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Pierre Kuzor
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4,0
Publiée le 20 décembre 2025
Ai vu « Rebuilding » du réalisateur américain Max Walker-Silverman dont c’est le deuxième film. Suite aux incendies estivaux dans l’ouest américain ces dernières années, le cow-boy Dusty (impressionnant et pudique Josh O’Connor) a perdu intégralement son ranch, son troupeau et ses effets personnels sont contenus dans quelques cartons. Il emménage dans un camp, constitué de quelques mobil-homes où il fait la connaissance de laissés pour compte qui ont vécus le même drame que lui. Ayant conscience qu’il doit repartir à zéro, Dusty en profite pour renouer avec son ex-femme, Ruby (Meghann Fahy) et sa petite fille Callie-Rose (remarquable Lily LaTorre). Des paysages carbonisés du Colorado, d’immenses espaces désertiques, une Amérique abandonnée… les personnages n’ont pour croire encore en l’humanité que leur entraide, leur générosité, leur présence et leur écoute. Ici pas de cris, de crise, de conflit… chacun est silencieux et ravale ses problèmes en silence. Le film est particulièrement juste et sobre tout en dosant avec parcimonie l’émotion. C’est la mélancolie qui l’emporte sur tous les sentiments et en cela « Rebuilding » se démarque particulièrement des films se déroulant dans le Grand Ouest. « Rebuilding » propose un réel dépaysement et une immersion sociologique délicate tout en prônant la diversité, la tolérance, l’empathie et la vulnérabilité masculine dans une Amérique de plus en plus fragmentée. Une très belle surprise cinématographique venue de l’autre côté de l’Atlantique. Rien de révolutionnaire mais un très joli long métrage qui permet de croire encore un peu en l’humain et c’est déjà énorme.
Je n'ai pas aimé ce film très beau par ces images mais très lent. Je m'attendais peut-être un peu trop à une sorte de "Raisin de la Colère du XXIème siècle" avec un contexte politique décrit. Celui-ci n'est pas du tout évoqué. On ne sait si le feu qui a dévoré les campagnes et met les cowboys au rang d'hillibillies pauvres et errants est une métaphore d'un monde apocalyptique suite à une catastrophe environnementale. Ce choix d'un contexte gommé et où la seule protection reste l'intime m'a gêné. Peut-être que le film n'a pas osé aborder de face la politique actuelle? Peut-être qu'il ne voulait que raconter une histoire tendre entre un père qui retrouve sa fille et le besoin d'humanité quand plus rien existe? Le film ne m'a pas permis de comprendre sa finalité. Sa petite musique n'a pas fonctionné sur moi...sans doute à cause d'une musique country omniprésente et pénible quand on ne l'aime pas? Le film plaira sûrement à certains, la beauté des images, tant pour les paysages que pour les acteurs est intéressante. Peut-être que ce stéréotype de film américain ne me convient pas actuellement, car il n'offre aucun espoir collectif par la prise de conscience, le replis sur l'amour et l'amitié me semblent trop dérisoires face à l'adversité d'un monde qu'on sent se dérober.
Un film qui brille par bien des points. Déjà son absence de manichéisme. Ici les personnages ne sont ni méchants ni gentils, juste nuancés. Ensuite l'histoire, bien que simple, est racontée ici avec beaucoup d'humanité. Enfin, comme le septième art passe avant tout par l'image, les visuels sont sensationnels.
«Résilience» Une belle histoire de « Reconstruction » justement pour un homme qui a tout perdu dans l’incendie de forêt qui a brûlé son ranch. En attendant il campe comme d’autres dans un mobile-home. Des amitiés se créent, la solidarité est là, et sa fille et son ex-femme sympa lui donnent la force d’aller de l’avant. Le rythme est lent, les personnages bien dépeints et attachants; un film doux avec Josh O’connor (l’acteur jouant le héros) et ses airs de chien battu qui en l’occurrence vont bien avec la situation.
