La Grazia
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142 critiques spectateurs

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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 novembre 2025
Le catalogue des reproches faits habituellement au cinéma de Paolo Sorrentino est connu : la grandiloquence, la superficialité et ses ambitions felliniennes. Eh bien, à sa manière, La Grazia est une réponse appropriée et sereine, prenant à revers les contempteurs du réalisateur italien qui auront mauvaise grâce, justement, à ne pas reconnaître les qualités d'intelligence et de cœur de son nouveau film, sans même parler de son indéniable profondeur. Le tout, dans une forme apaisée, mais toujours avec une élégance, un raffinement et un sens de l'ironie qui caractérisent son œuvre. La Grazia trace le portrait d'un homme, président de la République italienne en fin de mandat, qui a des décisions difficiles à prendre dans l'exercice de ses responsabilités, et le mot n'a jamais eu autant de sens, liées à un jugement qui doit se référer la loi, mais aussi s'accorder à sa sensibilité d'humain. Celle-ci est d'ailleurs aussi en prise avec son intimité, lui le veuf et l'inconsolable, nostalgique et mélancolique, qui cherche des vérités dans le passé, qu'il ne pourra sans doute jamais trouver. La Grazia est une pure merveille, qui brasse, sans en avoir l'air, et avec une dense légèreté, une quantité de thèmes : la solitude, le temps qui passe, la famille, la fidélité, la foi, la mort, etc. Si Toni Servillo, encore meilleur que d'habitude et ce n'est pas peu dire, est au centre de l'arène, le film laisse largement la place à d'autres personnages marquants : la fille du président, sa meilleure amie, le pape (!), des prisonniers en attente de grâce, etc. C'est un vieil homme et l'amer, mais c'est bien davantage, une succession de scènes drôles, émouvantes et parfois sublimes qui permettent d'affirmer que La Grazia est un chef-d'œuvre. Si d'aucuns y voient un monument de superficialité et de grandiloquence, tant pis pour eux, ils ne savent pas tous les instants de plaisir intense qu'ils auront raté.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 janvier 2026
Encore un très bon Sorrentino que voilà ! La Grazia oscille entre pure comédie, drame familial et film politique sans que jamais ses éléments s'annulent. Centré sur un président fictif (incroyablement bien interprêtécpar un Toni Servillo dans sa 7e collaboration avec le réalisateur), le métrage aborde en fil rouge les 6 derniers mois de sa présidence alors qu'il doit décider ou non d'autoriser l'euthanasie, tout en devant gracier ou non deux prisonniers ayant commis un crime passionnel des années plus tôt.
L'occasion d'y joindre un regard rétrospectif sur le temps qui passe, la notion de pardon et le deuil qui bénéficient du soin habituel de dialoguiste de Sorrentino, mais également d'une mise en scène toute en velours (superbe photo de Darua D'Antonio encore une fois) pour un résultat mordant, tendre et touchant
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 janvier 2026
En montrant une fin de mandat creuse et solitaire, Sorrentino n'a pas peur de l'ennui. Et même si les personnages sont bien croqués, les quelques bribes de politique qui auraient pu donner de la consistance restent à peine effleurées. La mise en image est superbe, comme toujours, mais pour un tout bien longuet.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2026
 LA GRAZIA - Paolo Sorrentino | ⭐ 8/10

Après Parthenope, descendu en flèche par la majorité des critiques et des spectateurs, mais l'un de mes films préféré de 2025, Paolo Sorrentino nous revient déjà avec un grand film, beaucoup plus sobre, sur le pouvoir.

À travers le portrait d’un Président vieillissant en fin de mandat, le cinéaste dépasse rapidement le simple film politique pour toucher à des territoires plus universels : la solitude, le doute, l’usure intérieure de ceux qui doivent décider pour les autres.

La mise en scène fascine d’emblée. Sorrentino déploie avec une maîtrise intacte ses travellings élégants, ses ralentis suspendus, ses cadres somptueux, retrouvant son acteur fétiche Tony Servillo, impérial de retenue et de gravité. Le film reste très lent, et parfois inégal, mais il sait alterner avec intelligence les séquences graves et des touches plus légères. Les incursions du rap et de l’électro dans la bande-son insufflent également une énergie inattendue, apportant au récit une modernité bienvenue.

