Quand je suis sorti du visionnage ďAvignon, j’ai eu ce sentiment doux-amer de quelqu’un qui a passé un bon moment… mais qui en attendait peut-être un petit peu plus. Le film de Johann Dionnet est une comédie chaleureuse, un portrait de troupe et d’un microcosme théâtral qui m’a souvent fait sourire, mais qui ne m’a pas toujours surpris.
Dès les premières minutes, on sent l’amour du réalisateur pour la ville et pour son univers. Le Festival d’Avignon devient un personnage à part entière : ses ruelles, son effervescence, ses tensions entre théâtre populaire et théâtre dit "sérieux" (tout est là, filmé avec tendresse et malice). Cette immersion réussie est incontestablement l’un des points forts du film.
Sur le plan des personnages, j’ai été touché par leur humanité. Stéphane, incarné par Baptiste Lecaplain, porte avec sincérité ce quiproquo qu’il entretient pour séduire Fanny, et cela donne lieu à des instants à la fois drôles et émouvants. Les seconds rôles et la troupe dans son ensemble apportent un charme collectif qui fait plus d’une fois décrocher un rire ou un sourire.
Pourtant, malgré ces qualités évidentes, Avignon m’a parfois paru trop classique dans sa structure narrative : on reconnaît facilement les ressorts de la comédie romantique et du vaudeville, et le rythme ne frappe pas toujours là où on l’attend. C’est plaisant, mais ça n’embrasse jamais pleinement l’ambition de dépasser ces cadres.
En somme, Avignon est une comédie humaine et bienveillante, portée par un cadre unique et des personnages attachants. Elle ne révolutionne pas le genre, mais elle a ce petit quelque chose de sincère qui la rend agréable à suivre. À mes yeux, un 3,5/5 bien mérité : un film charmant, parfois tendre, parfois drôle, parfait pour une ambiance estivale (même si je l’ai découvert en hiver), même si j’aurais aimé qu’il aille un peu plus loin.