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Fiers R.
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3,0
Publiée le 7 août 2026
Rien que le titre de ce film pourrait faire penser à l’accroche d’un article de journal sur les pratiques ayant court au sein de certaines entités commerciales. À la limite du non-avenant, surtout que la lecture du synopsis confirme que ce sera bien le sujet de « La guerre des prix ». Long-métrage qui n’est donc pas un film de pur divertissement mais davantage une œuvre à forte connotation sociale et, ici, économique. Pour son premier film, Anthony Decheaux ne cherche donc pas forcément à brosser le public dans le sens du poil. Le suspense entretenu ici se joue dans de petites salles ternes entre gros distributeurs (ici le personnage principal travaille pour une grande enseigne qui pourrait être Carrefour), marques installées et petits producteurs et éleveurs. Et le long-métrage entend aussi bien ausculter la grande distribution que le monde paysan et les petits producteurs en les opposant.
La bonne idée de l’intrigue est de montrer que cette guerre des prix est à la base mise en branle pour permettre au consommateur de payer le moins cher possible mais qu’elle se fait au détriment de pas mal de choses, que ce soit la qualité, la marges des producteurs et les conditions de survie des éleveurs (ici on est dans les produits laitiers). Le script est efficace, concis et particulièrement instructif sur les pratiques des uns et des autres. On entre dans les coulisses des négociations entre les différentes forces en présence. À ce niveau, c’est particulièrement intéressant, on apprend des choses. Le choix de traiter tout cela presque comme dans un film d’espionnage ou un thriller d’investigation est plutôt concluant. C’est tendu, sombre et parfois anxiogène et « La guerre des prix » a le don de montrer sans fard les magouilles de ces multinationales tout comme l’agonie de certaines acteurs plus petits du secteur, pris à la gorge.
Les acteurs sont excellents. Ana Girardot s’en sort avec les honneurs d’un rôle d’oie blanche aux contours plus nuancés qu’imaginés. Olivier Gourmet est royal en négociateur rustre et sans scrupule. Mais les seconds rôles campés par la trop rare Aurélia Petit, Jonas Blanquet ou encore Julien Frison ne déméritent pas. On pourra rechigner sur une esthétique très froide, avec filtres gris et bleus à foison et des décors déshumanisés à l’extrême. On ne doute pas que ce milieu soit aseptisé et clinique mais Decheaux a peut-être eu un peu la main lourde, rendant « La guerre des prix » très glacial dans son esthétique. Il ne parvient pas toujours non plus à rendre un sujet parfois rébarbatif totalement passionnant. Il y a un manque de vulgarisation sur certains aspects même s’il nous ouvre les portes des coulisses d’un milieu méconnu paradoxalement connu de nous tous. Mais le moins pertinent demeure sans conteste la peinture du milieu agricole et paysan qui souffre de la comparaison avec d’autres films sortis avant comme, au hasard, « Petit paysan ». Ce qui prouve que « La guerre des prix » aurait dû se focaliser sur la grande distribution. Efficace et documenté mais pas toujours aussi captivant et maîtrisé qu’attendu.
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Magnifique interprétation, en particulier d'Olivier GOURMET qui arrive a tenir un rôle difficile, glaciale et impitoyable comme négociateur sans état d'âme de la grande distribution. Un rôle magistrale. Un film qui arrive à nous captiver du début à la fin et qui aurait certainement mérité une meilleure diffusion dans les salles et plus de publicité. Mais peut être qu'un film au allure de polar social peut déranger les plus puissant en coulisse ... Un film intelligent à voir et à revoir.
Ce film n'a de thriller que son étiquette. Le scénario est beaucoup trop imprécis pour espérer instaurer une quelconque tension ou montée en puissance. On se retrouve surtout face à des dialogues caricaturaux et des scènes artificielles, portées par un casting qui ne semble lui-même pas convaincu par ce qu'il joue.
« Est-ce qu’on peut changer un système aussi grand de l’intérieur avant qu’il ne nous change ? » Plongez dans la guerre des prix du lait, entre industriels et producteurs locaux, à travers le regard de quelqu’un qui se bat pour plus d’équité.C’est une fiction, avec une dimension thriller, qui permet de rendre accessibles à un large public des problématiques profondément actuelles.
Olivier Gourmet est l'un des plus grands acteurs actuellement et il aurait eu sa place aux côtés de grands acteurs aujourd'hui disparus.
Girardot est juste dans son rôle même si on peine à croire que son personnage s'embourbe à ce point, ce sont les facilités scénaristiques comme sa liaison.
Il n'en demeure pas moins un très bon film qui nous tient en haleine, le suspense bat son plein et la tension est présente. Petite pépite, méconnue ? Qui gagne à être connue.