Touchant dans sa manière de filmer un homme de pouvoir confronté à la fin de son mandat, à plusieurs dilemmes moraux, le film s’articule autour de trois décisions majeures : deux grâces présidentielles et une loi sur l’euthanasie.

Pourtant, la réflexion ne va pas suffisamment loin. Dès les premières minutes, des incrustations listant l’étendue vertigineuse des pouvoirs du Président italien rappellent une réalité troublante : des choix déterminants pour des millions de vies concentrés entre les mains d’un seul homme. Et si le film pose explicitement la question « à qui appartiennent nos vies ? », notamment à travers le personnage très intéressant de la fille du Président, il semble toutefois s’arrêter au seuil de cette interrogation.

Avec du recul, l'on regrette que Sorrentino ne dépasse pas totalement le geste esthétique pour engager une réflexion plus frontale, plus critique, sur la nature et les dérives du pouvoir politique.

La Grazia est un grand film, indéniablement, mais dont l’élégance formelle finit par trop contenir ce qu’il aurait pu véritablement venir secouer.

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Direct-actu.fr
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 janvier 2026
Avec La Grazia, Paolo Sorrentino poursuit son exploration du pouvoir en opérant un déplacement radical du regard. Ici, il ne s’agit ni de satire, ni de dénonciation frontale, mais d’un portrait intérieur, presque silencieux, d’un homme confronté à l’épuisement moral que génère la responsabilité suprême. Le film s’éloigne volontairement des chroniques politiques classiques pour s’attacher à ce qui ne se voit pas, le poids invisible des décisions et la fatigue intime qu’elles engendrent.

Le récit épouse le rythme intérieur de Mariano De Santis, président italien en fin de mandat, veuf et profondément seul. Le pouvoir n’est jamais filmé comme un espace de domination, mais comme une charge qui isole et sépare progressivement l’homme de lui-même. Paolo Sorrentino montre comment la fonction finit par prendre toute la place, jusqu’à étouffer la passion, la spontanéité et parfois même le désir de continuer. Cette solitude n’est pas spectaculaire, elle est diffuse, contenue, presque banale, et c’est précisément ce qui la rend profondément humaine.

Le film interroge frontalement la question du doute. Non pas comme une faiblesse, mais comme une forme supérieure de conscience. À rebours d’une époque saturée de certitudes affichées et de discours tranchés, La Grazia défend l’idée qu’hésiter, réfléchir et accepter de ne pas savoir est peut-être l’ultime responsabilité d’un dirigeant. Le doute devient ici un acte politique, une résistance silencieuse face à la simplification du monde.

L’Italie, avec son héritage catholique et ses tensions contemporaines autour de la morale et du progrès, sert de cadre symbolique sans jamais enfermer le film dans un discours national. Le choix d’un président fictif permet à Sorrentino d’élargir la portée de son propos et d’éviter toute lecture partisane. Ce qui l’intéresse, c’est la collision entre foi personnelle, éthique intime et devoir institutionnel, sans jamais chercher à imposer une réponse.

La Grazia assume pleinement sa lenteur et son aspect contemplatif. Chaque silence, chaque regard, chaque plan étiré participe à une esthétique du retrait. Le film demande au spectateur de ralentir, d’écouter et de ressentir. En ce sens, il s’inscrit comme une œuvre profondément contemporaine, qui rappelle que gouverner, comme vivre, consiste parfois à accepter le poids des choix sans chercher à s’en défaire.
Samus
Samus

