Ai vu « Maspalomas » des réalisateurs basques espagnols Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga. Décidément le cinéma espagnol est en plein essor actuellement de par la quantité mais surtout la qualité de sa production qui est distribuée en France. « Maspolomas » est un film d’une grande intensité et qui propose de développer un sujet totalement inédit dans l’histoire du cinéma. Vicente, 75 ans, vit son homosexualité tardive à Maspalomas , ville balnéaire des Canaries. Il partage ses journées entre la plage naturiste, les bars gays où il retrouve des copains et les boites de nuit très achalandées. Suite à un AVC, Vicente est placé par sa fille, dans une maison de retraite médicalisée. Du jour au lendemain, Vicente se retrouve ré-enfermé dans le placard dans lequel il a vécu pendant 50 ans car il lui est impossible de parler de son homosexualité dans ce type de structure où la sexualité est uniquement hétéro-normative… et encore ! Avec énormément de délicatesse, de subtilité et d’ellipses, le film nous surprend à multiples reprises tant son scénario est inventif et imprévisible. Le film est aussi politique et relate à travers Vicente, la génération des baby boomers qui a ouvert les voix de la visibilité et de la revendication, (de plus dans une Espagne pré-franquiste) qui a subit de plein fouet l’épidémie du Sida et qui s’est battue également pour le mariage pour tous. Cette génération d’octogénaire, au moment de la perte d’autonomie doit presque faire un « coming inside » et redevenir invisible. Cette situation dramatique est filmée avec légèreté, un certain humour et beaucoup de tendresse. José Ramon Soroiz qui est de tout les plans est fascinant et son interprétation remarquable. Vicente doit faire face à son passé, mettre des mots sur ses silences, ses peurs, ses absences auprès de sa fille Nerea (Nagore Aranburu). Il faut noter aussi la belle présence de Kandido Uranga dans le très beau rôle de Xanti. Un film qui fait profondément du bien et qui ose mettre de très belles images sur la vieillesse dans le milieu gay qui est encore un énorme tabou encore de nos jours.
Un sujet inhabituel et pourtant porteur d'une vérité sociale racontée avec une légèreté rafraîchissante. Avec 20 minutes d'une introduction royale pour remuer les bons esprits dans leur fauteuil.
"Maspalomas" bien noté par la critique, qui a obtenu 9 nominations aux Goya Awards dont 1 victoire est un drame espagnol qui touche au cœur. Les réalisateurs basques Jose Mari Goenaga et Aitor Arregi proposent un film à la fois moderne, trash et sensible, qui explore la vie d'un homme de 76 ans, ouvertement gay, forcé de se cacher à nouveau après son entrée en EHPAD suite à un AVC. José Ramón Soroiz (récompensé aux Goya Awards comme meilleur acteur) livre une performance remarquable, soutenue par d'excellents seconds rôles. J'ai apprécié l'histoire et l'univers du film pour leur résonance avec la situation des personnes âgées dans la communauté gay et la quête désespérée de jeunesse d'un homme confronté à la déchéance.
La mise en scene est soignée et le recit très beau et singulier. Il est dommage que des longueurs conséquentes fassent jour notamment vers la fin. L'ensemble reste joli, intelligent et émouvant.
L’un des plus beaux films de cette année avec une interprétation magnifique et touchante sur un sujet rarement visité qu’est le vieillissement avec les questions de dépendance que cela entraîne, et traité sur un ton de comédie tendre qui rend le film très solaire.
Il est tout de même assez rare dans le cinéma d'atteindre ce niveau de perfection scénaristique, tant sont bien abordés tous les aspects du personnage de ce vieil homo obligé par accident à retourner dans le placard dont il avait réussi à sortir au prix de bien des sacrifices. C'est à la fois tendre, cru, joyeux et nostalgique, superbement interprété et réalisé de mains de maîtres. Et surtout, il me semble que cette belle histoire ne pourrait se passer nulle part ailleurs qu'en Espagne, tant ce pays est en avance sur tous les sujets touchant aux droits LGBTQIA+ A voir les yeux et surtout l'esprit ouverts.
Pas très pressée d'aller voir ce film, mais j'ai suivi un ami qui voulait le revoir. J'ai donc profité de cette canicule pour aller dans une salle climatisée. Quelle surprise ! Ce film m'a profondément touchée. J'ai reconnu la photo des réalisateurs de MARCO, L'ENIGME D'UNE VIE. Ce twist ! Grandiose ! Courrez-y !
Un très touchant portrait sur l'homosexualité au troisième âge. Utilisant le contraste de décors et décrivant des personnages complexes et nuancés, le film est une réussite totale.
