spoiler: D'un côté, une vie de liberté et de plaisir à Maspalomas, épicentre de l'atmosphère LGBTQ, aux Canaries : de l'autre, le quotidien gris d'une maison de retraite à Saint-Sébastien. Deux endroits, deux ambiances, pour Vicente, le héros sénior et gay du film du duo de cinéastes basques Jon Garaño y Aitor Arregi, auxquels on doit notamment l'excellent Marco, l'énigme d'une vie. Maspalomas raconte non pas la sortie du placard de l'homosexualité, mais son retour, après une parenthèse hédoniste. C'est l'intérêt et l'originalité d'un film qui n'a pas peurspoiler: de se montrer cru en termes de sexe, pour caractériser les choix de son personnage principal et aussi, sans doute, un certain égoïsme de sa part, avant que la réalité de son âge ne l'oblige à tracer un bilan de son existence et à s'ouvrir à d'autres sentiments. spoiler: Maspalomas évoque ainsi une génération d'hommes qui a dû se taire et se conformer, avant, pour certains seulement, de pouvoir mener sa vie à sa guise, quitte à tirer un trait sur tout ce qui a précédé, en assumant toutes les conséquences. Le film est sans doute moins abouti que le précédent des réalisateurs, d'une part parce que le sujet est, disons, moins vertigineux, et d'autre part parce que sa mise en scène est trop en retrait et parfois même assez fade, ce qui altère un peu son crédit.
A 76 ans, Vicente a eu 3 vies différentes : pendant 50 ans la vie d'un homme qui cache son homosexualité, qui se marie, qui a une fille ; puis 25 ans de vie en couple avec Esteban ; quand on le rencontre, c'est en 2019 sur une plage de Maspalomas, haut lieu de rencontres LGBTQ au sud de l'île de la Grande Canarie : sa relation avec Esteban s'est terminée depuis peu et il s'apprête à commencer sa 3ème vie, celle d'un vieux gay sans attache sentimentale et donc libre de papillonner. Un épisode de sa vie qui ne va pas durer longtemps par la faute d'un AVC en pleine action. Pris en main par sa fille, Vicente va se retrouver interné dans un EHPAD du Pays Basque où il va devoir de nouveau cacher son homosexualité. C'est dans cet EHPAD que se déroule la plus grande partie du film : les rapports avec sa fille avec qui il avait rompu lorsqu'il avait quitté le foyer familial, avec les autres résident(e)s, en particulier avec son voisin de chambre, avec le personnel, les soins qui lui sont prodigués, l'arrivée de la pandémie de COVID. Tout cela est traité de façon un peu trop paresseuse, avec pas mal de longueurs et, finalement, le film passe à côté du sujet qu'on espérait voir traité : la sexualité des personnes âgées, qu'elle soit homo ou hétéro. On attendait mieux des réalisateurs de "Marco, l'énigme d'une vie" !
Un film plein de sensibilité et d'émotion sur les difficultés relationnelles au sein de la famille, au sein d'un EHPAD d'une personne homo. Un très bon moment
Ce film qui traite d’un sujet délicat sur l’homosexualité des seniors est bien réalisé par les réalisateurs. Ils ont su y apporter une touche d’humanité avec pudeur et émotion malgré les scènes scabreuses au début du film. Le film porte un autre regard sur l’homosexualité chez les seniors à travers l’histoire de cet homme bien interprèté et dont on suit avec intérêt son évolution personnelle vis à vis de son entourage et de sa propre famille après ses problèmes médicaux. Le film aborde également la nouvelle approche politique dans les EHPAD en Espagne.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 30/04/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
Maspalomas est un film intime et profondément touchant, qui explore la sexualité et l’homosexualité à un âge avancé. Le film traite avec finesse la solitude affective, la peur du jugement social, le poids d’une vie vécue selon des normes hétéronormées...
Le film réussit à présenter avec pudeur et émotion, mais aussi de manière franche et réaliste, la sexualité des personnes agées, au travers l'histoire d'un homme septuagénaire qui s'émancipie dans son homosexualité malgré les réalités de la vie.
L'interprétation de José Ramón Soroiz a été récompensé du Goya mérité de meilleur acteur.
Le film a été présenté en compétition Longs Métrages à Écrans Mixtes édition 2026, festival de cinéma queer de Lyon. Il a été récompensé par le Grand Prix Écrans Mixtes, ainsi que par le Prix du Jury Pass Culture.
Mot du Jury : « Sans jamais rien céder à la facilité ou à la simplification, ce film brise le tabou de la sexualité des personnes âgées. Dans cet espace de la durée unique qu’offre le cinéma, il brille par son infinie attention aux détails, sa tendresse, son humour, sa finesse et la dignité de son regard, mais il offre aussi une réflexion profonde sur la réinvention du désir à l’aune de la maladie et de vieillissement et sur les liens parents-enfants. »
Mot des réalisateurs : « Ça représente beaucoup pour nous car lorsque l’on reçoit ce genre de Grand Prix, on a la sensation que le film a touché le jury, ainsi que le public. Et notre objectif principal en tant que réalisateur c’est de faire un film qui résonne en vous. »
Jury composé de Monika Treut, Romas Zabarauskas, Élisabeth Perez et Bruno Deruisseau
Vu en AP au festival chefs op’ en lumière à Chalon (03/26). Vicente passe du jour au lendemain d’une ambiance gaie jouissive à la maison de retraite de vieux espagnols majoritairement conservateurs. Il est confronté à sa fille qui souffre des non dits que fait peser sur la famille le refus de son père d’exposer sa vraie nature dans un environnement hostile. La situation évolue de façon touchante. Tous les personnages sont justes, y compris les seconds rôles, notamment le compagnon de chambre et la fille de Vicente.
Film très émouvant démarrant sur une apparente insouciance de seniors au pays du soleil, de la fête et du sexe facile .. puis du questionnement intérieur face au drame et à l’isolement.
Quel beau film! Merci au festival « chéries chéris » d’avoir programmé ce magnifique film qui nous transporte dans la réalité de la vie dans tous ses aspects. Bravo à l’acteur principal et à cet instant de vie.
Sujet rarement traite au cinéma voir tabou : le sexe au 3eme age et qui plus est homosexuel est parfaitement réussi suffisamment dérangeant pour faire réfléchir et tellement tendre
Une touchante évocation de la difficulté d'accepter le regard des autres. Présenté lors du festival Des Images Aux Mots à Toulouse et en Occitanie, ce voyage intérieur entre Les Canaries et Le Pays Basque a su convaincre le jury comme le public. Œuvre réservée à un public averti.
MASPALOMAS est un film bouleversant qui aborde avec une immense délicatesse des thèmes rarement évoqués au ciné vieillissement, la perte de liberté, le poids du regard des autres, mais aussi l'homosexualité des seniors et le droit de rester soi-même jusqu'au bout de sa vie. Au-delà de l'émotion, c'est une véritable ode à la dignité, à la tolérance et à la liberté d'être. Et pour moi amoureux de Gran Canaria, quel bonheur de retrouver les paysages lumineux de Maspalomas, qui incarnent ici un refuge, un symbole d'espoir et de liberté. Un film profondément humain,émouvant et sincère à voir actuellement au cinéma Les varietes à Marseille