4 abonnés 6 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 février 2026
« La Grazia » est un film à l’esthétique soignée, porté par de très belles images et une bande-son surprenante, qui contribuent à créer une atmosphère singulière. Le jeu des acteurs est juste et souvent touchant, ce qui rend certaines scènes particulièrement agréables à regarder.
Cependant, malgré ces qualités indéniables, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire. Le rythme, très lent, peine à captiver au début, et il faut attendre une bonne trentaine de minutes avant qu’une révélation vienne réellement éveiller notre curiosité. Malheureusement, cette promesse n’est pas tenue jusqu’au bout : le film retombe vite dans une narration floue, sans véritable fil conducteur ni objectif clair.
Les thématiques abordées sont intéressantes mais trop peu développées pour susciter une réelle émotion ou réflexion. En fin de compte, « La Grazia » laisse une impression mitigée : un bel objet visuel, mais sans véritable direction ni profondeur narrative.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 janvier 2026
Un Sorrentino pas si malin que ça, souvent balourd ou en tous les cas très simplet dans les argumentations présentées et donc carrément malhonnête intellectuellement.
Reste un bon rythme c’est vrai mais un résultat prétentieux dans le fond et bien vide dans la forme.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2026
D'emblée on savoure encore le style du réalisateur, esthétiquement magnifique, des plans soignés et un travail toujours créatif autour de la musique, une dimension contemplative qui pousse à la réflexion plus qu'à l'admiration, mais qui a aussi ses limites, ou plutôt qui pousse le curseur vers une certaine absurdité pas toujours volontaire ou judicieuse ; par exemple comment croire que personne ne viendrait en aide à un président étranger en visite officielle dans une situation malaisante ?! Finalement on est surtout gêné par un homme d'état qui est sans doute trop calme, trop sûr de lui, trop vertueux, trop lisse, dont l'aspérité repose sur une liaison qui ne le concerne pas (vraiment !). Le film est une longue réflexion sur le doute, autant dans ses principes, que dans ses rapports avec la loi, les institutions, ses propres contradictions, et pour exprimer ces doutes et des réflexions la mise en scène de Sorretino s'avère idéale, lancinante sans être monotone, avec quelques instants de grâce (!) non sans émotion (surtout par et avec sa fille). Et mine de rien, le suspense est bel et bien présent : va-t-il voter pour la loi ?! Va-t-il accéder aux deux demandes de grâces présidentielles ?!
Site : Selenie
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 janvier 2026
Mariano De Santis (Toni Servillo) vit les derniers mois de son mandat à la présidence de l’Italie. Cet éminent juriste, immensément respecté, a perdu sa femme et en nourrit un inconsolable chagrin. Il se repose sur sa fille qui travaille à ses côtés au Quirinal. Avant de quitter ses fonctions, il doit encore prendre trois décisions : signer ou pas la loi sur l’euthanasie qui choque ses convictions catholiques, accorder ou pas la grâce à deux meurtriers, un homme qui a abrégé les souffrances de sa femme atteinte d’Alzheimer et une femme qui a assassiné de sang-froid son mari qui la battait.

Paolo Sorrentino est de retour avec son acteur fétiche, Toni Servillo. Voilà de quoi mettre l’eau à la bouche à tous ceux – et ils sont nombreux – qui ont aimé "Il Divo" (2008), "La grande bellezza" (2013) ou "Silvio et les autres" (2018). Certes le grand réalisateur italien avait eu un gros coup de mou avec son dernier film "Parthenope", long clip vidéo sur papier glacé co-réalisé par l’office de tourisme de Naples et Esquire. Mais, comme la bande-annonce de "La grazia" l’avait laissé augurer, il revient en grande forme.

Si on n’y accroche pas ses deux heures treize pourront sembler bien ennuyeuses. Mais je suis vite tombé sous le charme de ce film immobile et en suis ressorti hypnotisé et ravi.

À rebours de l’image qu’on se fait de la vie d’un chef de l’Etat, celle que mène Mariano De Santis est d’un profond ennui. Pas de voyages à l’étranger, de discussions politiques enfiévrées, de dîners officiels, rien que les couloirs silencieux du Quirinal où ce bourreau de travail a arrêté de travailler, laissant à sa fille et à quelques hauts fonctionnaires dévoués les rênes de l’Etat. Son intelligence adamantine lui suffit pour comprendre les dossiers les plus complexes et lui laisse du temps pour se perdre dans ses souvenirs et fumer en cachette de sa fille une cigarette sur la terrasse du Quirinal. Tout au plus s’autorise-t-il une sortie à la Scala où il est ovationné.

J’ai reproché par le passé l’outrance de Sorrentino. Ainsi, je fais partie de ceux, peu nombreux, qui trouvent à redire à "La grande bellezza". On retrouve la trace de ce cinéma dans "La grazia", par exemple dans sa musique. Mais ici, tout est plus feutré, plus sobre, moins tapageur. L’exercice de l’Etat – pour reprendre le titre d’un film français à mon sens surcoté – y est décrit sinon avec plus de réalisme du moins avec moins d’esbrouffe.

