J’avais vraiment beaucoup aimé, à part Augustine, tous les films d’Alice Winocour jusqu’ici. Coutures est donc pour moi une première vraie déception. Pourtant, la réalisatrice sait de quoi elle parle puisqu’elle a elle-même été atteinte par la maladie, tout comme son actrice principale dans d’autres circonstances. Mais malheureusement, tout reste en surface.
Plusieurs histoires s’entremêlent sans véritable fil conducteur et le film part un peu dans tous les sens. Même le milieu de la mode, qui aurait pu apporter beaucoup, n’est finalement qu’effleuré. Et surtout, on ne s’attache jamais vraiment aux personnages. Angelina Jolie s’en sort plutôt bien, tout comme l’ensemble du casting, même si on les a tous vus meilleurs ailleurs.
À l’instar de Rebecca Zlotowski avec Jodie Foster l’an passé, j’ai presque l’impression que le fait d’avoir une grande star américaine devant sa caméra finit par bloquer Alice Winocour plutôt que de la stimuler. Au final, une première déception pour moi venant de cette réalisatrice.
Trois femmes participant chacune à différents niveaux à la Fashion Week se croisent et se recousent d’un fil invisible qu’on pourrait nommé sororité. Un film délicat et feutré sur un thème principal dramatique très bien mise en scène comme quand Angelina Jolie apprend la mauvaise nouvelle et que le plan d’après s’attarde sur une couturière qui travaille sur un tissu ressemblant à un linceul. Et puis une œuvre qui utilise un morceau d’Aphex Twin, lors du défilé, ne peut pas être foncièrement mauvais.
Un très beau film qui depeint avec beaucoup de réalisme, de finesse et de poésie le parcours de quatre femmes au plus intime de leur être. Leurs histoires résonnent parfaitement avec celle de la femme d'aujourd'hui.
Le portrait de trois femmes liées au milieu de la mode, le temps de quelques jours. Maxine, une réalisatrice indépendante qui est happée par une machinerie lourde, et découvre qu'elle a de gros soucis de santé. Ada, mannequin fraîchement débarquée d'Afrique, anxieuse à l'idée de sa nouvelle vie. Angèle, maquilleuse à la profession précaire, qui tente de percer avec un roman. Le film d'Alice Wincour a parfois tendance à faire du surplace (de là à dire qu'il est décousu...), tant certaines sous-intrigues ne progressent qu'assez peu. Son propos sur le monde de la mode n'a rien non plus de saisissant, tant d'autres oeuvres ont abordé le sujet. Attention scoop, la mode serait un milieu exigeant, froid, et commercial !!! Pour autant, "Coutures" s'avère touchant avec ces portrait de femmes fragiles. Appuyées par de solides seconds rôles (Vincent Lindon en médecin compatissant, Louis Garrel en directeur photo ténébreux mais gentillet), les actrices principales sont bien dirigées (Angelina Jolie, Anyier Anei, Ella Rumpf). A noter que l'on retrouve aussi pour un petit rôle Garance Marillier, qui jouait les cannibales avec Ella Rumpf dans "Grave". Celle qui a fait parler d'elle est évidemment Angelina Jolie. L'argument commercial du film, l'actrice étant présente sur l'affiche et ostensiblement dans les bandes-annonces. Au-delà de cet aspect, Jolie joue une bonne partie de son rôle en français, un effort à saluer. Et elle fait preuve de beaucoup de vulnérabilité et d'émotions à l'écran. Nul doute que ses soucis de santé à l'écran font écho aux propres problèmes qu'a connus l'actrice dans les années 2010.
Malgré une idée intéressante, le film part dans tous les sens. Le film tourne autour de trop de personnages différents, pourtant reliés, ce qui nous empêche de les découvrir pleinement et ne permet pas d’approfondir leur développement. Certaines scènes sont très mal jouées ce qui fait complètement sortir du film.
