Le Testament d'Ann Lee
Note moyenne
2,8
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58 critiques spectateurs

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Giu Ghica
Giu Ghica

1 abonné 20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mars 2026
Imaginez la fin du XVIIIᵉ siècle comme une sorte de discothèque historique légèrement déjantée.

D’un côté de l’Atlantique, les Lumières font leurs valises intellectuelles — raison, démocratie, pamphlets bien affûtés — et prennent le large vers l’Amérique du Nord.

De l’autre, tout un carnaval de prophètes, de visionnaires, de fondateurs de sectes et d’enthousiastes de l’Apocalypse est déjà en train de s’échauffer sur la scène.

Tout le monde prédit la fin du monde, le début d’un nouveau… ou les deux avant l’heure du thé.

Au milieu de cette piste de danse théologique tourbillonnante surgit Ann Lee, arrivée de Manchester en 1774, telle une DJ spirituelle obstinée qui tient absolument à passer sa propre musique.

Les colonies ne sont pas encore les États-Unis ; les Pères fondateurs sont encore occupés à poudrer leurs perruques — et, plus maladroitement, à tenir leurs registres d’esclaves.

Mais Ann Lee est convaincue d’avoir rendez-vous directement avec Dieu et d’être venue livrer le message en personne.

Son origine ? Une branche rebelle des Quakers.

Son destin ? Devenir la fondatrice et la cheffe charismatique des Shakers — un groupe dont le simple nom évoque déjà une section de percussions en train de s’accorder dans les coulisses.

Le grand tour de force du film est de refuser d’aplanir les contradictions d’Ann Lee. C’est un paradoxe chaussé de solides bottes.

D’un côté : l’héritage puritain dans toute sa rigueur.

Le sexe ? Absolument pas.
Le corps ? Suspect.
Le doute ? Non admis.
La démocratie ? Disons que ce n’est pas exactement sa playlist favorite.

Mais retournez le disque, et soudain les Shakers apparaissent d’une modernité stupéfiante. Ann Lee croit en un Dieu à la fois masculin et féminin — et se considère elle-même comme sa seconde incarnation.

Ce qui mène à des conclusions radicales : égalité entre hommes et femmes, égalité entre croyants noirs et blancs, et pacifisme à une époque où l’enthousiasme patriotique allait souvent de pair avec un mousquet.

Pendant un instant, les années 1770 paraissent étonnamment contemporaines.

Quant à son style de leadership ? Rafraîchissant de cohérence.

Lee n’exige rien de ses fidèles qu’elle ne soit prête à accomplir elle-même.

Pour elle, la piété ne réside ni dans le faste ni dans la pose, mais dans une profonde droiture et dans l’honnêteté du travail bien fait. Les Shakers ont d’ailleurs produit des meubles d’une élégance et d’une fonctionnalité telles que les décorateurs d’intérieur en soupirent encore aujourd’hui, deux siècles plus tard.

Leur philosophie : « Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place. »

Le film répète cette phrase à plusieurs reprises — jusqu’au moment final où elle prend une délicieuse nuance d’ironie amère.

Voici Amanda Seyfried dans le rôle d’Ann Lee : d’abord fragile, meurtrie par la vie, avançant comme quelqu’un que le destin aurait sans cesse bousculé.

Mais dès qu’elle perçoit sa mission, quelque chose se durcit dans son regard.

De l’acier apparaît derrière les yeux. Cette femme analphabète — qui n’a jamais eu besoin de lire la Bible pour en bâtir sa propre architecture théologique — avance avec une certitude inébranlable, s’installant très confortablement au centre de ce système.

Sa jeunesse n’encourage guère les plaisirs terrestres. Sa relation la plus proche avec un homme reste le lien fraternel avec son jeune frère, lui-même peu intéressé par les femmes.

Malgré cela, elle est contrainte au mariage.

Son mari, pour sa part, lit Thérèse philosophe — l’une de ces curiosités des Lumières où la critique philosophique de l’autorité religieuse se mêle avec enthousiasme à la pornographie.

Il tente d’en reproduire les fantasmes BDSM avec Ann.

L’extase promise, cependant, ne vient pas.

Puis la tragédie frappe avec une répétition cruelle. Quatre enfants meurent avant d’atteindre l’âge d’un an.

Privée de maternité par le chagrin, Ann Lee se transforme en quelque chose de plus vaste encore : une mère universelle. « Mother Ann Lee », matrone spirituelle des Shakers, mère d’une communauté entière.

