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albaster
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2,0
Publiée le 5 septembre 2026
Paradoxalement, malgré un ennui qui s'est assez rapidement installé, je suis resté devant l'écran pour, en finale le regretter . En dépit de mon espoir, je ne suis pas parvenu à rentrer dans ce film qui, en conclusion, se résume à un fatras de réflexions sur des sujets par ailleurs majeurs : l'euthanasie, la fidélité dans le couple, le pardon, l'indulgence versus le droit ... La photographie est très belle et le jeu des acteurs de haut niveau mais le scénario est encombré d'incongruités dont je me pose la question de la pertinence de leur présence : l'arrivée du vieux président portugais sous une pluie battante sans que quiconque se précipite pour l'abriter d'un parapluie . Oui, quelqu'un s'y hasarde mais bien sûr le parapluie est retourné par le vent qui en soulevant le tapis jette ce pauvre président à terre . Et puis ce robot qui soudainement surgit en rue et finalement prend la tête du cortège présidentiel ... Bon cela a sans doute un un sens hautement symbolique ou philosophique ou psychologique ou les trois à la fois . Mais voilà, pour ce qui me concerne je ne suis pas parvenu à franchir le pas de la porte de La Grazia.
Le réalisateur Paolo Sorrentino évoque le destin fictif d’un président de la République italienne dont le mandat touche à sa fin. Ce portrait d’un homme marqué par le deuil et usé par le temps convoque une réflexion pertinente sur l’usure du pouvoir et l’importance de la mémoire face aux innombrables choix à la fois personnels et évidemment dans sa carrière d’homme politique. Cette vision pudique et empreinte d’une révérence certaine à la fonction d’homme d’état qu’il représente, le cinéaste italien offre par sa mise en scène à l’élégance discrète un long-métrage abouti porté par une excellente distribution.
Osant un rythme lancinant pour coller à l’état d’esprit du héros (magistral Toni Servillo), la réalisation se distingue par sa maîtrise du montage, son utilisation pertinente de la musique, l’instauration d’une atmosphère feutrée. Aussi justes dans l’humour que dans l’émotion, les dialogues savent aussi (qualité rare) faire place à un silence explicite, renforçant la mélancolie dans laquelle baigne ce pur drame. A partir des dernières décisions imposées au chef d’Etat italien, permettant d’évoquer des sujets polémiques tels que la grâce présidentielle ou l’euthanasie, le récit explore la complexité des relations humaines, le poids du passé, les tracas de toute existence au moins autant que la difficulté de décisions politiques présentées dans la banalité d’un quotidien extraordinaire. Ainsi le portrait d’un juriste parvenu aux plus hautes fonctions dessine surtout une âme profondément triste, peinant à se rattacher à la vie autant qu’à espérer la mort. Di chi sono i nostri giorni?…
Les affres du président de la République italienne, qui doit statuer sur une loi relative à l'euthanasie, et sur deux dossiers de grâce pour deux condamnés. À ceci se greffent des inquiétudes personnelles où ce vieux président qui termine son mandat dans quelque mois se pose des questions concernant sa femme.
Paolo Sorrentino arrive à rendre cette histoire intéressante. Le spectateur n'a pas envie de décrocher et se demande ce qu'il va décider. Notamment, car nous percevons des éléments qui vont aider ce juriste à prendre ses décisions. Et nous voyons comment il fait pour arriver à prendre sa décision, en particulier pour les deux grâces qui lui sont soumises.
Un film au ton bien à lui, en particulier concernant son sujet et son rythme. Comme quoi il est possible de faire un film lent, qui accroche et tient le spectateur jusqu'au bout.
Paolo Sorrentino livre ici une bouleversante œuvre sur le deuil, comme autant de réponses à sa propre histoire et la disparition tragique de ses parents survenue il y a 40 ans.
Son acteur fétiche, Toni Servillo, est ici une nouvelle fois magistral de charisme et de retenue dans la peau d’un homme politique, encore une fois, cette fois-ci président de la République italienne. À quelques mois de la fin de son mandat, et aidé de sa fille brillante juriste, il doit se prononcer sur une loi autorisant l’euthanasie et sur deux demandes de grâce. Problème, ce président n’accepte pas la mort : celle de sa femme, celle de son cheval, celle que cette loi vise à faciliter. Ce film suit les réflexions douloureuses de cet homme qui va devoir trouver la grâce pour l’aider à avancer.
