1173 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
150 critiques spectateurs
5
25 critiques
4
73 critiques
3
23 critiques
2
25 critiques
1
2 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Fr_rouge
1 critique
Suivre son activité
4,0
Publiée le 8 février 2026
Excellent Sorentino ,le scénario est épatant . les personnages sont attachants , les acteurs excellents et on hésite entre l’humour , l’émotion et la tendresse
Paolo Sorrentino livre ici une bouleversante œuvre sur le deuil, comme autant de réponses à sa propre histoire et la disparition tragique de ses parents survenue il y a 40 ans.
Son acteur fétiche, Toni Servillo, est ici une nouvelle fois magistral de charisme et de retenue dans la peau d’un homme politique, encore une fois, cette fois-ci président de la République italienne. À quelques mois de la fin de son mandat, et aidé de sa fille brillante juriste, il doit se prononcer sur une loi autorisant l’euthanasie et sur deux demandes de grâce. Problème, ce président n’accepte pas la mort : celle de sa femme, celle de son cheval, celle que cette loi vise à faciliter. Ce film suit les réflexions douloureuses de cet homme qui va devoir trouver la grâce pour l’aider à avancer.
Dans La Grazia – et comme toujours chez Sorrentino – tout est affaire d’allégories. Toni Servillo est bien sûr l’alter ego du réalisateur. Dans le film, l’homme politique qu’il joue est incapable d’accepter que sa femme disparue, Aurora, l’ait trompé il y a 40 ans. Aurora, c’est l’aurore, c’est-à-dire chaque jour qui passe, la vie. Il y a 40 ans, Sorrentino perdait ses parents dans un tragique accident. Une mort non naturelle, violente, injuste, inacceptable, véritable entorse au cours de la vie. Comme pour Sorrentino qui l’a démontré avec son grand film La Main de Dieu, ce président va être appelé à accepter le deuil. Car ce n’est pas avec n’importe qui que sa femme l’a trompé, c’est avec une représentation de la mort que l’on retrouve tout le long du film (sans que je n’en dise plus ici pour ne pas spoiler). Les demandes de grâce symbolisent la douleur du deuil et le renoncement. La fin du mandat, le temps qui passe.
À cette brillante réflexion, Sorrentino joint une maîtrise artistique parfaite, que ce soit en termes d’image ou de musique. La bande son est sublime, la mise en scène remarquable et peut-être plus retenue qu’à l’accoutumée. La Grazia est un grand film, mon préféré de l’année, qu’il faut voir ou revoir.
« La Grazia » est restée à l’affiche 9 semaines consécutives en France, ce qui pour un film en vost italienne et qui dure 2h13 est déjà un exploit. Cette fin de règne d’un Président de la République emprise de doute est très bien rendue de l’intérieur, c’est contemplatif mais plein de sagesse, la sagesse de ne rien faire, plutôt que de heurter en ces temps où tout est source de critique. Ce président d’un autre temps n’est pas celui des petites phrases liées à l’actualité mais du temps long.
Osant un rythme lancinant pour coller à l’état d’esprit du héros (magistral Toni Servillo), la réalisation se distingue par sa maîtrise du montage, son utilisation pertinente de la musique, l’instauration d’une atmosphère feutrée. Aussi justes dans l’humour que dans l’émotion, les dialogues savent aussi (qualité rare) faire place à un silence explicite, renforçant la mélancolie dans laquelle baigne ce pur drame. A partir des dernières décisions imposées au chef d’Etat italien, permettant d’évoquer des sujets polémiques tels que la grâce présidentielle ou l’euthanasie, le récit explore la complexité des relations humaines, le poids du passé, les tracas de toute existence au moins autant que la difficulté de décisions politiques présentées dans la banalité d’un quotidien extraordinaire. Ainsi le portrait d’un juriste parvenu aux plus hautes fonctions dessine surtout une âme profondément triste, peinant à se rattacher à la vie autant qu’à espérer la mort. Di chi sono i nostri giorni?…
Mariano De Santis, grand Juriste intègre, accessoirement Président de la République Italienne en fin de mandat, aborde l'une des dernières étapes importantes de sa vie de Citoyen & d'Homme, réalisant un vaste bilan professionnel & sentimental, tentant de prendre l'altitude la plus élevée - tout le recul nécessaire, afin de d'obtenir une vision d'ensemble la plus précise.
Chose pas vraiment évidente, lorsque l'Être le plus cher à votre cœur n'est plus.
