Heureusement qu'il existe des amis qui savent trouver les mots qu'il faut pour vous remettre dans le bon chemin : je n'avais pas du tout aimé "Parthenope", le film précédent de Paolo Sorrentino, plus le fait de lire des critiques négatives, tout cela tendait à me faire abandonner l'envie d'aller voir "La Grazia", le nouveau film de ce réalisateur italien. Heureusement, des amis qui, eux aussi, n'avaient pas aimé "Parthenope", m'ont dit que "La Grazia" était un excellent film et ... ils avaient raison ! Toni Servillo y interprète le rôle de Mariano De Santis, un Président de la République italien à qui il reste 6 mois de mandat, un homme qui était follement amoureux de sa femme, décédée quelques années auparavant et dont il est persuadé qu'elle l'a trompé 40 ans plus tôt avec un amant dont il ignore le nom, et cela le mine. En tant que président, il doit choisir entre être traité de tortionnaire s'il ne signe pas un projet de loi autorisant l'euthanasie et d'assassin si il le signe. Sa fille le pousse à signer, sa foi catholique et son ami le Pape le poussent à ne pas signer. En tant que Président, il doit aussi se prononcer sur 2 demandes de grâce liées à des crimes passionnels. "La Grazia" est un film d'une grande intelligence sur la comédie du pouvoir, sur la nocivité de la jalousie, sur le doute et la mélancolie qui, souvent, accompagnent la vieillesse, sur les différences de perception entre les générations sur les sujets de société. C'est, en plus, souvent très drôle tout en restant toujours d'une grande finesse. La photographie de Daria D'Antonio est magnifique que ce soit dans la scrutation des visages ou dans la restitution des paysages, souvent brumeux. Quant à l'interprétation, elle est excellente, avec, en particulier, un Toni Servillo au sommet de son art dans le rôle de Mariano De Santis. Mesdames des Inrocks et de Libé, Monsieur des Cahiers, soit vous êtes de mauvaise foi, soit vous vous êtes égaré(e)s en devenant critiques de cinéma !