Dans La Grazia – et comme toujours chez Sorrentino – tout est affaire d’allégories. Toni Servillo est bien sûr l’alter ego du réalisateur. Dans le film, l’homme politique qu’il joue est incapable d’accepter que sa femme disparue, Aurora, l’ait trompé il y a 40 ans. Aurora, c’est l’aurore, c’est-à-dire chaque jour qui passe, la vie. Il y a 40 ans, Sorrentino perdait ses parents dans un tragique accident. Une mort non naturelle, violente, injuste, inacceptable, véritable entorse au cours de la vie. Comme pour Sorrentino qui l’a démontré avec son grand film La Main de Dieu, ce président va être appelé à accepter le deuil. Car ce n’est pas avec n’importe qui que sa femme l’a trompé, c’est avec une représentation de la mort que l’on retrouve tout le long du film (sans que je n’en dise plus ici pour ne pas spoiler). Les demandes de grâce symbolisent la douleur du deuil et le renoncement. La fin du mandat, le temps qui passe.
À cette brillante réflexion, Sorrentino joint une maîtrise artistique parfaite, que ce soit en termes d’image ou de musique. La bande son est sublime, la mise en scène remarquable et peut-être plus retenue qu’à l’accoutumée. La Grazia est un grand film, mon préféré de l’année, qu’il faut voir ou revoir.
Mariano De Santis, grand Juriste intègre, accessoirement Président de la République Italienne en fin de mandat, aborde l'une des dernières étapes importantes de sa vie de Citoyen & d'Homme, réalisant un vaste bilan professionnel & sentimental, tentant de prendre l'altitude la plus élevée - tout le recul nécessaire, afin de d'obtenir une vision d'ensemble la plus précise.
Chose pas vraiment évidente, lorsque l'Être le plus cher à votre cœur n'est plus.
Cette posture lui permet peut-être d'avoir la lucidité - une acuité accrue afin de trancher au plus Juste ~ au plus "Humain"... les tous derniers Dossiers, d'ordre Éthique qui résonnent énormément en son for intérieur.
Le film est, à mes yeux, dans le prolongement de Youth, réflexions sur la Vie ~ ces Choses qui nous font avancer & vibrer ~ les Liens qui cimentent ou brisent Amours - Famille & Amitiés ~ une Société ~ une Civilisation en pleine évolution.
Toni Servillo est extraordinaire de sensibilité, de puissance & de drôlerie.
Paolo Sorrentino signe, là encore, un Grand Film qui risque de résonner un moment dans quelques têtes.
C’est le film idéal pour un samedi soir… si tu souffres d’insomnie sévère. Visuellement, c’est somptueux, rien à dire : Rome est plus belle que jamais et chaque plan ressemble à un tableau de maître. La bande originale est tellement impeccable et percutante qu’elle fait office de réveil-matin dès que tes paupières deviennent trop lourdes. Quant à Toni Servillo, il joue les Présidents fatigués avec une telle conviction qu’il te transmet instantanément sa léthargie.
Le vrai problème, c’est le rythme. On est sur des montagnes russes émotionnelles, mais en version escargot. Le film passe son temps à hésiter entre le chef-d’oeuvre contemplatif et le somnifère de compétition, mettant ton attention à rude épreuve. Juste au moment où tu t’apprêtes à capituler et à éteindre la télé, Sorrentino te balance une réplique ciselée ou une étincelle de génie pour te raccrocher in extremis au wagon, avant de te replonger dans un tunnel de maniérisme. Bref, c’est très beau, c’est très long, et ça se regarde surtout d’un oeil… pendant que l’autre dort déjà.
Le thème du film ? A qui appartiennent nos jours ?, question qui revient à plusieurs moments alors qu'une loi sur l'euthanasie n'attend que la signature du vieux président de la République pour être promulguée, et que l'agonie d'un cheval laisse ce dernier songeur. Oui, mes proches ont répondu cela à ma question. Or, je pense moi que le thème principal tourne autour du bon choix. Comment le prendre, comment être sûr que c'est le bon, quelles sont les qualités pour le prendre ?
spoiler: Le président italien vieillissant et dont le mandat s’achève, et son monde aussi, est un juriste professionnel et respecté, un juge. Il n'a de cesse d'être extrêmement prudent, pesant ses mots et s'appuyant absolument sur le droit, sur les codes. Pour trancher, il lui faut des arguments juridiques. Il défend la longueur du code pénal je crois, car la longueur prouve le sérieux de cette discipline, car rien n'a été laissé au hasard. Il justifie la lenteur de la bureaucratie car elle permet de ne pas prendre des décisions à la légère. Il prend son temps lui-même, beaucoup trop de temps d'après son entourage, à commencer par sa fille, juriste elle aussi. Idem pour les deux dossiers de demande de grâce présidentielle que lui seul peut trancher et qui concernent deux meurtres de conjoints sur conjoints. C'est là que l'amour et la passion s'infiltrent dans le raisonnement a priori totalement rationnel du personnage. Bien sûr, il ne l'est pas, car il est accablé par la mort de sa femme adorée, huit ans après, et par sa connaissance du fait qu'il y a quarante ans de cela, celle-ci l'avait trompé, mais avec qui ? Il ne cesse d'y penser. Cela le ronge.