"La Guerre des prix" réussit le pari de transformer un univers que l'on imagine austère en un véritable thriller. Anthony Dechaux plonge le spectateur au cœur des centrales d'achat de la grande distribution, un monde largement méconnu où chaque négociation devient un rapport de force dont les conséquences dépassent largement les murs des salles de réunion. Audrey, cheffe de rayon issue d'une famille d'agriculteurs, est propulsée à la centrale d'achat de son enseigne pour défendre les filières bio et locales. Très vite, elle découvre un système où les convictions se heurtent à une logique implacable : celle des prix toujours plus bas. Derrière les portes closes des box de négociation, les commerciaux s'affrontent sans état d'âme et chaque centime arraché peut mettre en péril l'équilibre économique d'un producteur. Les négociations sont filmés comme de véritables duels. Cette mise en scène tendue donne au film une intensité constante. On découvre avec avec effroi les mécanismes qui déterminent le prix des produits de notre quotidien. Ce qui glace le plus, c'est précisément ce réalisme. Peu importe les difficultés des agriculteurs, les mauvaises récoltes ou les conséquences humaines, seul semble compter l'objectif de réduire encore les coûts. Un thriller social aussi passionnant qu'inquiétant.
Cynique, édifiant et déprimant. on le suppose ou on le sait, la concurrence entre les grands surfaces font les premières victime chez nos agriculteurs qui bossent comme des dingues, ne prennent jamais de vacances et sont pris dans un étau qui les étouffe. Ils finissent donc par vendre à perte et perdent de l'argent Du producteur au distributeur, la négociation a des allures de David contre Goliath, sauf que Goliath triomphe toujours à l'inverse de la parabole. Même si le trait est parfois grossi pour les besoins du scénario, la réalité est bien là et nous sommes en grande partie responsables, dépendant du montant de notre Caddie. Achetons français et respect à ceux qui nous nourrissent...
Le sujet est intéressant et certains dialogues font mouche. Les personnages sont sympathiques sans être particulièrement mémorables, et le rythme connaît quelques baisses. Un film agréable, mais qui manque d'audace pour laisser une véritable empreinte.
Un bon film sur les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs. Cependant malgré une idée très intéressante, les mauvais dialogues, et parfois mauvais jeux des acteurs, cassent un peu le réalisme du film. Le film reste tout de même prenant.
Un thriller social qui tient en haleine, mais ça reste très conventionnel, c'est le bras de fer de l'écologie contre un patron véreux. Je suis déçu par la fin abrupte, ça méritait bien plus de développement qu'une fin évasive au bout d'1h36. J'ai eu du mal à comprendre certaines décisions d'Audrey, elle a des convictions écologiques, et malgré tout parfois des élans de cynisme et de cruauté, c'est vraiment bizarre. Il y a bien mieux dans le genre et notamment Gourou avec Pierre Niney.
« Manger bio. Manger local. Manger mieux. » C’est le genre de slogan publicitaire qui s’affiche un peu partout, jusqu’aux étiquettes collées sur nos courses de la semaine. Mais un personnage du film résume la chose avec un cynisme presque désarmant : « À la fin, c’est toujours une question d’argent. » Et c’est dans cette urgence tarifaire, au siège d’une grande enseigne, qu’Anthony Dechaux nous emmène avec Ana Girardot et Olivier Gourmet. La Guerre des prix est un premier long-métrage très juste, et un thriller tout en nuances sur les rouages d’un système hostile envers les agriculteurs, mais qui oublie parfois d’appliquer la même exigence d’écriture à ses personnages, trop souvent réduits à être de simples porte-voix.
"Pour entrer progressivement dans cet autre monde, la caméra reste accrochée à Audrey, cheffe de rayon qui connaît aussi bien la chaîne de production que celle de la distribution des yaourts. C’est autant sa force de proposition que sa sensibilité qui la propulsent, telle une brebis égarée, au milieu de ce troupeau de carnivores en costumes. Ana Girardot a manifestement travaillé la démarche de son personnage pour qu’on sente, sous le tailleur, les résidus physiques d’une enfance à la ferme qui ne s’efface jamais tout à fait. Elle forme une passerelle entre deux univers qui ne se rencontrent qu’à travers les chiffres, les rendements et les intérêts de chacun."
"Le film présente très bien les différentes facettes et limites de cette structure, qu’il aborde d’abord avec pédagogie, au détour d’un lexique technique précis et quelques chiffres signifiants, avant d’en appeler à la sensibilité du spectateur. L’écriture reste efficace pour qu’on reste accroché à des échanges qui, même brefs, suscitent de nombreux questionnements. Cette tension frénétique rappelle aussi à quel point l’humanité et l’empathie sont laissées à la porte des box de négociation. Le revers de la démonstration, c’est qu’elle vire parfois au cliché, désamorçant certaines bascules chez les protagonistes qui peinent à rester crédibles hors du terrain du thriller, à commencer par la dynamique Audrey-Fournier, dont les dialogues semblent un peu trop mécaniques, même lorsque l’on perçoit une pointe de complicité naturelle."
