La lumière ne meurt jamais
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2026
Dans La lumière ne meurt jamais, Lauri-Matti Parppei filme le retour d’un musicien dans sa ville natale, après une chute à la fois intime et artistique. Ce retour n’a rien d’un refuge confortable. Il s’inscrit dans un paysage silencieux, une région du sud de la Finlande où l’on parle peu, et où la dépression demeure un sujet tabou. Dès ses premières images, le film impose une atmosphère mélancolique, presque suspendue, où la tristesse ne s’exprime jamais frontalement mais circule dans les corps, les lieux et les silences.

L’œuvre s’inscrit dans une tonalité profondément complaintive, au sens ancien du terme, proche de la complainte chantée. Il ne s’agit pas d’un film plaintif ou misérabiliste, mais d’un récit qui épouse la lenteur, la répétition et la gravité d’un chant intérieur. La mise en scène, volontairement dépouillée, accompagne cette fatigue existentielle diffuse, cette impression d’usure morale qui n’a pas besoin d’être expliquée pour être ressentie. Chaque geste, chaque regard, chaque pause participe à une matière presque organique, où l’émotion devient une texture.

Pauli, flûtiste classique reconnu, incarne cette tension entre excellence et vide intérieur. Son parcours l’a enfermé dans une trajectoire de réussite qui ne lui appartient plus vraiment. Revenu chez ses parents, il se confronte à l’illusion d’une vie qu’il a suivie sans jamais la désirer pleinement. Son malaise ne naît pas de l’échec, mais d’une fidélité excessive à un modèle normatif intériorisé. Le film montre avec finesse comment la quête de reconnaissance peut étouffer le désir de jouer, au sens le plus simple et le plus vital.

La rencontre avec Iiris, musicienne expérimentale, ouvre un autre espace. Leur relation, fondée sur le jeu et l’expérimentation sonore, refuse toute logique de performance. Autour d’eux gravite un collectif marginal, joyeusement anticonformiste, pour qui la musique n’est pas un but mais un terrain d’exploration. La création devient alors un lieu de survie existentielle, un moyen d’habiter le monde autrement, sans chercher à le dominer.

La musique occupe une place centrale dans le film, non comme résultat, mais comme processus. Enregistrée en direct pendant le tournage, elle agit comme une expérience cathartique collective. Sons bricolés, instruments détournés, gestes ludiques, tout participe d’une réappropriation joyeuse de l’acte créatif. La catharsis ne passe ni par l’exploit ni par la réussite sociale, mais par l’amitié, la cohésion et l’acceptation de l’imperfection.

Le titre, La lumière ne meurt jamais, trouve pleinement son sens dans cette approche. Son titre original, Jossain on valo joka ei sammu, signifie « Quelque part, il y a une lumière qui ne s’éteint pas ». Une promesse modeste, presque murmurée. Cette lumière n’est ni omniprésente ni conquérante. Elle existe dans un endroit précis, fragile, souvent dissimulé. Chez Lauri-Matti Parppei, elle prend la forme de la création partagée, de l’amitié et d’un rapport désacralisé à l’Art. Une lumière qui ne supprime pas l’ombre, mais qui permet d’apprendre à vivre avec elle.
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 150 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2026
Vu en avant-première dans le cadre du Festival Premiers Plans d’Angers, La lumière ne meurt jamais s’impose comme un premier long métrage singulier et sensible. LaurI-Matti Parppei signe une œuvre délicate, où la musique devient un véritable moteur narratif et accompagne un chemin de reconstruction intime.

La mise en scène, volontairement épurée, laisse respirer les silences et les expérimentations sonores. Le film baigne dans une mélancolie nordique douce, jamais pesante, et dépeint un univers où la création sert de refuge autant que de lien. Contre toute attente, le film évite le pathos et privilégie un humour discret, parfois absurde, qui apporte une vraie fraîcheur à l’ensemble.