Cette posture lui permet peut-être d'avoir la lucidité - une acuité accrue afin de trancher au plus Juste ~ au plus "Humain"... les tous derniers Dossiers, d'ordre Éthique qui résonnent énormément en son for intérieur.
Le film est, à mes yeux, dans le prolongement de Youth, réflexions sur la Vie ~ ces Choses qui nous font avancer & vibrer ~ les Liens qui cimentent ou brisent Amours - Famille & Amitiés ~ une Société ~ une Civilisation en pleine évolution.
Toni Servillo est extraordinaire de sensibilité, de puissance & de drôlerie.
Paolo Sorrentino signe, là encore, un Grand Film qui risque de résonner un moment dans quelques têtes.
C’est un Paolo Sorrentino grand cru qui nous est offert en ce début d’année 2026 ! Le réalisateur italien est de retour moins d’un an après Parthenope, que je n’avais pas vu et qui a reçu un accueil plutôt mitigé. Cette fois, le public est plutôt enthousiaste pour ce film où l’on retrouve l’inamovible Tony Servillo, acteur fétiche et ami de Sorrentino, incarnant le président italien Mariano de Santis. Juste avant de rendre son tablier de président, il doit plancher sur quelques dossiers importants : doit-il légaliser l’euthanasie et accorder sa grâce présidentielle à un homme et à une femme, coupables d’avoir assassiné leur conjoint ?
Des sujets passionnants, que le réalisateur traite avec beaucoup de délicatesse et de finesse. On retrouve là le Sorrentino que l’on aime, - auteur, rappelons-le, d'unes des meilleures séries de ces dernières années avec The New Pope) - avec son sens du cadre inégalable, sa photographie toujours splendide, ses envolées baroques et oniriques, et son humour à froid, pour dresser le portrait d’un homme au crépuscule de sa vie, qui s’ennuie terriblement depuis que son épouse est décédée, et à laquelle il pense sans cesse.
Un personnage attachant, mélancolique, esquissé avec soin et subtilité par le réalisateur italien, dans un film où l’on parle peu, et qui se révèle très captivant par sa profondeur, sa beauté, sa douceur et la grâce qui s’en dégage.
Les affres du président de la République italienne, qui doit statuer sur une loi relative à l'euthanasie, et sur deux dossiers de grâce pour deux condamnés. À ceci se greffent des inquiétudes personnelles où ce vieux président qui termine son mandat dans quelque mois se pose des questions concernant sa femme.
Paolo Sorrentino arrive à rendre cette histoire intéressante. Le spectateur n'a pas envie de décrocher et se demande ce qu'il va décider. Notamment, car nous percevons des éléments qui vont aider ce juriste à prendre ses décisions. Et nous voyons comment il fait pour arriver à prendre sa décision, en particulier pour les deux grâces qui lui sont soumises.
Un film au ton bien à lui, en particulier concernant son sujet et son rythme. Comme quoi il est possible de faire un film lent, qui accroche et tient le spectateur jusqu'au bout.
C’est le film idéal pour un samedi soir… si tu souffres d’insomnie sévère. Visuellement, c’est somptueux, rien à dire : Rome est plus belle que jamais et chaque plan ressemble à un tableau de maître. La bande originale est tellement impeccable et percutante qu’elle fait office de réveil-matin dès que tes paupières deviennent trop lourdes. Quant à Toni Servillo, il joue les Présidents fatigués avec une telle conviction qu’il te transmet instantanément sa léthargie.
Le vrai problème, c’est le rythme. On est sur des montagnes russes émotionnelles, mais en version escargot. Le film passe son temps à hésiter entre le chef-d’oeuvre contemplatif et le somnifère de compétition, mettant ton attention à rude épreuve. Juste au moment où tu t’apprêtes à capituler et à éteindre la télé, Sorrentino te balance une réplique ciselée ou une étincelle de génie pour te raccrocher in extremis au wagon, avant de te replonger dans un tunnel de maniérisme. Bref, c’est très beau, c’est très long, et ça se regarde surtout d’un oeil… pendant que l’autre dort déjà.
Malgré de très belles images, une photographie maîtrisée et une esthétique soignée, les douces et chantantes voix italiennes, La Grazia n’a pas réussi à me captiver au point de lutter pour rester concentrée. Le rythme est lent, sans dynamisme, sans fil conducteur ce qui donne une impression de flottement et d’absence de direction narrative. En dépit de ses qualités esthétiques indéniables je suis complètement passée à côté…
film philosophique, poussant à la contemplation, la réflexion, la remise en question sur le temps que nous ne pouvons pas contrôler. Je l'ai regardé en 3 fois, il est un peu trop long à ingurgiter en une fois.
