Une cheffe de rayon normande, fille d'agriculteurs, propulsée dans les tranchées parisiennes des centrales d'achat. Le décor est planté, le combat annoncé. Anthony Dechaux connaît son affaire : les négociations y sont filmées comme des duels, la tension monte par couches, et le film instruit autant qu'il captive. Un terrain peu exploré au cinéma, rendu ici avec une rigueur quasi documentaire. Mais là où "La Guerre des prix" accroche vraiment, c'est dans l'étau qui se resserre entre Ana Girardot et Olivier Gourmet, magnétique en prédateur courtois. Leur rapport, lui, sonne juste. Les autres relations d'Audrey peinent davantage à convaincre, trop construites pour paraître naturelles. Anthony Dechaux aurait eu intérêt à tout miser sur ce duo, qui porte à lui seul les scènes les plus intenses. Un premier long solide, mais dont la force dramatique reste en deçà de ce qu'elle promettait.
Le film présente de façon très réaliste les échanges entre la grande distribution et les industriels de l'agroalimentaire... et du coup il fait peur. C'est surtout parce qu'il est très bien joué par Ana Girardot et Olivier Gourmet qui sont excellents. Un très grand bravo à Anthony Dechaux qui signe un très bon premier film qui en appellera d'autres j'en suis certain.
La description des négociations réalisées par les centrales d'achat est tellement conforme à la triste réalité, le rapport de force déséquilibré des 5 grands acheteurs face aux 400 000 agriculteurs est une réalité, la cruauté de ce mon de requins que même l'état ne peut réguler nous enlève nos dernières illusions. Les personnages sont justes, attachants, complexes, avec leurs failles, leurs convictions, leurs obsessions. A ne surtout pas manquer si vous avez aimé Goliath ou la loi du marché.
Pas mal, notamment Ana Girardot et Olivier Gourmet très bons dans leurs rôles. Toutefois, le spectateur tenu en haleine peut être déçu d'une trame qui manque un peu de rebondissements, d'action...comme si l'idée de départ du film aurait pu être davantage exploitée sur le plan scénaristique
Un film qui questionne… Bien joué avec des acteurs solides et serieux Tellement vrai et déprimant Malgré finalement un scénario un tout petit peu fragilisé par la situation éthiquement discutable de la protagoniste
Que se passe t'il avant qu'un produit se retrouve dans les rayons de la grande distribution et pourquoi certaines marques sont sponsorisées et mises en valeur plus que d'autres, le film même si c'est une fiction nous éclaire et nous alarme sur le mécanisme et les rouages des négociations impitoyables qui peuvent avoir lieu en sourdine quand chacun essaie de tirer la couverture à soi, alors qui sera le perdant au final ?
Voilà un film dans la veine de celui de Stéphane Brizé, « En guerre » (2018), avec qui il partage un mot du titre, décrivant un état de guerre, économique (toujours plus de profits), entre la grande distribution et l’agro-alimentaire, sous prétexte de préserver le pouvoir d’achat du consommateur. Un monde de la jungle où les plus faibles sont éliminés (spoiler: cf. le « code noir », signifiant le déréférencement total d’une entreprise qui ne se soumet pas lors de la négociation annuelle, dans une pièce aveugle et surchauffée ). Outre le côté documentaire sur les négociations entre industriels de l’agro-alimentaire et grande distribution (au management toxique), filmé comme un thriller, il s’agit bien d’un film politique, dénonçant, pêlemêle, la grande distribution (ici, la société familiale Derval), l’agro-alimentaire, le personnel politique (soufflant le chaud et le froid, avec les contrôles de la répression des fraudes pour désamorcer le mécontentement agricole dû aux produits sous-payés) et les médias, où tout le monde se connait, les dirigeants ayant fréquenté les mêmes écoles et participant à un jeu de rôle grandeur nature et à un poker, brutal et cynique. Olivier Gourmet (66 ans), dans son rôle de Bruno Fournier, acheteur Derval et propriétaire de 2 supermarchés (en région nantaise) est, comme d’habitude, excellent : il est sans illusions sur le monde qu’il côtoie : « A la fin, c’est toujours une question d’argent ». Le film traite aussi, du monde paysan, de plus en plus représenté au cinéma depuis quelques années, à travers la ferme laitière de 72 vaches Normandes (tournage en Seine-Maritime, en hiver) de Ronan Dumont (vivant avec une infirmière) et dont la sœur, Audrey (Ana Girardot, 38 ans) a préféré travailler dans la grande distribution (d’abord, comme chef de rayon laitier puis à la centrale d’achat), et de relations familiales où, malgré des dissentions, la solidarité demeure. Le film décrit le dilemme d’Audrey qui souhaite développer les petits producteurs laitiers locaux et Bio, et faire ses preuves comme acheteuse. Cela évoque « Anti-squat » (2023) de Nicolas Sihol, spoiler: où Inès (Louise Bourgoin), ancienne agent immobilier au chômage, menacée d’expulsion, acceptait un rôle de « kapo » (« resident manager » en novlangue dans le film), pour gérer des résidents illégaux, constituant un simple rouage et une courroie de transmission d’une machine à broyer . Enfin, à signaler la superbe musique de Benjamin Grossmann, en adéquation avec les scènes où elle est présente.
