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jl230
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4,0
Publiée le 7 janvier 2026
Film prenant, la thématique abordée sereinement. Les acteurs sont bons ( Prix interprétation à Venise pour Toni Servillo ) , les personnages secondaires existent et ont une épaisseur. C'est un très bon film.
La Grazia raconte les six derniers mois du mandat du président Mariano De Sanctis, interprété par Toni Servillo, l’acteur fétiche de Paolo Sorrentino. Mariano doit prendre trois décisions majeures : accorder ou non deux grâces présidentielles à des personnes ayant tué leur conjoint dans des circonstances très différentes, ainsi qu’approuver une loi autorisant l’euthanasie.
Ancien juriste, Mariano est un homme extrêmement réfléchi qui prend toujours le temps de peser chaque décision. Cette prudence fait de lui un président juste, mais aussi hésitant et parfois trop frileux. Sa vie entière est réglée avec minutie, jusqu’à ses repas, comme si rien ne pouvait être laissé au hasard. Le film suit alors les nombreuses discussions qu’il entretient avec son entourage, chacune cherchant à influencer sa position. Sa fille et conseillère Dorotea défend l’euthanasie, tandis que le pape, qui est aussi son ami proche, y est totalement opposé. Mariano se retrouve ainsi plongé dans un dilemme moral complexe entre sa foi, ses convictions personnelles et sa famille. Il résume parfaitement son conflit intérieur lorsqu’il déclare : « Si je refuse, je suis un tortionnaire ; si j’accepte, je suis un tueur. »
Le film humanise beaucoup Mariano. Lassé du protocole et des conventions qui encadrent son existence, il cherche peu à peu à retrouver une forme de simplicité et de spontanéité. Il développe des passions inattendues, comme le rap à travers sa relation avec Guay, et aspire à vivre des moments ordinaires : manger une pizza, se promener librement ou encore attendre dans une salle d’attente comme n’importe qui.
Malgré son élégance et le faste du palais présidentiel dans lequel il vit, Mariano apparaît profondément seul. Il évoque constamment sa jeunesse et reste hanté par la mort de sa femme. Pourtant, derrière cette nostalgie se cache aussi une immense rancœur liée à une infidélité vieille de plus de quarante ans, dont il cherche encore à découvrir l’identité de l’amant. Certaines discussions autour de la bourgeoisie en pantalons blancs et vestes rouges rappellent d’ailleurs fortement une autre œuvre de Sorrentino.
Même si le film traite de sujets sérieux, il conserve plusieurs touches d’humour visuel servant son propos. La scène du spoiler: vieux président portugais arrivant au palais symbolise par exemple la peur de Mariano de perdre son autonomie, tandis que le pape circulant en scooter souligne sa modernité. Le film crée également plusieurs parallèles symboliques, notamment entre le débat sur l’euthanasie et la relation que Mariano entretient avec son cheval.
Les deux demandes de grâce amènent Mariano et Dorotea à rencontrer les condamnés. Mariano rend visite à Cristiano, un vieil homme admiré dans son village ayant mis fin aux souffrances de sa femme atteinte d’Alzheimer, tandis que Dorotea rencontre Isa, une femme ayant tué son mari violent. Ces personnages sont leur reflets de leur propre questionnement existentiel : comment retrouver une forme de légèreté et réussir enfin à respirer.
Chaque plan est magnifique, travaillé avec une grande élégance visuelle. Pourtant, derrière cette beauté se cache une froideur permanente qui reflète parfaitement l’état émotionnel de Mariano. L’art occupe également une place importante dans le film, notamment à travers Coco, une grande amie du président présente dans plusieurs soirées artistiques. Le rythme reste lent et contemplatif du début à la fin, ce qui pourra sembler un peu long dans sa dernière partie, mais participe aussi à l’atmosphère mélancolique et introspective de l’œuvre.
C’est un bon film soutenu par de très bons acteurs C’est assez lent et il y a quelques longueurs qui à mon avis le rendent moins percutant L’Italie est bien sûr mise à l’honneur et l’on découvre le rôle de son président
Ce film est magistral. Tous les themes qui y sont traites le sont avec grande delicatesse, sensibilite, humanite et subtilite a la fois. Des acteurs tous tres talentueux. Le tout couronne par des plans et des images d'une qualite irreprochable. Une grande reussite indeniablement !
