Tap-Tap-Tap-Tap-Tap-Tap-Tap-Tap-Tap...TAP...TAP...TAP !!! Scritchhhh (bruit de rideaux). Voici que s'avance la comédie romantique Avignon, clamant bien fort (il faut que la voix porte jusqu'au dernier rang) son amour pour le théâtre classique, le vaudeville (les pièces comiques sans prétention), le théâtre de rue, et aussi les performances artistiques diverses (danses, happenings, musiques...). Bien davantage que son histoire d'amour entre celui qui se prétend être un autre pour séduire sa Belle (une histoire ultra clichée, dont on connaît les mécanismes par cœur), la passion qui nous intéresse dans Avignon, c'est celle qui regarde l'Art avec l'enthousiasme, la frénésie, la décomplexion du Festival de Théâtre d'Avignon. Pas question de regarder de haut les pièces de mœurs avec des décors en carton et des situations comiques grossières, car si l'on a bien écouté dans le film Yannick (Quentin Dupieux), c'est tout aussi nécessaire que les textes classiques intemporels. Alors, comment ne pas tomber amoureux, nous aussi, de cette petite troupe d'acteurs tous plus dingues et cabossés les uns que les autres (Alison Wheeler, celle qu'on a connu dans les chroniques du Quotidien, nous a épaté avec un personnage ultra attachant, idem Lyes Salem est touchant avec son personnage de bon gars qui essaie juste de sortir la tête de l'eau, Rudy Milstein est hilarant dans le rôle de son neveu qui se révèle grande gueule tout d'un coup, et notre préférée : Constance Carrelet, au personnage tellement perché qu'on adorerait vivre dans son monde). On suit la troupe avec envie, bien plus que l'histoire plus convenue et prévisible (bien que réussie) des tourtereaux en tête d'affiche, et l'on n'est pas déçu de sa séance feel-good. Les rues de cette ville n'auront jamais été filmées aussi vivantes, palpitantes, et cela donne furieusement envie de faire un saut dans ce Festival ! A défaut, offrez-vous un petit théâtre-boulevard, un peu comme cette comédie, cela ne paye pas de mine, ne cherche pas à voler haut, mais cela fait un bien fou.