Vu au ciné "COUTURES" réalisé par Alice Winocour: Maxine, une réalisatrice américaine, venue tourner un film dans le milieu de la mode, apprend, lors de la Fashion Week parisienne, une mauvaise nouvelle personnelle, tout en faisant la rencontre de deux femmes au destin particulier: Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays pour Paris, et Angèle, une maquilleuse française qui veut changer de vie professionnelle: trois femmes d'horizons et aux parcours de vie différents avec en fonds commun l'univers de la mode -montré ici de l'intérieur avec ses petites mains- trois destins qui se croisent, entre lesquels le film va tirer et tisser son fil, à l'image du fil de la vie, avec ses différentes coutures, avec en parallèle, comme un symbole, la création de cette première robe tout au long du film. Ces femmes, fortes et fragiles en même temps, remplies autant de certitudes que de doutes, tentent de recoudre leur vie pour certaines, leur corps pour d'autres. Si ce genre de film choral a l'inconvénient de parfois un peu survoler ces destins, c'est qu'on aimerait justement les voir plus développés tellement ils nous touchent, mais c'est surtout la sobriété et la simplicité de la mise en scène qui nous emportent, avec une superbe délicatesse, une belle élégance et surtout une pudeur bienvenue, toujours avec une justesse qui séduit et qui apporte une vérité, une profondeur, sans émotion surfaite ou symbolisme trop appuyé. Le film s'appuie sur une superbe interprétation: aux côtés de seconds rôles comme Louis Garrel ou Vincent Lindon, trois superbes femmes pour trois beaux rôles: Anyier Anei, mannequin d'origine soudanaise, un rôle qui renvoie à son propre destin de vie, superbe en modèle à qui on prédit un bel avenir mais qui doute, Ella Rumpf en maquilleuse qui rêve d'une nouvelle vie, magnifique comédienne, et puis il y a Angelina Jolie: mise à nu comme jamais, à mille lieues de la star glamour habituelle, dans la peau d'un personnage qui évidemment fait écho à son propre vécu douloureux, l'actrice y est superbe de sobriété, bouleversante de pudeur et de sensibilité mêlées. Un beau film -portraits de femmes en cœur et en corps- tragique et lumineux.