Immersion dans le monde de la grande distribution alimentaire, plus particulièrement sous l’angle de la négociation avec les fournisseurs pour des produits laitiers (des yaourts ici comme sujet central). La problématique que tout un chacun ne maitrise peut-être pas suffisamment parmi les consommateurs c’est que ceux-ci veulent des prix bas en rapport avec leur pouvoir d’achat. Mais le bio et le local (faibles volumes et procédés de fabrication traditionnels et donc moins industrialisés) c’est par nature plus cher. Dans les dialogues (c’est dans la bande annonce) on apprend que sur les zones de chalandise de la chaine (fictive) de supermarchés la moitié de la population a moins de 1500 € de revenus. Il fut un temps où nous dit-on aussi (dans la bouche de la direction commerciale de l’enseigne) où le bio et le local était en poupe et la clientèle acceptait de payer plus cher un produit de qualité répondant à ses attentes écologiques. Mais ce temps est révolu. Et les ventes des rayons bio s’effondrent. D’où la guerre des prix – c’est le titre -. Guerre et concurrence entre enseignes de distribution, pressions sur les producteurs. Mainmise des gros industriels. Des gens en cols blancs qui ont globalement tous fait les mêmes grandes écoles de commerce et se connaissent. Ils se battent pour leur part de marché et la rémunération de leurs actionnaires. Un film somme toute sans morale. « Tout est une question d’argent » (dans la bande annonce).
Trés bon film qui met bien en lumière les rapaces des centrales d'achat, de la grande distribution, qui s'attaquent au bio et aux circuits courts. Que peuvent faire les consommateurs qui sont pris en otage avec leur porte-monnaie et leur pouvoir d'achat bien souvent faible; Merci au réalisateur et aux acteurs. Aller voir ce film.
Très bon film, acteurs parfaits, Olivier Gourmet est toujours impeccable dans ses interprétations et c'est agréable de voir Ana Girardot dans des rôles plus percutants ! Cela montre la dure réalité de nos agriculteurs (qui font un travail formidable et que l'on soutient), toujours pris en étau et sacrifiés sur l'autel du profit. Le rêve n'est plus permis mais il reste la dignité, très bien interprétée, bravo. Film à voir absolument
Présenté sous l'étiquette du thriller, sur fond de négociations âpres, violentes psychologiquement dans le secteur de la grande distribution " la guerre des prix " ne remplit pas tout à fait ( selon moi ), malgré son potentiel, l'ensemble de son cahier des charges.
La faute à un scénario qui faut ( présent du verbe faillir ) dans sa description des enjeux psychologiques entre les personnages principaux. C'est dommage pour le résultat final qui parvient toutefois à décrire certains aspects inhumains de la loi du marché.
Qu'est-ce cela signifie pour un individu de contrevenir à son éthique personnelle pour gagner sa vie, défendre son poste de travail ?
Qui sont ces gens qui exécutent sans état d'âme leur mission et symboliquement leur collègue, leur parole donnée ?
Tous ces aspects qui auraient pu donner une ampleur plus lumineuse au scénario, sont presque totalement absents du scénario.
Mais au plan cinématographique, c'est surtout pour les scènes où Olivier Gourmet est à l'écran - il est formidable dans son rôle de cadre sans état d'âme, il montre une étincelle de vie dans une des scènes les plus réussies - qu'on pourra ( selon moi ) se rendre en salle.
Évidemment que le dénouement est cousu de fils blancs, que les personnages sont caricaturaux {Gourmet qui en a vu d'autres, Girardot en 'provinciale' qui monte à Paris et découvre la réalité, ...} mais quelle plaisir de voir une partition dont on n'attend aucune vraie surprise jouée avec maestria. On réécoute bien avec plaisir de la musique classique. A nous de prendre le message, au passage, et de soutenir nos agriculteurs.