Il faut avouer qu’on était très curieux de découvrir Angelina Jolie dans un film tricolore où elle parlerait la langue de Molière. Une œuvre qui se focalise sur les coulisses de la fashion week et prenant pour décor la haute couture et tourné par l’une des cinéastes françaises les plus intéressantes de sa génération, Alice Winocour. Une artiste à qui l’on doit, par exemple, le déchirant « Revoir Paris » avec Virginie Efira sur les attentats du 13 novembre. Avec « Coutures », elle ne livre pas son long-métrage le plus réussi et maîtrisé, c’est indiscutable. Il développe cependant assez de choses intéressantes et contient plusieurs fulgurances visuelles et narratives pour nous satisfaire. On loupe le coche du grand film sur la mode qu’il aurait pu être - et qu’on sent à plusieurs reprises – mais on ne lui en tiendra pas rigueur.
On est loin de la série prestigieuse Apple, « La Maison », sur les coulisses d’une grande maison de mode parisienne lorgnant sur « Dynastie » et encore plus loin d’un film aseptisé et rutilant comme « Le Diable s’habille en Prada » et sa suite, malgré tout le bien que l’on peut penser de ces divertissements grand public. Winocour filme les dessous de la fashion week de manière réaliste, sans fard et sans cliché. Presque de manière triviale, les strass, paillettes, guerres d’égos et postures superficielles étant quasiment absentes, rendant « Coutures » en décalage avec de nombreuses œuvres sur le sujet. Comme si la cinéaste tentait de désacraliser ce microcosme en déjouant la plupart des préjugés que l’on pourrait avoir dessus. Sa mise en scène éthérée et faussement anodine explose lors de la scène finale de l’orage pendant le défilé, aussi sublime visuellement que lourde métaphoriquement.
« Coutures » fait le choix du film choral où plusieurs destinées s’entrechoquent et où l’on passe de l’une à l’autre de manière assez fluide et naturelle. Sauf que, prise séparément, chaque trajectoire est plus intéressante que la somme d’entre elles. Le tout n’est pas homogène et la narration jauge mal ses personnages. Comme si elle se sentait obligée de dérouler le tapis rouge à Angelina Jolie, elle laisse plus de place à la partie avec l’actrice. Et elle a raison tant celle-ci irradie de son talent ici. Ce rôle fait écho à sa propre histoire ce qui rend le tout encore plus bouleversant, l’actrice se met à nu et donne au film ses meilleurs moments. Mais cette hiérarchie dans le montage et le temps d’écran, consciente ou non, entre les quatre différentes trajectoires rend le film bancal. La partie avec la couturière étant étrangement réduite à peau de chagrin. D’autres thématiques sont abordées sans vraiment être creusées et on traverse ce film comme une errance où la mode cristallise aussi la guerre, la maladie ou la création et l’échec. C’est ambitieux et partiellement maîtrisé mais rien que pour la partie avec Angelina Jolie on signe.
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Une histoire intéressante mais qui reste en surface sans développer davantage ses personnages secondaires par exemple. Angelina Jolie est superbe, très touchante avec un super français. Peut-être que le film aurait pu se concentrer uniquement sur le personnage de Maxine, tellement elle était intéressante au lieu de s'éparpiller entre tous ses rôles et finalement ne pas raconter grand chose.
Couture promettait, sur le papier - et comme toujours avec Alice Winocour -, d'être un film sur des organismes heurtés par un choc que les personnages doivent apprendre à métaboliser : une femme, Maxine, réalisatrice de films d'horreur indépendants venue tourner un court-métrage pour accompagner un défilé de la Fashion Week parisienne, apprend en plein tournage qu'elle a un cancer du sein. Autour d'elle, une mannequin sud-soudanaise qui découvre le métier, une maquilleuse qui écrit un roman que personne ne veut publier, une couturière qui termine à la main la robe que portera la nouvelle égérie de la maison.
Le premier choix de Winocour, et le plus lourd de conséquences, est d'opter pour une structure chorale sans hiérarchie : quatre ou cinq lignes narratives qui avancent en parallèle, sans qu'aucune ne prenne jamais le pas sur les autres. Sur le papier, l'idée a une élégance — mimer, dans la forme du récit, la multitude de mains qui façonnent un seul objet sans qu'aucune signature individuelle ne domine. Mais une structure chorale a besoin, pour exister, que les acteurs performent ou que chaque fil ait une tension propre, un poids dramatique qui justifie qu'on le suive. Or ici, la mannequin parle à sa mère au téléphone, s'inquiète d'une cheville foulée, fait la fête ; la maquilleuse va de plateau en plateau, échange des banalités, et téléphone elle-aussi ; la couturière coud, puis coud encore, puis termine de coudre. La caméra passe mais le scénario n'y construit rien.