"Techniquement maîtrisé, La Guerre des prix laisse simplement quelques jachères dans l’écriture de ses personnages secondaires. Dechaux l’assume lui-même et reconnaît avec lucidité que l’on ne renverse pas un système de l’intérieur à coups de bonnes intentions, et il se garde bien de nous offrir une happy end de consolation. Le film réussit surtout sa dissertation et sa vulgarisation du milieu de la négociation en laissant le soin aux spectateurs, et consommateurs par extension, selon leurs propres moyens, d’affuter leurs réflexes dans les rayons de supermarché. Difficile de ne pas repenser à notre ticket de caisse, où chaque produit posé dans le caddie oriente le marché et la logique des négociations des prix. Chaque code-barres cache le prix du compromis qu’il a fallu négocier pour l’obtenir."
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3,5
Publiée le 19 juillet 2026
« À la fin, c'est toujours une question d'argent. » En tant que cheffe de rayon, Audrey Dumont fait de son mieux pour servir les intérêts des petits producteurs face aux industriels, mais, lorsqu'elle obtient un emploi au sein de la centrale d’achat d’une grande chaîne de distribution, ses valeurs sont mises à l’épreuve... Avec son premier film, Anthony Dechaux s'attaque à la guerre sans merci que se livrent les supermarchés pour obtenir les meilleurs prix. Le mot guerre n'est pas trop fort, car ils sont prêts à tuer économiquement un fournisseur s'il ne leur donne pas le meilleur prix. Quand on fait une concession sur quelque chose, ça veut dire que c'est quelqu'un d'autre qui va en payer le prix à savoir les éleveurs et agriculteurs qui ont pourtant déjà la corde au cou. Pourtant, ils mettent constamment les producteurs locaux et le client au centre de leurs promesses, mais ils agissent surtout dans leur propre intérêt. Si le film est proche du documentaire avec une approche technique et détaillée très intéressante, ce sont les codes du thriller social qui le rendent aussi prenant et intense, notamment lors des négociations dans ce lieu clos comme si c'était un interrogatoire avec des coups de pression et des menaces. Si l'histoire se disperse par moments, c'est aussi pour mieux tout réunir au cours d'une dernière partie brutale et cruelle. En somme, un bon film.
Avec La Guerre des prix, Anthony Dechaux plonge le spectateur dans les coulisses méconnues de la grande distribution. Loin de la simple chronique sociale, le film s'impose comme un thriller économique où chaque négociation devient un véritable rapport de force, révélant les tensions entre rentabilité, agriculture et convictions personnelles.
Le scénario suit Audrey, fille d'agriculteurs devenue cheffe de rayon, propulsée au cœur de la centrale d'achat de son enseigne. Chargée de défendre les producteurs locaux et la filière biologique, elle découvre rapidement un univers où les chiffres prennent souvent le pas sur les valeurs. Cette confrontation entre idéalisme et logique commerciale nourrit un récit aussi captivant qu'actuel.
Ana Girardot livre une prestation tout en finesse. Son personnage évolue avec crédibilité, passant de l'enthousiasme à la désillusion sans jamais perdre son humanité. Face à elle, Olivier Gourmet impressionne une nouvelle fois par sa présence imposante, incarnant un négociateur redoutable dont les méthodes illustrent toute la brutalité du système. Julien Frison complète efficacement ce trio avec une interprétation nuancée.
Anthony Dechaux filme les salles de réunion et les négociations commerciales avec une tension étonnante. Les discussions sur les marges, les contrats ou les prix deviennent de véritables scènes d'affrontement où chaque décision peut avoir des conséquences directes sur les producteurs comme sur les consommateurs.
Au-delà de son intrigue, La Guerre des prix pose un regard lucide sur les contradictions de notre modèle de consommation. Sans tomber dans le discours militant, le film questionne le coût réel d'une alimentation responsable et les compromis auxquels chacun est confronté.
Intelligent, tendu et remarquablement interprété, La Guerre des prix réussit à transformer un sujet de société en un drame captivant. Une œuvre engagée qui donne matière à réflexion bien après la fin de la séance.
Anthony Dechaux a réalisé un film politique dénonçant les pratiques commerciales de la Grande distribution. Celles qui sont cachées. Les négociations avec les producteurs agro-alimentaires. Ou plutôt la grande entourloupe car, une fois dépendants, les paysans se retrouvent vite pressurisés, broyés puis jetés par ces maîtres cyniques de la consommation de masse. Le film est construit de façon simple et efficace avec une héroïne (Ana Girardot) qui fait le pont entre les deux mondes. Le scénario est assez classique, sans surprise, et on pourra reprocher au film d'enfoncer des portes ouvertes. Il peut cependant s'avérer utile pour les personnes peu au fait de ces pratiques. À montrer à tous ceux qui poussent le caddie sans se poser de questions.