Dusty (Josh O’Connor) a tout perdu dans l’incendie qui a ravagé la région : son ranch, dévasté par les flammes, son bétail, revendu à vil prix, et sa confiance en lui. Temporairement relogé dans un mobil home avec d’autres sans-abris aussi paumés que lui, il va tenter lentement de se reconstruire.
Je craignais le pire devant l’affiche du film, scandaleusement photoshoppée, son sujet, dont on voit venir à l’avance tous les rebondissements et le dénouement, et sa bande annonce éhontément romanesque engluée dans une musique envahissante.
Et pourtant je me suis laissé embarquer par ce film qui m’a profondément touché.
La responsabilité en revient à ses deux acteurs principaux. Josh O’Connor qu’on a découvert dans "The Crown" et qu’on a retrouvé avec bonheur dans le hottissime "Challengers". Et Lilly Latorre, la gamine qui joue le rôle de sa fille, dont le visage étonnamment mature contraste avec son jeune âge et la frêle stature d’une enfant de six ou sept ans.
La responsabilité en revient plus encore à la délicatesse de l’écriture de Max Walker-Silverman, réalisateur et scénariste. Tout sonne juste sur ce sujet pourtant minimaliste, où il ne se passe pas grand-chose et qui aurait pu donner lieu à des excès trop mélos. Tout y est infiniment délicat et doux, comme cette famille recomposée autour de Ruby, l’ex-femme de Dusty, et celui dont je me suis longtemps demandé s’il était son frère ou son compagnon. La dernière scène m’a fait pleurer à chaudes larmes, avec ses références pudiques à des éléments antérieurs du récit : la plaque à la mémoire de Théo, la couleur bleue de la peinture du mobil home, les bottes de Callie-Rose, si désireuse de s’identifier à son père….
Alors qu’il a tout perdu dans un incendie un cow-boy de l’Ouest américain essaie de se reconstruire et de trouver la force qu’il lui faut auprès de sa petite fille et de quelques personnes dans sa situation. Le héros viril du cinéma américain a ici les épaules voûtées, il est accablé mais sa détermination et son rêve restent intactes. Il est formidablement incarné par Josh O’Connor, tout comme la gamine… incroyable. Le film prend son temps, il est modeste, sans esbroufe, sincère, il parle de petites choses mais il le fait de manière très émouvante. Avec son regard tendre porté sur la classe moyenne, voire déclassée, américaine il m’a rappellé l’un des autres excellents films de l’année : Ghostlight. En voyant Rebuilding j’ai pensé, forcément, à Chloé Zhao, et c’est le meilleur compliment que je puisse faire à un cinéaste actuellement.
Je n'ai pas aimé ce film très beau par ces images mais très lent. Je m'attendais peut-être un peu trop à une sorte de "Raisin de la Colère du XXIème siècle" avec un contexte politique décrit. Celui-ci n'est pas du tout évoqué. On ne sait si le feu qui a dévoré les campagnes et met les cowboys au rang d'hillibillies pauvres et errants est une métaphore d'un monde apocalyptique suite à une catastrophe environnementale. Ce choix d'un contexte gommé et où la seule protection reste l'intime m'a gêné. Peut-être que le film n'a pas osé aborder de face la politique actuelle? Peut-être qu'il ne voulait que raconter une histoire tendre entre un père qui retrouve sa fille et le besoin d'humanité quand plus rien existe? Le film ne m'a pas permis de comprendre sa finalité. Sa petite musique n'a pas fonctionné sur moi...sans doute à cause d'une musique country omniprésente et pénible quand on ne l'aime pas? Le film plaira sûrement à certains, la beauté des images, tant pour les paysages que pour les acteurs est intéressante. Peut-être que ce stéréotype de film américain ne me convient pas actuellement, car il n'offre aucun espoir collectif par la prise de conscience, le replis sur l'amour et l'amitié me semblent trop dérisoires face à l'adversité d'un monde qu'on sent se dérober.
"Rebuilding" avance à pas feutrés, dans une Amérique rurale brulée par les flammes et le silence. Le film suit ce fermier sonné, comme en apesanteur, avec une mise en scène modeste qui laisse respirer les grands espaces et les visages. Rien ne presse : la douleur se dépose, puis la solidarité s’invente, autour d’un camp de sinistrés où l’espoir circule sans discours. Difficile de ne pas penser à "Nomadland", pour ce western intimiste au rythme lent. Touchant, mais parfois trop sage.
Vu dans le cadre de l’avant-première « Coup de Cœur Surprise » du Cinéma Le Beaulieu. Déçue. Si le sujet abordé est intéressant (la reconstruction de populations après des incendies), le film n’a pas réussi à retenir suffisamment mon intention. Hormis les belles images désertiques, c’est lent et la thématique principale n’est pas pleinement exploitée ni parfaitement mise en valeur. Surtout, le personnage principal apparaît détaché malgré les destructions dont il est victime, si bien que l’on peine à éprouver une quelconque émotion en tant que spectacteur. Je n’ai pas apprécié le style américanisé ni l’ambiance californienne.
Le film de ce jeune réalisateur américain est réussi. Bercé par de jolies mélodies country et de superbes paysages de l’ouest américain, on suit l’histoire dramatique de ce cow-boy très bien campé avec beaucoup de naturel et d’émotion par Josh O’CONNOR. Le réalisateur traduit bien la situation compliquée de ce jeune homme qui cherche à rebondir face aux difficultés immenses auxquelles il va faire face tant au point de vue matériel que familial. Le film est attachant et c’est un bon film d’auteur.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse le 17/10/2025 au Club Marbeuf à PARIS)
Quelle déception ! Un trop plein de bons sentiments. Les acteurs chuchotent tous de la même manière tout au long du film…. Pourtant tous les ingrédients étaient là pour faire un bon film ; orignalité du sujet, paysage, casting.. dommage
vu ce film ce matin, on voit que ce n'est pas un grand réalisateur qui l'a fait: que de lenteur, peu de mouvement, toujours les mêmes personnages. J'avoue que j'ai eu pas mal eu de coup de barre à le suivre. Le malheur qui touche ce jeune responsable d'un ranch est vite effleuré, on ne voit rien. bref c'est une sorte de road movies avec beaucoup de dialogues et il faut s'accrocher pour se dire qu'on a affaire un bon film. J'ai juste appris une chose mais à la fin du film sur les conséquences d'un incendie...Je suis étonné que ce film ait eu un prix? en france cela aurait été tourné comme un téléfilm de troisième série, je reconnais qu'ici c'est différent et on voit effectivement la beauté des paysages qui "sauve" ce film d'une note en dessous de 2.
L’antithèse des gros film américain. Pour une fois que le cinema américain met en avant l'humain c'est réjouissant. L'histoire est simple , humaine et met en avant les petites choses importantes de la vie ou l'enfance. Un peu lent quand meme.
Touchante sans être larmoyante, délicate mais sans académisme, cette chronique aux faux airs du Eastwood de "Honkytonk Man" mérite un vrai détour et confirme le grand talent dramatique de Josh O'Connor.
Intéressante réalisation de Max Walker-Silverman porté par un rythme contemplatif où le film transforme le dénuement en plénitude, la perte en découverte . Josh O’Connor est magistral en cowboy mélancolique !