Ce personnage n'est pas heureux. Sa femme lui manque chaque seconde de sa vie. Il se sent vieillir. Il n'arrive pas à rêver, ce qui le désole. Il se sent lourd. Il n'arrive pas à décider car les enjeux des décisions à prendre sont très complexes et font intervenir d'autres paramètres que le droit. Il doit sortir de sa zone de confort. Il est aussi très intelligent et très sensible sous sa carapace de juge. C'est cela qui le sauve. Comme disait Leonard Cohen, "there is a crack in everything, that's where the light comes in." Le personnage apprécie la fantaisie et les outrances de Coco, une amie d'enfance très artiste. Il s'ouvre à d'autres formes d'art. Il s'étonne de comportements qu'il ne comprend pas (l'astronaute qui pleure et qui rit). Sa déclaration d'amour finale à Aurora, sa femme, est très poétique et sensible. Les personnages de ses enfants et du remarquable pape sont également très intéressants.
Sur le plan esthétique, le film est très beau : l'image, la lumière, les cadrages qui ressemblent à des tableaux. Certaines scènes sont quasi oniriques et féériques, comme les souvenirs de la première rencontre du président avec sa femme, ou l'arrivée chaotique du vieux président portugais.
Il y a plusieurs lieux mais l'ensemble pourrait très bien être une pièce de théâtre et je ne sais pas trop pourquoi.
Clairement, les nombreux plans de couloirs et de personnages dans des couloirs vides a un sens. Est-ce le symbole du passage du temps ?
La bande son est surprenante, car parfois, sur des images qui semblent très "conservatrices", un vieil homme sérieux en costard sombre, on entend de la musique électronique plutôt dansante. Cette musique revient. Le rap aussi s'introduit dans l'histoire au point que le président, qui semble y avoir pris goût, décore un rappeur dans un salon doré.
Dans le cadre de son cinéma de stature et ambitieux, P. Sorrentino poursuit sa collaboration avec son acteur de référence, T. Servillo, parfait ici encore. De nouveau il se penche sur les hautes sphères du pouvoir, côté coulisses, dans l'intimité des pensées d'un président mélancolique, en fin de règne. La solitude de l'homme et la nostalgie de l'être chère disparue sont finement mises en avant, avec les tergiversations liées aux décisions le l'exercice du mandat. Le réalisateur propose des moments de grâce suspendus, des dialogues profonds même si le métrage s'étire sur la durée.
La Grazia raconte les six derniers mois du mandat du président Mariano De Sanctis, interprété par Toni Servillo, l’acteur fétiche de Paolo Sorrentino. Mariano doit prendre trois décisions majeures : accorder ou non deux grâces présidentielles à des personnes ayant tué leur conjoint dans des circonstances très différentes, ainsi qu’approuver une loi autorisant l’euthanasie.
Ancien juriste, Mariano est un homme extrêmement réfléchi qui prend toujours le temps de peser chaque décision. Cette prudence fait de lui un président juste, mais aussi hésitant et parfois trop frileux. Sa vie entière est réglée avec minutie, jusqu’à ses repas, comme si rien ne pouvait être laissé au hasard. Le film suit alors les nombreuses discussions qu’il entretient avec son entourage, chacune cherchant à influencer sa position. Sa fille et conseillère Dorotea défend l’euthanasie, tandis que le pape, qui est aussi son ami proche, y est totalement opposé. Mariano se retrouve ainsi plongé dans un dilemme moral complexe entre sa foi, ses convictions personnelles et sa famille. Il résume parfaitement son conflit intérieur lorsqu’il déclare : « Si je refuse, je suis un tortionnaire ; si j’accepte, je suis un tueur. »
Le film humanise beaucoup Mariano. Lassé du protocole et des conventions qui encadrent son existence, il cherche peu à peu à retrouver une forme de simplicité et de spontanéité. Il développe des passions inattendues, comme le rap à travers sa relation avec Guay, et aspire à vivre des moments ordinaires : manger une pizza, se promener librement ou encore attendre dans une salle d’attente comme n’importe qui.
Malgré son élégance et le faste du palais présidentiel dans lequel il vit, Mariano apparaît profondément seul. Il évoque constamment sa jeunesse et reste hanté par la mort de sa femme. Pourtant, derrière cette nostalgie se cache aussi une immense rancœur liée à une infidélité vieille de plus de quarante ans, dont il cherche encore à découvrir l’identité de l’amant. Certaines discussions autour de la bourgeoisie en pantalons blancs et vestes rouges rappellent d’ailleurs fortement une autre œuvre de Sorrentino.