J'ai adoré ce film. Je m'attendais à un film beaucoup plus technique sur les rouages techniques du système politique italien. Au lieu de cela, on assiste à un cheminement intellectuel passionnant d'un président en fin d'exercice. Ce qui m'a frappé comme particulièrement agréable, c'est la sensation de pouvoir faire confiance au personnage principal. On est projeté à ses côtés pour mieux réaliser ce qu'est ou ce que devrait être un président : le trait d'union de toute une société diverse, entre jeunesse et vieillesse, passé et présent, tout ceci conjugué aux défis de sa propre vie personnelle. Mais à un tel niveau de fonction, l'on est confronté à des questions morales essentielles, déterminantes pour la vie de ses concitoyens. Quoi répondre, quand, comment ? Pourquoi cet homme le saurait mieux que d'autres ? Je soulignerais aussi que la manière de filmer était elle aussi réconfortante, tantôt avec une vue légèrement du dessus ou en plan très serré. Cela donnait une ambiance bien souvent intime, très constructive pour être projeté dans le processus de réflexion du personnage.
Paradoxalement, malgré un ennui qui s'est assez rapidement installé, je suis resté devant l'écran pour, en finale le regretter . En dépit de mon espoir, je ne suis pas parvenu à rentrer dans ce film qui, en conclusion, se résume à un fatras de réflexions sur des sujets par ailleurs majeurs : l'euthanasie, la fidélité dans le couple, le pardon, l'indulgence versus le droit ... La photographie est très belle et le jeu des acteurs de haut niveau mais le scénario est encombré d'incongruités dont je me pose la question de la pertinence de leur présence : l'arrivée du vieux président portugais sous une pluie battante sans que quiconque se précipite pour l'abriter d'un parapluie . Oui, quelqu'un s'y hasarde mais bien sûr le parapluie est retourné par le vent qui en soulevant le tapis jette ce pauvre président à terre . Et puis ce robot qui soudainement surgit en rue et finalement prend la tête du cortège présidentiel ... Bon cela a sans doute un un sens hautement symbolique ou philosophique ou psychologique ou les trois à la fois . Mais voilà, pour ce qui me concerne je ne suis pas parvenu à franchir le pas de la porte de La Grazia.
Vu de France, le film vaut le cout rien que pour les 2 premières minutes, où sont énoncés la fonction et les prérogatives du président de la République italienne : indépendant des parties et élu pour sa capacité à créer du lien, il incarne l’unité nationale… On en rêverait ! On suit le dernier mandat avant la retraite d’un président imaginaire, Mario De Santis. Six mois avant la fin, il perd le pouvoir de dissoudre, ce qui marque le début de son sevrage du pouvoir. Il peut encore pondérer les pouvoirs législatifs et judiciaires en proposant des corrections à des lois votées ou en usant de la grâce présidentielle pour des condamnés ayant purgé une grande partie de leur peine. Sans remettre en cause la culpabilité il peut ainsi « corriger une situation humaine exceptionnelle »... Mais il renâcle. La Grâce (au centre du film par son titre) s’applique selon le cœur et non selon le droit. Est-il apte pour ce rôle, lui dont le surnom dans le milieu politique est « Béton armé » ? Une étrange scène de tempête lors d’une cérémonie officielle montre un certain déficit d’empathie. spoiler: Il traine également à promulguer une loi votée sur l’euthanasie, malgré la pression de sa fille, son chef de cabinet. Solitude du pouvoir dans les décisions ultimes… il regarde un cheval à l’agonie auquel il refuse le coup de grâce, il prend conseil auprès d’un pape noir et rigolard, il converse avec un astronaute qui verse une larme qui flotte en apesanteur… Sorrentino sait poser les questions sensibles, et dégager les enjeux sans asséner de certitude. Ce qui frappe, c’est qu’il n’a pas ou peu intégré la dictature du « sans prétention », Il refuse cette culture de l’humilité cinématographique, quitte à s’attirer les foudres des gardiens du temple (Libération, les inrocks, les cahiers du cinéma, le Monde, les 4 plus mauvaises critiques d’Allociné ). Il veut de l’enjeu et des situations exceptionnelles, et une mise en scène ambitieuse. ça fait plaisir à voir, un cinéaste qui n’a pas peur de son ombre. C’est aussi une belle histoire d’amour avec sa femme morte il y a quelques années. Sa moitié manquante… il se sent dépossédé de lui-même. Depuis, le « béton armé » est sans doute venu colmater une peur d’interagir avec la vie en l’absence d’elle.