Ironiquement, alors même qu’elle interdit strictement le sexe, le culte shaker devient un festival d’expression corporelle.

Leurs rituels mêlent danses extatiques, tremblements, cris, balbutiements et glossolalie — à mi-chemin entre réunion de prière et séance d’aérobic spirituel.

L’inconscient surgit à travers la surface policée de la religion.

Le traumatisme se travaille par le mouvement, la voix, le rythme.

Étrangement, certains thérapeutes contemporains pourraient approuver : le corps se souvient, et parfois il a besoin de se secouer pour s’en libérer.

Le film The Testament of Ann Lee refuse avec sagesse de répondre à la grande question cosmique : Dieu existe-t-il ?

Il fait quelque chose de bien plus intéressant.

Il croit qu’Ann Lee croit.

Mais il laisse aussi ouverte une autre interprétation : celle de visions nées de tempêtes psychiques provoquées par un deuil insupportable.

Lorsque des miracles apparaissent à l’écran, la narratrice — la voix hypnotique de Thomasin McKenzie, presque chantée — précise doucement que c’est ainsi que la légende raconte les choses.

Une manière très élégante, propre au cinéma, de dire : croyez ce que vous voulez.

Dans sa structure même, le film fonctionne comme une sorte de séance musicale.

La réalité glisse vers la danse, vers les chants, vers le chant collectif. Les hymnes shakers eux-mêmes — souvent considérés par leurs auteurs comme d’inspiration divine — possèdent une puissance émotionnelle inattendue.

Le film flotte ainsi dans un espace à mi-chemin entre l’histoire et la transe.

D’une certaine manière, il dialogue avec un autre film : The Brutalist.

La réalisatrice Mona Fastvold et le réalisateur de The Brutalist, Bradley Corbet, sont partenaires dans la vie comme dans la création, partageant scénarios et ADN artistique. Les deux films explorent l’émigration comme fuite hors d’un traumatisme natal, et les États-Unis comme un immense laboratoire où l’on tente de se réinventer — quitte à bâtir des utopies qui finissent par s’effondrer sous leur propre poids.

Et puis, comme une délicieuse surprise nichée dans la distribution, apparaît l’excellent acteur britannique de théâtre Scott Handy dans le rôle de James Wardley.
Pour ceux qui connaissent son travail, l’apercevoir revient à découvrir une épice secrète dans un plat déjà savoureux.
Handy possède ce don rare : il entre dans un film et y imprime silencieusement sa marque.
Ici, il incarne Wardley — une figure à la fois menaçante, austère et étrangement réconfortante, comme un pain tout juste sorti du four… qui pourrait aussi juger votre âme.
Wardley est l’incarnation d’une autorité spirituelle dénuée de sensualité, et Handy le joue avec une retenue magnifique : un timbre de voix chaud et profond qui semble vibrer autant lorsqu’il parle que lorsqu’il chante, et ces yeux d’un bleu métallique qui suggèrent à la fois la bienveillance et une certitude légèrement inquiétante que Dieu pourrait effectivement murmurer dans la pièce.
Chaque scène où il apparaît gagne une tension subtile.

Lorsque le générique arrive enfin, le film s’est transformé en autre chose : une méditation sur la foi, le deuil, le charisme et cette étrange habitude américaine de vouloir réinventer le monde à partir de zéro.

Historiquement, les Shakers n’ont jamais conquis la nation. Même à leur apogée au XIXᵉ siècle, ils ne comptaient qu’environ six mille fidèles.

Selon la note finale du film, à l’été 2025 il ne restait exactement que deux Shakers actifs.

Mais l’histoire, comme le cinéma, adore les suites.

Le nombre est récemment passé à trois.

Car le progrès, après tout, peut être très silencieux.
Krolock
Krolock

2 abonnés 20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2026
Une comédie musicale complètement dingue et étrange… Quelque part entre Midsommar, The Witch, The Brutalist et les Moissons du ciel. Une performance à couper le souffle de Amanda Seyfried… Ce délire mystique et touchant a la mise en scène parfaitement maîtrisée passe sous les radars de manière imméritée !
Estherontherocks
Estherontherocks

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 mars 2026
C’est mou, c’est lisse, c’est terriblement ennuyeux et ça chante toutes les deux minutes (insupportable)
Laure R.
Laure R.