Sur une thématique très intéressante et pertinente, ce premier film engagé nous révèle les coulisses d'un monde réel sur des procédures mafieuses : entre menace et pression, on voit comment les petits sont exploités par le pouvoir. Le film aborde autant le drame familial, social et commercial, que les négociations politiques et économiques qui se déroulent chaque jour autour de nous, et qui rendent complices toutes les sphères de la société.
D'un autre côté, il n'y a aucune surprise, tout est prévisible, et on sait déjà ce qui va se dérouler avant même les personnages. De plus, on ne peut croire totalement à cette héroïne qui pense changer les choses, alors qu'elle-même a dû utiliser ses méthodes douteuses, et mentir aux autorités, la plaçant dans la combine de manière volontaire. On retiendra également quelques pistes non exploitées, comme les enregistrements, pouvant servir de preuves accablantes, et l'idée que tout aurait pu être manipulé depuis le début entre les firmes concurrentes, qui aurait servi le thriller dans un machiavélisme encore plus radical.
Pour avoir moi-même travaillé en négociation, ce film est tellement invraisemblable que ça m'a perturbée tout du long. Par exemple, jamais un négociateur en grande distribution serait chargé d'un fournisseur dont le responsable serait son frère ; ça serait du conflit d'intérêt. Et du coup tout cela verse dans les bons sentiments simplistes. Au générique, il est indiqué que le scénario a été écrit lors d'un atelier à la Fémis. Désolée, mais c'est tellement manichéen et parfois gnangnan que ça se sent que c'est du travail d'étudiants à ce niveau...
Ai vu « La guerre des prix » d’Anthony Dechaux dont c’est le premier film. La bande annonce était prometteuse, le film est encore plus réjouissant de maitrise et d’efficacité. Le scénario est extrêmement bien construit et nous plonge dans le monde de la grande distribution avec ses lois de marché redoutables, ses pressions insupportables. Nous entrons de plein fouet dans cette guerre que les mastodontes économiques livrent aux petits producteurs dès l’ouverture du film. La réalisation rigoureuse tient en haleine le spectateur grâce à une tension permanente, à un certain suspens qui mêle avec ingéniosité le monde paysan et l’univers économique. Audrey (parfaite Ana Girardot) est fille d’agriculteurs et travaille dans un hypermarché en tant que chef de rayon. Elle se voit embauchée par une très grande enseigne de la distribution en tant que responsable des achats pour les produits laitiers au niveau national. Elle veut défendre les produits bio et locaux tout en découvrant les méthodes effrayantes de la négociation du monde industriel. Elle doit travailler en binôme avec Fournier (Olivier Gourmet excellent) un homme aux méthodes efficaces mais impitoyables. Ronan (Julien Frison) le frère d’Audrey pendant ce temps a bien du mal à maintenir l’équilibre financier de son exploitation agricole. Jonas Broquet et Aurélia Petit complètent un casting très homogène. Le film ne flirte jamais avec le documentaire et les sentences pédagogiques trop voyantes et c’est ce qui fait sa force car « La guerre des prix » est foncièrement un film de guerre où l’on y retrouve le combat (économique), la survie, la camaraderie, l’inhumanité, le sacrifice, la question morale… La mise en scène est travaillée et souvent intéressante, la lumière est particulièrement soignée. Les dialogues sont percutants (Maël Piriou) et très justes. Le film est particulièrement bien documenté et les différents milieux ne sont jamais dépeints avec misérabilisme, ni manichéïsme. Un film implacable, percutant qui fait qu’on ne regardera plus son rayon yaourts de la même façon. Très belle découverte.
Ana Girardot donne corps à une personnalité complexe, cadre d’entreprise engagée mais rarement soumise, naïve mais non point irréaliste. Elle défend ses idées en faveur d’un commerce local et responsable vis-à-vis des agriculteurs. Elle voudrait changer les choses de l’intérieur. Confrontée aux nécessités du métier d'acheteur, elle semble perdre son âme parfois… mais garde le cap. On admire sa persévérance. Face à elle, Olivier Gourmet tout aussi convainquant incarne un négociateur impitoyable qui tire un ascendant de sa carrure et du fait de ne jamais s’asseoir.
