Solidarité
Je sais pertinemment que ce film est sorti à la mi-décembre, qui plus est dans la plus totale discrétion, et que je viens seulement de le découvrir. Mais ce drame feutré signé par Max Walker-Silverman est une véritable perle. S’il est encore temps, courrez-y ! Dans l’Ouest américain, dévasté par des incendies ravageurs, Dusty voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement à redonner du sens à sa vie. Entouré de personnes qui, comme lui, ont tout perdu, des liens inattendus se tissent. Porté par l’espoir de renouer avec sa fille et son ex-femme, il retrouve peu à peu la volonté de tout reconstruire. 95 minutes touchées par la grâce. Un 1er film qui en appelle d’autres.
Par un coup du sort involontaire, cette petite merveille est sortie en salle en France le même jour que le bulldozer de Cameron, Avatar 3. Et autre hasard, - malencontreux ? -, le blockbuster de l’année s’intitule De feu et de cendres. Or c’est l’origine du sujet de ce tout petit film discret, touchant et infiniment juste, les incendies dramatiques qui ont tout détruit dans l’Ouest américain, il y a quelques années. Mais c’est avant tout une ode à la solidarité des gens qui n’ont rien ou presque rien. Dans cette Amérique dévastée par les éléments et des politiques qui s’intéressent de moins en moins aux cabossés de la vie, on voit un microcosme se construire, des amitiés se nouer et une petite communauté se remettre en marche. C’est d’une totale simplicité et d’une émotion réelle et palpable. Chaque personnage est beau à sa manière, tout comme les paysages du Colorado, résilient, bienveillant et humaniste. Ça fait un bien fou. C’est l’histoire simple d’un homme taiseux et brisé auquel il faudra du temps pour comprendre qu’il faut savoir regarder au-delà de l’horizon et pour ouvrir les yeux sur ce et ceux qui l'entourent aussi éprouvés que lui. Bouleversant.
Le britannique Josh O'Connor, très à la mode en ce moment, - Only you, Seule la terre, Entre les lignes, Le son des souvenirs -, est à son affaire et traîne joliment son spleen, aux côtés d'interprètes d'une grande justesse, parmi lesquels il est évident de sortir du lot la petite Lily la Torre, absolument lumineuse, et aussi Meghann Fahy, Amy Madigan, Kaly Reis… Il y a du Chloé Zao - souvenons-nous de Nomadland -, et du Kelly Richardt dans ce cinéma-là qui nous apprend qu’il n’y a pas que des rednecks-maga-trumpistes dans cette Amérique-là.