Fleur et Julian s'aiment passionnément. Elles décident de se marier et de renouveler leur engagement dans tous les pays ayant légalisé le mariage homosexuel. Mais le cancer de Julian mettra un terme prématuré au "projet 22".
Dans le livre autobiographique de la belge Fleur Pierets, le cancer de Julian et son issue fatale sont annoncés dès la première page. Dans le film de Cato Kusters, ces informations nous sont données un peu plus tard, la première scène étant celle du coup de foudre entre les deux femmes, dans une salle de théâtre. Mais le sens des deux œuvres est le même : ce sera une ode à la femme tant aimée et trop tôt disparue.
Evidemment, un sujet aussi fort, aussi dramatique ne pourra laisser insensible, sauf à avoir un cœur de pierre. On ne peut qu'être emporté par l'amour immense que Fleur et Julian se portent ; on ne pourra qu'être ému par la maladie incurable diagnostiquée à Julian, par sa fatale issue et par le soutien infaillible que lui offrira Fleur jusqu'à ses derniers instants.
Mais c'est paradoxalement l'indiscutable puissance de ces deux moments - l'amour et la mort - qui prive ce film de tout espace. Le spectateur n'y a plus le choix. Il est sommé. Sommé de reconnaître combien Fleur et Julian s'aiment. Sommé de compatir à leur triste destin. Or, le cinéma a besoin d'espace. Le cinéma a besoin de laisser au spectateur le choix, d'aimer ou de ne pas aimer, de compatir ou de ne pas compatir.
C'est cet espace qui manque à "Julian". D'autant qu'on peine à comprendre le projet que les deux femmes entendent mener à bien : se marier dans les vingt-deux pays qui, à l'époque (ils sont désormais trente-huit et on espère que leur nombre ira croissant), reconnaissaient le mariage des personnes de même sexe. Certes le projet est une sympathique invitation au voyage. Mais quel en est le sens ? quel en est le but ?
Ce film, inspiré d’une histoire vraie, dépeint avec une grande justesse une relation amoureuse entre deux femmes, portée par l’interprétation remarquable de deux actrices exceptionnelles. Je suis sorti profondément bouleversé de la projection. C’est une véritable piqûre de rappel sur la fragilité et l’éphémère de notre existence. Aussi complexe et tortueuse que puisse être la vie, c’est bien l’amour — qu’il unisse un homme et une femme, deux femmes ou deux hommes — qui lui donne toute sa singularité et sa beauté.
Un film très émouvant, porté par deux femmes, Fleur et Julian, incarnées avec une authenticité remarquable par Nina Meurisse et Laurence Roothooft. Les magnifiques plans serrés nous plongent au cœur des personnages et nous font ressentir pleinement toute la profondeur de leurs émotions. Un film qui remue... Merci
Un bon scénario autour d'une belle histoire d'amour entre Julian et Fleur et d'un projet militant né de leur amour. Pour résumer : un beau film queer aux accents belges.
Une vraie histoire racontée comme une histoire vraie, les deux actrices sont parfaites. L’histoire est belle et à la fois triste. Il y a des belles couleurs, de beaux visages, de belles photos, j’ai vraiment été touchée par ce film. Et en plus le bonus c’est qu’il ne dure que 1h42 ce qui est quand même dans ce que je trouve raisonnable, elle n’avait pas besoin de plus pour montrer cette histoire., je suis quand même sorti un peu triste, et en même temps un peu dans un ravissement
Cato Kusters signe un premier film d’une grande délicatesse, où l’intime devient matière politique. À travers une histoire d’amour marquée par le deuil, le film explore avec pudeur la mémoire des êtres et la trace qu’ils laissent. Une sincérité touchante.
Pourquoi faire exprès de mal filmer (tremblant, non cadré, flou,…) ? Et puis cette musique en nappes aigües permanentes… La forme dessert le fond et c’est dommage car la cause est humaniste. 38 pays permettent actuellement le mariage de même sexe. Quelques moments d’émotion mais je le répète, quand on est agacé par cette piteuse réalisation, l’émotion est peu au Rdv !
