, allez le voir en salle, au cinéma, pour vraiment vivre l’expérience à fond et profiter de la qualité du travail de photographie sur grand écran, ainsi que de l’ambiance sonore avec un son, digne de ce qu’il mérite.
Vous ne ressortirez pas déçus car chacun peut voir les niveaux de lecture qu'il souhaite et interpréter le film de la façon qui lui plaît : un film de divertissement avec des bonnes cascades/bastons ou jusqu'à des questionnements introspectifs de sa propre vie.