Le Testament d'Ann Lee
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Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

138 abonnés 263 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2026
Dans Le Testament d’Ann Lee, Amanda Seyfried est clairement le plus grand atout du film. Elle livre une interprétation d’une intensité rare, au point qu’il est surprenant de ne pas l’avoir vue apparaître dans la course aux Oscars. Elle incarne la fondatrice du mouvement sectaire des Shakers avec une présence physique impressionnante. Son jeu repose moins sur les dialogues que sur le corps et le regard : sa gestuelle, les moments de transe, la tension permanente qui traverse le personnage donnent l’impression d’une femme habitée par une foi brûlante. L’actrice maintient constamment une ambiguïté troublante : Ann Lee apparaît tour à tour comme une visionnaire inspirée ou comme une femme brisée par les épreuves.

Car le film baigne dans une ambiance âpre et rugueuse. La reconstitution historique ne cherche jamais l’effet spectaculaire : tout est austère. Décors dépouillés, intérieurs sombres, communautés religieuses soumises à une discipline sévère. On ressent la dureté de l’époque et la pression morale qui pèse sur les individus.

Le film insiste également sur la succession d’épreuves qui marquent la vie d’Ann Lee. Sa foi apparaît alors comme une réponse à la souffrance, une manière de donner un sens à une existence marquée par la perte et la brutalité. C’est cette accumulation d’événements qui fait naître l’ambiguïté centrale du film : illumination mystique ou basculement progressif dans la folie.

La mise en scène de Mona Fastvold traduit cette tension intérieure par une photographie qui évoque souvent les tableaux du Caravage. Les visages émergent de l’ombre, sculptés par la lumière des bougies, et certains plans semblent parfois figées comme des tableaux religieux. Ce clair-obscur confère au film une dimension spirituelle mais aussi tragique.

Les séquences musicales prennent alors une dimension essentielle. Même si la partition musicale est particulièrement réussie, ces scènes ne sont pas là uniquement pour embellir le film. Dans la tradition des Shakers, le chant et la danse sont une manière de communier avec Dieu. La réalisatrice filme ces moments comme des expériences collectives : les corps tournent, les voix s’élèvent et la communauté entre dans une forme de transe. Ces scènes deviennent l’expression la plus directe de la ferveur religieuse.

Enfin, le film adopte entièrement le point de vue de son héroïne et refuse de la juger, ce qui peut rebuter certains spectateurs. Les visions mystiques ne sont jamais expliquées ni contredites. Le spectateur est plongé dans la perception d’Ann Lee, partagé entre la possibilité d’une révélation divine et celle d’un esprit peu à peu englouti par la folie.

Au final, Le Testament d’Ann Lee est un film exigeant qui s’éloigne résolument des standards narratifs habituels. Par son rythme contemplatif, son esthétique inspirée de la peinture religieuse et la performance habitée de Amanda Seyfried, il propose une œuvre singulière. Un cinéma radical dans sa forme, original dans son approche et fascinant dans l’expérience qu’il offre au spectateur.

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Pierre842
Pierre842

41 abonnés 481 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mars 2026
Mais quel film... incroyable !

Amanda Seyfried était spectaculaire.

Elle s’est donnée corps et âme pour son personnage. C’est le gros point positif du film... Amanda Seyfried.

C’était un mélange de genre historique, drame et musical en un seul.
J’ai apprécié chaque instant de ce film.

On suit Ann Lee qui va guider sa communauté de Shakers, pour bâtir et vivre pleinement leur foi dans le nouveau monde.

Vu que c'est un biopic, c'était intéressant de découvrir l'histoire méconnue des Shakers. Leur propre manière de vivre la religion avec de la danse et des chants jusqu'à l'extase.