Vu au Festival du Film Américain de Deauville 2025
Un film magnifique, plein d amour, d humanité. De magnifiques prises de vues et de jolies mélodies country. 2 dans la salle de ciné, film qui passe inaperçu, quel dommage
Un très beau film, doux, mélancolique, pudique, tendre et émouvant sur la perte, la reconstruction, la solidarité et le lien aux autres. Rien de spectaculaire ici, le film prend son temps et c'est l'une de ses forces Les personnages sont attachants, les interprètes excellents, à commencer par Josh O'Connor et la petite Lily LaTorre
L’histoire suit Dusty, rancher du Colorado dont la maison et les terres partent en fumée. Contraint de vivre dans un hébergement provisoire, il tente de recoller les morceaux d’une vie fracassée, tout en renouant timidement avec son ex-compagne et leur fille. Le récit avance par petites touches, préférant l’accumulation de moments ordinaires à une dramaturgie appuyée. Josh O’Connor incarne son personnage avec une retenue parfaitement maîtrisée, donnant corps à un homme enfermé dans ses émotions. "Rebuilding" touche juste lorsqu’il évoque la reconstruction intime et communautaire, mais laisse aussi l’impression d’un film qui n’ose jamais dépasser sa propre modestie.
Dusty (Josh O’Connor) a tout perdu dans l’incendie qui a ravagé la région : son ranch, dévasté par les flammes, son bétail, revendu à vil prix, et sa confiance en lui. Temporairement relogé dans un mobil home avec d’autres sans-abris aussi paumés que lui, il va tenter lentement de se reconstruire.
Je craignais le pire devant l’affiche du film, scandaleusement photoshoppée, son sujet, dont on voit venir à l’avance tous les rebondissements et le dénouement, et sa bande annonce éhontément romanesque engluée dans une musique envahissante.
Et pourtant je me suis laissé embarquer par ce film qui m’a profondément touché.
La responsabilité en revient à ses deux acteurs principaux. Josh O’Connor qu’on a découvert dans "The Crown" et qu’on a retrouvé avec bonheur dans le hottissime "Challengers". Et Lilly Latorre, la gamine qui joue le rôle de sa fille, dont le visage étonnamment mature contraste avec son jeune âge et la frêle stature d’une enfant de six ou sept ans.
La responsabilité en revient plus encore à la délicatesse de l’écriture de Max Walker-Silverman, réalisateur et scénariste. Tout sonne juste sur ce sujet pourtant minimaliste, où il ne se passe pas grand-chose et qui aurait pu donner lieu à des excès trop mélos. Tout y est infiniment délicat et doux, comme cette famille recomposée autour de Ruby, l’ex-femme de Dusty, et celui dont je me suis longtemps demandé s’il était son frère ou son compagnon. La dernière scène m’a fait pleurer à chaudes larmes, avec ses références pudiques à des éléments antérieurs du récit : la plaque à la mémoire de Théo, la couleur bleue de la peinture du mobil home, les bottes de Callie-Rose, si désireuse de s’identifier à son père….
On se plaint de l'omniprésence de Pedro Pascal, on se plaint... Mais au Festival de Deauville, c'est de Josh O'Connor qu'on n'en peut plus (on se permet de plaisanter, car on l'aime bien), étant la vedette de pas moins de trois films en sélection (il est partout, sauf au tapis rouge, damned...). Alors donc, après le soporifique The Mastermind et le gentiment raté History of Sound, on peut dire que Rebuilding est un chef-d’œuvre pour le Monsieur en 2025 (ça ira mieux l'année prochaine, allez), étant un honnête drame sur la reconstruction difficile (tant émotionnelle que financière) d'un papa cow-boy prêt à sacrifier ses rêves pour les beaux yeux de son adorable gamine... Le fera-t-il, le fera-t-il pas, c'est bien tout l'intérêt de ce Rebuilding (littéralement "la façon de rebondir après un sale coup du Destin"), porté par le binôme père-fille vraiment mimis, et seulement décevant dans son rythme mollasson et son intrigue qui enfonce des portes ouvertes. Pas de surprises, des redondances avec Nomadland (qui filme bien mieux les campeurs américains défavorisés), une fin ouverte un peu sèche (on aurait savoir la suite), choisissez votre reproche, Rebuilding n'essaie jamais d'être stupéfiant (il manque cruellement d'audace et d'émotions, à part peut-être une scène de "nuit étoilée" dans la caravane qui est vraiment magique à regarder) mais se contente bien d'égrener sa petite histoire qui râle une fois de plus sur le système social inexistant pour les américains qui n'ont plus rien. Rien de nouveau sous le stetson, quoi, mais on souhaite de tout cœur que Josh O'Connor rebondisse en 2026, et si possible pas plus de deux fois par festival... Pedro, à côté, c'est rien.
