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Linconnudu13e
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4,0
Publiée le 28 janvier 2026
"La Grazia" est un film déroutant et fascinant, mêlant solennité institutionnelle et touches pop inattendues. Paolo Sorrentino y crée un ton hybride, parfois déstabilisant, mais porté par un jeu d’acteur d’une grande justesse et une mise en scène inventive. Une œuvre singulière, à la fois grave et légère, qui intrigue longtemps après la séance.
Chef-d'oeuvre ! Paolo Sorrentino est un magicien et Toni Servillo sa baguette magique. On est touchés par la grâce. Un film qui ne ressemble à aucun autre, et qui nous renvoie à nous.
Magnifique ! Les fulgurances et la flamboyance légendaire de Sorrentino contenues par la délicate sobriété de Servillo qui nous livre ici sa meilleure performance depuis Il Divo !
Avec un petit quelque chose de surréaliste, La grazia est très attendrissant. Comme si le sujet, les sujets abordés étant d'une certaine lourdeur. Il était besoin d'y adjoindre une touche de légèreté. Vu en Belgique au Quai 10 lors d'une avant première.
Moins ostentatoire que d'habitude, Paolo Sorrentino raconte avec talent la fin de mandat d'un Président de la République Italienne grand juriste pris dans des dilemmes éthiques, juridiques et personnels (loi sur l'euthanasie, jalousie rétrospective, relations avec ses enfants, la Justice...). C'est drôle et brillant avec une interprétation formidable dont le grand Toni Servillo.
Beaucoup de poésie, de rêverie, de philosophie mais aussi de magnifiques plans, un regard philosophique intéressant et un humour raffiné pour sublimer le tout. À voir en VO !
Avec La Grazia, Paolo Sorrentino poursuit son exploration du pouvoir en opérant un déplacement radical du regard. Ici, il ne s’agit ni de satire, ni de dénonciation frontale, mais d’un portrait intérieur, presque silencieux, d’un homme confronté à l’épuisement moral que génère la responsabilité suprême. Le film s’éloigne volontairement des chroniques politiques classiques pour s’attacher à ce qui ne se voit pas, le poids invisible des décisions et la fatigue intime qu’elles engendrent.
Le récit épouse le rythme intérieur de Mariano De Santis, président italien en fin de mandat, veuf et profondément seul. Le pouvoir n’est jamais filmé comme un espace de domination, mais comme une charge qui isole et sépare progressivement l’homme de lui-même. Paolo Sorrentino montre comment la fonction finit par prendre toute la place, jusqu’à étouffer la passion, la spontanéité et parfois même le désir de continuer. Cette solitude n’est pas spectaculaire, elle est diffuse, contenue, presque banale, et c’est précisément ce qui la rend profondément humaine.
Le film interroge frontalement la question du doute. Non pas comme une faiblesse, mais comme une forme supérieure de conscience. À rebours d’une époque saturée de certitudes affichées et de discours tranchés, La Grazia défend l’idée qu’hésiter, réfléchir et accepter de ne pas savoir est peut-être l’ultime responsabilité d’un dirigeant. Le doute devient ici un acte politique, une résistance silencieuse face à la simplification du monde.
L’Italie, avec son héritage catholique et ses tensions contemporaines autour de la morale et du progrès, sert de cadre symbolique sans jamais enfermer le film dans un discours national. Le choix d’un président fictif permet à Sorrentino d’élargir la portée de son propos et d’éviter toute lecture partisane. Ce qui l’intéresse, c’est la collision entre foi personnelle, éthique intime et devoir institutionnel, sans jamais chercher à imposer une réponse.
La Grazia assume pleinement sa lenteur et son aspect contemplatif. Chaque silence, chaque regard, chaque plan étiré participe à une esthétique du retrait. Le film demande au spectateur de ralentir, d’écouter et de ressentir. En ce sens, il s’inscrit comme une œuvre profondément contemporaine, qui rappelle que gouverner, comme vivre, consiste parfois à accepter le poids des choix sans chercher à s’en défaire.
Vu au Festival International du film Politique de Carcassonne. Grâce divine, voire plénitude de vie, ou grâce présidentielle comme un pardon accordé, le film joue des doubles sens et nous transporte dans les questionnements et les doutes de son personnage principal, président bientôt à la retraite, brillamment interprété par Tony Servillo. De nombreux thèmes et métaphores jalonnent le film... Le bilan d'une fin de carrière et d'une fin de vie, les traces qu'on laisse, le lien avec ses enfants, le pardon, les certitudes... Le président est entre classicisme des conventions et modernité de ce qui l'attire (que l'on retrouve dans la bande son) et il nous touche avec ses remises en question. L'obsession qu'il a autour de la vérité se transforme petit à petit en acceptation de se tromper. Et c'est peut-être ça finalement, qui le mène à la grâce...
Film prenant, la thématique abordée sereinement. Les acteurs sont bons ( Prix interprétation à Venise pour Toni Servillo ) , les personnages secondaires existent et ont une épaisseur. C'est un très bon film.