Si le rythme peut parfois sembler un peu étiré, La lumière ne meurt jamais séduit par sa sincérité, sa liberté de ton et sa manière de célébrer l’art comme expérience collective et libératrice. Un premier film prometteur, à la fois intime et universel.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 novembre 2025
Sélection de l'ACID 2025, La lumière ne meurt jamais surprend par son originalité et amuse pour sa bizarrerie. Dans l'esprit des comédies tristes qui nous viennent des pays nordiques, le film du réalisateur finlandais Lauri-Matti Parppei nous transporte dans une petite ville au nord de son pays, dans laquelle revient un flûtiste renommé, en proie à une sévère dépression. Sa rencontre avec une musicienne atypique, qui ne jure que par l'expérimentation radicale, va créer une drôle de fusion, aux couleurs atonales, à la fois étrange et touchante, qui se concrétise par une épreuve inédite pour nos oreilles. Le récit fonctionne dans le décalage permanent entre ses deux personnages principaux, l'un apathique, l'autre énergique, et dans une conception de la musique qui au lieu d'être considérée comme "adoucisseuse" de mœurs peut, pour d'autres artistes, moins classiques, se déterminer pas sa volonté d'agression du public. Le réalisateur a le bon goût de rester dans une certaine forme de légèreté, incluant une empathie certaine pour ses protagonistes, dont certains se distinguent par une forme d'anti-conformisme aigu. Si l'on aime ce cinéma assez imprévisible, pince-sans-rire et même parfois un peu nihiliste, La lumière ne meurt jamais constitue une réussite, mineure peut-être, mais réjouissante, à sa manière.
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2026
La lumière ne s arrête jamais

Vu et avis le 20260108+20260111

Film très intéressant ouvrant la possibilité à pas mal de discussions.

Je sors d une projection rencontre avec le réalisateur, aussi une bonne partie de ce que je vais dire viens des échanges qui ont eues lieu.

Le réalisateur vient d une petite ville de Finlande dans laquelle il a ressenti un fort sentiment de solitude. Cela a duré jusqu'à l'adolescence moment où il a participé à divers groupes de musique et à pu développer ses premières amitiés. On voit cela dans le film.

La traduction dans la salle ne s est pas bien faite au moment où il a parlé du premier concert dans le bar. Il me semble que pour lui, la scène parle plus de ce sentiment de solitude / d étrangeté par rapport à une norme sociale. Le réalisateur n a donc pas particulièrement réagi à la possibilité que cette scène parle d élan artistique, d un besoin d expression quoi que cela coûte. C'est dommage que le réalisateur n envisage pas à ce moment cet aspect de nécessité -quoi qu il en coûte. En effet, cela aurait ouvert diverses interprétations en lien avec la remarque du flûtiste selon laquelle à un moment il a été humilié et que sa réputation de flûtiste international est entachée. Ce qui aurait pu être ouvert par un tel rapprochement : - différence entre liris et pauli, difficulté de se comprendre -le concert dans la salle paroissiale lui importe parce que ce sont des gens qui l ont connu enfant, qui l ont vu grandir et même ont suivis de loin sa carrière, (20260111et par parallèle avec le concert de liris, la nécessité de le faire)-il aurait même alors été possible d envisager le côté dérisoire du flûtiste dans un orchestre surtout lorsque plusieurs instruments jouent en même temps -il aurait été possible aussi d envisager la question de l affirmation de soi avec par exemple la différence de tenue entre pauli qui a une tenue sobre, élégante et discrète versus liris qui a une tenue bricolée pour étonner.
Donc le réalisateur n a pas semblé trouver spécialement pertinent l idée que ce concet illustre la nécessité de la création artistique. Pour lui cette scène illustre plus le décalage de liris dans sa ville.

Personnellement, je n ai pas été intéressé par le chien. Le réalisateur a expliqué que le chien est juste une idée pour faire dans son film un décalage, une surprise et un amusement.

La chanson "les phares de finlande" reprend la simple liste wikipedia des phares de Finlande, avec ses erreurs.

Les parents de pauli sont des acteurs plutôt connus en Finlande, surtout la mère. Liris est une jeune actrice qui n avait fait avant qu une pièce de théâtre, la plupart des autres acteurs c est leur premier rôle. Le restant ne sont pas acteurs (par exemple le gérant du magasin de musique dont c est l activité).

Les musiques ont été improvisées aussi les mouvements de caméra, la façon de les filmer à été improvisée.

Après le concert de la salle paroissiale, le dîner de famille avec des remarques plutôt positives. Le réalisateur a expérimenté ce genre de dîner avec des gens qui le félicitent, mais il a l impression que ce n est pas totalement sincère car ils n ont pas grand chose à dire. Ils sont contents que leur proche soit content, qu il se soit produit, peu importe ce qu il fait. Le réalisateur ne pense pas que les gens mentent dans la scène, mais plus qu ils sont contents pour de mauvaises raisons (pour pauli, pas pour la proposition artistique). Pauli le perçoit et cela le désespère.

Pour le réalisateur le film raconte comment se créer un groupe d amis à travers des expériences musicales à plusieurs, et se sortir de sa solitude et
Reprise de l avis le 20260111 : de son sentiment d'être inapproprié au monde.