Ce choix de l'horizontalité s'accompagne d'une neutralité de ton, quasi-documentaire. Ce style a une généalogie noble : c'est l'héritage d'un certain naturalisme français qui se méfie du pathos. Le problème, c'est que ce style suppose un contrat avec le spectateur — on accepte l'absence de relief dramatique parce qu'en échange, on nous promet une densité d'observation, une vérité de détail qui compense l'absence d'intrigue. Or cette densité n'arrive jamais !
Vient alors le cœur du problème, le point où le film avait tout à gagner et où il perd tout : l'arc de la maladie de Maxine. Le diagnostic tombe après un appel de son médecin, en plein tournage, et devrait fonctionner comme une effraction du corps réel dans un univers tout entier voué à la fabrication des apparences — la couture confrontée à une vulnérabilité qu'aucun tissu ne peut habiller. L'idée est belle (si belle qu'on aurait aimé que cette axe traverse davantage l'ensemble des trajectoires). Mais le scénario ne lui donne aucune chair : on ne sait quasiment rien de la réaction spécifique de Maxine, de la texture de sa peur, de ce que ce diagnostic vient fracturer en elle au-delà du fait générique d'être malade.
Il y a, au milieu de cette dilution généralisée, une séquence qui sauve le film : le défilé final, balayé par un orage. C'est, à l'échelle d'une scène, exactement ce que le film aurait dû être à l'échelle de son ensemble : l'irruption de l'incontrôlable (la nature, le corps, la maladie) dans l'espace lisse de la fabrication esthétique. Mais une scène ne fait pas un film, et cette réussite isolée souligne par contraste, plutôt qu'elle ne rachète, la platitude de tout ce qui l'entoure.
Couture avait sous la main tous les matériaux d'un grand film sur la collision entre l'apparence et la chair, entre la fabrication sociale du beau et la vérité de l'être. Il les a laissés en jachère, préférant un éparpillement choral qui n'engage qu'à la dilatation de ses fils.
Avec Coutures, Alice Winocour signe un drame sensible et profondément humain qui prend pour toile de fond l'effervescence de la Fashion Week parisienne. Derrière les lumières des podiums et le faste de la mode, la cinéaste s'intéresse avant tout aux êtres, à leurs blessures et à leur capacité à se reconstruire.
Porté par une distribution remarquable menée par Angelina Jolie, aux côtés d'Ella Rumpf et d'Anyier Anei, le film suit trois femmes que tout semble opposer mais que le destin réunit. Chacune porte ses propres cicatrices, ses espoirs et ses combats, dans un récit qui privilégie l'émotion à la démonstration.
Alice Winocour filme Paris comme un décor à la fois magnifique et fragile, où les apparences masquent souvent des réalités plus complexes. La réalisatrice parvient à transformer cet univers ultra-codifié en un espace d'intimité où émergent des thèmes universels : l'exil, la résilience, la maternité, l'émancipation et la sororité.
L'une des grandes forces de Coutures réside dans la délicatesse de son écriture. Le film évite les effets appuyés pour privilégier les regards, les silences et les gestes. Cette retenue donne une puissance particulière aux émotions qui traversent le récit et permet aux personnages d'exister pleinement.
Visuellement élégant, porté par une mise en scène maîtrisée et des interprétations d'une grande justesse, Coutures dépasse largement le simple cadre du film sur la mode. Il s'agit avant tout d'un portrait de femmes en quête de liberté, un récit de reconstruction et d'espoir qui trouve un écho universel.
Un film lumineux et profondément touchant, où la beauté ne réside pas dans les apparences mais dans la force des liens humains qui se créent lorsque tout semble se déchirer.