Les scènes de chants mais surtout danses, étaient d'une immense qualité, j'étais envoûté. La chorégraphie des danses était parfaite.
NathalieTbct
NathalieTbct

12 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2026
Ann Lee, femme inspirée et inspirante du 18ème siècle, est habitée par Dieu. Elle importe au Nord Est du nouveau monde, là où les espaces sont encore vierges, sa petite communauté, et recrute pour porter son message : l'amour chaste, la vie en commun, le travail et l'ordre, le chant et la danse/transe pour se rapprocher de Dieu et du bonheur.
j'ai beaucoup aimé cette energie vitale, cette invention rituelle qui tient du Qi Gong et de la thérapie de groupe, de l'expression corporelle, qui peut soigner les souffrances physiques et psychiques.
Dans l'Europe du 18ème où les corps ne pouvaient pas s'exprimer, où les femmes vivaient sous le joug de la sexualité conjugale, des maternités à répétition et de la mortalité infantile, j'aurais rejoint Mother Ann Lee !
Epoche
Epoche

8 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mars 2026
Maîtrise phénoménale du son et de la musique comme rarement vu au cinéma.
Comme dans Une bataille après l'autre, la musique est présente presque tout au long du film. On baigne constamment dans une sorte de bourdon grave ou aigu; et ce "drone" va faire fleurir régulièrement des chansons (souvent des prières) de très bon goût et crédibles dans la réalité du récit.
Je n'avais jamais vu une telle maîtrise et une telle harmonie dans la façon de faire apparaître des chansons dans un film, tandis que visuellement, on assiste à des scènes de danse (ou transe religieuse) qui dépassent largement les meilleurs moments qu'on a pu trouver dans un film comme Sinners récemment. On est hypnotisés et perturbés.
Comment décrire le reste ? Les acteurs sont excellents et la réalisation sobre avec souvent de très beaux tableaux.
Le récit sonne comme un évangile, on assiste à une "factualité simple" d'un parcours messianique.
Apparemment, c'est un film qui n'est pas pour tout le monde (cf les notes); quatre personnes ont quitté la salle (les plus jeunes). Je pense qu'il faut une certaine maturité pour l'apprécier, et surtout une sensibilité (spirituelle ?) bien placée.
Mériterait l'oscar de la meilleure musique.
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mai 2026
Venez, venez, pauvres ouailles, secouer vos petits corps au son de la voix divine de la Fille revêtue du Soleil avec la Lune à ses pieds !

En 2026, ce serait forcément compliqué d'accepter une telle invitation, tout juste auriez-vous la politesse de suggérer à la personne vous la proposant de gober un baril de barbituriques mais, à la fin du XVIIIème siècle, dans une société paralysée par la froideur de la religion anglicane, celle-ci vous serait sans doute apparue comme une échappatoire inespérée pour exprimer votre dévotion.

Au sein de cette Angleterre rigide où la Femme n'est définie que par le regard des hommes, soit en tant qu'objet de plaisir soit par sa fonction matricielle d'enfanter, Ann Lee n'a jamais trouvé sa place. Dégoûtée par les plaisirs de la chair depuis sa plus tendre enfance (avoir les ébats de ses parents sous le nez chaque nuit n'aide pas), la jeune fille a bien essayé de s'assimiler au modèle social pieux que l'on attendait d'elle en se mariant ou en aidant charitablement les autres à travers son rôle d'infirmière mais, réduite à un simple moyen d'assouvir les désirs de son époux et fragilisée par son incapacité à donner la vie (quatre enfants, morts-nés ou après seulement quelques mois d'existence), Ann Lee n'a manifestement plus la vocation de participer à ce schéma tout tracé et va heureusement trouver une autre voie afin de proclamer son amour pour Dieu, celle des Shakers.

Spin-off du protestantisme, ce groupe religieux exprimant sa foi dans des espèces de transes collectives, va devenir à un tel point une lumière dans le monde d'Ann Lee que celle-ci va finir naturellement par en être elle-même son phare irradiant, sa leader et prophétesse, après avoir subi un calvaire sous forme d'emprisonnement/internement forcé qui la conduit à avoir tout plein de rêveries touchées par la grâce de Dieu. Contrite par cette Angleterre trop limitée sur elle, elle décide de partir en direction du Nouveau Monde avec ses pairs, terre promesse de liberté religieuse et de nouveaux convertis en devenir...