14 abonnés 6 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mars 2026
Un film pas inintéressant, qui m'aura au moins permis de découvrir ce personnage exalté et illuminé, Ann Lee. Mais la réalisation peine à trouver sa ligne. Entre biopic sur la fondatrice d'une secte et production à l'esthétique presque hollywoodienne (alors qu'en réalité le budget ne suit pas), le film manque de direction claire et je m'y suis parfois perdue.
Certains aspects auraient mérité d'être davantage approfondis.
En revanche, la bande-son et les chorégraphies sont particulièrement réussies, et la performance d'Amanda Seyfried est spectaculaire
Christiane Mirabaud
Christiane Mirabaud

11 abonnés 10 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 mars 2026
Plus de deux heures d'hystérie collective déguisées en délire mystique, même remarquablement choregraphiées et photographiées ne font pas un film. Certes les visions d'Ann Lee semblent parfois sortir d'un tableau de Jérôme Bosch, on s'ennuie beaucoup.
Ufuk K

620 abonnés 1 741 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2026
"Le Testament d'Ann Lee" sévèrement noté par les spectateurs est un drame historique moyen dans l'ensemble. Le film biographique de la réalisatrice norvégienne Mona Fastvold se concentre sur Ann Lee, la fondatrice des Shakers (une secte religieuse), brillamment interprétée par Amanda Seyfried (également nommée cette année au Golden Globes). Seyfried captive l'audience avec des moments forts qui explorent les mœurs religieuses et dépeignent la société britannique et américaine du XVIIIe siècle. Néanmoins, j'ai trouvé difficile de m'investir dans cette narration qui manque de progression, se contentant de resservir les mêmes séquences durant une bonne partie du long-métrage, ce qui laisse un goût de déception.
jldee
jldee

6 abonnés 192 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mars 2026
La performance D’A Seyfried, Pourtant Trés bien épaulée d’un casting compétent, n’arrive pas à masquer les faiblesses de rythmes du film et de sa réalisation, qui parfois semble brouillone.
La 1ere partie est Très réussie, la 2e l'est moins et c’est dommage.
L’histoire de Mother Ann et de ses Shakers (dont il ne reste qu'aujourd'hui 3 pélerins), est à voir même si on adhère pas (comme moi) à leurs visions ésauthériques du christianisme.
Les plans sur leurs expansions et leurs savoir-faire manuels auraient pu combler ces ralentissements de la réalisation.
Dommage, car le sujet était prometteur et la casting interrésant. Les danses successives et répétitives nous laisse perplexe d’un non aboutissement d’un film qui aurait pu être plus grand.
Annie Maire
Annie Maire

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 mars 2026
N'allez pas perdre votre temps avec ce film sauf si vous êtes fan inconditionnel de l'actrice qui est amis quakers passent pour des fous illuminés suivant une gourou déjantée. Trop c'est trop. Le malaise est palpable . Dans cette outrance exit le message d'égalité et de pacifisme prône par les quakers. Il fallait laisser cette histoire à un réalisateur nuancé qui n'utilise pas l outrance pour essayer de nous hypnotiser. Je pense 8 la première partie. C'est mieux aprè à peine.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

182 abonnés 591 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 mars 2026
Ai vu « Le testament d’Ann Lee » de la réalisatrice norvégienne Mona Fastvold. Avant tout il est bon de savoir qu’Ann Lee est née en 1736 en Angleterre et est la fondatrice des Shakers, mouvement religieux proche du protestantisme. Elle pensait être la ré-incarnation féminine du Christ. Persécutée par les anglais, elle part avec ses adeptes aux Etats-Unis pour convertir de nouveaux disciples à son mouvement qui prône la frugalité, la chasteté, le travail, l’intégrité, l’égalitarisme. La bande-annonce est somptueuse et promettait beaucoup. Le film s’avère être extrêmement original dans sa forme, puisqu’on ne sait pas très bien s’il s’agit d’une comédie musicale, d’un épisode psychédélique de « La petite maison dans la prairie », où d’un objet non identifié à ce jour. C’est un film d’une grande originalité mais qui a surtout la vertu d’agacer très vite et d’être construit avec une formule trop identifiable et systématique : voix off, illustration cinématographique de la narration de la voix off en version musicale, scènes parlées, voix off, illustration… en 5 chapitres et pendant 2h15. Le chant est assez proche du miaulement, les chansons mystiques sont très répétitives et interchangeables, l’agitation frénétique est ce qu’on pourrait qualifier de danse. La première heure passée, foncièrement pénible, les choses se calment un peu, mais il n’y a plus vraiment de rythme car Ann Lee n’a pas eu une vie très palpitante non plus. Le film a un côté Power Flowers, mais il fait penser aussi à certains clips de Kate Bush, bien évidemment à l’univers de Terrence Malick, mais aussi à un spectacle du Puy du Fou en l’honneur d’une illuminée. Amanda Seyfield se donne corps et âme à son rôle et est de tous les plans. Aucune émotion et la ligne rouge du ridicule est souvent franchie. La réalisatrice voudrait probablement que le spectateur entre en transe comme ses personnages puisque sa mise en scène fait tout pour cela, mais en ce qui me concerne c’est l’inverse que cela a provoqué. Un rejet presque immédiat !
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 246 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2026
Beau projet, original et ambitieux. Hélas extrêmement mal découpé et filmé malgré le charisme de l'actrice principale.
On l'a comparé dans Positif à Hallelujah de King Vidor (1929) sauf que dans toutes ses grandes fresques, qui sont nombreuses, ce grand génie d'Hollywood avait une idée pour chaque séquence, voir pour chaque plan.
La caméra numérique avec son instabilité constitutive, la médiocrité esthétique des chants et danse n'arrangent rien.
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

