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Cineseba
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4,5
Publiée le 27 juillet 2026
Le film A second life raconte l’histoire d’Élisabeth, une jeune femme devenue sourde il y a cinq ans. Épuisée par son travail dans la gestion de locations de courte durée, perdue au milieu de l’agitation de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris et en pleine dépression, elle cherche sa place dans un monde qu’elle ne comprend plus et qu’elle perçoit comme artificiel et absurde.
L’idée de départ est très intéressante. Le film parle du handicap invisible, et plus particulièrement de la surdité. Il montre le sentiment d’isolement que peuvent ressentir certaines personnes sourdes ou malentendantes. Beaucoup essaient de cacher leurs difficultés, font semblant d’avoir compris les conversations ou de ne pas être fatiguées. C’est un sujet important qui mérite d’être mieux connu.
Malheureusement, j’ai le sentiment que le réalisateur ne va pas assez loin sur cette question. Le film s’intéresse davantage à la dépression d’Élisabeth qu’à sa surdité et à la façon dont celle-ci transforme son quotidien. Le deuil de la perte de l’audition et les difficultés liées au handicap sont peu développés. Le spectateur peut alors croire que le mal-être d’Élisabeth est dû à sa surdité, alors que le film semble plutôt parler de son mal de vivre et de son sentiment d’être en décalage avec le monde.
En voulant parler à la fois de la dépression, de la perte de l’audition et du sens de la vie, le film finit par manquer de clarté. La tentative de suicide d’Élisabeth renforce cette confusion et peut laisser penser, à tort, que la surdité conduit forcément à un profond mal-être.
En revanche, j’ai beaucoup apprécié le personnage d’Elijah, interprété par Alex Lawther. Vivant, bienveillant et plein d’énergie, il apporte de la lumière au film. Il est, à mes yeux, une sorte d’ange gardien pour Élisabeth. Il l’aide à regarder le monde autrement et à profiter du moment présent. Son caractère joyeux contraste avec celui d’Élisabeth, plus fermée, froide et pessimiste. Cette opposition fonctionne très bien, jusque dans les couleurs de leurs vêtements. Leurs échanges sont souvent justes et touchants. Leur duo est sans doute la plus belle réussite du film.
J’ai toutefois trouvé la première partie assez monotone. Les plans se répètent souvent et restent longtemps centrés sur le visage fermé d’Élisabeth, toujours pressée et débordée.
Enfin, certains détails m’ont semblé peu crédibles. Par exemple, Élisabeth paraît lire sur les lèvres d’un personnage américain parlant anglais. Pour une personne sourde qui communique en français, cette scène ne me semble pas réaliste.
A second life aborde donc un sujet rarement traité au cinéma, celui du handicap invisible. C’est une vraie qualité. Mais, selon moi, le film ne développe pas suffisamment cette question. En mélangeant plusieurs thèmes sans les approfondir, il rend son message sur la surdité moins clair. C’est bien dommage, car le film avait le potentiel de proposer une réflexion forte sur la réalité du handicap invisible.
le film se joue sur une seule journée, principalement caméra à l’épaule, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Elisabeth est dépressive et employée d’une conciergerie pour des locations de courte durée. Elle n'arrête pas de courir pendant tout le film, afin de répondre aux exigences de son employeur, son avenir professionnel dépendant du nombre d’étoiles émises par les clients (renouvellement de son visa). Malentendante, elle retire sans cesse ses appareils auditifs afin d'échapper aux bruits de la ville qui envahissent l'espace. Elle rencontre pour une de ses prestations un jeune mec complètement barré (Coach mental sportif) mais très sympa. Évidemment ce qui devait arriver arriva, elle perd son taf et perd en plus ses appareils. Elijah, le jeune californien, cheveux roses et 2 de ses amis vont les rechercher ensemble.
En pleins Jeux de Paris, Elisabeth travaille pour une entreprise de conciergerie et se doit d’être parfaite pour les touristes exigeants. Elle va rencontrer Elijah, un californien enthousiaste et bien plus heureux qu’elle. Cette rencontre va offrir de nouvelles perspectives à Elisabeth. C’est joli.
Film qui donne beaucoup à voir...et surtout à entendre évidemment. Un maelstrom de sons d'images de couleurs et de mouvements...tout est décuplé comme extra sensoriel. J'y suis allée pour ça et pour comparer avec l'excellent Sound of metal il y a quelques années. Bien m'en a pris Je ne peux que saluer la fureur et l'obstination de ce film à nous attraper et nous jeter dans la fosse aux lions, pour mieux nous dépeindre l'angoisse permanente de la vie avec un handicap. C'est prodigieux d'étourdissement, fou dans la fatigue, l'épuisement qu'on ressent. Comme vécu de l'intérieur et en puissance maximale. La gêne devient nôtre, l'errance familière. Et quel plaisir de revoir Alex Lawther... qui n'a pas tant changé, dans son approche humaine des rôles, depuis TEOTFW ! Chapeau à l'ensemble du casting par ailleurs. Le côté brouillon que je sais volontaire et assumé m'empêche, bêtement je le concède, de mettre la 5eme étoile... c'est contradictoire car ça en dit long sur l'etat d'esprit vraiment brut et psychologiquement dévastateur parfaitement transmis. On souffre avec l'héroïne, on espère une issue avec elle, un repos, un répit... enfin. On souhaite continuer longtemps à regarder les Nymphéas.
Film haletant, où l'on court après le temps chronométré avec une employée qui doit accueillir des clients de RB&B dans un bruit assourdissant en pleine turbulence et effervescence des JO. Ce film est une excellente mise en lumière des rapports humains , violents, indifférents, tendres, et de comment on peut décider d'écouter le monde autrement.