Avec Rebuilding, Max Walker-Silverman poursuit son exploration d’un cinéma profondément humain, attentif aux silences, aux gestes et aux liens invisibles. Le film s’inscrit dans un Ouest américain marqué par les incendies, non comme un décor spectaculaire, mais comme une réalité durable avec laquelle les personnages doivent apprendre à vivre. Ici, la catastrophe n’est pas un événement, mais un état, une fracture qui redéfinit le rapport au temps, à l’espace et aux autres.
Dusty, rancher taiseux, voit son ranch disparaître et avec lui l’identité qu’il s’était construite. Contraint de quitter cette terre qui le définissait, il trouve refuge dans un camp de mobile homes FEMA, lieu précaire où se croisent des hommes et des femmes ayant tout perdu. Autour de lui se forme une communauté improvisée, faite de solidarité discrète, de regards partagés et de gestes simples. Ce collectif redonne peu à peu un sens au mot « foyer », non plus comme un lieu stable, mais comme une présence humaine.
Le parcours de Dusty n’est jamais héroïque. Façonné par le mythe de l’autonomie américaine, il doit apprendre à accepter l’aide, le lien et une forme de dépendance affective qu’il avait toujours refusée. Sa relation avec sa fille Callie-Rose agit comme un fil fragile entre ce qu’il était et ce qu’il pourrait redevenir. Ruby, son ex-femme, incarne une stabilité émotionnelle à la fois inaccessible et essentielle. Autour d’eux, Mila et Bess apportent au récit une dimension de soin, de transmission et de chaleur collective.
Max Walker-Silverman filme ces trajectoires avec une grande pudeur, laissant la contemplation et la beauté des paysages exprimer ce que les mots taisent. La question n’est jamais de savoir si tout sera réparé, mais comment continuer à aimer, à s’attacher et à imaginer un avenir quand l’incertitude demeure. Rebuilding devient ainsi un récit de résilience intime, où la reconstruction ne repose pas sur la certitude, mais sur la nécessité vitale de faire communauté et d’accepter l’impermanence comme condition de vie.
On a aimé car : Le film est beau et poétique. C'est peut-être le mot qui vient à l'esprit quand on regarde ce drame. De la contemplation, de l'amour également, le récit d'un combat pour se reconstruire, pour retrouver un équilibre. Le rapport père-fille est intense et la complicité transparaît dans ces petits riens du quotidien.
Voici un long-métrage qui ne reniera pas sa bande annonce! Quelques escarbilles volètent discrètement à l'écran pendant le générique avant l'ouverture d'un plan fixe sur des arbres brulés. Tout est dit sans aucune explication, l'essentiel est là, les grands espaces américains, les incendies, la vente aux enchères des bêtes qui ont survécu au sinistre. Le "cowboy" Dusty - quel surnom prédestiné!- peut apparaitre, abattu mais vivant. Ce jeune réalisateur indépendant va vous emmener dans un parcours de reconstruction personnelle, au sein d'un groupe disparate de naufragés des incendies. Alors qu'une guitare distille des harmonies planantes, très country, en peu de mots échangés, une adorable gamine remet des étoiles dans les yeux de son père. Ce n'est rien et beaucoup à la fois. Un moment de douceur et de refus de l'inéluctable. A plusieurs, on n'est plus seul. On le savait déjà, cette douce fiction ne vous apprendra rien. Mais nous offre deux heures de répit et d'espoir. film surprise AFCAE - décembre 2025
film très touchant sur les conséquences du réchauffement climatique et la nécessité de reconstruire pour s inventer de nouvelles vies. excellents acteurs