Durant le film et surtout la rencontre, je m étais un peu demandé s il y avait une notion de rôle différent entre les divers participants du groupe, ce que chacun apporte de different au film. Je viens juste d imaginer une possibilité qui relève plus du ressentit qu une vraie conviction de possibilité. Peut être que Liris est l incarnation de la créativité, de l envie et du dynamisme. Pauli en ce cas serait la technique reussie nécessaire / ce qui est bien fait pour avoir un resultat efficace, la peur d échouer, le goût pour la satisfaction du public. J imagine que le troisième membre permanent du groupe doit être sini -désolé si ce n est pas le bon nom. Donc sini serait la logistique, la technique de fond, le principe du chœur. Celui auquel on prête peu attention car il ne brille pas, mais qui est nécessaire, un peu comme le fil de chaine dans une tapisserie (je ne connais pas bien mais d après ce que je viens de lire la chaîne traverse à l identique toute la tapisserie, quelque soit la couleur de la zone, la trame serait alors plus pauli que l on voit plus, qui change de couleur selon le besoin et liris serait le fil de lis qui tisse tous les points de détails de la tapisserie). Donc sini serait le joueur qui apporte le fond de la musique, la structure sur laquelle les deux autres peuvent s'appuyer pour apporter leurs couleurs musicale. Et anni, si c est le nom de celle dont c est l anniversaire de la fête du debut), elle serait plus l encadrement du groupe, la productrice, le premier soutien, la première auditrice/spectatrice mais qui peut assister aider et participer. Elle peut représenter les collaborations artistique, les membres plus ou moins éphémères dans les groupes. La chanteuse dans le sens interprète de chansons.

Le film a de petites maladresses, des choses qui ne sont pas très réussies à mes yeux, mais cela n'altère pas l ensemble. Le chien, qui m à semblé une idée très ratée, d autant plus qu inexploité (la seule exploitation est lorsqu il est confié à quelqu un marquant ainsi une confiance envers cette personne, mais c est bien peu pour la représentation qu il a dans le film). Autre chose que m a semblé assez ratée, au début la visite dans l appartement, avec pauli qui n à besoin que d une chose. Le film. A pas commencé alors cela devrait être une scène explicative, pour mettre en place d intrigue, voire le fil conducteur, du film. On ne comprend pas ce qui se passe dans cette scène, j ai cru à un décès et quelqu'un qui ne voulait rien garder du defun. Je trouvais donc étrange que le logement soit aussi peu de déménagement, aussi rangé etc. Plusieurs joues après avoir vu le film, j imagine qu en fait, c est la sortie de clinique avant d aller en convalescence chez les parents. Mais la scène manque d explication, lance le film sur de fausses pistes, ne me semble pas bien fonctionner. J imagine qu elle est supposée montrer le côté dépressif de pauli qui n a besoin de rien mais comme on ne l'a comprend pas assez, elle est très inutile. Le film aurait peut être gagné à montrer simplement l arrivée de pauli chez ses parents et enchaîner ensuite sur ses difficultés à jouer de la flûte. J'ai bien apprécié le personnage d anni (si c est bien son nom). La femme qui organise une fête avec des inconnu et cela lui convient. De la simplicité, de l élégance et de l étrangeté. Mais pendant une partie non négligeable du film, elle tourne autour de pauli et du groupe, et au fond, on ne comprend pas son implication, ce qu elle fait la. Est-elle la petite amie de pauli, est elle la chanteuse du groupe, est elle une conseillère, est elle même en lien avec le groupe ou simplement de passage. On se perd un peu à ne pas comprendre la présence d anni dans certaines scènes. Les textes des chansons m ont semblé fascinants par leur étrangeté et le fait que je ne comprenne pas bien ce qu ils racontent. Mais j aurais apprécié de le savoir. Même phare d Islande, le film dit que c est le titre mais sans la rencontre après, je n aurais pas compris ce qu était cette litanie de noms et j'aurais trouvé le film décevant à ne pas expliciter les textes.