Nous prenons conscience de ces si lourdes interrogations que sont sans aucun doute la fin d'une, non pas carriere mais Mission..sacerdos... Une présidence quoi !!! enfin un investissement colossal qui touche l'homme dans ses entrailles...un mandat présidentiel qui engendre de laisser "la maison propre " non sans difficulté... hanté par l'amour qu'il portait a son épouse qui n'est plus.....celui ci incarne le personnage avec une élégance subtile et si fine .... L'intellect supplante l'image qui malgré tout a de belles sonorités..... cB
La grâce par la grâce. Voilà une merveille. Le Président de la République Mariano De Santis est bien embêté. A six mois de la fin de son mandat il doit prendre 3 importantes décisions. Signer une loi sur euthanasie et gracier ou non une femme qui a tué son mari violent et possessif, et ou un vieux prof d’histoire qui a tué sa femme en phase finale d’Alzheimer. Contrairement aux apparences ce film ne traite pas vraiment du pouvoir ou de l’exercice du pouvoir. Les supers pouvoirs dont dispose Mariano en tant que Président de la République et qui sont rappelés en détail dans le générique, ne lui sont d’aucun secours. Les dilemmes que posent ce type de décisions peuvent concerner n’importe qui, vous ou moi. Sorrentino a pris comme exemple un président de la république seulement pour une question de dramaturgie. Comme Antigone est la fille d’un roi. Et encore un moyen de jouer avec le mot grâce Les questions de Droit ou de Justice ne sont pas elles non plus un des axes principaux du film. Les connaissances encyclopédiques en Droit de Mariano dont il est le plus éminent représentant en Italie, ne lui sont elles aussi d’aucun secours. C’est juste des techniques que Mariano maitrise magistralement. En moins d’une minutes il corrige avec un surligneur le projet de loi sur euthanasie pour le préciser et le rendre inattaquable. A la fin Il enrobe juridiquement ses décisions de grâces présidentielles avec une facilité déconcertante. Le film ne traite pas non plus vraiment du courage. Mariano sait très bien qu’il n’a jamais été courageux et il s’en fout. Jusqu’à maintenant il est parvenu à passer entre les gouttes grâce à son intelligence. De plus, à son âge et dans sa position le regard et la considération des autres lui importe peu. Il s'en fout même du Pape qui est par ailleurs son ami. Bref, c’est en homme véritablement libre vis-à-vis de lui-même, des autres, des conventions, de la morale et des lois que Mariano doit prendre ses trois dernières décisions. Et pourtant il se sent perdu et seul. Comment décider quand l’incertitude et le doute sont irréductibles ? Comment forger son intime conviction ? Et c’est là que c’est magnifique, pendant deux heure, pas longues pas ennuyeuses du tout comme j’ai pu le lire çà et là, que Sorrentino et Toni Servillo de manière majestueuse toute en retenue et facétie, nous montrent comment le Président Mariano De Santis arrive résoudre ses dilemmes. Pour spolier un peu, en fait Mariano qui a déjà tout, cherche continuellement la grâce, l’acte, le geste juste en harmonie avec le tout. Pour l’illustrer, Il reste obséder par sa défunte femme qui la première fois qu’il l’a vue, marchait avec une infinie grâce, pleine d’élégance et de légèreté dans la campagne. Le film comme son nom l’indique traite presque exclusivement de la grâce. Il l’explore sous tous ses aspects : présidentiel, religieux, éthique, esthétique, etc. Sorrentino a fait un travail méticuleux. Chaque image, chaque son, chaque dialogue est lié à la recherche de la grâce. « De l’importance des corps » aurait pu être aussi un sous-titre du film. Tant les danses, les chansons Rap, le corps du cheval agonisant, celui de l’astronaute flottant en apesanteur, du Président péruvien luttant contre une pluie battante, le plaisir de la première bouffée de cigarette… orientent inexorablement Mariano dans sa recherche. Une seule phrase de sa fille, et assistante, le libérera de son dilemme concernant l’euthanasie. Pour être pompeux on pourrait dire, La Grazia est un film qui traite de grâce avec grâce. En fin de compte, toujours chercher la grâce ne serait-il pas un excellent prétexte à la vie ?
Une belle réflexion sur le temps qui passe, les responsabilités assumées ou pas, la vie de couple et plus généralement la vie de famille, la relation avec ses enfants quand leur regard sur les parents change. C’est un film dont on se souvient car il trouve des échos dans nos propres vies. J’ai été touchée.
Malgré une indéniable élégance formelle, le film laisse une impression d’inabouti, comme une variation moins inspirée d’un cinéma que l’on connaît déjà trop bien.
La Grace de ce cinéma italien, vers le renouveau du cinéma italien ? Des thématiques graves (euthanasie, solitude du pouvoir, gouvernance...) traitées avec sérieux mais également une approche décalée. Les acteurs sont parfaits, les décors sublimes, la bande originale est percutante. Bref un film que j'ai aimé et que je recommande
Paolo Sorrentino, Toni Servillo, comme d'habitude un film plein d'émotion, de vie, oui la vraie vie où les choix vous engagent. Les autres acteurs sont excellents.
Extraordinaire, profond, philosophique. Une réflexion sur les responsabilités dans le choix, la difficulté de la prise de position tranchée à un certain niveau de pouvoir.
Juste parfait. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu pareil merveille ! Un film qui dit les choses et avec émotion, et de manière personnelle. Finesse au rdv.. ne répond pas aux standards de banalité qui tuent le cinema.