À Pied d’œuvre,
Après le livre de Franck Courtès , le film de Valérie Donzelli
C’est l’histoire vraie d’un homme, fils et père à son tour, qui divorce, plaque son job de photographe qui lui fait mener grand train pour écrire. Un homme en proie à ce truc viscéral qui nous rend prêts à tous les compromis, pourvu qu’on écrive.
Je dis on, parce que #jesuisfranckcourtes
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À pied d’œuvre, de Franck Courtès. Le livre m’avait déjà bouleversée. Le livre du va-tout. Quitte ou double. C’est la première fois que je lisais un livre qui me bousculait tant que je ne soulignais aucune phrase en particulier. C’est le livre entier qu’il aurait fallu surligner.
#jesuisfranckcourtes tout uniment et simplement : ça s’est fait comme ça.
Comme on écrit, un beau jour et que tout devient solaire.
À pied d’œuvre, de Valérie Donzelli. Un film dont on reconnaît aussitôt l’univers de la réalisatrice : charmant, poétique et rempli d’une fantaisie éthérée qui se fixe sur la rétine, comme le livre coule dans les veines.
Bastien Bouillon incarne à la perfection #jesuisfranckcourtes : nous, les écrivains, qu’aucun accommodement ne réussira pas à gaslighter. Même si au début, j'ai trouvé le film et le personnage lent, se laissant facilement humilier, complaisant et sans réaction. Et puis j'ai compris que ce personnage-là conservait son énergie pour ce qui l'animait intérieurement: l'écriture. Et que plus il serait docile et efficace pour son autre vie de maçon et d'homme à tout faire à 10€ de l'heure, plus il attendrait son objectif. Il serait victorieux. Il l'était déjà, dès lors qu'il avait pris la décision de devenir homme à tout faire l'après-midi ou le soir, pour réserver ses matinée à écrire. Le reste n'avait pas d'importance. Seul écrire comptait. C'est alors que le film a trouvé sa dynamique et l'univers de Valérie Donzelli sa légèreté et donc, sa puissance.
Bastien Bouillon incarne une tempérance qui renferme (pardon par avance) ce bouillon incandescent de l’écrivain. Tantôt flegmatique, nonchalant, indolent ; tantôt physique, courageux, doté d’une multitude de ressources. Toujours à pied d’œuvre. Jamais découragé.
Le film est drôle et léger parce que les écrivains enténébrés, rien ni personne ne saura les déposséder de cet humour auto-dérisoire. Ils provoquent le chaos (parce que en vrai, c’est son choix, à Franck Courtès ; ça a été mon choix) jusqu’à s’ensiler de cette manière vertigineuse. Il faut bien que ça ait du sens en fin de compte. Que ce chaos devienne matière pour redéfinir l’ordre autour de soi.
Le film n’est jamais équivoque sur cet écosystème du livre qui broie et qui fait briller en même temps. Des coulisses qui paraîtront inacceptables à certains, mais qui à nous, #jesuisfranckcourtes demeurent le graal : justice et reconnaissance.