Une photo à l'origine du projet
À l'origine du film se trouve une photographie d'archive datant de 1914 montrant un soldat belge posté derrière le front et habillé en femme. Lukas Dhont a eu un véritable choc en la découvrant : « Cette photo en noir et blanc, prise par un amateur, m'a semblé hypermoderne. Comme si cette image du passé... s'adressait à nous aujourd'hui ».
Trouver les visages de la symbiose
Pour dénicher Pierre, Lukas Dhont a directement arpenté la campagne pour trouver un comédien ayant une gestuelle propre aux travaux agricoles, ce qui l'a mené à Emmanuel Macchia. Pour lui faire face, il a choisi Valentin Campagne : bien que leur duo n'ait pas fonctionné immédiatement, la magie a opéré dès leur troisième rencontre, créant la symbiose recherchée.
Le parti pris du hors-champ
Refusant de filmer un spectacle de violence et d'hommes se massacrant, le réalisateur a fait le choix de reléguer les combats et les horreurs de la guerre au strict arrière-plan et au hors-champ. La caméra s'attarde avant tout sur la vie à l'arrière des tranchées et sur les visages des jeunes recrues.
Une palette de couleurs chaleureuse
Afin de rompre avec les habituelles teintes ternes, kaki et brunes des films sur la Première Guerre mondiale, Lukas Dhont et son directeur de la photographie Frank van den Eeden ont injecté des couleurs chaudes et variées (jaune, rouge, bleu), notamment apportées par les bougies ainsi que les costumes confectionnés par les soldats pour leurs spectacles.
L'immersion par le travail sonore
Le monde de la guerre étant tenu à l'écart du cadre visuel, c'est le son qui prend le relais pour en signifier la brutalité. La bande-son fait contraster les explosions et les cris de douleur avec des bruits très intimes et sensuels, comme le son d'un rasoir glissant sur la peau.
S'inspirer de Stanley Kubrick
Parmi ses influences pour instaurer un climat atemporel, Lukas Dhont cite le tout premier long-métrage de Stanley Kubrick, Fear and Desire. Il souhaitait, comme le maître américain, montrer des jeunes gens envoyés au combat sans ancrage ni désignation explicite de l'ennemi.
Un hommage aux soldats oubliés
Pendant ses recherches historiques, le cinéaste a découvert que 165 soldats belges partis pendant la Grande Guerre n'avaient jamais été retrouvés. Le personnage de Pierre rend ainsi hommage à ces hommes qui ont choisi de fuir la violence pour continuer d'exister sous une autre identité.
Des costumes nés du système D
Pour concevoir les tenues et les décors des revues présentées par Francis et son groupe, le chef décorateur et la création des costumes se sont inspirés d'archives réelles. En coulisses, les recrues utilisaient de vrais restes de toile de parachute et de munitions pour fabriquer leurs robes et leurs accessoires d'un soir.
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