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Valerie Wickers
13 critiques
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3,5
Publiée le 6 février 2026
C’est un bon film soutenu par de très bons acteurs C’est assez lent et il y a quelques longueurs qui à mon avis le rendent moins percutant L’Italie est bien sûr mise à l’honneur et l’on découvre le rôle de son président
Assez d'accord avec les critiques négatives du film: si l'interprétation est plutôt réussie,l a mise en scène, malgré qqes plans superbes, pêche par un conformisme figé, et l'on a parfois l 'impression que Sorrentino se regarde filmer. C'est long, très long, trop long. Des plans inutiles, une fin à tiroir, et des facilités scénaristiques qui gâchent l'ensemble.
excellent film ! les sujets sont "graves" mais traités avec une pointe d'humour ... et sur un fond d'histoire d'amour... Magnifique interprétation des acteurs.
Nouveau film de Paolo Sorrentino, que j’aime sans exception depuis Il divo (2008), et encore une grande réussite. Sa mise en scène est puissante, élégante, chaque plan est soigné, sa plume toujours aussi fine, avec des personnages d’une grande richesse.
Ici, il nous offre une chronique douce-amère, sur la fin de mandat d’un président italien (fonction surtout symbolique), mais surtout sur la fin d’un cycle de vie. Il mêle politique, famille, relations père-fille, amitiés, amour, doute, morale, trahison, spiritualité, religion, philosophie… sans jamais être pesant ni ennuyer. Toni Servillo (septième film avec le réalisateur) est, comme toujours, impeccable, sobre, juste, bouleversant. Le reste du casting suit le mouvement.
Au final, un film magnifique, intelligent, émouvant, profond sans être austère.
L’un des plus beaux de ce début d’année. Une œuvre qui reste en tête longtemps après. Fascinant.
Ai vu « La grazia » de Paolo Sorrentino. Il y a des films dont on sait dès le plan d’ouverture qu’on va être happé par la mise en scène et que l’on va vivre un vrai moment de cinéma. Sorrentino n’a pas son pareil pour cadrer, voir même faire 3 cadrages différents dans la même image. La perspective est son fil rouge de réalisation et c’est passionnant à regarder. Le premier plan est rarement le plus intéressant dans son cinéma, il faut que l’oeil du spectateur se laisse guider par le point de fuite pour y voir ce que le réalisateur veut réellement nous montrer. L’emplacement des acteurs les uns par rapport aux autres, le choix des couleurs, le montage, la musique… tout chez Sorrentino qui signe ici un grand film, crée de l’absurde de l’extravagant, du cocasse… et aussi beaucoup de mélancolie. Mariano de Santis est le Président de la République italienne (génial Toni Servillo), il n’y a plus que 6 mois avant la fin de son mandat et c’est un homme fatigué par le poids des responsabilités, hanté par le deuil de sa femme et vivant de plus en plus dans le passé qui est à la tête du pouvoir. Il est plongé dans la solitude et se retrouve face à ses contradictions alors qu’il doit signer deux demandes de grâce et un projet de loi sur la fin de vie. C’est aussi l’heure de régler ses comptes avec sa fille (Anna Ferzetti) qui est son bras droit, et une amie d’enfance (irrésistible Milvia Marigliano). Même si quelques longueurs se font sentir dans le dernier quart, le film à la facture d’un très grand lyrisme haut en couleur, imprévisible et assez jouissif donne un contraste saisissant à l’amertume, la nostalgie et la langueur qui envahissent peu à peu le vieil homme. Tout comme la discordance entre les ors de la République italienne et la musique techno servant de bande musicale, « La grazia » surprend de bout en bout ,nous envahit pour nous laisser dans un état de grâce certain.
Ce film nous plonge au cœur de la psyché de l’homme le plus puissant de l’État italien. Surnommé « le béton armé » pour sa solidité apparente face aux doutes, ce trait de caractère devient paradoxalement son plus grand fardeau : une rigidité qui l’empêche d’évoluer, le figeant sur ses positions alors que le monde change autour de lui. Un crépuscule politique et moral L’intrigue dépeint la fin d’un mandat long et éprouvant, marqué par le poids de décisions déchirantes. Le personnage est notamment confronté à la question éthique de gracier des condamnés pour double homicide. Ce dilemme moral agit comme un catalyseur, ébranlant ses convictions les plus profondes, qu’elles soient religieuses ou personnelles. Une mise en scène lyrique et mélancolique Le récit est empreint d'un lyrisme mélancolique, où le silence et les pauses narratives nous permettent d'épouser les tourments intérieurs du protagoniste. La mise en scène sublime ce sentiment de déconnexion à travers des séquences oniriques : La visite du président portugais : Sous une pluie battante, le temps semble se figer. L’usage du ralenti transforme la scène en un instant d’un autre monde, où le dirigeant italien n’est plus qu’un spectateur passif de sa propre existence, dépossédé de son rôle d’acteur de l’Histoire. La vision de l’astronaute : Fasciné par l’image d’un explorateur spatial versant une larme de joie dans le vide, il prend conscience de sa propre aridité. Il a perdu cette « grâce » et cette volonté de vivre, n'étant plus que l'ombre de lui-même. Entre déclin et rédemption Tiraillé par l'usure du pouvoir, le protagoniste incarne une figure politique d'un autre temps, incapable de s'adapter à la modernité. Pourtant, toute la beauté du film réside dans son arc narratif : après avoir touché le fond de la lassitude, il parvient, dans un final saisissant, à retrouver sa superbe et sa grâce légendaire.