140 abonnés 267 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2026
Dans Le Testament d’Ann Lee, Amanda Seyfried est clairement le plus grand atout du film. Elle livre une interprétation d’une intensité rare, au point qu’il est surprenant de ne pas l’avoir vue apparaître dans la course aux Oscars. Elle incarne la fondatrice du mouvement sectaire des Shakers avec une présence physique impressionnante. Son jeu repose moins sur les dialogues que sur le corps et le regard : sa gestuelle, les moments de transe, la tension permanente qui traverse le personnage donnent l’impression d’une femme habitée par une foi brûlante. L’actrice maintient constamment une ambiguïté troublante : Ann Lee apparaît tour à tour comme une visionnaire inspirée ou comme une femme brisée par les épreuves.

Car le film baigne dans une ambiance âpre et rugueuse. La reconstitution historique ne cherche jamais l’effet spectaculaire : tout est austère. Décors dépouillés, intérieurs sombres, communautés religieuses soumises à une discipline sévère. On ressent la dureté de l’époque et la pression morale qui pèse sur les individus.

Le film insiste également sur la succession d’épreuves qui marquent la vie d’Ann Lee. Sa foi apparaît alors comme une réponse à la souffrance, une manière de donner un sens à une existence marquée par la perte et la brutalité. C’est cette accumulation d’événements qui fait naître l’ambiguïté centrale du film : illumination mystique ou basculement progressif dans la folie.

La mise en scène de Mona Fastvold traduit cette tension intérieure par une photographie qui évoque souvent les tableaux du Caravage. Les visages émergent de l’ombre, sculptés par la lumière des bougies, et certains plans semblent parfois figées comme des tableaux religieux. Ce clair-obscur confère au film une dimension spirituelle mais aussi tragique.

Les séquences musicales prennent alors une dimension essentielle. Même si la partition musicale est particulièrement réussie, ces scènes ne sont pas là uniquement pour embellir le film. Dans la tradition des Shakers, le chant et la danse sont une manière de communier avec Dieu. La réalisatrice filme ces moments comme des expériences collectives : les corps tournent, les voix s’élèvent et la communauté entre dans une forme de transe. Ces scènes deviennent l’expression la plus directe de la ferveur religieuse.

Enfin, le film adopte entièrement le point de vue de son héroïne et refuse de la juger, ce qui peut rebuter certains spectateurs. Les visions mystiques ne sont jamais expliquées ni contredites. Le spectateur est plongé dans la perception d’Ann Lee, partagé entre la possibilité d’une révélation divine et celle d’un esprit peu à peu englouti par la folie.

Au final, Le Testament d’Ann Lee est un film exigeant qui s’éloigne résolument des standards narratifs habituels. Par son rythme contemplatif, son esthétique inspirée de la peinture religieuse et la performance habitée de Amanda Seyfried, il propose une œuvre singulière. Un cinéma radical dans sa forme, original dans son approche et fascinant dans l’expérience qu’il offre au spectateur.