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2,5
Publiée le 19 juin 2026
« On passe sa vie à se préparer à ce que les choses arrivent, et c'est ce qu'on n'a pas vu venir qui arrive. » Pour son nouveau film, Alice Winocour utilise la Fashion Week de Paris comme décor pour son une histoire articulée autour de plusieurs femmes. La semaine de la mode avec ses opportunités, ses différents corps de métiers et ses destins croisés. Il y a Maxine Walker, incarnée par une convaincante Angelina Jolie même en français, qui reçoit une mauvaise nouvelle ; Ada qui découvre un nouveau monde après avoir quitté son pays ; et Angèle, une maquilleuse qui espère percer avec ses écrits. Il y a aussi le personnage de Garance Marillier, mais elle apparaît à peine. C'est peut-être le problème de ce récit choral trop limité qui ne développe pas grand-chose. Ces femmes sont au tournant d'une nouvelle vie désirée ou redoutée, et ça s'arrête là. C'est frustrant, car il y a des thèmes intéressants et un casting formidable, mais la réalisatrice ne les utilise pas. Bref, je suis resté sur ma faim.
Après "Revoir Paris", qui confirmait toute sa sensibilité de cinéaste, Alice Winocour revient avec "Coutures", un drame choral situé dans l’univers agité et artificiel de la Fashion Week parisienne. Le film suit trois trajectoires qui vont progressivement se croiser. Maxine (Angelina Jolie), réalisatrice américaine installée à Paris, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Ada (Anyier Anei), jeune mannequin sud-soudanaise de 18 ans, porte sur ses épaules sa famille restée au pays. Enfin Angèle (Ella Rumpf), maquilleuse discrète, rêve secrètement de devenir écrivaine. Trois femmes très différentes réunies par une même fatigue du monde et un besoin de réinventer leur vie. Alice Winocour filme aussi bien les coulisses de la mode que les visages fatigués, les silences ou les moments d’attente. Mais à vouloir raconter trop de choses à la fois, "Coutures" finit par ne faire qu’effleurer chacun de ses sujets. Le cancer, l’exil, la précarité des mannequins, les rêves artistiques empêchés, la solidarité féminine… autant de pistes passionnantes qui restent souvent sous-développées. On sent constamment un projet très ambitieux, mais qui manque de temps pour réellement approfondir ses personnages.
J'en ai savouré chaque minute au point de revisionner certains plans plusieurs fois. Souvent filmé comme un reportage cette façon dépouillée de filmer peut décontenancer certains. Impératif il faut aimer le milieu de la mode, se glisser au milieu des mannequins, assister à la confection d'une robe quel plaisir! Tout en assistant au tournage d'un film. Reprendre une part de ce met sucré en retrouvant Angélina Jolie qui n'a rien perdu de sa superbe. Et pour couronner le tout se laisser émouvoir par ces filles et les destins tourmentés qu'elles affrontent avec la force et la fragilité, ce cocktail éminemment féminin, qui les caractérisent… spoiler: Comment de surcroît ne pas être touché par ce qui arrive au personnage d'Angelina Jolie elle qui a dû subir deux mastectomies préventives?!
J'ai bien aimé la sensibilité à fleur de peau d'Angelina Jolie.
Voir l'envers du décors de la mode, un univers cosmopolite où se croisent des parcours très différents était intéressant. Chacun là pour ses raisons, parfois l'argent, la gloire mais aussi la survie. On aperçoit aussi tous les métiers derrière le fast qu'on voit d'habitude, l'insécurité et la précarité des intermittents du spectacle.
La question du cancer est abordée à travers le moment du diagnostic et son accueil, un angle intime et humain qui apporte de la gravité au récit.
En revanche, le contraste entre des acteurs de grand talent et d’autres plus inégaux m’a parfois sortie du film. Je n’ai pas non plus été totalement convaincue par certaines séquences, notamment celle du défilé.
Un film sensible et intéressant dans son propos, malgré quelques déséquilibres.
Pour son cinquième long-métrage, la réalisatrice Alice Winocour nous offre une plongée dans le milieu de la haute-couture parisienne, à travers le destin parallèle de trois femmes – dont l’une d’entre elles est incarnée par Angelina Jolie, excusez du peu – et avec le soutien bienveillant de la maison Chanel. Si la représentation de cet univers international, hors sol, avec ses propres règles, relève d'une expérimentation plutôt réussie, le film charrie de nombreuses fragilités. Et en premier lieu la présence d’Angelina Jolie, qui constitue la force et la faiblesse du long-métrage : son personnage est peu crédible, et vaut surtout pour la curiosité d'observer une star américaine jouer en français aux côtés de comédiens hexagonaux.