Quel film ! Après "The Brutalist", Brady Corbet et sa compagne Mona Fastvold inversent cette fois les rôles, avec madame à la réalisation et monsieur en tant que co-scénariste à ses côtés, pour un film partageant l'ascension d'un personnage parti en Amérique en quête d'idéal à ses aspirations étouffées par son pays d'origine (et qui s'y cassera forcément les dents à un moment ou à un autre) mais bien sûr très différent par son approche d'un culte bien réel, menée par son héroïne littéralement possédée par ses croyances nourries des affres de son existence.
Le résultat est impressionnant, avec cette idée incroyable de Mona Fastvold de faire du modus operandi si particulier de transes collectives de cette dérive religieuse (secte ? Le film le laisse intelligemment à notre libre appréciation, la phase de la traversée de l'Atlantique a suffi à faire pencher la balance) des séquences de comédie musicale tels des tableaux de l'époque prenant soudain vie comme un enchantement sous nos yeux.

En plus d'une direction artistique à se damner en ce sens (les premières prières collectives sont absolument folles, nous emportant viscéralement dans ces "danses" sans fin), "Le Testament d'Ann Lee" joue à fond la carte du paradoxe où ce culte, fondée sur le refus de succomber au corps de l'autre, devient justement celui qui traverse les corps de ses adeptes, les anime, les secoue et les transforme en chorégraphies en communion tout aussi hypnotisantes qu'originales à l'écran.
Au milieu de tout ça, Amanda Seyfried livre ce qui est juste une des performances de sa vie, mettant en valeur une large partie de l'éclectisme des talents de la comédienne en "illuminée lumineuse" guidée par sa foi et le rôle qu'elle pense y tenir pour amener les autres à embrasser sa destinée (encore plus dommage que "La Femme de Ménage" soit le film qu'une très large public retiendra d'elle parmi ses prestations de ces dernières années, Ann Lee aurait dû lui valoir une pluie d'Oscars).
Si le récit épouse un chemin connu de montée en puissance qui ne peut qu'inévitablement rencontrer une adversité fatale pour y mettre un terme, il est totalement transcendé par la vision finement pensée d'une réalisatrice se calquant sur la ferveur irrésistible qu'entraîne son héroïne sur ses adeptes, faisant de la durée conséquente de 2h17 de ce magnifique OFNI une espèce de bulle temporelle secto-dansante qui défie le cours de temps pour filer à la vitesse de l'éclair...

Et, aussi, qui nous laisse bien entendu sur la pire des épreuves pour Ann Lee, celle où la liberté de croyance qu'elle pensait inébranlable se prend en plein dans l'oeil le regard violent d'autres dévots majoritaires ne la jugeant que sur la marginalité de sa pratique et bien décidé à la faire taire. Superbement construite (son titre "Le Testament de..." le signifie d'ailleurs bien), sa conclusion n'en sera que d'autant plus forte sur la question de savoir ce qu'est l'héritage d'un culte si intense autour d'un seul être pour les membres laissés seuls après son départ, face au vide de leurs existences respectifs (l'ultime réplique de Thomasin McKenzie est tout simplement parfaite).

Un grand film sur la foi aveugle, sur un personnage fascinant, avec une actrice lancée dans un numéro d'exception et dotée d'une approche en complète adéquation avec son propos pour le renforcer à son paroxysme. Osons-le dire, Mona Fastvold a encore fait mieux que son conjoint Brady Corbet et son "The Brutalist". Et ce n'était pas une mince affaire.
Alasky

454 abonnés 4 545 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 mars 2026
Visuellement très beau, mais déçue tout de même par la longueur, le côté trop chanté une scène sur deux, c'est vraiment lourd, on se lasse vite. Beau rôle pour Amanda Seyfried cela dit, et très bon travail sur les costumes et décors.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 mars 2026
Entre le récit historique et le drame musical, une production cinématographique plutôt atypique et intrigante dans son genre, mais qui ne m'a pas vraiment convaincu ni embarqué.

