Premier film que je vois de Nakache et Toledano, et franchement j’aurais dû m’y mettre plus tôt.
Juste une illusion m’a complètement emmené. On est en 1985, Vincent a presque 13 ans, il vit en banlieue ouest de Paris, entre un frère un peu distant, des parents qui s’aiment et se claquent la porte à tour de rôle, et cette sensation floue d’être déjà plus un gamin sans être encore un adulte. Sa bar-mitsvah approche, les premières envies aussi, les questions sur qui il est, sur la religion, sur les potes, sur tout ce qui change autour de lui. Et le film arrive à coller exactement à ce moment-là, sans jamais forcer le trait.
Ce que j’ai adoré, c’est la tendresse. Pas la tendresse mièvre, la vraie. Celle qui laisse de la place aux disputes, aux silences gênants, aux mensonges bien intentionnés du père (Louis Garrel est excellent, un peu perdu, un peu pathétique, très juste), à la mère qui essaie de tenir le coup (Camille Cottin, toujours aussi juste). Le jeune Simon Boublil porte le film avec une présence bizarrement naturelle. On le suit et on se souvient, même si on n’a pas grandi dans les années 80, de ce flou de l’adolescence où tout paraît à la fois immense et fragile.
Il y a de la nostalgie, oui, les vêtements, la musique, les vidéoclubs, SOS Racisme… Mais ça ne tombe jamais dans le simple "c’était mieux avant". Le film regarde cette époque avec affection et lucide à la fois. On rit souvent, on a le cœur un peu serré aussi, et on en sort avec cette impression d’avoir passé deux heures dans la tête d’un gamin qui découvre que le monde des adultes est plus bruyant et plus compliqué qu’il ne l’imaginait.
Pas parfait (quelques longueurs par moments, et le côté "on se souvient tous de notre adolescence" peut parfois frôler le déjà-vu), mais tellement juste et chaleureux que je mets un solide 4/5. Et maintenant j’ai vraiment envie de rattraper le reste de leur filmographie.