Maspalomas, c'est d'abord l'amour à la plage comme si on se retrouvait chez Guiraudie mais aux Canaries...et c'est ensuite bien plus que ça, entre la comédie et le drame, la liberté de conscience sexuelle et les tabous liés à la famille, au milieu social et à l'âge. A noter également, un acteur principal incroyable d'intensité justement récompensé aux Goyas (après Marco, ces réals savent choisir les vieux :)
Les noms des deux réalisateurs, Aitor Arregi et José Mari Goenaga, de ce superbe drame ne trompent pas, il s’agit d’un film basque, en langue basque. 115 minutes superbes qui vous arrachent le cœur et les larmes. Sous le soleil brûlant de Maspalomas, aux îles Canaries, Vicente savoure depuis vingt-cinq ans une retraite insouciante. Mais un accident l’arrache à son paradis. Rapatrié à Donostia, il est placé par sa fille dans une maison de repos où le temps semble figé et où ressurgissent les fantômes du passé. À nouveau contraint de masquer son identité, une seule idée l’obsède : s’évader… et retrouver la liberté de Maspalomas. Au-delà du sujet de la sexualité des personnes âgées, on s’attache à la relation père / fille, nourrie de non-dits et de rancœur. Un film à voir absolument avec les avertissements d’usage. Une station balnéaire située au sud de l'île de Grande Canarie, est un haut lieu du tourisme LGBTQ+. Son carnaval est célèbre, tout comme celui de Sitges en Catalogne. Après 20 minutes dans ce cadre réservé à la fête et au sexe, qui fait beaucoup penser à l’atmosphère de L’inconnu du lac de Guiraudie, l’histoire bascule vers un tout autre décor et une histoire beaucoup plus intime et dramatique. Relation père / fille houleuse, contexte du Covid qui se répand, viennent s’ajouter à la thématique première. Enfin, se se confronter au tabou de l’homosexualité chez les séniors, était un défi relevé ici, haut la main, avec beaucoup de délicatesse, bien que souvent sur le fil du rasoir. Le film ose franchement, d'emblée, sans choquer, sans provoquer, mais sans hésiter et c’est là qu’il excelle. Le film a été cité 9 fois aux Goya, - les César ibériques – et l’acteur principal, José Ramón Soroiz, a reçu le prix du meilleur acteur pour ce rôle écrasant qu’il assume tout en finesse et en nuances. Mais, Nagore Aranburu, Kandido Uranga et Kepa Inasti ne sont pas en reste. Le spectateur est pris par la main, l'empathie nous envahi et c’est le sentiment qui prédomine largement. Vicente est incroyablement humain, sympathique, faible et fort et beau malgré son âge. Un vrai coup de cœur pour une réelle prouesse. Sans jamais rien céder à la facilité ou à la simplification, ce film brise le tabou de la sexualité des personnes âgées. Et un immense acteur…
Maspalomas est un film rare sur les écrans contemporains. Rare par son sujet, rare par son protagoniste, mais surtout rare par son regard profondément humain sur une génération qui a vécu une grande partie de son existence entre silence, compromis et adaptation permanente. À travers Vicente, homme âgé installé depuis des années aux Canaries, le récit explore la manière dont une identité peut continuer à se construire bien après l'âge où la société estime généralement que tout est déjà joué.
Un film de réconciliation. On trouve l'alignement entre qui l'on est et ce qu'on veut. Difficile d'être soi-même dans une Espagne conservatrice. Le monde change avec les générations, mais les anciennes ont un pied entre deux mondes. En somme : passer d'une prison au paradis et se retrouver en prison à commencer à devoir vivre avec soi-même.
Cette idée traverse l'ensemble du récit. Le film ne parle pas uniquement d'homosexualité. Il interroge plus largement la manière dont les normes sociales s'inscrivent durablement dans les individus. Même lorsque les lois changent, même lorsque la société paraît plus ouverte, certaines peurs demeurent. Elles deviennent des réflexes, parfois invisibles, qui accompagnent les personnages pendant des décennies.
L'une des grandes forces de Maspalomas réside dans son refus de réduire son personnage principal à une fonction narrative ou à un symbole. Vicente apparaît comme un homme complexe, traversé par des contradictions, des regrets et des aspirations qui dépassent largement la seule question de son orientation sexuelle. Le film montre comment les choix passés continuent d'influencer les relations familiales, la manière d'aimer, de se raconter et d'occuper sa place parmi les autres.
Cette réflexion s'étend également au rapport entre générations. Les plus jeunes héritent souvent de libertés conquises par ceux qui les ont précédés, sans toujours mesurer le prix humain de ces avancées. Le récit rappelle avec finesse que derrière chaque droit acquis se trouvent des parcours individuels marqués par la peur du rejet, l'isolement ou l'effacement de soi.
À cela s'ajoute une réflexion particulièrement pertinente sur le vieillissement. Le film refuse les représentations habituelles d'une vieillesse privée de désir, d'élan ou de transformation personnelle. Au contraire, il montre que les questionnements identitaires ne disparaissent jamais complètement. Ils changent simplement de forme au fil du temps.
Porté par l'interprétation remarquable de José Ramón Soroiz, Maspalomas propose ainsi un regard sensible sur la liberté, l'acceptation de soi et le poids des héritages sociaux. Une œuvre qui parle d'homosexualité, certes, mais qui touche surtout à quelque chose de profondément universel : la difficulté d'habiter pleinement sa propre vie.
Vu en avant-première au Festival du Cinéma Espagnol de Nantes, Maspalomas comporte de belles idées, porté par une belle interprétation, mais ne parvient pas à aller au-delà du sujet, qui reste malheureusement en surface. Une belle scène de fin toutefois !
Sujet rarement traite au cinéma voir tabou : le sexe au 3eme age et qui plus est homosexuel est parfaitement réussi suffisamment dérangeant pour faire réfléchir et tellement tendre