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NykhMore
NykhMore

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2026
Une œuvre totale entre une mise en scène sublime, des chorégraphies mystiques et profanes à la fois, un jeu d'actrice incarné !
selenie

7 460 abonnés 6 692 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 mars 2026
Le film est un biopic musical mais pas de façon "comédie musicale" mais bien en se servant de la manière de chantée sans parole telle que Ann Lee concevait la prière et sert donc de fil conducteur et qui accentue ainsi un certain onirisme mystique. Le film reste un biopic solide, vraiment bien documenté dans les faits, avec un soin particulier sur les décors et costumes et le tout d'un réalisme soigné et authentique. Et pourtant, si les "shakers" reste une secte, que son statut de "messie" est évidemment sujet à la psychiatrie force est de constater qu'elle a eu, vécu et réussi une oeuvre marquante qui a emporté toute une communauté.On peut juste trouvé étonnant que le film occulte le fait que "Mère Ann a accompli un certain nombre de miracles, y compris la guérison de malades" d'après des témoins. La vraie réussite Mona Fastvold est d'avoir réussi à retranscrire l'effet mystique et de transe durant les prières collectives, le film est ainsi constamment composé de chants et/ou de vocalises dans des danses plus ou moins frénétiques ou calmes, des chorégraphies chantés envoûtantes voir même fascinantes presque hors du temps. C'est sans doute un peu long, mais la qualité formelle du film est indéniable, avec une Amanda Seyfried absolument épatante. A voir.
Site : Selenie
Yves G.

1 856 abonnés 4 067 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 mars 2026
Ann Lee (1736-1784) naît et grandit en Angleterre à Manchester. Mariée à un forgeron, elle a quatre enfants coup sur coup, tous morts en bas âge. Elle rejoint Anne Wardley et son époux James qui viennent de fonder une secte protestante, les shakers. Les shakers prônent le célibat et la chasteté. Distinguée pour sa sainteté et la force de son engagement, Ann Lee en prend la direction. Son frère William lui sert de bras droit. Les shakers quittent l'Angleterre en 1774 pour les Etats-Unis. Ils fondent à Niskayuna, dans le nord de l'Etat de New-York une communauté.

Avez-vous vu "The Brutalist" début 2025 ? Avez-vous aimé l'âpreté de son propos ? la force de sa mise en scène ? la puissance de sa musique ? Alors peut-être serez-vous enthousiasmé par ce Testament d'Ann Lee co-signé par le même couple, qui cette fois-ci a inversé les rôles, Mona Fastvold prenant en charge la réalisation et son compagnon Brady Corbet prêtant la main au scénario.

Je fais partie de ceux minoritaires qui n'avaient pas aimé "The Brutalist". Avec le recul, je porte une appréciation plus modérée sur la grande claque que j'avais reçue devant ce film hors normes de trois heures trente, tant par le sujet traité (la biographie d'un architecte hongrois rescapé des camps dans l'Amérique des années 50) que par sa forme épurée et radicale. J'ai eu la même réaction hier soir devant "Le Testament". Elle évoluera peut-être avec le temps.

J'ai trouvé certes que le sujet du film était très original. J'ignorais tout de cette secte, de la morale avant-gardiste qu'elle prônait (sur la place des femmes notamment), du destin de sa fondatrice et de sa quasi-extinction (le générique de fin nous indique qu'elle ne compte plus guère que deux membres aujourd'hui !).
J'ai été également bluffé par l'audace de la mise en scène qui mêle biopic et comédie musicale. Elle nous donne à voir des séquences chantées et dansées d'une puissance sauvage. Son affiche vertigineuse nous en donne un avant-goût. De même sa bande-annonce vue ad nauseam depuis plus d'un mois.
Il faut enfin saluer la prestation bluffante d'Amanda Seyfried. Loin de l'image de starlette blonde un peu fadasse que certains de ses rôles auraient pu accréditer ("Mama Mia", "La Femme de ménage"), elle est décidément une des grandes actrices du moment. Elle avait amplement mérité sa nomination aux Golden Globes.

Pour autant, j'ai ressenti un certain malaise tout au long du film. Tout bien réfléchi, il vient de son absence de point de vue. Et tout bien considéré, c'est exactement le même motif qui expliquait mes réticences devant "The Brutalist". Je m'explique. Ces deux films refusent toute psychologie. Ils racontent une histoire, montrent des faits. Mais ils ne s'introduisent pas dans la tête de ses personnages. On me dira que c'est une qualité, une liberté laissée au spectateur de se faire lui-même son propre avis. On aura sans doute raison. Mais cela m'a laissé profondément désemparé. Ann Lee était-elle une sainte ou une folle ? Le film ne tranche pas. Et je ne me satisfais pas de cette indécision.
CINETCHIKA
CINETCHIKA

1 abonné 24 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mars 2026
Amanda Seyfried est époustouflante de justesse, de sincérité. Je me suis laissée embarquer dans cette expérience hautement mystique !
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