Le scénario déploie des séances de négociation terribles, immorales quand elles ne sont pas illégales, mise en scène à huis-clos dans des cellules sans fenêtre. Dans ce métier tous les coups sont permis. C’est consternant, mais la fiction semble ici rejoindre une réalité terrible : les agriculteurs sont et resteront le maillon faible de la chaîne, tandis que l’industrie agro-alimentaire et les distributeurs peuvent s’entendre sur des bases équilibrées.
Un film engagé, à charge même, mais peut-il en être autrement s'il faut marquer les esprits ? C'est édifiant et le jeu des trois acteurs principaux est remarquable.
Fille d'une famille d'agriculteurs, Audrey est cheffe de rayon en supermarché dans le rayon laitier, où elle fait son possible pour privilégier les produits locaux. Lorsqu'on lui propose un poste à la centrale d'achat pour y défendre la filière bio, elle espère pouvoir y œuvrer dans le même sens. Mais elle va se retrouver confrontée à la dure loi du marché, et va devoir se battre pour faire exister ses convictions au sein d'un système impitoyable.
Thriller social brillamment mené, "La guerre des prix" montre les coulisses d'un monde où tout n'est que négociation entre grandes surfaces et fournisseurs. On a eu ces dernières années de nombreux films sur les difficultés du monde agricole, mais ici le scénario d'Anthony Déchaux voir plus large. Le principe de suivre une nouvelle qui découvre ce monde est classique, mais toujours efficace, car permet au spectateur tout aussi novice de découvrir tout ça à travers son regard. Ana Girardot est comme d'habitude impeccable, dans le rôle de cette femme qui tout en comprenant qu'elle va devoir faire preuve de dureté espère malgré tout parvenir à oeuvrer pour les agriculteurs, et notamment pour son frère, qui a repris l'exploitation familiale et a de plus en plus de difficultés à tenir.
L'affiche du film illustre bien les trois mondes qui s'affrontent, au travers des trois personnages principaux du film. Le propriétaire d'une petite exploitation, la négociatrice de la centrale d'achat, et le patron de supermarché incarné avec talent par Olivier Gourmet, à la fois dur, sans pour autant être une ordure caricaturale, piège dans lequel ne tombe pas le film. Entre les négociations se déroulant dans ces petits bureaux froids parisiens et les arrangements jusqu'aux plus hautes strates de l'état, le film propose un thriller tendu au milieu duquel le personnage d'Ana Girardot tente de se démener face à la dureté du marché.
La mise en scène est assez brillante, contribuant à l'atmosphère tendue du film. Réussir à proposer une intrigue aussi captivante sur un monde qui n'est franchement pas attirant à la base, celui des chiffres et des négociations, est un sacré tour de force. On s'interroge sans cesse sur comment tout ça va se terminer, et le film parvient à surprendre, sans tomber dans le sensationnaliste, proposant une vision dure et réaliste de ce monde impitoyable où tous les coups sont permis.
excellent film , scénario prévisible , sur un sujet relativement connu : les négociations dans le milieu agro-alimentaire . Et pourtant la belle interprétation des protagonistes nous fait espérer ( ??? ) une issue plus positive .... qui n’adviens pas . il ne faut pas se leurrer , ces pratiques très agressives , sont extrêmement rependues dans le monde réel commercial . pensez simplement à l'ex patron de Renault surnommé le " cost killer " . l'argent a distribuer aux actionnaires ne tombe pas du ciel ....Hélas.
La guerre des prix est en effet la trame principale de ce film bien troussé qui met en scéne des acteurs aux intérêts tous contradictoires. Cela sent le vécu...ne boudons pas notre plaisir d'un cinéma tricolore intelligent.
Très bon film, très bien joué, qui a du sens et tout en nuances. Les acteurs sont excellents et le rythme du film très bon. Le sujet est d’actualité , ce film est touchant, pour preuve, à la fin de la projection, les spectateurs ne se sont pas levés tout de suite, émus j’imagine par la réalité et la dureté de la situation de notre monde agricole.