Elisabeth (Agathe Rousselle, découverte dans "Titane") est américaine et vit à Paris. Faute de mieux, elle est employée par un service de conciergerie chargé, alors que les Jeux olympiques commencent, de réserver le meilleur accueil à des hôtes VIP dans de luxueux appartements. Le travail n'est pas facile et Isabelle vit mal la pression d'un patron toxique et les lubies de ses clients. Mais la rencontre d'Elijah (Alex Lawther), Américain hyper cool aux cheveux roses, conduit Elisabeth à relativiser bien des choses.
Ainsi présenté, "A Second Life" pourrait laisser augurer une RomCom mielleuse à la "Emily in Paris". Or, tel n'est pas le sujet de ce premier film, tourné à l'arrache, sans autorisation, dans les rues joyeuses et cosmopolites d'un Paris qui accueillait durant l'été 2024 les Jeux. Il s'agit plutôt du portrait d'une jeune fille anxieuse, à défaut d'être en feu. Comme le héros du "Virtuose", Elisabeth souffre d'une affection auditive qui l'a obligée à s'appareiller. Le chaos du monde, bruyant et agressif, lui arrive déformé à travers ses écouteurs. Comme dans "Le Virtuose", comme dans "Sorda", "A Second Life" a réalisé un gros travail sur le son, nous donnant à entendre les mêmes rumeurs confuses, le même brouhaha que celui qu'Elisabeth entend, selon qu'elle porte ou non ses appareils.
"A Second Life" est l'occasion de se replonger dans la fièvre joyeuse de l'été 2024. J'y ai été d'autant plus sensible que je faisais partie de ces vieux Parisiens ronchons qui appréhendaient avec déplaisir cette invasion de touristes et qui, une fois les Jeux commencés, ont communié avec enthousiasme à la liesse populaire. En regardant le film, j'ai retrouvé les lieux familiers où je passe chaque jour - la place de l'Hôtel de Ville, la rue Saint-Honoré, celle du Pont-Neuf... - et la foule enjouée des touristes en goguette.
C'était la même atmosphère que filmait déjà "Le Rendez-vous de l'été". Ces deux films, qui se déroulent exactement au même endroit et au même moment et mettent l'un comme l'autre en scène une jeune héroïne, méritent d'être mis côte à côte. Le premier est une variation typiquement rohmérienne du thème ; "A Second Life" en est une déclinaison plus moderne, plus tendue, plus gender fluid.
Elisabeth n'est pas sereine, mais au contact d'Elijah le deviendra lentement. Sa rencontre avec ce jeune ludion américain ne sera pas le début d'une belle histoire d'amour comme dans les comédies romantiques américaines, mais lui donnera l'occasion d'un nouveau départ et de commencer une "seconde vie" moins angoissante et moins angoissée.
Au milieu du rush de fin de préparation des JO, la trajectoire du personnage d’Elisabeth est fort et intense. Voir le Monde à son échelle et selon son ressenti visuel et sonore donne envie de plonger comme elle dans la beauté pure des nymphéas de Monet. Sa rencontre avec son dernier client des services de conciergerie pour les locations courtes durées d’appartements perturbe peut être pour le meilleur sa journée.
L’image est magnifique, prise sur le vif mais d’une gram de beauté dans des co dirions qui n’ont sûrement pas été simples dans le Paris des JO 2024.
Le traitement du son et du mixage sont sensibles et justes.
J’ai trouvé ce film très beau, autant sur le fond que sur la forme. Déjà, il montre Paris sous un angle particulièrement lumineux et sensible, alors même que la période des JO a profondément transformé le rythme et le visage de la ville. En plus, le clin d’œil à Before Sunset est très touchant : ça fait chaud au cœur de retrouver ce type d’interactions, de déambulations et de rencontres dans les rues de Paris. Un film délicat, sincère, qui donne envie de croire encore aux connexions inattendues. Allez le voir!
Grosse surprise avec A Second Life, découvert au MK2 Bastille hier soir. Un film délicat et sincère sur ces moments où l’on a l’impression d’être suspendu entre deux versions de soi-même. Le parcours du personnage principal m’a touché par son côté profondément universel — et par écho, très personnel. Maintenant, j’attends juste qu’un Elijah apparaisse dans ma vie.
Une très belle déambulation dans les rues de Paris, loin des clichés d'Emily in Paris, et une réflexion intelligente sur l'amitié comme rempart au sentiment de solitude qui peut tous nous toucher un jour ou l'autre. À l'heure des gros budgets sans âme ni personnalité, ce film prend le contre-pied. Lumineux, toujours juste, jamais ennuyeux. On en ressort avec l'envie d'appeler un de ses potes pour aller faire un tour...
J’ai halluciné de la façon dont le film parvient à capter Paris pendant les JO sans jamais tomber dans la carte postale. Le travail du son est complètement bluffant : on ressent chaque moment de solitude, d’angoisse ou de surcharge. Et puis, petit à petit, on se laisse emporter par la douceur du film et son envie de nous rapprocher des autres.
vu en avant première en présence du réalisateur et de l'équipe. Film très réussi tourné pendant les JO. On sent une vraie originalité surtout au vu du budget derisoire. Et quel plaisir de voir la plus belle ville du monde au cinema !
Très beau film sur la rencontre, le plaisir d’échanger et la joie de s’ouvrir aux autres. Avec, en prime, un Paris que l’on n’avait jamais vu aussi beau, à l’aube des Jeux olympiques.