Globalement, j ai bien apprécié car je suis curieux et j ai envie de découvrir des choses que je ne sais pas par avance. J apprécie être surpris et la musique à été la plus grosse surprise du film, je n'aurais pas pensé pouvoir y être réceptif (j ai vu le film par hasard sans en rien savoir).
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2025
Pauli est un célèbre flûtiste considéré comme un génie de la musique pour son âge. Suite à un incident, il retourne vivre chez ses parents dans une petite ville de Finlande où il va croiser une ancienne camarade de classe. Cette dernière lui propose de monter un groupe de musique expérimentale étrange. En salle le

spoiler: "la lumière ne meurt jamais" est un très chouette traitement de la dépression causée par la réussite professionnelle qui avale toute la vie du personnage. J'ai été touché par cet homme qui se blesse et s'insulte au moindre échec, ayant été témoin de situations similaires. La musique expérimentale est étonnamment bonne (pas tous les morceaux mais certains) et apporte une fraîcheur inattendue à un film scandinave bien plus dynamique qu'il n'y paraît de base. Une belle surprise.
Michaël C.
Michaël C.

13 abonnés 13 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 octobre 2025
Depression, musique experimentale, Finlande, lenteur, peu d’emotions, voila voila… bon courage futurs spectateurs !
Cinema.BZH
Cinema.BZH

5 abonnés 46 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 février 2026
La lumière ne meurt jamais veut prendre son temps, mais finit surtout par le perdre. Les plans sont très très longs, au point d’écraser toute émotion au lieu de la faire naître. On sent qu’il y a un thème intéressant en arrière-plan, quelque chose qui pourrait vraiment être creusé, mais le film ne va jamais assez loin pour que ça prenne corps. Tout reste en suspens, comme une idée à moitié formulée. La mise en scène, elle, n’aide pas du tout : elle est maladroite, parfois même catastrophique, et donne l’impression que la lenteur sert surtout à masquer un manque de direction. Et au final, difficile même de comprendre le rapport avec le titre : cette “lumière” annoncée ne se manifeste jamais vraiment à l’écran, laissant le spectateur face à une promesse qui ne se réalise pas.
Hélène E.
Hélène E.

5 abonnés 38 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2025
Un film finlandais expérimental plein de finesse et de sensibilité sur comment laisser s’exprimer ses profonds sentiments
Alexandre Schatz sellier
Alexandre Schatz sellier

15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 octobre 2025
(Vu à Cannes en 2025), un film simple mais rudement efficace. Une recherche profonde sur la musique, son sens et ce qu'elle évoque.
Jean-Paul Quan.
Jean-Paul Quan.

12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 février 2026
Pourquoi je trouve ce film excellent ? Parce qu'il a tout.
Une histoire de difficulté psychologique et de développement personnel, aisément lisible pour tout Maslowien (adepte d'Abraham Maslow, le père du développement personnel)
Des comédiens qui jouent extrêmement juste, jusqu'aux frontières du jeu spoiler: (la scène du cri)

Des images en mouvement touchant au sublime, qui disent "cinéma" spoiler: (un train qui passe, un phare dans la nuit)

Un thème porteur, la musique, et le sujet de la création musicale à portée de tous
Dans ce sillage, une présence sonore originale et forte
Un zeste de surnaturel spoiler: (le chien en hologramme)

Du plein, mais aussi du vide : les espoirs et désespoirs de la jeunesse d'aujourd'hui, quels sont-ils ?
Bref, un film qui vous emmène, et vous laisse, changé, mis en mouvement, de manière profonde
Et qui vient d'ailleurs (Finlande).
Un film-phare ...
Marie Amoureux
Marie Amoureux

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 janvier 2026
rencontre entre un flûtiste classique et une ancienne amie d'école qui va lui permettre de sortir de sa dépression
Octave FX
Octave FX

16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2026
Très bon film. Les sujets sont super bien abordés, l’émancipation musicale, les trauma ainsi que la depression meler a cette musique experimental omnipresente est super intéressant. Les partie pris artistiques au niveau Sonora et lumineux sont super et apporte beaucoup à l’ambiance et au propos du film ! Je conseille vivement ce film que j’ai pu voir en avant première lors du festival Premier Plan à Angers !
Papaye34
Papaye34

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 novembre 2025
Superbe film, vu au festival du film d'Arras. Magnifiques prestations, de l'émotion en pagaille. Bravo 
Vanigliaecioccolato
Vanigliaecioccolato

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5,0
Publiée le 21 janvier 2026
Premiers Plans Angers.
Des personnages décalés et attachants à la fois.
Le drama d’un enfant prodige est traité sur 2 plans complètements différents : le mal-être et désespoir de Pauli sont plongés dans l’univers loufoque de Liris.
Presque 2 h de film qui passent à toute vitesse et qui font découvrir et apprécier la musique « anticonformiste »
À découvrir sans tarder !
Les meilleurs films de tous les temps