Un grand film et d'ailleurs Paolo Sorrentino ne fait pas de petits films. De grands acteurs (l'actrice qui joue l'amie de jeunesse est géniale), une photo sublime, des cadrages somptueux et, plus surprenant, beaucoup d'humour sont au service de cette histoire pleine de nostalgie, de doutes. Comme la vie. Le cinéma italien est toujours bien vivant. Grazie mille, signor Sorrentino.
Un vieil homme, Président de la République italienne, incarné magistralement par Toni Servillo confronté à l'exercice du pouvoir dans toute sa complexité, dans un monde moderne. avec La Grazia, Sorentino nous offre une très belle œuvre, esthétique et philosophique.
Paolo Sorrentino nous donne une autre version de l'exercice du pouvoir. La fonction présidentielle et la sollenité qu'elle confère ne réduit pas au silence l'homme et le Juriste qui l'habite. Si Mariano De Santis est confronté à un dilemne, il est en fin de mandat, il lui faut décider sans trahir ses convictions s'il soumet au Parlement le projet de loi sur la fin de vie et deux grâces présidentielles pour lesquelles le jugement ne doit pas faire obstacle à la décision finale. Consulter, écouter, débattre, sa fille sera son plus fidèle allié dans cette bataille. L'homme ne sera jamais loin du Président, les blessures du passé le ramèneront inexorablement au souvenir de son épouse. Un vent de légèreté l'accompagnera tout au long d'une réflexion intérieure pour l'amener sur le chemin qu'il souhaite emprunter. Toni Servillo incarne avec brio cette ambivalence où la frontière entre l'individu et le Président s’amenuise au fil du temps. Tout est une question d'équilibre, de grâce, bien sûr ! Paolo Sorrentino nous donne l'opportunité de comprendre toute la subtilité du pouvoir. Un casting cinque stelle ! Un film captivant ! A voir sans hésiter !
Il faut pénétrer dans ce film, mon ami l'a trouvé excellent, mais ce n'est pas mon cas car je me suis ennuyée. Le film est long, froid, avec des scènes ridicules comme la réception du président portugais, ce n'est même pas amusant. J'ai trouvé qu'il y avait un manque de sincérité : l'idée de faire un film qui sort du lot, très lent, tout en se voulant moderne en incorporant un ballet dont les figures ressemblent à des exercices de gym et qui n'a rien à voir avec le sujet du film, une musique du même genre etc. On sent la prétention du metteur en scène. Il reste Rome qui est une ville magnifique et des images assez belles, mais quel ennui !
Heureusement qu'il existe des amis qui savent trouver les mots qu'il faut pour vous remettre dans le bon chemin : je n'avais pas du tout aimé "Parthenope", le film précédent de Paolo Sorrentino, plus le fait de lire des critiques négatives, tout cela tendait à me faire abandonner l'envie d'aller voir "La Grazia", le nouveau film de ce réalisateur italien. Heureusement, des amis qui, eux aussi, n'avaient pas aimé "Parthenope", m'ont dit que "La Grazia" était un excellent film et ... ils avaient raison ! Toni Servillo y interprète le rôle de Mariano De Santis, un Président de la République italien à qui il reste 6 mois de mandat, un homme qui était follement amoureux de sa femme, décédée quelques années auparavant et dont il est persuadé qu'elle l'a trompé 40 ans plus tôt avec un amant dont il ignore le nom, et cela le mine. En tant que président, il doit choisir entre être traité de tortionnaire s'il ne signe pas un projet de loi autorisant l'euthanasie et d'assassin si il le signe. Sa fille le pousse à signer, sa foi catholique et son ami le Pape le poussent à ne pas signer. En tant que Président, il doit aussi se prononcer sur 2 demandes de grâce liées à des crimes passionnels. "La Grazia" est un film d'une grande intelligence sur la comédie du pouvoir, sur la nocivité de la jalousie, sur le doute et la mélancolie qui, souvent, accompagnent la vieillesse, sur les différences de perception entre les générations sur les sujets de société. C'est, en plus, souvent très drôle tout en restant toujours d'une grande finesse. La photographie de Daria D'Antonio est magnifique que ce soit dans la scrutation des visages ou dans la restitution des paysages, souvent brumeux. Quant à l'interprétation, elle est excellente, avec, en particulier, un Toni Servillo au sommet de son art dans le rôle de Mariano De Santis. Mesdames des Inrocks et de Libé, Monsieur des Cahiers, soit vous êtes de mauvaise foi, soit vous vous êtes égaré(e)s en devenant critiques de cinéma !
Par les questions qu’il pose, par son rythme, ses dialogues, sa gravité et son humour, par ses décors et son sujet, le film m’a fait penser qu’il aurait pu être tourné par Nanni Moretti. On a du mal à imaginer que le réalisateur soit le même que celui qui a tourné Parthenope ! Le film est lent et grave, la relation entre les quelques personnages principaux (le président et le pape, sa fille, son amie d’enfance) est tranquillement approfondie. C’est un film lent mais on ne s’y ennuie pas, Tony Servillo y joue un personnage austère qui prend du temps pour les décisions importantes (ratification d’une loi sur l’euthanasie ou gracier - ou non - deux condamnés), c’est un contraste avec le rythme imposé par nos téléphones et les réseaux sociaux. Belle réflexion.
Très déçu par ce film qui consiste exclusivement en dialogues sur de multiples problématiques philosophiques (la perte, la vérité, le pouvoir, la liberté...) ici traitées de façon superficielles et bavardes. Tout cela enveloppé dans un sentimalisme forcé, une musique envahissante et des facilités scénaristiques. Seule la qualité des images évite le naufrage.