La grande mode des legacyquels ne se limite pas à Hollywood ! Oui, vous savez, ces suites produites des années, voire des décennies après l'original. Qui sont souvent des remakes déguisés, reprenant peu ou prou l'intrigue du film original, faisant référence à ses événements, et incluant si possible certains de ses acteurs.
En l'occurrence, les Japonais refont "Shinkansen Daibakuha", ou "Super Express 109" en VF. Un film catastrophe de 1975, peu connu dans nos contrées. Au passage, les titres japonais entre la version 1975 et la version 2025 sont identiques, histoire de brouiller la filiation... Même principe que le film de 1975 donc : un terroriste pose une bombe sur un Shinkansen. Si celui-ci descend sous les 100km/h, il explose.
La version de 1975 passait peu de temps à bord du train. On s'intéressait surtout aux poseurs de bombe et à la crise japonaise qui les motivait. Ici, c'est l'inverse, l'intrigue se déroule surtout à bord du train, ce qui n'est pas pour me déplaire ! On y verra le chef de wagon, la conductrice, et le gestionnaire des trains tenter de trouver des solutions.
C'est plutôt bien rythmé, le budget semble confortable avec quelques scènes d'action. En sus, contrairement à son aïeul, cette cuvée 2025 a bénéficié d'un soutien de la compagnie ferroviaire japonaise, lui permettant de filmer sur des vrais quais, et autour de vrais trains.
Il y a également des thématiques intéressantes, avec des profils de passagers spécifiques. Un influenceur qui va réagir au quart de tour. Une politicienne qui va tenter d'agir à son avantage. Le tout filmé par le co-réalisateur de "Shin Godzilla", ça aurait pu donner une très bonne satire.
Malheureusement il y a beaucoup de défauts qui grèvent l'ensemble. Un manque de subtilité patent dans l'aspect politique. Notamment ce grotesque conseiller ministériel qui débarque pour prendre la crise en main. Des passagers tout de même bien stupides. L'identité du poseur de bombe qui sort de nulle part, et une connexion très artificielle avec la version de 1975.
Si bien que sur la dernière partie, on sent que l'histoire se traîne, et "Shinkansen Daibakuha" souffre comme son aïeul d'une longueur luxueuse... qui ne permet pourtant pas de résoudre toutes les sous-intrigue ! Dont celle de la cagnotte, dont tout le monde semble se moquer...