Ce qui m’a particulièrement touché dans "La grazia" est une forme de réhabilitation discrète du politique. Ce film réhabilite la fonction présidentielle, loin des caricatures qu’on en voit ces temps-ci de l’autre côté de l’Atlantique, une manière de l’exercer élégante, intelligente, soucieuse de l’intérêt général, dénuée de vulgarité et de démagogie.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 janvier 2026
Rencontres du cinéma italien de Toulouse
Une fois son président totalement imaginé, Paolo Sorrentino, n’a pas, repris le cours de sa fiction au plus près de ce qui aurait pu être une libre inspiration de l’histoire présidentielle contemporaine. Dommage A six mois de la retraite, en passe de signer ( ou pas ) une loi sur l’euthanasie, et deux grâces présidentielles, notre héros s’enfonce dans sa solitude où les fantômes du passé le tarabustent. Pour une infidélité d'épouse, qu’il n’a jamais pardonnée, d’autant que le nom de son amant demeure toujours un mystère. Il ne le supporte pas au point d’abandonner ses responsabilités, confiées principalement à sa fille qui tente de le remettre en selle, mais peine à la tâche. A l’image du réalisateur qui après nous avoir promené joliment dans les couloirs présidentiels, y tourne en rond, ressassant comme son protégé, des scènes et des histoires déjà abordées. Ça s’enlise, redondant à l’extrême, pour trop de thèmes brassés . Toni Servillo, parait tout aussi affecté par son personnage, brisé de l’intérieur , d’où ressortent le noir et le désespoir . Il sauve néanmoins la mise
Pour en savoir plus :
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Boby 53
Boby 53

26 abonnés 249 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 février 2026
Assez d'accord avec les critiques négatives du film: si l'interprétation est plutôt réussie,l a mise en scène, malgré qqes plans superbes, pêche par un conformisme figé, et l'on a parfois l 'impression que Sorrentino se regarde filmer. C'est long, très long, trop long. Des plans inutiles, une fin à tiroir, et des facilités scénaristiques qui gâchent l'ensemble.
tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 février 2026
Après un démarrage poussif, mais nécessaire à l’installation de son personnage. Paolo Sorrentino nous embarque dans les pensées, les réflexions de son personnage de président fictionnel qui nous réconcilie avec la politique. Ou comment la pensée doit présider à la décision et à l’action. La réalisation regorge d’originalité et Toni Servillo livre une prestation magistrale où l’austérité de façade se double de sensibilité, de nostalgie et même d’humour. La musique, souvent en décalage des images joue également un grand rôle. Beau et attachant.
Charles-Maxime
Charles-Maxime

62 abonnés 58 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 février 2026
Un film très moderne dans sa mise en image avec des effets visuels époustouflants (la scène de danse dans la salle obscure - réelle mise en abîme, un régal), ou dans le choix de la bande son (intro exceptionnelle, rap italien tranchant).

Sur le fond, le questionnement d’un homme de pouvoir en proie aux doutes a un aspect passionnant mais le film reste trop en surface, tourne en rond et offre de nombreuses longueurs.
corinne nord
corinne nord

4 abonnés 29 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 février 2026
Un président doit choisir qui gracier ok mais franchement je ne suis pas du tout rentrée dans l'histoire c'est long ça ne s'enchaîne pas quelques passages humour mais sinon? Je n'ai rien compris à la mise en scène ni au choix du scénario en dépit des efforts pour organiser
mutabilis
mutabilis

1 abonné 27 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 février 2026
Il faut pénétrer dans ce film, mon ami l'a trouvé excellent, mais ce n'est pas mon cas car je me suis ennuyée. Le film est long, froid, avec des scènes ridicules comme la réception du président portugais, ce n'est même pas amusant.
J'ai trouvé qu'il y avait un manque de sincérité : l'idée de faire un film qui sort du lot, très lent, tout en se voulant moderne en incorporant un ballet dont les figures ressemblent à des exercices de gym et qui n'a rien à voir avec le sujet du film, une musique du même genre etc. On sent la prétention du metteur en scène.
Il reste Rome qui est une ville magnifique et des images assez belles, mais quel ennui !
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