Derrière son parti-pris onirique et dansant (formellement soigné, il faut le reconnaître), un film étrangement austère et redondant, ne sachant pas trop quoi nous raconter, manquant d'un vrai point de vue.
Et plus le film avançait, plus ce ressenti s'accentuait, jusqu'à créer chez moi une forme de lassitude.

Bref, un film resté bloqué au stade de simple exercice de style. Un film beau, mais vain.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2026
Le testament d'Ann Lee est une oeuvre assez passionnante, qui raconte sous la forme d'un biopic et d'une comédie musicale la vie d'Ann Lee, qui allait fonder aux États-Unis, un courant religieux et évangéliste. Le film rentre dans la peau de son personnage et offre un spectacle transcendantale, plein de bruits et de fureur. Amanda Siefrield est devenue une très bonne actrice, on la suit dans sa raison et sa déraison, dans un courant qui force une certaine sympathie,en entendant rendre l'homme meilleur et une certaine inquiétude aussi dans sa quêtede pureté. . La mise en scène est splendide, appuyé sur un scénario assez littéraire. Il est agréable de regarder ce genre de film, qui possède de grandes ambitions
eldarkstone

305 abonnés 2 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2026
Un Film complètement fou, à contre-courant des films Religieux habituels ! Terrifiant, violent, avec des Actrices comme possédées par leur rôle !
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 mars 2026
Si le sujet avait de quoi intriguer le testament d'Ann Lee est totalement raté et cela malgré ses qualités esthétiques, qui peuvent évoquer le cinéma de Terrence Malick, et l'interprétation très habitée de Amanda Seyfried. Le problème premier est sans doute le scénario qui ne creuse rien des raisons qui poussent les fidèles à accepter une forme si rigoriste de religion. N'insistant que sur la chasteté, comme principe même des shakers, le film effleure des problématiques importantes, autour notamment d'une vision féministe de la religion, pour mieux mettre en scène des passages de comédie musicale poussifs voire ridicules. Le film devient très rapidement pénible tant par son manque de recul critique que par ses visions à la fois austères et kitsch du fait religieux. Le film est long et s'ennuie beaucoup et on ne s'intéresse jamais à ce qui est raconté. Un vrai ratage.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mars 2026
Le film prend la forme, un peu inattendue, d’une comité musicale pour raconter l’histoire d’une secte pas si prospère, et dont on doute un peu que les chants et danses aient pu être aussi chorégraphies en leur temps…
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 412 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2026
Parcours de la fondatrice de la secte évangélique des Quakers/Shakers au XVIII eme siècle la dénommée Ann Lee.

Reposant sur l'abstinence sexuelle, la promesse du paradis, les cérémonies pouvant être conduites par une femme, les danses qui prennent la forme du ballet, les chants enjoués, voilà un culte religieux qui promeut l'expression démonstrative de l'élan vital.

On peut regretter le manque de détails sur la vie de Ann Lee, mais la beauté des images magnifiées par l'emploi du clair obscur, le sujet lui-même, contrebalancent le manque trop fréquent de dialogues profonds.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 741 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mars 2026
Loin d'être accessible à tous, Le testament d'Ann Lee a, au moins l'audace de tenter quelque chose de rafraîchissement. Son rythme hypnotisant, sa comédie musicale entraînante et sublime, nous plonge dans un personnage énigmatique mais à la fois en avance sur son temps.

Amanda Seyfried s'est donné comme jamais et cela se ressent.

