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Marc G
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3,5
Publiée le 5 novembre 2025
Un voyage épique au cœur du calvaire palestinien, qui retrace avec maestria et dissèque avec minutie un traumatisme intergénérationnel complexe et multifactoriel. Dès les premières pages, dans un climat d'action et d'angoisse palpitantes qui laisse une question lancinante en suspens, nous sommes plongés (et emportés) d'emblée dans une histoire de souffrance lancinante et d'un sentiment récurrent d'impuissance. Divisé en quatre chapitres – la vague de violence de la Nakba en 1948 ; la consolidation d'un nouveau statu quo en Cisjordanie en 1978 ; le déclenchement de la Première Intifada en 1988 ; et le présent cinématographique de 2022 –, le bouleversant « Tout ce qui reste de toi » de Cherien Dabis fait de nous à la fois témoins et acteurs d'une perte insondable et irréparable. Pourtant, Dabis résiste à la facilité du sentimentalisme, préférant tisser une étude de personnages labyrinthique, dissimulant une série de conflits souterrains et catastrophiques au sein même des liens familiaux. Dans un final au rythme méticuleux et pourtant poignant, qui laisse un goût amer de rapatriement inachevé et de déracinement existentiel, la vie et l'espoir apparaissent comme le seul rempart contre l'inhumanité et la déshumanisation. — Source : Festival international du film de Thessalonique
Mais quel film magnifique !! Ce que j'ai le plus préféré a été le scénario, c'est fin, les émotions sont fortes et placées là où il faut c'est très bien écrit. Surtout par le fait de faire durer une intrigue forte longtemps pendant plusieurs scènes ça marche tellement bien. Et quand j'ai appris que la réalisatrice Cherien Dabis a réalisé mais aussi joue dans le rôle de Hanan nan mais là mon estime de ce film a doublé. Sans oublier l'image qui est magnifique, le jeu d'acteur qui nous happe directement au coeur. Ça m'a fait réalisé encore plus la souffrance des Palestiniens qui est horrible et injuste. C'est un film important.
Je ne savais pas que les palestiniens avaient été virés de cette façon en 1948. D'autre part, la problématique du don d'organes est bien posé. Sacrée question à réfléchir de son côté. Et la famille est sensationnelle. La guerre et le comportement des vainqueurs est primordial car les enfants retiennent tout avant de devenir des adultes.
Comment raconter aujourd’hui l’histoire d’un clan intimement liée à la grande Histoire du pays qui l’a vu vivre ? Que son origine remonte assez loin, un peu après la seconde guerre mondiale, et que sur votre terre, une autre guerre commence. Enfant, Cherien Dabis se souvient de l’exode du peuple palestinien et des années à vivre , réfugiés, entre la révolte des plus jeunes et la résignation de leurs parents. Ce portrait familial interroge la relation entre trois générations qui du grand-père au père, accordent au gamin devenu jeune homme , une sorte d’indépendance, un droit à l’autonomie. Une issue fatale que la réalisatrice dénonce face à l’assoupissement progressif du monde, dit-elle. Comment peut-on vivre quand le passé vit encore dans le présent ? Comment guérir d’un traumatisme nié, mais qui perdure ? Si le récit s’attèle à la documentation historique et à la mémoire familiale, la fin tragique nous ramène tout aussi tragiquement à la situation actuelle . Gaza, Jaffa, Naplouse , ces villes dont on entend parler dans cette fresque et dont on parle encore aujourd’hui pour le peu qu’elles tiennent encore debout …
Très intéressante réalisation de et avec Cherien Dabis que cette immense Fresque , Politique , s'étendant sur soixante-quinze ans d’histoire Palestinienne à travers le destin tragique d’une famille originaire de Jaffa dans un récit dense et puissant !
Un chef d'oeuvre rien de moins ! Une si belle et douloureuse fresque familiale animée par de fantastiques acteurs, une bande-son sublime. Un film à voir absolument !
Un film édifiant sur les bouleversements de la Palestine, une saga familiale terriblement éprouvante et déchirante. Les interprètes sont tous magnifiques. À l’heure où Israël poursuit la colonisation des terres palestiniennes, on réalise à quel point la paix est un doux rêve…
Fresque romanesque sur trois générations d’une famille palestinienne de 1948 à nos jours. L’histoire d’une vie heureuse puis de la guerre et de l’oppression avant de finir par l’exil. Un film un peu trop académique mais avec une idée scénaristique excellente qui nous conduit avec émotion sur le chemin de la résilience. Et peut-être de l’espoir même si l’actualité nous montre tous les jours qu’il est difficile d’en avoir.
Cherien Debbis avait été remarquée il y a près de vingt ans avec son premier film très réussi « Amerrika » qui parlait d’une palestinienne rejoignant sa famille au fin fond de l’Amérique. Trois ans plus tard, elle a signé « May in the summer » et depuis plus rien. En tout cas sur le grand écran puisqu’elle est en revanche devenue une réalisatrice et créatrice de séries très prolifique depuis quinze ans (« The Sinner », « Empire », ...). Probablement impactée par la situation dans son pays, la Palestine, depuis le 7 octobre 2023, elle a décidé de réaliser un film sur lui. Une grande fresque qui s’étale sur près de quatre-vingt ans et qui entend encapsuler la petite histoire (celle d’une famille palestinienne) dans la grande (celle du pays). « Ce qu’il reste de nous » sera même le film qui représentera la Jordanie dans la course aux Oscars puisque le film a été produit principalement avec des fonds de ce pays voisin.