Julian, réalisé par Cato Kusters, s’inscrit dans une tradition de récits intimes où l’amour devient à la fois moteur et matière du cinéma. Le film suit Fleur (Nina Meurisse) et Julian (Laurence Roothooft), un couple animé par une volonté forte de donner un sens concret à leur engagement. Leur projet, à la fois personnel et symbolique, les pousse à inscrire leur relation dans une réalité qui dépasse le simple cadre privé.
Ce qui frappe d’emblée, c’est le choix d’une narration non linéaire, inspirée du fonctionnement de la mémoire. Les souvenirs ne s’enchaînent pas de manière classique, ils apparaissent par fragments, se répondent, se déforment parfois. Cette structure permet de traduire une sensation plutôt qu’un déroulé factuel. Le film ne cherche pas à raconter une histoire au sens traditionnel, il cherche à la faire ressentir.
Cato Kusters propose également un travail formel précis. La photographie et le montage jouent un rôle central dans la perception du récit. Les images ne sont pas seulement illustratives, elles deviennent des traces, presque des empreintes. L’intégration de captations réalisées par les personnages eux-mêmes renforce cette impression d’intimité, comme si le film se construisait de l’intérieur.
Au-delà de son dispositif, le film interroge la notion d’engagement. Il ne s’agit pas seulement d’un engagement amoureux, mais d’une manière d’habiter le monde à deux. Les gestes, les décisions, les moments partagés prennent une dimension particulière, comme s’ils participaient à quelque chose de plus vaste.
Sans jamais forcer l’émotion, Julian s’impose par sa retenue et sa cohérence. Il avance avec délicatesse, laissant au spectateur la place de ressentir, sans imposer de lecture unique. Une proposition sincère, ancrée dans une réflexion sur le temps, la mémoire et la persistance des liens.
Ce film raconte l’histoire bouleversante et poignante de ces deux femmes inspirée de faits réels et du livre de Julian PIERETS, l’une des deux femmes jouée par Nina MEURISSE. Il se dégage dans ce film beaucoup d’émotions. La jeune réalisatrice belge dont c’est le premier long métrage a su traiter avec justesse et délicatesse cette histoire d’amour interprétée par deux actrices talentueuses et magnifiques.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 03/02/2026 au Club Marbeuf à PARIS)
C'est l'histoire du couple qu'elle formait avec Julian que Fleur Pierets racontait dans un livre autobiographique paru en 2019. La jeune réalisatrice flamande Cato Kusters a décidé de l'adapter en lui laissant son aspect de patchwork, comme une suite de réminiscences de la mémoire, autour du projet fou de ces deux femmes amoureuses de se marier partout où la loi acceptait l'union de deux personnes du même sexe (22 pays à l'époque, 39 aujourd'hui). Le montage du film semble un temps desservir son propos, mais l'on découvrira, au fur et à mesure, que c'est aussi une question de dignité, car l'histoire prend une direction inattendue et dramatique, dont il est difficile de parler, si l'on tient absolument à découvrir son évolution, en ne sachant presque rien de ses tenants et surtout de ses aboutissants. Le dénouement est certes connu, quand on a lu l'ouvrage de Fleur Pierets ou au détour d'une critique qui ne fait pas mystère du sujet de Julian, dans son entièreté. Quoi qu'il en soit, la dernière partie du long métrage se révèle bouleversante et rehausse le côté passionnel de cet amour, au-delà même de son geste militant. Dans les rôles principaux, au côté de l'excellente Laurence Roothoft, on n'est pas près d'oublier l'interprétation vibrante de Nina Meurisse.
Fleur et Julian tombent follement amoureuses. Peu de temps après que Julian fasse sa demande en mariage, une idée ambitieuse mais complexe commence à germer dans l’esprit de Fleur. Petit à petit, elle élabore un plan : se marier dans chaque pays où leur union est légalement reconnue. Portées par leur amour, elles se lancent dans cette aventure. Mais après seulement quatre mariages, leur parcours s’interrompt inévitablement en découvrant la maladie de Julian.