COUTURES - Alice Winocour | ⭐ 5,5/10
Ne tournons pas autour du pot : ce n'est pas bon du tout.
Le film multiplie les arcs narratifs sans jamais en approfondir un seul. Est-ce l’histoire d’une réalisatrice confrontée à la maladie ? Celle d’une maquilleuse qui transforme son expérience en livre ? Ou bien le récit de l’ascension d’une jeune mannequin dans un milieu impitoyable ? Sur le papier, tout pourrait coexister pour former un beau film chorale. Mais le scénario empile ces trajectoires plus qu’il ne les imbrique. On passe d’un fil à l’autre sans véritable continuité ni cohérence, comme si le film hésitait sans cesse sur son véritable sujet, et avec pour conséquence un décrochage du spectateur.
Angelina Jolie, dont le rapport personnel à la question du cancer confère une résonance particulière au rôle, joue avec sincérité. Mais les choix de scénario et de montage ne lui offrent pas l’espace nécessaire pour développer une vraie profondeur. Les scènes médicales, partagées avec Vincent Lindon, sont particulièrement ratées. Quant aux séquences dans le monde de la mode, elles peinent à dépasser la superficialité : univers froid, cruel, déjà filmé mille fois, ici sans angle véritablement neuf, et qui rappelle certaines scènes de Sans Filtre, tout aussi désincarnées.
Et pourtant, quelque chose intrigue. La beauté plastique est indéniable. Alice Winocour compose des images soignées, parfois puissantes, pose les jalons d'une réflexion intéressante sur le rapport au corps, à travers la mode et la maladie, et l’on perçoit par instants les fulgurances d’un film plus incarné, qui'il aurait pu être.
Mais cela ne suffit pas. Coutures reste un film fourre-tout, qui effleure beaucoup de thèmes sans en creuser aucun. Il en résulte une œuvre élégante en surface, mais vide de nécessité. Un film qui intrigue par moments, mais qui, au final, ne raconte rien de véritablement neuf ni d’essentiel.
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