À son titre français, Le garçon qui faisait danser les collines, on peut préférer DJ Ahmet, son intitulé original, qui exprime de manière concise tout ce que l'on trouve dans le premier long métrage de Geogi M. Unkovski. En vrac, un jeune berger en Macédoine du Nord, dans une communauté turque, une brebis rose égarée, un enfant mutique, une jeune fille face à un mariage arrangé. C'est comme si le cinéaste s'amusait avec ce fameux cliché, "entre tradition et modernité", très prisé des agences de voyage, mais qui prend ici tout son sens. Le film est terriblement drôle, un peu brusque parfois dans ses ruptures de ton, mais il a beaucoup de choses à dire et se moque avec malice de la religion comme du machisme ambiant. Le réalisateur, qui n'hésite pas à user de ralentis ni à se lover dans un délicieux réalisme magique, très esthétique, utilise en forme de contraste une musique électro qui transforme à l'occasion les forêts et les collines macédoniennes en terrain incongru pour une rave-party, presque sortie de Sirāt ! Bref, Le garçon qui faisait danser les collines interpelle, séduit et divertit, par sa vivacité, sa jeunesse, sa fraîcheur, son enthousiasme et sa joyeuse ironie. Comment ne pas succomber et s'attacher à ce petit monde des Balkans, entre tradition et ..., oui, vous savez bien ?