« L’homme est un loup pour l’homme » de Th. Hobbes . Cette citation traduit parfaitement ce drame socio-économique développé dans ce film de très bonne facture. J’aurais préféré un montage un peu plus nerveux.
Ici, les promotions ne font pas de cadeaux et les convictions coûtent parfois très cher ! Une cheffe de rayon issue du monde agricole se retrouve propulsée au sommet de la grande distribution et tente de défendre le bio qu'elle connaît excellemment bien face à une machine économique redoutable. Parviendra t-elle à influencer la partie ? Ce drame propose une immersion crédible et réussie dans les coulisses d'un univers finalement assez rarement montré au cinéma. Le tandem antinomique Ana Girardot / Olivier Gourmet fonctionne très bien dans cette plongée au coeur des tractations impitoyables entre distributeurs et industriels. Les enjeux sociaux et économiques donnent du relief au récit et permettent à l'ensemble de rester prenant, grâce également à une mise en scène sobre et une tension bien dosée. Une oeuvre contemporaine engagée et sincère assez bien maîtrisée. Site CINEMADOURG . free . fr
Sujet très original façon thriller qui montre comment la guerre des prix impacte toute l'économie et notamment les petites pme. Mention spéciale pour Ana Girardot et Olivier Gourmet qui arrivent à mettre de la tension dans cette histoire. Petit reproche : peut être un peu trop manouche. Les méchant sont très très méchants et les gentils très très gentils.
Avec La Guerre des Prix, Anthony Déchaux offre, pour son premier long-métrage, un thriller paranoïaque sur les coulisses de l’industrie agroalimentaire toute puissante. Il s’intéresse plus particulièrement aux centrales d’achats de la grande distribution, un milieu énigmatique, presque secret-défense, dépeint ici comme anxiogène et effrayant de déshumanisation.
Si le film est un poil timide, en particulier sur la forme qui n’embrasse jamais totalement son ambition de tendre vers le cinéma de genre, il a le mérite de lever le voile sur ce monde opaque en explorant les mécaniques de négociation au coeur de cette “guerre des prix” permanente entre producteurs et consommateurs. Et finalement il se demande quelles places peuvent encore avoir les valeurs dans un système aussi cynique, aux logiques presque mafieuses ? Un système qui semble impossible à changer, même de l’intérieur, tant la loi du marché est impitoyable, car : « À la fin, c’est toujours une question d’argent. »
Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas passé un aussi bon moment au cinéma. La justesse des acteurs est impressionnante. Sujet d’actualité en comprend les rouages de la grande distribution et de leur centrale d’achat ainsi que de la relation qu’ils peuvent avoir avec les fabricants… Un monde impitoyable !
Vraiment un excellent film sur le jeu du pouvoir de la grande distri, et ses rapports avec le monde agricole, haletant comme un polar, avec un formidable ensemble d acteurs. Tous 1ers roles comme les seconds sont tres bons. Vraimenr a voir a tout prix.