Sarah, Jessica, et Chanel, trois amies natives de la banlieue parisienne rêvent d'ouvrir leur propre bar à ongles. En quête d'argent, elles acceptent une mission risquée. Se rendre dans une île des Caraïbes et servir de mules pour des trafiquants de drogue. Qu'elles profitent nos trois petites nanas, parce que la belle vie sur la plage et sous les cocotiers ne pas durer. Pour des badasses, elle ont déjà la parole. Elles ont un vrai langage de racaille, avec des « ho !frères », des « Hé, gros ! », provocatrices, vulgaires, agressives, souvent dans la moquerie, même entre elles, elles insultent la langue française. Comme si on voulait nous montrer que le fossé qui sépare les bobos parisiens et les jeunes des banlieues, rien qu'en s'exprimant, s'agrandit encore. Bon, elles parlent comme ça, on va s'y faire.
Elles y étaient presque quand à l'aéroport un chien renifleur repère Jessica qui subitement disparaît des radars. Il paraît que c'est comme ça ici, les gens disparaissent surtout les touristes qui jouent à sortir des sentier battus. Les deux copines en voulant retrouver leur amie vont entrer dans l'enfer du décors. Les quartiers pauvres, les gangs, le cartel, la corruption omniprésente, le marché de la drogue, des paris et du sexe, la fange et les bas-fonds de cette petite île qu'on présente comme paradisiaque sur les alléchants prospectus. Un milieu brut où la pitié n'a pas sa place, elles deviennent de vraies tueuses. Inspiré de faits bien réels, la réalisatrice nous livre un film percutant, coloré et corsé en proposant une œuvre aux résonances sociales fortes, la vulnérabilité de certaines catégories de population face aux réseaux criminels. Zoé Marchal et Fadily forment un duo violent, drôle parfois et émouvant. Un film qui choque et bouscule un peu le cinéma d'action, parce que les personnages principaux sont des femmes, qui n'ont rien à envier à leurs pendants masculins. Ma note sera de 2,84 sur 5 parce que j'ai été à la fois surpris par des actrices investies et déçu par un scénario qui aurait demandé plus de profondeur. Mais comme qui dirait l'autre la critique est facile …