Même si le film traite de sujets sérieux, il conserve plusieurs touches d’humour visuel servant son propos. La scène du spoiler: vieux président portugais arrivant au palais symbolise par exemple la peur de Mariano de perdre son autonomie, tandis que le pape circulant en scooter souligne sa modernité. Le film crée également plusieurs parallèles symboliques, notamment entre le débat sur l’euthanasie et la relation que Mariano entretient avec son cheval.
Les deux demandes de grâce amènent Mariano et Dorotea à rencontrer les condamnés. Mariano rend visite à Cristiano, un vieil homme admiré dans son village ayant mis fin aux souffrances de sa femme atteinte d’Alzheimer, tandis que Dorotea rencontre Isa, une femme ayant tué son mari violent. Ces personnages sont leur reflets de leur propre questionnement existentiel : comment retrouver une forme de légèreté et réussir enfin à respirer.
Chaque plan est magnifique, travaillé avec une grande élégance visuelle. Pourtant, derrière cette beauté se cache une froideur permanente qui reflète parfaitement l’état émotionnel de Mariano. L’art occupe également une place importante dans le film, notamment à travers Coco, une grande amie du président présente dans plusieurs soirées artistiques. Le rythme reste lent et contemplatif du début à la fin, ce qui pourra sembler un peu long dans sa dernière partie, mais participe aussi à l’atmosphère mélancolique et introspective de l’œuvre.
film philosophique, poussant à la contemplation, la réflexion, la remise en question sur le temps que nous ne pouvons pas contrôler. Je l'ai regardé en 3 fois, il est un peu trop long à ingurgiter en une fois.
« La Grazia » est restée à l’affiche 9 semaines consécutives en France, ce qui pour un film en vost italienne et qui dure 2h13 est déjà un exploit. Cette fin de règne d’un Président de la République emprise de doute est très bien rendue de l’intérieur, c’est contemplatif mais plein de sagesse, la sagesse de ne rien faire, plutôt que de heurter en ces temps où tout est source de critique. Ce président d’un autre temps n’est pas celui des petites phrases liées à l’actualité mais du temps long.
J'ai adoré ce film. Je m'attendais à un film beaucoup plus technique sur les rouages techniques du système politique italien. Au lieu de cela, on assiste à un cheminement intellectuel passionnant d'un président en fin d'exercice. Ce qui m'a frappé comme particulièrement agréable, c'est la sensation de pouvoir faire confiance au personnage principal. On est projeté à ses côtés pour mieux réaliser ce qu'est ou ce que devrait être un président : le trait d'union de toute une société diverse, entre jeunesse et vieillesse, passé et présent, tout ceci conjugué aux défis de sa propre vie personnelle. Mais à un tel niveau de fonction, l'on est confronté à des questions morales essentielles, déterminantes pour la vie de ses concitoyens. Quoi répondre, quand, comment ? Pourquoi cet homme le saurait mieux que d'autres ? Je soulignerais aussi que la manière de filmer était elle aussi réconfortante, tantôt avec une vue légèrement du dessus ou en plan très serré. Cela donnait une ambiance bien souvent intime, très constructive pour être projeté dans le processus de réflexion du personnage.
C’est un Paolo Sorrentino grand cru qui nous est offert en ce début d’année 2026 ! Le réalisateur italien est de retour moins d’un an après Parthenope, que je n’avais pas vu et qui a reçu un accueil plutôt mitigé. Cette fois, le public est plutôt enthousiaste pour ce film où l’on retrouve l’inamovible Tony Servillo, acteur fétiche et ami de Sorrentino, incarnant le président italien Mariano de Santis. Juste avant de rendre son tablier de président, il doit plancher sur quelques dossiers importants : doit-il légaliser l’euthanasie et accorder sa grâce présidentielle à un homme et à une femme, coupables d’avoir assassiné leur conjoint ?
Des sujets passionnants, que le réalisateur traite avec beaucoup de délicatesse et de finesse. On retrouve là le Sorrentino que l’on aime, - auteur, rappelons-le, d'unes des meilleures séries de ces dernières années avec The New Pope) - avec son sens du cadre inégalable, sa photographie toujours splendide, ses envolées baroques et oniriques, et son humour à froid, pour dresser le portrait d’un homme au crépuscule de sa vie, qui s’ennuie terriblement depuis que son épouse est décédée, et à laquelle il pense sans cesse.
Un personnage attachant, mélancolique, esquissé avec soin et subtilité par le réalisateur italien, dans un film où l’on parle peu, et qui se révèle très captivant par sa profondeur, sa beauté, sa douceur et la grâce qui s’en dégage.