Déjà il faut louer la direction artistique de toute beauté de la cinéaste (qui joue aussi l’un des rôles principaux). « Ce qu’il reste de nous » est une œuvre ambitieuse par ce qu’elle entend raconter mais elle a le mérite aussi d’être très réussie formellement. Le film est mis en scène avec beaucoup de soin, presque raffiné même, dans la lignée des grandes épopées tragiques et romanesques telle que « Le Patient anglais », toutes proportions gardées. La photographie sépia, le détail apporté aux décors malgré ce que l’on suppose un budget réduit et quelques plans de toute beauté comme celui final devant le coucher de soleil à Jaffa montrent une cinéaste qui a du goût et qui s’est donné les moyens pour que son film soit aussi intéressant qu’agréable à regarder. Pareillement, la distribution dont elle fait partie est parfaitement dirigée, chaque comédien à chaque âge étant adéquat et bon acteur.
On ne voit pas vraiment les deux heures et demie passer, emporter par l’histoire de cette famille dont l’occupation par le Royaume-Uni puis par Israël va bouleverser l’équilibre et la vie tout entière. La répartition sur les quatre époques traitées est bien dosée car aucune n’est moins intéressante ou réussie que les autres. « Ce qu’il reste de nous » est donc autant une tragédie familiale qu’une fresque historique durant laquelle trois événements charnières vont être les vecteurs dramatiques et politiques du film. Parfois un tantinet manichéen pour dénoncer le colon israélien (la scène de l’humiliation avec les soldats), le film n’est pas pour autant schématique, binaire ou caricatural. Il nous fait cependant prendre conscience de l’horreur et du stress chronique que vivent la Palestine et ses habitants depuis bientôt un siècle, sans en rajouter dans la kabbale contre le sionisme et pour se concentrer sur le destin de cette famille brisée.
Un autre sujet va intervenir dans la dernière partie qui donne l’impression que le script fait un pas de côté ou recule. Pas inintéressant, au contraire, mais faisant prendre à l’intrigue une tournure inattendue au détriment de la note d’intention. On n’en dira pas plus mais Debbis semble plus à l’aise pour prendre le pouls d’une famille brisée par l’état de la Palestine qui impacte ses membres que par un quelconque souffle politique ou contestataire. On regrette aussi que malgré tous les éléments mis en branle, le souffle romanesque important dans ce type de longs-métrages est aux abonnés absents et qu’hormis quelques instants fugaces, l’émotion soit plutôt rare. « Ce qu’il reste de nous » est une œuvre maitrisée sur bien des points mais il lui manque ce petit plus et un regard plus pertinent et pointilleux sur l’histoire de la Palestine pour atteindre les sommets.
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La mise en scène est classique mais efficace et le récit touchant, intelligent et important. Quelques longueurs font jour dans la derniere partie mais l'ensemble reste remarquable.
Superbe saga familiale et historique.. Sans haine on suit cette famille palestinienne sur 80 années de leurs vies sur une terre tant aimée et prise. Superbes acteurs.
La grande histoire est en arrière-plan (1948, 1978, 1988 et 2022), laissant place à l’histoire au long cours d’une famille palestinienne. Ce parti scénaristique permet de ressentir ce que peuvent vivre les palestiniens depuis la première guerre israélo-palestinienne.
C'est un récit « raconté » par Cherien Dabis - la réalisatrice elle-même, dans le rôle d'une mère courage qui traverse des épreuves familiales et sociales douloureuses (plusieurs sont inspirées d'anecdotes de la famille de la réalisatrice), jusqu'à l'exil comme 6 millions de palestiniens jusqu'à ce jour. Quel jeu d’acteur, le film vaut d’être regardé rien que pour elle ! Son regard laisse filtrer tous les sentiments de l’âme humaine, de la peur à la colère, de la souffrance à l’espoir. Incarnation de dignité et de résilience, elle porte même un message de paix dans un retournement de situation inattendu, une proposition presque provocante à certains égards.
Il y a une longueur aux deux tiers du film, qui ne saurait entacher ce presque chef d'œuvre aux multiples qualités : l’étoffe du scénario, une construction habile, un point de vue sur l’histoire longtemps passé sous silence, la profondeur du propos, la mise en scène sublime, des acteurs habités.
Très beau film, très émouvant. L'histoire est pour une fois racontée par des personnages qui habituellement n'ont pas voix au chapître. Il y a donc fort à parier que ce film ne sera pas diffusée à la télévision. Trop dérangeant quoique modéré dans son propos.
Bouleversant d'humanité, la dignité des palestiniens est préservée, le récit est claire. Et le film fera parler encore dans 20 ans. Si la vérité s'envole les films eux laisse une trace d'HIstoire.