Encore une fois avec Sorrentino la beauté est immense. On suit ici un président qui arrive à la fin de son mandat et va être sollicité sur la signature d’une loi sur l’euthanasie ainsi que des demandes de grâce pour 2 cas, une femme qui a tué son mari violent et un homme qui a tué sa femme qui souffrait d’Alzheimer et ces 3 sujets se lient parfaitement au fur et à mesure. Mais l’essence du film est ailleurs, en explorant ces 3 sujets on est questionné sur la vie, la mort, les relations humaines, la passion et les passions dans la vie, l’amour ou encore la dignité tant de sujets qui tiraillent le personnage. La mise en scène parlante a toujours une place importante dans la narration avec Sorrentino c’est toujours le cas ici mais avec plus de retenue que d’habitude et ça fusionne parfaitement avec le jeu de Toni Servillo, grandiose on est plongé dans sa tête avec ses émotions, ses doutes, ses peurs, ses regrets et tout fonctionne très bien. C’est poétique tout en traitant de sujets sérieux, l’écriture est hyper juste et riche, on en sort remplie de réflexions particulières et un peu plus léger avec la vie :) 4/5
Un film à la fois drôle et émouvant, avec un acteur brillant dans le rôle principal. Vu en avant-première à l’occasion de la semaine du cinéma à l’Ecole alsacienne, j’ai vraiment passé un très bon moment. Certaines scènes s’étalent agréablement sur la durée et l’image du film est très belle. Je recommande !
Rencontres du cinéma italien de Toulouse Une fois son président totalement imaginé, Paolo Sorrentino, n’a pas, repris le cours de sa fiction au plus près de ce qui aurait pu être une libre inspiration de l’histoire présidentielle contemporaine. Dommage A six mois de la retraite, en passe de signer ( ou pas ) une loi sur l’euthanasie, et deux grâces présidentielles, notre héros s’enfonce dans sa solitude où les fantômes du passé le tarabustent. Pour une infidélité d'épouse, qu’il n’a jamais pardonnée, d’autant que le nom de son amant demeure toujours un mystère. Il ne le supporte pas au point d’abandonner ses responsabilités, confiées principalement à sa fille qui tente de le remettre en selle, mais peine à la tâche. A l’image du réalisateur qui après nous avoir promené joliment dans les couloirs présidentiels, y tourne en rond, ressassant comme son protégé, des scènes et des histoires déjà abordées. Ça s’enlise, redondant à l’extrême, pour trop de thèmes brassés . Toni Servillo, parait tout aussi affecté par son personnage, brisé de l’intérieur , d’où ressortent le noir et le désespoir . Il sauve néanmoins la mise Pour en savoir plus : Pour en savoir plus :
excellent film très bien construit avec des intrigues,des sujets graves sur la fin de vie et des situations drôlisimes le pape est surprenant ,moderne mais bien sûr conservateur. les comédiens jouent très justes. bravo au cinéma italien qui n'a vraiment rien à envier au cinéma français
Le catalogue des reproches faits habituellement au cinéma de Paolo Sorrentino est connu : la grandiloquence, la superficialité et ses ambitions felliniennes. Eh bien, à sa manière, La Grazia est une réponse appropriée et sereine, prenant à revers les contempteurs du réalisateur italien qui auront mauvaise grâce, justement, à ne pas reconnaître les qualités d'intelligence et de cœur de son nouveau film, sans même parler de son indéniable profondeur. Le tout, dans une forme apaisée, mais toujours avec une élégance, un raffinement et un sens de l'ironie qui caractérisent son œuvre. La Grazia trace le portrait d'un homme, président de la République italienne en fin de mandat, qui a des décisions difficiles à prendre dans l'exercice de ses responsabilités, et le mot n'a jamais eu autant de sens, liées à un jugement qui doit se référer la loi, mais aussi s'accorder à sa sensibilité d'humain. Celle-ci est d'ailleurs aussi en prise avec son intimité, lui le veuf et l'inconsolable, nostalgique et mélancolique, qui cherche des vérités dans le passé, qu'il ne pourra sans doute jamais trouver. La Grazia est une pure merveille, qui brasse, sans en avoir l'air, et avec une dense légèreté, une quantité de thèmes : la solitude, le temps qui passe, la famille, la fidélité, la foi, la mort, etc. Si Toni Servillo, encore meilleur que d'habitude et ce n'est pas peu dire, est au centre de l'arène, le film laisse largement la place à d'autres personnages marquants : la fille du président, sa meilleure amie, le pape (!), des prisonniers en attente de grâce, etc. C'est un vieil homme et l'amer, mais c'est bien davantage, une succession de scènes drôles, émouvantes et parfois sublimes qui permettent d'affirmer que La Grazia est un chef-d'œuvre. Si d'aucuns y voient un monument de superficialité et de grandiloquence, tant pis pour eux, ils ne savent pas tous les instants de plaisir intense qu'ils auront raté.
Encore un très bon Sorrentino que voilà ! La Grazia oscille entre pure comédie, drame familial et film politique sans que jamais ses éléments s'annulent. Centré sur un président fictif (incroyablement bien interprêtécpar un Toni Servillo dans sa 7e collaboration avec le réalisateur), le métrage aborde en fil rouge les 6 derniers mois de sa présidence alors qu'il doit décider ou non d'autoriser l'euthanasie, tout en devant gracier ou non deux prisonniers ayant commis un crime passionnel des années plus tôt. L'occasion d'y joindre un regard rétrospectif sur le temps qui passe, la notion de pardon et le deuil qui bénéficient du soin habituel de dialoguiste de Sorrentino, mais également d'une mise en scène toute en velours (superbe photo de Darua D'Antonio encore une fois) pour un résultat mordant, tendre et touchant