Pas pour tout le monde, mais une expérience particulière
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2026
Certaines vies semblent trop étroites pour contenir l’utopie issue de leur douleur. Écrit en duo avec Brady Corbet, le film de Mona Fastvold suit Ann Lee, ouvrière anglaise du XVIIIᵉ siècle devenue prophétesse et fondatrice du mouvement shaker. Mais là où le récit aurait pu adopter la linéarité d’une biographie ascendante, il préfère se fragmenter, avançant par strates, par blocs d’expérience. Dans ce geste, le film entre en résonance avec The Brutalist : là où Corbet pensait l’utopie à travers l’architecture, comme une tentative de donner forme au traumatisme, Fastvold en propose ici le versant religieux, tout aussi structuré mais infiniment plus instable, où ce ne sont plus des briques mais des corps qui tentent, tant bien que mal, de tenir ensemble.

En adoptant le point de vue d’une disciple shaker, le film maintient Ann Lee à distance, toujours légèrement décalée, façonnée par un regard qui la vénère autant qu’il la fabrique. Elle ne s’impose jamais comme une figure stable, mais comme une image en circulation, à la croisée de la foi, du besoin et du récit. Cette indétermination traverse tout le film et trouve sa forme la plus aboutie dans un montage qui ne cherche pas à résoudre les contradictions.

Marquée par la pauvreté, les violences et la perte de ses enfants, Ann Lee convertit peu à peu sa douleur en visions, donnant forme à une communauté égalitaire fondée sur la propriété collective et l’abstinence. Ainsi, le film ne se contente pas d’enregistrer un idéal. Il en montre aussi les conditions d’émergence. Cette tension se prolonge dans le traitement du musical : les cérémonies conçues par Celia Rowlson-Hall ne relèvent pas d’une élévation harmonieuse mais d’un débordement du corps, fait de danses, de chants et de convulsions, comme si la foi ne pouvait s’exprimer qu’à travers ce qu’elle prétend discipliner. La photographie de William Rexer accentue encore ce trouble, organisant l’espace en tableaux contrastés où les silhouettes émergent de la pénombre.

Lorsque la communauté migre vers l’Amérique, l'utopie se déploie avec une forme d’inclusivité presque trop parfaite, jusque dans sa relation aux peuples autochtones, esquissée comme une coexistence harmonieuse qui frôle parfois l’idéalisation. Ce choix apparaît à la fois comme promesse de recommencement et comme espace déjà traversé par d’autres violences, inscrivant le rêve shaker dans une géographie coloniale et raciale à peine formulée mais toujours présent en toile de fond.

Porté par la prestation magistrale d’Amanda Seyfried, le film ne cesse de revenir à cette idée d’une foi suspendue, toujours sur le point de s’élever sans jamais pouvoir se détacher tout à fait du monde qui l’a fait naître. Les plans zénithaux, les regards levés, les corps tendus vers le ciel traduisent cette aspiration à la transcendance, aussitôt rattrapée par la gravité, comme si chaque élan portait déjà en lui sa propre chute. Entre élévation et effondrement, The Testament of Ann Lee offre une interrogation plus vaste sur notre besoin de croire en des formes capables de nous dépasser, tout en sachant qu’elles restent inévitablement prises dans ce qui les limite. Et c’est peut-être là que le film touche à quelque chose de plus vertigineux encore : l’idée que toute tentative de refonder le monde, qu’elle passe par la pierre ou par la foi, ne fait que rejouer, sous une autre forme, l’impossibilité d’échapper pleinement à notre condition.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2026
Beau projet, original et ambitieux. Hélas extrêmement mal découpé et filmé malgré le charisme de l'actrice principale.
On l'a comparé dans Positif à Hallelujah de King Vidor (1929) sauf que dans toutes ses grandes fresques, qui sont nombreuses, ce grand génie d'Hollywood avait une idée pour chaque séquence, voir pour chaque plan.
La caméra numérique avec son instabilité constitutive, la médiocrité esthétique des chants et danse n'arrangent rien.
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